Varg Vikernes

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Varg Vikernes

Description de l'image  Varg Vikernes-2.jpg.
Informations générales
Naissance 11 février 1973 (41 ans)
Activité principale Musicien
Genre musical Black metal, dark ambient
Instruments Guitare, basse, batterie, synthétiseur
Années actives 1991 à 1999 et à partir de 2010
Labels Deathlike Silence Productions
Cymophane
Misanthropy Records
Site officiel burzum.org

Varg Vikernes, connu aussi sous le nom Count Grishnackh (né Kristian Vikernes ; 11 février 1973 - ) est un musicien et un auteur norvégien, essentiellement connu pour son projet musical solitaire nommé Burzum. Il fait partie des fondateurs du black metal.

Encore méconnu du grand public au début des années 1990, Vikernes s'est fait connaitre progressivement dans la culture populaire pour ses prises de positions extrêmes concernant la politique et sa critique du christianisme. Il a été condamné pour plusieurs incendies criminels visant des églises dont il nie la responsabilité et a également été condamné pour le meurtre de Øystein Aarseth, membre du groupe Mayhem en 1993.

Avec le projet Burzum, il a composé et produit certains des plus importants albums de la scène metal scandinave comme Hvis Lyset Tar Oss (1994) ou Filosofem (1996).

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et adolescence[modifier | modifier le code]

Varg Qisling Larssøn Vikernes API : /varg 'kviʃliŋ 'la:ʃøn 'vi:keɳes/, né Kristian Vikernes le 11 février 1973, près de Bergen, en Norvège. Il est le fils cadet d'un ingénieur en électronique et d'une mère employée d'une compagnie pétrolière[1].

Dans les Les seigneurs du chaos, il raconte qu'à l'âge de 6 ans sa famille est partie vivre un an à Bagdad car son père travaillait pour Saddam Hussein sur le développement d'un programme informatique. N'ayant plus de place disponible dans les écoles anglaises, le jeune Vikernes alla dans une école primaire irakienne. Dans son interview, Vikernes déclare y être devenu conscient des questions raciales. Les châtiments corporels n'étaient pas rare à l'école. À l'occasion d'une querelle avec un professeur, celui-ci le traita de "singe", mais n'osa cependant pas le frapper parce qu'il était blanc[2].

À propos de son père, il déclare qu'il avait un drapeau nazi à la maison. Il le décrit comme hystérique et hypocrite, celui-ci s'étant inquiété que son fils devienne nazi, alors que lui-même pestait à propos des gens de couleurs qu'il voyait en ville. Il décrit sa mère comme étant une racialiste refusant qu'il fasse sa vie avec une femme noire. Au moment de l'interview en 1995, il entretenait toujours des relations avec sa mère mais très peu avec son père. Ses parents divorcèrent en 1985, lorsqu'il avait 12 ans, et son père partit[3].

Carrière musicale et début de Burzum[modifier | modifier le code]

Vikernes apprend à jouer de la guitare à partir de 14 ans, en 1987. Un an plus tard, il crée un groupe de crust punk qu'il nomme Kalashnikov avec deux autres personnes « car c'est le nom de mon arme d'assaut favorite », explique-t-il[4]. Vikernes pratique ce genre de musique en priorité comme réaction face à ce qu'il considère comme la bourgeoisie réactionnaire de sa famille[5]. Par la suite il renomme le groupe en Uruk-hai[6].

À 17 ans, il rentre en contact avec les membres du groupe de death métal Old Funeral à Bergen. Il joue de la guitare avec eux en 1990-1991 et participa à leur album Devoured Carcass.

En 1991, Vikernes commence un projet musical intitulé Burzum, dont il est le seul membre, et devient rapidement impliqué dans la scène du black metal norvégien.

La toile de l'artiste Theodor Kittelsen Op under Fjeldet toner en Lur (Là-haut sur les collines retentit un clairon), réalisé en 1900, qui servit pour l'illustration de l'album Filosofem

Entre 1992 et 1993 il enregistre quatre albums. Pour leur enregistrement, Vikernes utilise une vieille guitare Westone, achetée en 1987 à une connaissance. Il utilise la guitare basse la moins chère du magasin, emprunte les batteries d'Old Funeral, et d'Immortal ainsi qu'à un autre musicien vivant à proximité. Pour Hvis lyset tar oss il emprunte la batterie d'Hellhammer, la même qui fut utilisée pour enregistrer De Mysteriis Dom Sathanas de Mayhem. Il utilise un amplificateur Peavey, mais pour enregistrer Filosofem il prend l'amplificateur de son frère et quelques vieilles pédales Fuzz. Pour les voix, il aurait pu prendre n'importe quel microphone, mais pour enregistrer Filosofem il choisit exprès le pire qu'il a sa disposition : un casque audio. Pour le bruit de fond de Dungeons of Darkness il utilise un gong de Grieghallen avec l'aide d'Euronymous.

