Jean-Jacques de Felice

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Jean-Jacques de Felice
Jean-Jacques de Felice.jpg
Biographie
Naissance
Décès
(à 80 ans)
Paris (France)
Nationalité
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Membre de

Jean-Jacques de Felice ( - , Paris), est un avocat français, ancien vice-président de la Ligue des droits de l'homme de 1983 à 1996.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean-Jacques de Felice s'est fait connaître durant la guerre d'Algérie, lorsqu'il défendit les militants du FLN. Il plaida pour les paysans du Larzac en lutte contre l’extension du camp militaire, les indépendantistes Kanaks et Tahitiens, les mal logés aux côtés de l'abbé Pierre, les objecteurs de conscience, les étrangers en péril (il est membre du Gisti), les activistes italiens des Brigades rouges comme Marina Petrella et Cesare Battisti. Avocat pénaliste, il défendit Lucien Léger, condamné en 1966 à la réclusion criminelle à perpétuité, pour un meurtre d'enfant. La très longue détention de son client, 41 ans, fit dire à Jean-Jacques de Felice : « Il y a une durée de détention au-delà de laquelle la justice se mue en vengeance »[1].

Proche de l'historienne Madeleine Rebérioux, de l'helléniste Pierre Vidal-Naquet, Felice se disait « en contestation avec l'ordre établi »[2].

Jean-Jacques de Felice prend la parole au cours de la marche du Groupe d'action et de résistance à la militarisation, contre la force de frappe nucléaire, de Lyon au Mont Verdun, le 19 juin 1971.

Le choix des causes défendues par Jean-Jacques de Félice montre un apparent paradoxe, l'avocat ayant à la fois défendu des militants qui ont recouru à la violence (Brigades rouges, Bande à Baader, ou bien les militants algériens de l'indépendance), alors qu'il s'est toujours réclamé du pacifisme et de la non-violence, ce qui explique son engagement aux côtés des objecteurs de conscience [3]. Le choix des causes défendues par l'avocat traduit un humanisme[réf. nécessaire] illustré par son engagement dans des mouvements comme la Ligue des Droits de l'Homme, la Cimade, ou le Gisti[3].

Jean-Jacques de Félice avait une culture et un milieu d'origine protestant. Son père, Pierre de Félice, lui-même avocat, était un homme politique qui fut secrétaire d'État, député, sénateur du Loiret (gauche républicaine) sous la IVe République. Sa mère était très profondément de culture protestante et l'a bien inscrit dans cette mémoire, comme de Félice le relatait lui-même[3]. De Félice doit au protestantisme son premier engagement auprès des jeunesses scouts unionistes, qui le conduisit à se préoccuper des problèmes de la jeunesse, qui au lendemain de la Seconde Guerre mondiale étaient importants. Ce sont ses premières défenses d'avocat auprès des jeunes défavorisés qui le conduisent vers un engagement plus politique : défendant des jeunes, enfants d'Algériens notamment des bidonvilles de Nanterre, il est tout naturellement amené à défendre leurs pères, c'est-à-dire des militants du FLN, qui le sensibiliseront à leur lutte[3].

Il a été secrétaire du Comité de liaison pour la lute contre l'apartheid en Afrique du Sud[4].

Jean-Jacques de Felice, Théodore Monod, le pasteur René Cruse et Yvon Montigné, le , en tête de la marche du Groupe d'action et de résistance à la militarisation(GARM), de Lyon au Mont-Verdun, contre la force de frappe nucléaire

Objecteur de conscience[5] et défenseur des réfractaires à l'armée, Jean-Jacques de Félice participe à Lyon à des débats et des manifestations du Groupe d'action et de résistance à la militarisation. En tête de la Marche de la paix du 19 juin 1971, il prend la parole et défile, avec des milliers de personnes, de Lyon au poste de commandement de la force de frappe nucléaire du Mont Verdun[6].

Les archives de Jean-Jacques de Félice ont été confiées à la bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Jacques de Felice, avocat et militant des droits de l'homme, est mort, lemonde.fr, 28/07/08
  2. /, L'humanite.fr
  3. a b c et d Jean-Jacques de félice, avocat militant des droits de l’homme, Centre d’histoire sociale du XXe siècle, 29 janvier 2016
  4. Jean-Jacques de Felice, « L'apartheid qu'il faut combattre », Action civique non-violente, no 23,‎ , p. 3
  5. Marie Faugeron, « Désarmement », Action civique non-violente, no 20,‎ , p. 2
  6. Maurice Balmet, Patrice Bouveret, Guy Dechesne, Jean-Michel Lacroûte, François Ménétrier et Mimmo Pucciarelli, Résister à la militarisation : Le Groupe d'action et de résistance à la militarisation, Lyon 1967-1984, Lyon, Atelier de création libertaire, , 324 p. (ISBN 9782351041215), p. 63

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Film documentaire[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]