Auxonne

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Auxonne
Bords de Saône
Bords de Saône
Blason de Auxonne
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Côte-d'Or
Arrondissement Dijon
Canton Auxonne
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de Communes Auxonne Val de Saône
Maire
Mandat
Raoul Langlois
2014-2020
Code postal 21130
Code commune 21038
Démographie
Gentilé Auxonnais
Population
municipale
7 756 hab. (2011)
Densité 191 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 11′ 41″ N 5° 23′ 19″ E / 47.1947222222, 5.38861111111 ()47° 11′ 41″ Nord 5° 23′ 19″ Est / 47.1947222222, 5.38861111111 ()  
Altitude Min. 181 m – Max. 211 m
Superficie 40,65 km2
Localisation

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Liens
Site web www.auxonne.fr

Auxonne (prononcé [osɔn ] [1] ou [okzɔn ]) est une commune française située dans le département de la Côte-d'Or en région Bourgogne. Ses habitants sont les Auxonnais et Auxonnaises.

Prononciation[modifier | modifier le code]

En vertu d'une exception de la langue française, son nom se prononcerait [osɔn][2] (Aussonne : le "x" se prononce "ss"). En effet l'orthographe actuelle du nom provient d'une habitude des copistes du Moyen Âge, de remplacer les doubles "s", par une croix, ce qui n'en modifiait pas la prononciation. Cette croix assimilée au "x" du grec ancien, n'a été prononcée "ks" en français qu'à partir du XVIIIe siècle, sans que cette modification ne change l'usage[3]. Toutefois, dans l'usage, la prononciation d'Auxonne est sujette à débat, les habitants étant eux-mêmes partagés entre une prononciation "ks" et une prononciation "ss" ; les élus locaux, de même que les annonces SNCF retiennent la prononciation "ks" [4]. Cette prononciation a le mérite d'éviter une homophonie avec la commune haut-garonnaise d'Aussonne.

Géographie[modifier | modifier le code]

La ville d’Auxonne est établie à l’extrémité est du département de la Côte-d’Or, en bordure de la limite qui sépare les régions administratives de la Bourgogne et de la Franche-Comté. La ville se situe au centre d’une étoile qui la place approximativement, en direction de l’ouest, à 30 kilomètres de Dijon, vers l’est, à 15 kilomètres de Dole, vers le nord, à 30 kilomètres de Gray, et vers le sud à 15 kilomètres de Saint-Jean-de-Losne.

Auxonne appartient à la région appelée la plaine de la Saône ; plaine qui constitue avec la Bresse l’unité géomorphologique du fossé bressan : vaste système d’effondrement datant du miocène, réunissant le fossé rhénan et le fossé rhodanien. La plaine de la Saône trouve ses limites au nord par le plateau haut-saônois, à l’ouest par les Côtes calcaires bourguignonnes, à l’est par les plateaux du Jura puis par la Bresse et au sud par le Beaujolais viticole. Cette plaine de Saône dont l’altitude s’abaisse de 250 m au nord à 175 m au sud est traversée par la rivière du nord au sud, sur plus de 150 km.

La ville d’Auxonne se situe plus précisément dans le ruban alluvial dénommé le Val de Saône ; cette bande de quelques kilomètres de large qui suit la rivière et dont les limites immédiates dans le secteur d’Auxonne, dix kilomètres plus à l’est, sont constituées par l’élévation du massif de la Serre qui se dresse à l’altitude de 400 mètres environ.

La ville s’est adossée à la rivière, entre deux de ses méandres, sur une terrasse de sa rive gauche, dont l’altitude variant entre 181 m et 211 m[5] la met pratiquement à l’abri des inondations qui enveloppent la contrée lors des grandes crues.

Situation[modifier | modifier le code]

Rose des vents DIJON
Genlis
Mirebeau-sur-Bèze
Fontaine-Française
Pontailler-sur-Saône
Gray
Pesmes
Rose des vents
Nuits-Saint-Georges N Besançon
O    Auxonne    E
S
Saint-Jean-de-Losne
Seurre
Chalon-sur-Saône
Louhans DOLE

Le climat[modifier | modifier le code]

Le climat du Val de Saône subit plusieurs influences contradictoires mais il reste néanmoins un climat à dominante continentale. Il est cependant marqué par une influence océanique qu’atténuent sérieusement les reliefs du Morvan en jouant le rôle de barrière, et il connaît aussi une influence méridionale estivale permettant à la vallée de la Saône, prolongement du sillon rhodanien, de bénéficier d’un bon ensoleillement ; ensoleillement qui s’exprime aussi, en fin de printemps et au début de l’automne en allongeant d'autant la période estivale. Enfin la continentalité influence le climat saônois avec des hivers froids et des gelées parfois tardives. Les brouillards sont fréquents du mois d’octobre au mois de mars, (65 à 70 jours par an). Les étés sont assez chauds. Les pluies sont bien réparties tout au long de l’année avec des étés et hivers relativement moins arrosés que les automnes et printemps.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Plaisirs nautiques sur la Saône

Les historiens modernes s’accordent pour mettre en doute la véracité des assertions contenues dans la Chronique de Bèze (du nom du monastère fondé par Amalgaire (désigné sous le nom de Amauger dans Histoire de la Bourgogne[6]) dans la première moitié du VIIe siècle), concernant le vocable « Assona » pour désigner Auxonne dans la première moitié du VIIe siècle.

