Chevrier

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Chevrier
Chevrier
Vue de l'ancienne église Saint-Martin.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Arrondissement Saint-Julien-en-Genevois
Intercommunalité Communauté de communes du Genevois
Maire
Mandat
Agnès Cuzin
2020-2026
Code postal 74520
Code commune 74074
Démographie
Population
municipale
600 hab. (2018 en augmentation de 35,75 % par rapport à 2013)
Densité 112 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 06′ 34″ nord, 5° 55′ 00″ est
Altitude Min. 332 m
Max. 932 m
Superficie 5,35 km2
Type Commune rurale
Unité urbaine Vulbens
(banlieue)
Aire d'attraction Genève - Annemasse (partie française)
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Saint-Julien-en-Genevois
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Liens
Site web https://chevrier.fr

Chevrier est une commune française située dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le terroir villageois, d'une étendue fort réduite, se trouve au pied et à l'ombre du mont Vuache, en Haute-Savoie. Le Rhône sépare Chevrier du Pays de Gex (Ain).

Jadis vouée à l'élevage bovin, la commune compte actuellement de nombreux vergers.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Léaz
(Ain)
Collonges
(Ain)
Rose des vents
Clarafond-Arcine N
O    Chevrier    E
S
Clarafond-Arcine Vulbens

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Chevrier est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[1],[2],[3]. Elle appartient à l'unité urbaine de Vulbens, une agglomération intra-départementale regroupant 2 communes[4] et 2 133 habitants en 2017, dont elle est une commune de la banlieue[5],[6].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Genève - Annemasse (partie française) dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 158 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[7],[8].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme actuel est utilisé sous sa forme simple à partir de 1780[9]. Avant cette date, parfois encore au niveau local, on trouve la forme Chevrier en Vuache, Chevrier au Vuache.

Il semble désigner l'éleveur de chèvres, dérivant très probablement de l'ancien français chevrot (latin capra), ou pourrait être un patronyme[10].

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Shèvrî, selon la graphie de Conflans[11].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le territoire de Chevrier est occupé dès le Néolithique puis à l'époque romaine. Une statue de Bacchus, aujourd'hui conservée au MAH de Genève, est découverte en 1870, à l'occasion « du réaménagement de la route menant au Pont Carnot »[12].

Période médiévale[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, le village dépend principalement des seigneurs du Vuache dont le château, aujourd'hui disparu, se trouvait à côté de l'église de Vulbens[13].

Le village avait une église paroissiale aujourd'hui désaffectée et une chapelle dite de Sainte-Victoire au sommet du mont Vuache. Chaque année à la Pentecôte un pèlerinage se déroule à la chapelle Sainte-Victoire.

Les Hospitaliers[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Chézery (Pays de Gex) et la commanderie de Compesières (ordre de Saint-Jean de Jérusalem) y détenaient également des droits.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

L'ensemble du duché de Savoie opte pour la France lors du plébiscite de 1860.

La route des Murets (1866/67) vers Arcine puis le pont Carnot terminé en 1873 améliorent les transports. Avant cela, les habitants utilisaient le bac à traille de Cologny (Vulbens) pour traverser le Rhône. Le pont de Grésin sous Arcine-Clarafond permettait d’aller dans la vallée de Chézery. Il existait aussi un sentier le long du Rhône vers Bellegarde, mais il a disparu lors de la mise en eau du barrage de Génissiat.

Pendant la première moitié du XIXe siècle, Chevrier se développe ; le nombre des habitants était plus élevé que de nos jours. L'almanach du duché de Savoie note pour 1828 une population de 517 individus (alors qu’en 1978, il y n’y en a plus que 182). Une fruitière est fondée vers 1885.

En , un détachement de trente travailleurs coloniaux travaille aux carrières. Le monument aux morts est construit par le tailleur Bouvier avec la pierre de Châtillon-en-Michaille.

Le chemin de fer du PLM faisait une halte à Chevrier où une cabane abritait les voyageurs.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, deux prêtres originaires de Chevrier font passer la frontière aux personnes persécutées par Vichy et les nazis. Il s’agit de l’abbé Marius Jolivet curé à Collonges-sous-Salève[14] et de l’abbé Jean-Joseph Rosay, curé à Douvaine[15].