En 1992, Vikernes rejoint le groupe de black metal Mayhem.

Incendies d'églises[modifier | modifier le code]

L'église de Fantoft à Bergen

Le 6 juin 1992, l'église Stavkirke de Fantoft datant du XIIe siècle fut incendiée. En janvier 1993, les pyromanes ont attaqué au moins sept églises Stavkirke dont une lors du réveillon de noël de 1992.

Vikernes fut accusé d'être à l'origine de ses attaques, arrêté, puis libéré pour manque de preuves. A la suite du meurtre d'Øystein Aarseth, les amis de ce dernier ont témoigné contre lui. Il fut jugé coupable dans plusieurs de ces affaires, respectivement pour incendie et tentative d'incendie sur des églises Åsane et Storetveit : l'église Skjold à Vindafjord et la chapelle d'Holmenkollen à Oslo. Il a également été accusé de l'incendie de la Stavkirke de Fantoft, une église en bois debout, mais les charges ne furent pas retenues. En 1998, les témoins ont dit devant la cours qu'ils avaient menti sous pression de la police.

Vikernes a été soupçonné d'avoir été inspiré par la paganisme et le satanisme théiste, il a cependant toujours nié être un sataniste. Il considère ces incendies comme des vengeances aux profanations perpétrées par les chrétiens contre les tombes et les tumulus des vikings.

Dans son livre Vargsmål, il écrit : « Pour chaque cimetière dévasté, un tombeau païen est vengé, pour chacune des dix églises réduites en cendre, un temple païen est vengé, pour chacun des dix prêtres ou des francs-maçons assassinés, un païen est vengé. »

Article du Bergens Tidende[modifier | modifier le code]

En janvier 1993, un article d'un des plus grand journaux norvégien, le Bergens Tidende, mis la scène black metal en lumière. Deux amis de Vikernes l’interviewèrent et envoyèrent l'interview au journal en espérant qu'elle serait publiée. Dans l'interview anonyme, le Count Grishnackh (Vikernes) revendiquait avoir brûlé les églises et tué un homme à Lillehammer. Le journaliste Finn Bjørn Tønder organisa une rencontre avec Vikernes à l'aide de ses amis. Les journalistes furent convoqués dans un appartement et avertis qu'ils seraient tués en cas de contact avec la police. Ils prétendaient être des adorateurs du diable et ont déclaré : « Notre intention est de répandre la peur et la diablerie [...] C'est pourquoi nous disons cela au Bergens Tidende ». L'article fut publié le 20 janvier en une intitulé « Nous avons mis le feu », avec des photos de Vikernes le visage camouflé et deux grands couteaux. Cependant, au moment où l'article a été imprimé, Vikernes avait déjà été arrêté. La police l'aurait prétendument trouvé en allant à l'adresse marqué sur un flyer de Burzum, mais Vikernes estime que Tønder l'a dénoncé.

Selon Vikernes, l'interview anonyme a été planifiée par lui-même et Euronymous. L'objectif, dit-il, était de faire peur aux gens, de promouvoir le black metal et d'obtenir plus de clients pour l'Helvete, la boutique d'Euronymous. À l'époque, Burzum était sur le point de publier le mini-album Aske. Vikernes dit dans l'interview : « J'ai beaucoup exagéré et quand le journaliste partit, nous [...] avons eu un bon fou rire, parce qu'il n'a pas semblé comprendre qu'on se fichait de lui ». Il a ajouté que l'entrevue rien ne prouvait son implication dans les crimes.

Vikernes déclara que, après avoir été arrêté, « le journaliste a édité l'entrevue et [...] a publié une version démente de lui le lendemain, sans même m'avoir laissé la relire avant publication ». D'autres membres de la scène ont également été arrêtés et interrogés, mais tous ont été relâchés faute de preuves. Jørn Inge Tunsberg du groupe Hades Almighty déclara que cette interview eu de graves conséquences pour le reste de la scène.

