Gene Sharp

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Gene Sharp
Naissance (89 ans)
North Baltimore (en), Ohio Drapeau des États-Unis États-Unis
Pays de résidence États-Unis
Profession
Activité principale
théoricien et stratège de la non-violence et de la résistance civile
Autres activités

Gene Sharp (né le ) est un politologue anticommuniste américain connu pour ses nombreux écrits sur la lutte non-violente. Il a été parfois surnommé le « Machiavel de la non-violence » ou le « Clausewitz de la guerre nonviolente »[1].

Il est le fondateur de l'Albert Einstein Institution, une association sans but lucratif qui étudie et promeut la résistance nonviolente dans les zones de conflits actuelles. En 2012, il reçoit le Right Livelihood Award pour « avoir développé et articulé les principes fondamentaux et les stratégies de résistances non-violentes et les avoir diffusés dans des zones en conflit[2]. »

Biographie[modifier | modifier le code]

La contribution de Gene Sharp aux mouvements de résistance[modifier | modifier le code]

L'enseignement de Gene Sharp a influencé de nombreux mouvements de résistance autour du monde. Un exemple récent est l'ensemble des Révolutions de couleur en Europe de l'Est. Le manuel De la dictature à la démocratie (en anglais From Dictatorship to Democracy, 1993, traduit en 34 langues[3]) a servi de base pour les campagnes des mouvements Otpor en Serbie, Kmara en Géorgie, Pora en Ukraine, Kelkel au Kirghizistan et Zubr en Biélorussie. Les écrits de Gene Sharp sur la défense nonviolente ont été utilisés par les gouvernements de Lituanie, de Lettonie et d'Estonie au temps de leur séparation d'avec l'Union soviétique en 1991. Ces méthodes ont aussi été utilisées en Tunisie, en Égypte et même en Syrie durant les premiers mois de la rébellion, avant que les émeutes ne tournent à la violence. Plus généralement, on peut dire qu'aujourd'hui la moitié des grands conflits dans le monde se traitent selon les méthodes de lutte nonviolente. Plus d'une centaine peuvent être cités.

L'analyse politique et la résistance nonviolente[modifier | modifier le code]

Le livre le plus connu de Gene Sharp, Les politiques de l'action non-violente (en anglais The Politics of Nonviolent Action, 1973), offre une analyse politique pragmatique de l'action non-violente comme méthode utilisant le pouvoir dans un conflit. Son idée centrale est que le pouvoir ne provient pas d'une quelconque qualité inhérente aux leaders d'un pays. Pour lui, comme pour Etienne de la Boétie avant lui, le pouvoir d'un gouvernement ne tient qu'à l'obéissance de ses sujets. Si ces derniers refusent d'obéir le pouvoir n'existe plus. Sharp identifie et analyse les sources du pouvoir : l'autorité, l'adhésion, les compétences, les moyens matériels, les sanctions et les facteurs intangibles. Elles sont les piliers du pouvoir si bien que, lorsqu'elles disparaissent, le pouvoir s'affaiblit et peut même s'effondrer. Ces piliers sont aux mains du peuple qui, s'il le décide et s'organise, peut les ébranler. Ces structures de pouvoir disposent de systèmes spécifiques pour encourager ou obtenir l'obéissance de ses sujets, ex. police, tribunaux, sanctions (emprisonnement, amendes, ostracisme) et récompenses (titres, santé, honneurs)... Gene Sharp montre ensuite, à partir de l'étude fine des expériences passées, comment des peuples ont réussi à gagner contre de grandes puissances. Il montre l'importance du choix des objectifs de lutte et de la stratégie. Celle-ci est tout à fait essentielle et doit être étudiée et conçue après analyse poussée de la situation. Elle requiert les plus grands soins. Il montre les erreurs qui ont été commises comme aussi les raisons des succès.

Démentis[modifier | modifier le code]

Son influence lors des récents mouvements de renversement de dictatures ont été à la base de critiques décrivant Sharp comme un instrument de la politique internationale des USA. L'Institution Albert Einstein a publié plusieurs études et témoignages en réponse à ces critiques[4] montrant qu'il n'en est rien. Il y a d'abord les démentis de Gene Sharp lui-même[5]. Puis l'étude du professeur Stephen Zunes, chercheur en relations internationales[6]. Ajouter à cela le travail de Caroline Fourest qui, dans son émission sur France 5 du 5 février 2013, montre qu'il s'agit là de l'une des théories du complot. On peut aussi s'en convaincre auprès du site Irenees[7] et surtout auprès de l'École de la paix de Grenoble[8] qui travaille en collaboration avec Gene Sharp et son Institution Albert Einstein à Boston. La vérité est que Sharp et son équipe sont des chercheurs et ne sont pas des activistes. Ils donnent des idées et des recommandations mais n'interviennent pas sur le terrain des luttes. Les choix stratégiques appartiennent toujours aux peuples concernés. Il n'en demeure pas moins que les peuples en lutte demandent des subventions aux grandes ONG américaines ou européennes, et que ces ONG promeuvent les méthodes de Sharp pour des raisons humanitaires ou pour les droits de l'Homme.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Des textes de Gene Sharp ont paru dans au moins 34 langues[9]. En Chine l'avocat Tang Jingling a été arrêté pour avoir diffusé des ouvrages de Gene Sharp[10].

Ouvrages originaux en anglais[modifier | modifier le code]

Ouvrages traduits en français[modifier | modifier le code]

Certains ouvrages sont disponibles au format PDF sur le site de l'Albert Einstein Institution [11].

  • La guerre civilisée : La défense par actions civiles [« Civilian-Based Defense: A Post-Military Weapons System »], Grenoble, UG, , 192 p. (ISBN 978-2706106231) (avec l'assistance de Bruce Jenkins)
  • Gene Sharp, A la recherche d'une solution au problème de la guerre, Alternatives non violentes,
    Pages 3-16 in : Alternatives non violentes, n°39, décembre 1980. - Version révisée d'un article paru dans "The Future of Collective Violence" (Lund, Suède, Studentlitteratur, 1974) et à paraître dans "Social Power and Political Freedom", trad. Ch. Mellon
  • La force sans la violence [« There are realistic alternatives »], Éditions L'Harmattan, coll. « La librairie des humanités », , 100 p. (ISBN 978-2296108707)
  • L'anti-coup d'Etat [« The Anti-Coup »], Éditions L'Harmattan, coll. « La librairie des humanités », , 110 p. (ISBN 978-2296108714)
  • De la dictature à la démocratie : un cadre conceptuel pour la libération [« From Dictatorship to Democracy : Conceptual Framework for Liberation »], Paris, Éditions L'Harmattan, coll. « La librairie des humanités », , 137 p., 22 cm (ISBN 978-2-296-10872-1, notice BnF no FRBNF42111853)
  • La lutte nonviolente - Pratiques pour le XXI° siècle, Editions Ecosociété, Montréal, 2015, (ISBN 978-2-89719-216-7)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]