Grand Théâtre (Bordeaux)

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Le Grand Théâtre de Bordeaux, commandé par le maréchal de Richelieu, gouverneur de Guyenne, et édifié par l'architecte Victor Louis, a été inauguré le 7 avril 1780 avec la représentation de l'Athalie de Jean Racine.

Classé monument historique, réminiscence de l'Antiquité par son péristyle, l'ouvrage de 88 mètres sur 47 de style néo-classique, s'inscrit dans l'opulent urbanisme bordelais hérité du siècle des Lumières.

Il abrite une salle de spectacle d'un millier de places, exemple parfait de théâtre à l'italienne.

Après plus de deux cent ans d'usages divers ou de transformations successives de ses salles comme de son environnement, il a retrouvé, à la fois sa décoration intérieure bleue, or et marbre blanc d'origine à l'occasion de sa dernière restauration en 1991 et sa perspective de temple des muses avec l'aménagement de la place de la Comédie et du cours du Chapeau-Rouge en 2006.

Le Grand Théâtre est aujourd'hui le siège de l'Opéra national de Bordeaux qui y programme sa saison lyrique et les représentations du Ballet de l'Opéra. Il accueillait également les concerts symphoniques de l'Orchestre national Bordeaux Aquitaine avant l'ouverture de l'Auditorium de Bordeaux en 2013.

Bordeaux au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Grand Théâtre - voûtes

À l'arrivée de Ange-Jacques Gabriel à Bordeaux en 1729, la cité est encore emprise entre les murailles du XIVe siècle. L'implantation de la place Royale au droit des quais va représenter une ouverture sur le fleuve et donc sur le monde, traduisant l'expansion économique et l'explosion démographique que connaîtra la ville durant ce siècle.

La politique d'embellissement urbain mise en œuvre par les intendants Boucher et Tourny a déjà transformé la cité médiévale lorsque Victor Louis découvre Bordeaux en 1773 : la création des places Royale, Dauphine, d'Aquitaine, des Allées de Tourny et du Jardin public s'inscrit dans cette philosophie des Lumières, donnant une nouvelle respiration à la ville à laquelle il ne manque plus que son théâtre.

Les théâtres avant le Grand Théâtre[modifier | modifier le code]

Les premiers théâtres fixes, abritant des salles dites "à l'Italienne", apparaissent dans la plupart des villes au milieu du XVIIIe siècle, souvent à l'initiative de l'intendant de la province.

À Bordeaux les jurats avaient fait construire en 1738 une salle en pierre dans les jardins de l'ancien l'hôtel de ville, alors situé à proximité de la Grosse-Cloche, sur les plans de l'architecte de la ville, Montégut, théâtre d'une capacité de 1 500 places qui fut détruit par un incendie dans la nuit du 28 au 29 décembre 1755.

Dans l'attente de la reconstruction nécessaire bien qu'hypothétique de l'hôtel de ville qui devait intégrer une nouvelle salle de spectacle, un théâtre fut aménagé en 1760 à l'entrée de la rue de la Corderie proche de la place Dauphine.

Donnés par la troupe permanente créée en 1761 par le maréchal de Richelieu, duc de Fronsac et gouverneur de la Guyenne, ou par les troupes de passage, comédie, tragédie et opéra voisinent alors avec le couvent des Récollets.

Le célèbre comédien Le Kain qui vint jouer à plusieurs reprises dans la salle de la Corderie y rencontra un franc succès mais sera accueilli, lors de sa dernière représentation, par des bourdonnements affectés au point d'être plusieurs minutes sans pouvoir commencer.

Cependant, les Bordelais, épris de théâtre, souhaitent voir ériger, à l'instar de Lyon ou Montpellier, une salle de spectacle digne de la grandeur nouvelle de leur ville.

Réalisation du projet[modifier | modifier le code]

Conception du projet[modifier | modifier le code]

Les travaux[modifier | modifier le code]

Construit entre 1773 et 1780 sur les glacis du château Trompette à l'emplacement du forum gallo-romain où se trouvait le "temple des Piliers de Tutelle", du nom de la déesse Tutela protectrice de la ville.