Le magazine norvégien Rock Furore publia une interview avec Vikernes en février 1993. Il y déclara au sujet du système carcéral : « C'est trop bien ici. Ce n'est pas du tout l'enfer. Dans ce pays les prisonniers ont un lit, des toilettes et une douche. C'est complètement ridicule. J'ai demandé à la police de m'envoyer dans un vrai donjon et les ai encouragés a utiliser la violence ». Il fut relâché en mars pour manque de preuves.

Peu après cet épisode la police d'Oslo suivait le groupe de pyromane, dans un local de fortune à l’hôtel Norge. Dans Les Seigneurs du chaos, citant un rapport de police, on y apprend que Vikernes alla frapper a leur porte et rentra de force dans la suite. Il était habillé d'une cotte de mailles, de deux grands couteaux à la ceinture et accompagné de deux hommes de main. Vikernes déclara qu'il en avait marre d'être harcelés par les autorités, et que l'enquête policière sur la scène Black Metal devait s'arrêter. Quand on lui répondit qu'il n'avait pas le droit de donner des ordres à la police, Vikernes fit un pas en arrière et leva le bras droit dans un salut romain.

Meurtre d'Øystein Aarseth[modifier | modifier le code]

Au début de 1993, de l'animosité apparut entre Øystein Aarseth, alias Euronymous ancien leader du groupe Mayhem, et Vikernes, et entre Euronymous et la scène black metal suédoise. Après l'épisode Bergens Tidende, Euronymous décida de fermer son magasin Helvete et commença à attirer l'attention de la police et des médias.

Dans la nuit du 10 août 1993 Vikernes et Snorre Westvold Ruch, alias Blackthorn, prirent la voiture de Bergen à l'appartement d'Euronymous à Tøyengata à Oslo. À leur arrivée, une confrontation commença et Vikernes poignarda mortellement Euronymous. Son corps fut trouvé dans l'escalier extérieur de l'appartement avec 23 entailles dont quelques coups de couteaux[réf. nécessaire]. Varg Vikernes affirma l'avoir poignardé de 4 ou 5 coups de couteau : un à la poitrine et le reste dans le dos[7].

Selon Vikernes, Euronymous prévoyait de le paralyser avec un pistolet à impulsion électrique, de l'attacher et de le torturer à mort en filmant l'événement. Vikernes explique que « s'il en avait parlé à tout le monde je ne l'aurais pas pris au sérieux, mais il n'en a parlé qu'à un petit groupe d'amis (Samoth) et l'un d'entre eux me l'a dit ». Il déclare qu'Euronymous avait planifié d'utiliser une rencontre au sujet d'un contrat non signé pour lui tendre un piège. Blackthorn resta fumer en dehors pendant que Vikernes montait au quatrième étage à l'appartement. À 3 heures du matin, il rencontra Euronymous à sa porte pour lui demander ce qu'il mijotait et pour lui faire signer un contrat qui lui aurait permis de ne plus avoir de contact avec Euronymous. Quand il s'avança, Euronymous paniqué lui mis un coup de pied dans la poitrine. Les deux hommes se battirent, Euronymous alla chercher un couteau dans sa cuisine mais Vikernes pris le sien avant et le poignarda. Selon Vikernes la plupart des blessures par coupure d'Euronymous ont été causées par le verre d'une lampe brisé sur lequel il était tombé pendant la lutte. Après le meurtre, Vikernes et Blackthorn sont retournés à Bergen. Sur le chemin, ils se sont arrêtés à un lac où Vikernes jeta ses vêtements tachés de sang. L'histoire d'auto-défense est mise en doute par Faust, le batteur du groupe Emperor et d'autres membres de la scène, selon eux une mise en scène aurait été faite pour privilégier cette thèse.

Vikernes a été arrêté le 19 août 1993 à Bergen. La police a trouvé 150 kg d'explosifs et 3 000 cartouches de munitions dans sa maison. Selon le livre Encyclopedia of White Power, Vikernes dit que ces explosifs étaient « destinés à souffler la maison Blitz », le repère du mouvement anarchiste et communiste à Oslo. Un plan qui aurait été sur le point d'aboutir, seulement empêché par l'arrestation de Vikernes. Dans un article publié en 1999, Kevin Coogan pointe l'attaque planifiée de Vikernes sur la maison Blitz comme un motif possible pour assassiner Euronymous. Les médias ont également émis l'hypothèse qu'Euronymous et Vikernes avaient comploté pour faire sauter la cathédrale de Nidaros, qui apparaît sur la couverture de De Mysteriis Dom Sathanas. Vikernes réfuta ses accusations et se justifia  : « Je recevais [des explosifs et des munitions] en vue de défendre la Norvège car nous pouvions être attaqués à tout moment. Pendant la guerre froide, les États-Unis et l'Union soviétique auraient pu décider de nous attaquer. Nous n'avons aucune raison de faire confiance au gouvernement, à la famille royale ou à l'armée en raison de ce qui s'est passé la dernière fois que nous avons été attaqués. Nous étions laissés à nous-mêmes ».