Les trois premiers actes authentiques où apparaît le nom d’Auxonne datent de 1172, 1173 et 1178.

Les deux premiers sont associés à la personne du comte Étienne II d’Auxonne († 1173), le troisième est une bulle du pape Alexandre III. L’acte de 1173 est une donation faite par le comte au monastère de Saint-Vivant de Vergy, et l’acte pontifical de 1178, une confirmation de toutes les possessions du prieuré de Saint-Vivant, qui comprenaient la ville d’Auxonne.

Les droits des religieux sur Auxonne remontaient aux environs de 870, date de l’établissement de leur monastère dans le pagus (Comté) d’Amous, (ou Amaous), en Bourgogne jurane, (plus tard, appelée le Comté de Bourgogne, puis la Franche-Comté), à six milles de la Saône, sur des terres appartenant à Agilmar, évêque de Clermont. Le lieu prit le nom qu’il a gardé encore aujourd’hui de Saint-Vivant-en-Amous. (Entre Auxonne et Dole). Les moines ne restèrent en Amous qu’une vingtaine d’années ; les Normands d'Hastings détruisirent le monastère lorsqu’ils envahirent la Bourgogne. Le comte Manassès leur construisit un nouveau monastère (vers 895-896), en Bourgogne franque, dans le comté de Beaune, sur les pentes de la montagne de Vergy. Pendant leur séjour en Amous ils auraient défriché la région, et installé des cabanes de pêcheurs au bord de la Saône. Selon une hypothèse émise par certains historiens, ces cabanes auraient été le germe de la future ville d’Auxonne. Installés sur le domaine éloigné de Vergy, loin de leurs terres difficiles à défendre, les moines de Saint-Vivant éprouvèrent le besoin d’inféoder (sans doute à Guillaume IV, comte de Vienne et de Mâcon, († 1155) leurs domaines en Amous pour les soustraire aux convoitises et conserver leurs droits et propriétés. Selon cette deuxième hypothèse, ce féodal aurait établi en bordure de Saône, une ville neuve qui prit le nom d’Auxonne. Auxonne se trouvait donc dans le pagus d’Amous.

Depuis le partage du traité de Verdun de 843, qui plaça l’Amous dans le lot de Lothaire et malgré les partages compliqués qui suivirent, ce comté, en terre d'Empire, relevait de la mouvance du comte de Bourgogne. (C’est-à-dire de la future Franche-Comté).

Le rattachement au duché de Bourgogne[modifier | modifier le code]

Remparts casematés du fronton sud (1826).
Remparts casematés du fronton sud (1826).

En 1172, la ville avait pris de l’importance : le comte Étienne Ier d’Auxonne, de la branche cadette de Bourgogne-Comté, fils de Guillaume, († 1157), s’y était installé. Son successeur, Étienne II, comte d’Auxonne († 1241), fils du précédent, chef de la branche cadette de Bourgogne-Comté, maître de riches domaines, ambitieux, puissant, et soutenu par les premières familles du pays, nourrissait quelques prétentions à supplanter la branche aînée. Il y travaillait ostensiblement. En 1197, profitant de troubles survenus en Allemagne, Étienne III, abjura la fidélité à Othon Ier, († 14 janvier 1201), et porta l’hommage d’Auxonne au duc de Bourgogne Eudes III, tout en garantissant les droits de Saint-Vivant de Vergy. En retour, Eudes III s’engageait à l’aider dans sa lutte contre le palatin. Auxonne échappait à la mouvance comtale.

En 1237, était à la tête de la Comté le faible Othon III, († 19 juin 1248), successeur et fils d’Othon de Méranie († 6 mai 1234) ; était-ce le moment attendu ? Le 15 juin de cette même année, aux termes d’un accord d’échange conclu à Saint-Jean de Losne entre Jean de Chalon, (1190-(† 30 septembre 1267), personnage principal de l’accord, fils d’Étienne III associé depuis longtemps aux affaires de son père et héritier de Béatrice de Chalon (1170 (n.s.)-† 7 avril 1227), sa mère, Étienne III lui-même et Hugues IV, duc de Bourgogne, la ville d’Auxonne et tout ce que Étienne III possédait dans le bassin de la Saône, étaient cédés au duc de Bourgogne contre la baronnie de Salins et une dizaine de positions stratégiques de première importance en Comté. En entrant sous la domination des ducs de Bourgogne, Auxonne devenait une tête de pont du duché sur la rive orientale de la Saône, en terre d’Empire, et échappait à l’influence germanique.