La construction s'interrompt sous la volonté du roi mais Victor Louis réussit à le convaincre de la faire reprendre.

La construction du Grand Théâtre est financée par les négociants francs-maçons bordelais de la « loge l'Amitié » fondée en 1746, cette loge accueillait les membres du grand négoce[1]. Cette construction présenterait de nombreux symboles de la franc-maçonnerie[2].

Une esquisse dessinée du plafond de la salle par Jean Baptiste Claude Robin a été exposée au château de Blois en 2007

L'extérieur[modifier | modifier le code]

Place de la comédie et rue du XXX juillet

Sa façade est précédée de douze colonnes corinthiennes surmontées de statues de pierre représentant les neuf muses et trois déesses : Junon, Vénus, Minerve.

L'intérieur[modifier | modifier le code]

Admirateur de Victor Louis, Charles Garnier s'inspirera du Grand Théâtre de Bordeaux, notamment de l'escalier monumental, dans la conception de son opéra parisien.

Détails, intérieur du Grand Théâtre

Costumes[modifier | modifier le code]

Costumes exposés au Grand Théâtre

Le Grand Théâtre aux XVIIIe et XIXe siècles[modifier | modifier le code]

Place de la Comédie en 1900

Le Grand Théâtre aux XXe et XXIe siècles[modifier | modifier le code]

Photographie panoramique de la place de la Comédie permettant d'apercevoir le Grand Théâtre, l'hôtel Grand Hôtel de Bordeaux & Spa avant ouverture (la pancarte affichait encore "Radisson SAS Grand Hôtel de Bordeaux"), les Quinconces et la rue Sainte-Catherine.

Certaines scènes du film Beaumarchais, l'insolent y ont été tournées. Le Grand Théâtre est desservi par la ligne B du tramway de Bordeaux : Station Grand Théâtre.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

le grand théâtre, la nuit

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Pâris, Pierre-Adrien, Travaux de construction du Grand-Théâtre de Bordeaux : Rapport de l'architecte Pâris au contrôleur-général Terray, Bordeaux, impr. de Gounouilhou,‎ 1918, 39 p. (lire en ligne)
  • Christian Taillard, Le Grand Théâtre de Bordeaux : Miroir d'une société, Paris, CNRS Éditions, coll. « Patrimoine au présent »,‎ 1993 (réimpr. 2001), 127 p. (ISBN 2-85822-115-4)
  • Jean Lacouture, Le Grand Théâtre de Bordeaux ou L'opéra des vendanges, Paris, Caisse nationale des monuments historiques et des sites, coll. « Monuments en paroles »,‎ 1994, 71 p. (ISBN 2-85822-125-1)
    Photographies de Dominique Thillard
  • Laurent Croizier, Le Grand Théâtre, Bordeaux, Confluences,‎ 2001, 40 p. (ISBN 2-910550-89-3)
    Photographies de Vincent Monthiers
  • Louis Desgraves, Évocation du vieux Bordeaux, Paris, Éditions de Minuit,‎ 1960 (réimpr. 1989), 446 p.
  • Christian Taillard, Bordeaux à l'âge classique, Bordeaux, Éditions Mollat,‎ 1987 (réimpr. 1997), 253 p. (ISBN 2-909351-37-8)
  • Jacques D'Welles, Le Grand Théâtre de Bordeaux. Naissance et vie d'un Chef d’œuvre, Bordeaux, Delmas,‎ 1954
  • Bordeaux, Restauration du Grand-Théatre : rapport présenté par M. Antoine Bordes, au nom de la Commission des Beaux-Arts, Bordeaux, Imprimerie de G. Delmas,‎ 1913, 57 p. (lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Historia du 1er janvier 2005 : Rites et symboles - L'empreinte des frères inscrite dans la pierre
  2. Le Point : Bordeaux - sociétés secrètes - L'empreinte maçonnique (2007)