Procès[modifier | modifier le code]

Le procès de Vikernes commença le 2 mai 1994. Beaucoup d'autres membres de la scène ont été envoyés au tribunal au même moment, dont Blackthorn et Faust. Certains d'entre eux ont confessé leurs crimes ou leur implication. Selon Les Seigneurs du chaos, Vikernes fut dégouté par les confessions des autres alors qu'il gardait le silence. Durant le procès les médias ont fait de Vikernes, « le principal croque-mitaine de ces 50 dernières années ». Au tribunal il a été déclaré que lui, Blackthorn et un autre ami avaient planifié le meurtre. La troisième personne serait resté dans l'appartement à Bergen comme alibi pour faire comme s'ils n'avaient jamais quitté la ville. Il aurait loué un film et avait l'intention d'utiliser la carte de crédit de Vikernes.

Le 16 mai 1994, Vikernes a été condamné à 21 ans de prison — la peine la plus lourde en Norvège — pour le meurtre d'Euronymous, l'incendie de trois églises, la tentative d'incendie d'une quatrième et pour le vol et la détention de 150 kg d'explosifs. Il n'a cependant avoué que la dernière. Deux églises ont été brulées le jour de la sentence, en signe de soutien symbolique. Blackthorn fut condamné à 8 ans de prison pour complicité. Au moment de la lecture du verdict, Vikernes sourit, cette image fut largement reprise par les médias.

Le mois où il y a eu la sortie de l'album de Mayhem De Mysteriis Dom Sathanas où Euronymous jouait de la guitare électrique et où Vikernes jouait de la guitare basse, la famille d'Euronymous demanda au batteur de Mayhem, Hellhammer, de retirer la piste enregistré par Vikernes. Hellhammer déclara « J'ai pensé qu'il était approprié que l'assassin et la victime ne soient pas sur le même enregistrement . J'ai écrit un mot pour dire que je réenregistrerais les parties de basse, mais je ne l'ai jamais fait ».

Séjour en prison[modifier | modifier le code]

Vikernes a purgé sa peine dans les prisons de Bergen, Tønsberg, Ringerike, Trondheim et Tromsø.

Fin 1994, Vikernes écrit un livre en norvégien intitulé Vargsmål. Il dit qu'il l'écrivit pour se défendre contre les « mensonges de tous les médias » et que ce livre est marqué par son isolement et sa colère de l'époque. Il déclare que la prison lui a confisqué son manuscrit et que pendant plusieurs années et qu'il n'était pas autorisé à le relire. Cette suite d'article fut publié tel quel malgré la volonté de Vikernes de le retravailler et de le corriger.

Le 8 avril 1997, 5 néo-nazis furent arrêtés à Hemnes. Ce groupe nommé Einsatzgruppe avait pour projet de libérer Vikernes de prison ainsi que d'attaquer des figures politiques et religieuses de la Norvège. Une de ses personnes, Tom Eiternes, avait connu Vikernes en prison. La mère de Vikernes, Lene Bore, fut arrêté pour les avoir financé à hauteur de 100 000 couronnes norvégiennes. Les poursuites sont abandonnées en 1998.

Durant son séjour en prison, Vikernes enregistra deux albums, tous deux se composant d'une atmosphère très sombre. Le premier Dauði Baldrs, fut enregistré en 1994-1995 et publié en octobre 1997. Le second, Hliðskjálf, fut enregistré en 1998 et publié en avril 1999. Vikernes s'est vu refuser l'accès à une guitare électrique, guitare basse ou la batterie, et à la place utiliser un synthétiseur, seul instrument à sa disposition pour s'exprimer. En 2000, Vikernes a terminé son projet musical. Il pense que sa philosophie a été constamment mal interprétée par ses fans.