En , les soldats allemands de Fort l'Écluse font plusieurs incursions à Chevrier. Ils pillent et menacent les habitants[16]. Le en fin d'après-midi, les Allemands en provenance de Fort l'Écluse arrivent à Chevrier. Les habitants fuient vers la montagne. Le lendemain , les habitants et les animaux sont évacués vers la Suisse et les Allemands reviennent à Chevrier. Bilan : 23 maisons incendiées entre l'église et la ferme Chatelain (ex-ferme Burlat) ; une personne âgée - Alphonse Chatelain - est tuée par les Allemands. C’est la partie basse du village de Chevrier qui a été détruite. La reconstruction dura de 1945 à 1954, aidée par des dons suisses, américains, égyptiens, mais aussi de Clarafond, d'Annemasse, , etc.[17].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
maire en 1958 ? Edmond Marmilloud MRP Cultivateur
Président de la MSA de Haute-Savoie
Député suppléant de Charles Bosson
avant 1988 ? Bernard Giazzi    
mars 2001 En cours Bernard Gaud ... ...
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

Les habitants de la commune sont appelés les Chevriérois[9].

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[18]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[19].

En 2018, la commune comptait 600 habitants[Note 3], en augmentation de 35,75 % par rapport à 2013 (Haute-Savoie : +6,11 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
260214218403468469442394387
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
398374331357352348323309280
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
257253228231187184194182182
1982 1990 1999 2006 2007 2012 2017 2018 -
203221306350356439545600-
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[20] puis Insee à partir de 2006[21].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • L'ancienne église paroissiale de Chevrier, à l'architecture complexe, jadis sous la protection de saint Martin[22].

On entre par un portail en cintre brisé typique de la période 1450-1500. La nef comporte une chapelle au sud et un chevet rectangulaire voûté en berceau brisé, survivance romane tardive. Les fenêtres paraissent plus récentes. Dans le chœur, deux fenêtres entourées de bandeaux fleuris surmontés de vases de fleurs. Des panneaux analogues se trouvent dans les embrasements. Sur le mur nord, on peut voir une guirlande de fleurs au-dessus d’un bandeau de feuillage. Au centre, une corbeille de fleurs et un évêque. À droite, l’archange saint Michel. Sur la partie gauche de l’arc triomphal, une Visitation et une corne d’abondance. L'ensemble des peintures du chœur serait italianisant et daterait de 1745. Le mur nord de la nef porte aussi sept panneaux peints : enfance du Christ, vie de la Sainte Famille et Passion. Sous les deux derniers panneaux, un personnage tient une palme et un livre (sainte Victoire ?). De quand datent ces peintures de la nef ? Au début du XVIe siècle, les Genevois devinrent protestants tandis que la Savoie était comme un avant-poste du catholicisme. Le commerce rhodanien reliait alors la région aux contrées méridionales. L’ensemble fut donc probablement réalisé à l’époque de la Réforme catholique ; la période 1665-1745 semble plausible. L'église fut abandonnée par le culte en 1793, puis restituée en 1821 comme chapelle dédiée à saint Joseph[23].

  • Le vieux village de Chevrier, le long du chemin qui monte à la montagne, a de belles maisons anciennes. On distingue à droite en montant la grande ferme des Burlat, anciens notables du village aux XVIIIe et XIXe siècles.
  • Pont Carnot.
  • Au sommet du mont Vuache se niche la chapelle de sainte Victoire.

Une légende affirme qu’il s’y trouvait un couvent de moniales. Il aurait été attaqué par les Sarrasins et Victoire aurait bondi par-dessus le Rhône jusqu’au rocher de Léaz. Une autre légende affirme que l’agresseur était le seigneur d’Arcine. Certains récits présentent une version totalement différente selon laquelle les moniales fuyaient depuis la Semine.

Il y a peu, on affirmait qu’en patois Sainte Victoire se prononçait Sainte Avintire et on traduisait avantire par "avant-toit" parce que le Vuache protégerait Vulbens de la pluie. La première mention écrite du toponyme date de 1296. Quatre bâtiments s’y succédèrent[24] :

  • Une construction gallo-romaine.
  • Un bâtiment de dix mètres sur douze avec des tombes. Un document de 1467 mentionne une « chapelle de la Bienheureuse-Victoire sise sur le mont Vuache, dans laquelle, comme on l'assure, reposent plusieurs corps de saints ». Il ajoute qu'elle a besoin de réparations.
  • Puis on construisit une chapelle plus petite qui tomba en ruines au XVIIIe siècle.
  • La chapelle actuelle date de 1851. Le clergé local voulait effacer les « fautes » de la période révolutionnaire. Jusque vers 1930 certaines femmes s’y rendaient parce qu’il y avait une souche remplie d'eau de pluie guérissant les maux de têtes, surdités, migraines, etc. À quelques mètres, il y a une cavité nommée le puits de l’Ermite, un lilas planté en 1927 et une enceinte antérieure aux Romains. Chaque printemps un pèlerinage s’y déroule.
  • Les maisons le long de la route de Vulbens à Arcine sont récentes, cette partie du village ayant été incendiée par les soldats allemands en .