Plus tard, à travers son site web, il a indiqué qu'il espérait continuer Burzum après sa sortie de prison, en déclarant : « Je vais publier quelques livres, peut-être en utilisant un pseudonyme afin de rester anonyme, et peut-être un album de Burzum ou deux, mais c'est tout ».

Entre 1998 et 2004, Vikernes aurait écrit cinq autres livres en prison. En 1998, il a également écrit un livre en langue norvégienne appelée Germansk Mytologi og Verdensanskuelse (mythologie teutonique et vision du monde). Outre Vargsmål, c'est le seul autre livre qui a été publié. En 2004, il a traduit en anglais et a été rebaptisée The Mysteries and Mythology of Ancient Scandinavia. En 1999, il a écrit EihwaR, un roman philosophique / politique / historique sous la forme d'un dialogue entre un étudiant et un oppositionnel. Lui aussi il le traduisit en anglais et le renomma par The Religion of the Blood. Cette même année il écrivit une traduction anglaise et norvégienne de Völuspá. En 2000-2001, il écrivit Teorier (Théories). Il portait sur des théories sur l'origine de différentes coutumes et croyances, et contenait plusieurs histoires courtes sur la période préhistorique. Il décida cependant d'abandonner ce livre. En 2003–2004, il écrit une nouvelle gothique et fantastique intitulé The Cult of Hel. Plus tard en 2003, il commença à écrire des articles sur son site Burzum.org qui devint le site officiel.

En août 2003, Vikernes fut transféré d'une prison de haute sécurité à Bergen vers une prison de basse sécurité à Tønsberg. Le 15 octobre le journal local, Tønsbergs Blad, publia un article critiquant Vikernes. Le 26 il était en fuite après avoir bénéficié d'un congé de courte durée. Il arrêta une voiture à Numedal avec l'aide d'une arme à poing. Environ 19 heures plus tard, la police stoppa la voiture à Romerike et l'a arrêté. La voiture contenait des couteaux, un masque à gaz, des vêtements de camouflage, un navigateur GPS portable, des cartes, une boussole, un ordinateur portable et un téléphone mobile. La police a également retrouvé une arme de poing et un fusil automatique AG3 dans une cabane à Rollag, où Vikernes s'étaient caché lors de son évasion. Il bénéficia de l'aide de plusieurs personnes. Avant l'évasion, Vikernes a donné sa mère une lettre. Dedans, il écrit qu'il avait reçu des menaces de mort et qu'un autre détenu avait tenté de l'étrangler peu après la publication de l'article du journal. Pour ses actions, treize mois ont été ajoutés à la peine de Vikernes et il a été transféré dans une prison de Ringerike. En juillet 2004, il a été transféré dans une prison de haute sécurité à Trondheim. Les trois dernières années de sa sentence ont été passées à la prison de Tromsø.

Quand Vikernes a été condamné, il était possible d'obtenir une libération conditionnelle après avoir purgé 12 ans sur la peine de 21 ans, mais en 2002, avant qu'elle ne devienne effective, le Parlement norvégien a étendu cela à 14 ans. En juin 2006, après avoir purgé 12 ans, il s'est vu refuser la libération conditionnelle Vikernes par le ministère de la justice pénale pour cette raison. Son avocat, John Christian Elden, s'est plaint que le changement de politique est une forme de rétroactivité des lois. L'article 97 de la Constitution norvégienne interdit à toute loi d'avoir un effet rétroactif. Vikernes s'est vu refuser la libération conditionnelle de nouveau en juin 2008, mais il a été autorisé à quitter la prison de Tromsø pour de courtes périodes pour rendre visite à sa famille. La totalité de sa peine courait pour sept ans.

Vikernes a été finalement libéré le 11 mai 2009 (annoncée le 24 mai 2009) et reste en liberté surveillée pour une durée d'un an, à compter de la date de sa libération. Il aura purgé 15 ans de sa peine de 21 ans[8].

Après 2009[modifier | modifier le code]

Vikernes continua son projet Burzum après sa libération.

D'après le livre Les Seigneurs du chaos (Chapitre 8, p. 269) : « Alors que le nom de Vikernes est plus ou moins lié au black metal, il prend soin de se distancier de ce milieu musical. Il déclare même aujourd'hui que les premiers albums de Burzum (considérés aujourd'hui comme des classiques du genre) n'ont jamais été du black metal, mais plutôt du "heavy metal classique et mauvais". Il s'est farouchement distancié de toutes les formes du rock'n'roll, indiquant que les racines du rock étaient afro-américaines et que ce n'était donc pas convenable pour les Blancs[9] ».

Il sortit trois autres albums de black metal : Belus (2010), Fallen (2011) et Umskiptar (2012) ainsi qu'une compilation de chansons réenregistrées From the Depths of Darkness. Le 27 avril 2013, Vikernes poste une chanson sur sa chaîne officielle YouTube, intitulé Back to the Shadows, au sujet duquel Vikernes a déclaré qu'il serait le dernier morceau de métal produit par Burzum. En mai 2013, il publie un autre album, Sôl austan, Mâni vestan.

Dans ses dernières années en prison, Vikernes a eu une fille, qui est née en 1993 et un fils, qui est né en 2007. Dans une entrevue de 2008, il dit que lui et son épouse française, Marie Cachet, attendent un troisième enfant. Après sa libération, lui et sa famille s'installent sur un petite ferme à Bø, Telemark. Par la suite, ils déménagèrent dans le Limousin, en France.

Vikernes a également continué à écrire, à la fois sur son site Burzum.org[10] et sur son blog personnel Thulean Perspective[11], mis en place en janvier 2013. Il a en outre créé, avec son épouse, le site Ancestral Cult[12].

Avec sa femme, il réalise le film ForeBears, sorti en 2013, dont la bande originale n'est autre que l'album Sôl austan, Mâni vestan.

Incrimination en 2013 par les autorités françaises[modifier | modifier le code]

Le 16 juillet 2013, Varg Vikernes est interpellé avec son épouse dans sa ferme de Salon-la-Tour en Corrèze. Il est soupçonné d'être sympathisant d'Anders Behring Breivik et de préparer un attentat. Une enquête préliminaire à sa charge avait été ouverte au préalable par la section antiterroriste suite à l'achat d'armes par sa femme. Une perquisition menée le 16 juillet 2013 a débouché sur la saisie de cinq fusils et carabines dont 4 de calibre 22 long rifle[13],[14].

Les sympathies pour Anders Behring Breivik, que la police française attribue à Varg Vikernes, sont implicitement mises en doute par le journaliste Michaël Szadkowski, du journal Le Monde[15],[16].

Le 17 juillet 2013, la garde à vue de son épouse, Marie Cachet, est levée. Par ailleurs, l'avocat de Varg Vikernes, Me Julien Freyssinet, indique que la garde à vue se passe dans « les meilleures conditions », que son client est « coopératif », qu'en l'absence d'un projet avéré la situation est « très loin d'actes terroristes ou assimilés comme tels », que l'achat d'armes était légal et cohérent avec l'adhésion du couple au courant survivaliste, qui encourage ses adeptes à chasser leur propre nourriture, et que c'est le « lourd passé » de Varg Vikernes qui a sans doute suscité les craintes à l'origine de son arrestation[17].

Pensées et convictions de Vikernes[modifier | modifier le code]

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Ásatrú et néo-paganisme[modifier | modifier le code]

Vikernes est un adepte de la religion Ásatrú. Il aida à la création du mouvement Odaliste et a cofondé le « Allgermanische Heidnische Front » (bien qu'il n'ait jamais été ni un membre ni un leader, et ne soit plus aujourd'hui associé avec l'organisation) et le Norsk Hedensk Front (Front païen norvégien). Vikernes est l'auteur de plusieurs courts travaux sur sa weltanschauung, « Vargsmål » (littéralement : « le discours de Varg »), « Irminsûl » et « Germansk Mytologi og Verdensanskuelse ». Vikernes utilise volontiers les traditions germaniques comme source d'inspiration.

Anti-christianisme[modifier | modifier le code]

Vikernes a écrit des paroles pour de nombreuses musiques du groupe Darkthrone (Quintessence, As Flittermice as Satans Spys, etc.) qui utilisent des éléments du vieux folklore germanique. Dans ces derniers, Satan est ramené dans le contexte d'un « Ţil » qui est source de lumière (c'est-à-dire le soleil), accompagné de mentions de « lance » et de « hall de bataille », qui sont des références masquées au dieu germanique Odin[réf. nécessaire]. Cela a été fait en considérant le double sens d'Odin[pas clair] en tant qu'« adversaire » du judéo-christianisme. Vikernes se démarque néanmoins du satanisme et considère les incendies d'églises des années 1990 comme une réaction au christianisme.