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jean Rosay (abbé) (1902-1945), originaire de Chevrier, curé de Douvaine (74) en 1941. Fait passer plusieurs personnes en Suisse par Veigy. Déporté à Auschwitz, Birkenau et Bergen-Belsen, matricule (186.350). Décoré de la médaille des Justes parmi les nations.
  • Marius Jolivet (abbé) (v. 1905-1964), originaire de Chevrier, curé de Collonges-sous-Salève (74) en 1941. Fait passer plusieurs personnes en Suisse. Agent de liaison pour la Résistance. Décoré de la médaille des Justes parmi les Nations.
  • Paul Collomb (1921-2010), peintre et lithographe, inhumé au cimetière du village.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Baud, Jean-Yves Mariotte, Jean-Bernard Challamel, Alain Guerrier, Histoire des communes savoyardes. Le Genevois et Lac d'Annecy (Tome III), Roanne, Éditions Horvath, , 422 p. (ISBN 2-7171-0200-0).
  • Frédéric Raynaud avec la collaboration de Danielle Foy, Bruna Maccari-Poisson, Claude Olive, Louis de Roguin, Le Château et la seigneurie du Vuache, Lyon, Service régional de l'archéologie, , 147 p. (ISBN 978-2-906190-10-8, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé, en , celle d'aire urbaine afin de permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 3 avril 2021).
  2. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 3 avril 2021).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 3 avril 2021).
  4. « Unité urbaine 2020 de Vulbens », sur https://www.insee.fr/ (consulté le 3 avril 2021).
  5. « Base des unités urbaines 2020 », sur www.insee.fr, (consulté le 3 avril 2021).
  6. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le 3 avril 2021).
  7. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Genève - Annemasse (partie française) », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques (consulté le 3 avril 2021).
  8. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le 3 avril 2021).
  9. a et b « Chevrier », Base de données des communes de Sabaudia, le site de mutualisation des Archives départementales de la Savoie et de la Haute-Savoie - sabaudia.org (consulté en décembre 2017).
  10. Henry Suter, « Chevrier », sur le site d'Henry Suter, « Noms de lieux de Suisse romande, Savoie et environs » - henrysuter.ch, 2000-2009 (mis à jour le 18 décembre 2009) (consulté en décembre 2017).
  11. Lexique Français - Francoprovençal du nom des communes de Savoie : Lé Kmoune in Savoué, Bruxelles, Parlement européen, , 43 p. (ISBN 978-2-7466-3902-7, lire en ligne), p. 15
    Préface de Louis Terreaux, membre de l'Académie de Savoie, publié au Parlement européen à l'initiative de la députée Malika Benarab-Attou.
    .
  12. Dominique Ernst, « Le Pays du Vuache au temps des Gallo-romains », Le Messager,‎ (lire en ligne).
  13. Frédéric Raynaud avec la collaboration de Danielle Foy, Bruna Maccari-Poisson, Claude Olive, Louis de Roguin, Le Château et la seigneurie du Vuache, Lyon, Service régional de l'archéologie, , 147 p. (ISBN 978-2-906190-10-8, lire en ligne), p. 19-38, « Chapitre 2. La seigneurie du Vuache ».
  14. « Marius Jolivet », Juste parmi les Nations, sur ajpn.org (consulté en mars 2021).
  15. « Jean-Joseph Rosay », Juste parmi les Nations, sur ajpn.org (consulté en mars 2021).
  16. Robert Amoudruz, « Brûlement de villages au pays du Vuache », La Salévienne, 2004, p. 23 et p. 30.
  17. Chevrier 1944-1994, brochure de 22 pages faite par la mairie.
  18. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  19. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  20. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  21. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  22. Raynaud, 1992, p. 19-38, « Chapitre 2. La seigneurie du Vuache » (Lire en ligne).
  23. Aurélia Costes, Isabelle L’Herbette-Jaillard, L’ancienne église paroissiale Saint-Martin à Chevrier en Vuache et ses peintures murales, mémoire de maîtrise d’histoire de l’art, sous la direction de Martine Jullian et de Pierrette Paravy, en trois volumes, UPMF Grenoble-II, 2004.
  24. Échos saléviens, no 7, 1998, page 57.