Néonazisme[modifier | modifier le code]

Ouvertement raciste et converti au néo-nazisme après son incarcération, Varg Vikernes est l'une des références des amateurs du National socialist black metal, mouvement pour qui le néonazisme est « un prolongement logique de la dissidence politique et spirituel inhérent au black metal[18] ». Selon A Burzum Story: Part VII - The Nazi Ghost, il ne se catégorise plus comme néo-nazi, une de ces raisons étant le fait que l'idéologie nazie catégorise les Slaves comme Untermenschen tandis que Vikernes respecte leur culture. Selon Vikernes, ces raisons principales sont : « Contrairement à eux, je ne suis pas socialiste (même pas socialiste national), je ne suis pas matérialiste et je crois en l'ancienne démocratie scandinave. »[19],[20].

Vikernes appartient à plusieurs structures néo-païennes völkisch comme le Front païen norvégien et le Front païen germanique. Il se réclame du paganisme nordique. Il est aussi un des membres fondateurs du mouvement norvégien Résistance Aryenne (Hvit Arisk Motstand)[16].

Influence de Vidkun Quisling[modifier | modifier le code]

Vikernes changea son prénom Kristian, jugé trop chrétien pour lui, en Varg (qui signifie « loup » en bokmål). Par la suite, et pour rendre hommage à Vidkun Quisling, le dirigeant de la Norvège entre 1942 et 1945 sous le national socialisme, il changea son nom en Varg Qvisling Larssøn Vikernes. Les textes de Quisling sur l'universisme ont eu une petite influence sur Vikernes[21] et sur la scène de black métal norvégienne[22]. Michael Moynihan et Didrik Søderlind écrivirent que « Vikernes a découvert son prédécesseur en la personne de Vidkun Quisling ». À un moment, il prit temporairement le nom d'artiste Kvisling, il expliqua ce choix dans Vargsmål :

« Un de mes aïeules s'appelait Susanne Malene Qisling. Elle est née 02/06/1811 et décédée le 05/10/1891. Qisling signifie “ce qui découle d'une division des descendants royaux” [...] »

Il déclare au sujet de Vidkun Quisling, « Ils [le gouvernement norvégien au début de la seconde guerre mondiale] ont couru comme des poulets, ont quitté la Norvège avec absolument plus AUCUNE autorité. Alors que Vidkun Quisling ramena l'ordre, il fut remercié par une balle dans le cœur après la guerre ».

Autres prises de position politiques[modifier | modifier le code]

Le 3 avril 2011, Vikernes poste un communiqué en français sur son site dans lequel il appelle les français à voter pour le Front National et décrit la Norvège comme « le dernier état soviétique de l'Europe »[23].

Attrait pour le Seigneur des anneaux[modifier | modifier le code]

Inscription de l'Anneau unique :
Ash nazg durbatulûk, ash nazg gimbatul,
Ash nazg thrakatulûk agh burzum-ishi krimpatul.

Dès son jeune âge, Vikernes est fasciné par l'œuvre de fiction de l'écrivain J. R. R. Tolkien, pourtant profondément catholique, sur la Terre du Milieu. Son nom de scène Grishnackh est tiré de celui d'un Orque dans Les Deux Tours. Le nom Burzum signifie « ténèbres » en Noir Parler, une langue de fiction de cet univers, et provient de l'inscription sur l'Anneau unique dans Le Seigneur des Anneaux ; « Un Anneau pour les gouverner tous. Un Anneau pour les trouver. Un Anneau pour les amener tous et dans les ténèbres les lier ». Le projet Burzum s'appelait à l'origine Uruk-hai, nom qui fut changé lorsqu'il quitta Old Funeral[24].

œuvres[modifier | modifier le code]

Livres et histoires courtes[modifier | modifier le code]

  • Perþ (199?)
  • Vargsmål (1997)
  • Germansk Mytologi Og Verdensanskuelse (2000)
  • Guide To The Norse Gods And Their Names (2001)
  • Речи Варга (version russe de Vargsmål, 2001, version révisée en 2007)
  • Irminsûl (2002)
  • Речи Варга II (version russe de Vargsmål II, 2002)
  • Скандинавская мифология и мировоззрение (version russe de Germansk Mytologi Og Verdensanskuelse, 2007)
  • Sorcery and Religion in Ancient Scandinavia (2011) ISBN 978-0-9566959-3-2

Articles[modifier | modifier le code]

  • A Burzum Story (en neuf parties)
  • Paganism (en quinze parties)
  • A Bard's Tale (en douze parties)
  • The Lord Of Lies (en quatre parties)
  • The Kingdom Of The Sun
  • Detaljer Rundt Stedsnavn I Germansk Område
  • Hur Vi Bör Förstå Balders Död
  • A review of M. Moynihan & D. Søderlind's "Lords Of Chaos: The Bloody Rise Of The Satanic Metal Underground"
  • A personal review of Gavin Baddeley's book "Lucifer Rising: Sin, Devil Worship and Rock'n'Roll"
  • A personal review of Karl Milton Hartveit's book "Djevelen Danser" (The Devil Is Dancing)
  • Europe And Europe's Soul
  • An attempt at a review of Torstein Grude's "Satan Rir Media" (Satan Rides The Media)
  • The Viking Age And Christianity In Norway
  • A Comment To "Vargsmål" And Other Books By Varg Vikernes

Discographie[modifier | modifier le code]

Old Funeral[modifier | modifier le code]

  • 1991: Devoured Carcass (EP)

Burzum[modifier | modifier le code]

Mayhem[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. www.burzum.org/eng/library/interview01.shtml Interview with Varg Vikernes (12.08.2004), by BG
  2. Michael Moynihan et Didrik Søderlind, Les Seigneurs du chaos, 2005, Camion blanc, p. 234-235 240-241
  3. Michael Moynihan et Didrik Søderlind, Les Seigneurs du chaos, 2005, Camion blanc, p. 240
  4. http://www.burzum.org/eng/library/a_burzum_story01.shtml
  5. http://www.spirit-of-metal.com/membre_groupe/membre_groupe-nom-Varg_Vikernes_-id-6098-l-fr.html
  6. Michael Moynihan et Didrik Søderlind, Les Seigneurs du chaos, 2005, Camion blanc, p. 245
  7. Varg Vikernes décrit le meurtre dans une interview dans Les seigneurs du chaos (version française, page 205) et dément le fait qu'il ait assassiné Aarseth avec 24 coups de couteau.
  8. (no) Rune Midtskogen, Varg Vikernes ut på prøve, Slippes ut etter nesten 16 års fengsel., Dagbladet.no, 10 mars 2009, sur dagbladet.no
  9. Michael Moynihan et Didrik Søderlind, Les Seigneurs du chaos, 2005, Camion blanc.
  10. Burzum.org
  11. Thulean Perspective
  12. Ancestral Cult
  13. « Un néo-nazi norvégien sympathisant de Breivik arrêté en Corrèze », sur Ouest-France,‎ 16 juillet 2013 (consulté le 16 juillet 2013)
  14. Anne Jouan, « Un Norvégien «susceptible de préparer un acte terroriste» arrêté en France », sur Le Figaro,‎ 16 juillet 2013 (consulté le 16 juillet 2013)
  15. « Varg Vikernes : meurtre, black metal et néopaganisme », lemonde.fr. Il rapporte en effet que, dans un texte publié le 13 décembre 2012 sur son site officiel, Varg Vikernes espérait que Breivik mettrait fin à ses jours, incriminant le fait que ce dernier aurait « tué plus de Norvégiens que l'entière population de musulmans en Norvège n'en aurait tué au cours des 40 dernières années ».
  16. a et b http://droites-extremes.blog.lemonde.fr/2013/07/16/vikerness-defend-une-europe-blanche-debarrassee-de-tous-les-peuples-metisses-et-des-juifs/
  17. http://www.vs-webzine.com/InfoVS-SUPERVARG%22La+garde+à+vue+de+mon+client+se+d-64099.html#.UefPOPJlrIB.twitter
  18. Mattias Gardell, Gods of the Blood: The Pagan Revival and White Separatism, Duke University Press, 2003, 445 p. (ISBN 978-0822330714) p. 307
  19. http://www.burzum.org/eng/library/a_burzum_story07.shtml A Burzum Story: Part VII - The Nazi Ghost, Varg Vikernes, July 2005
  20. http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-profil-particulierement-dangereux-de-kristian-vikernes-16-07-2013-2986205.php
  21. Michael Moynihan et Didrik Søderlind, Les Seigneurs du chaos, 2005, Camion blanc, p. 257-262
  22. http://www.bitsofnews.com/content/view/3965/2 Culture History Culture: The World According to Quisling,19/09/2006, Gisle Tangenes
  23. http://www.burzum.org/eng/library/chere_france.shtml
  24. Michael Moynihan et Didrik Søderlind, Les Seigneurs du chaos, 2005, Camion blanc, pp.245-246.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]