Le rattachement d’Auxonne au duché de Bourgogne lui donna un statut de ville frontière entre duché et comté de Bourgogne, entre influence française et influence germanique qui déterminera les destinées de la ville pour les siècles suivants.

Auxonne sous les ducs de Valois[modifier | modifier le code]

À l’abri derrière ses remparts qu’elle ne cessa de fortifier, la place forte fut une base de première importance pour lancer des opérations militaires : c’est depuis Auxonne qu’Eudes IV, en 1336, écarta la menace des barons comtois entrés en dissidence alors qu’il était leur souverain légitime depuis son mariage avec Jeanne de France, (1308-1347), héritière de la Comté. Entre 1364 et 1369 c’est au tour de Philippe le Hardi de lutter, depuis Auxonne, contre barons comtois, routiers des compagnies et Tards-Venus. En ce début du XVe siècle, avec la guerre civile qui ravageait la France, la guerre rôdait sans cesse autour des murs, obligeant la ville à rester continuellement en alerte. Entre 1434 et 1444, nouvelle menace : celle de ces bandes de soldats désœuvrés que l'on qualifiait d'Écorcheurs parce qu'ils prenaient tout : les Auxonnais veillèrent aux remparts pendant que la redoutable soldatesque ravageait la campagne. Comme si tant de malheur ne suffisait pas, deux incendies à cinq ans d’intervalle, les 7 mars 1419 et le 15 septembre 1424, dévastèrent la ville.

Il fallut attendre 1444, pour retrouver une période de tranquillité qui dura jusqu’à l’avènement de Charles le Téméraire en 1467.

En 1468, à la suite du traité de Péronne, la tension se ranima entre le roi de France et le duc de Bourgogne Charles le Téméraire ; aussitôt, la cité s’activa à remettre ses défenses en ordre. En 1471, elle apporta sa contribution à la lutte contre l’armée du Dauphiné, envoyée par Louis XI qui pénétrait dans le duché. La politique aventureuse de leur fougueux duc avait finalement conduit sa dynastie à sa perte. À la mort du duc, le 5 janvier 1477, Louis XI s’empara sans délai du duché qui n’opposa pratiquement pas de résistance. L’armée royale rentra dans Dijon le 1er février 1477.

Le rattachement au royaume de France[modifier | modifier le code]

Le statut particulier des terres d’Outre-Saône, qui n’étaient pas un domaine de la couronne donné en apanage, n’arrêta pas Louis XI dans sa conquête. Mais les Comtois se soulevèrent, suivis par les Auxonnais. Après deux ans de résistance face à l’envahisseur, après le carnage de Dole (château de Dole) du 25 mai 1479, laissée sans soutien par Marie de Bourgogne, Auxonne soutint le siège de l’armée royale commandée par Charles d’Amboise pendant une douzaine de jours, avant d’ouvrir ses portes, le 4 juin 1477, à l’envahisseur français. La ville, rattachée à la couronne de France, allait partager les destinées de la royauté.

Le duché de Bourgogne et le comté de Bourgogne, toujours réunis, mais cette fois sous la couronne de France, avaient changé de maître et allaient suivre pour encore quatorze ans, un destin commun.

En fin politique, Louis XI, en même temps qu’il confirma solennellement le maintien de tous les privilèges de la ville afin de s’assurer la fidélité de ses nouveaux sujets, s’empressa de construire, aux frais de toute la province, la puissante forteresse d'Auxonne qui domine toujours place de l’Iliote, afin de se prémunir contre toute tentative de rébellion.

Charles VIII défit ce que Louis XI avait fait. Alors qu’il était fiancé à Marguerite, la fille de Marie de Bourgogne, la riche héritière du duché de Bourgogne, et de Maximilien Ier de Habsbourg, et que dans la dot de sa future épouse figurait la Comté, il préféra épouser Anne, l'héritière de Bretagne et rapprocher ainsi l’important Duché de Bretagne du royaume de France.

Auxonne redevient ville frontière[modifier | modifier le code]

Le traité de Senlis (23 mai 1493), signé entre Charles VIII et Maximilien, sépara à nouveau les deux Bourgognes. Auxonne redevint tête de pont française sur la rive Impériale et ses remparts devaient protéger le royaume de France des tentatives des Habsbourg de régler par la force la « question de Bourgogne », ces revendications des Habsbourg sur la Bourgogne.

Les tensions du côté de l’Empire ne tardèrent pas. Dès 1494, les guerres d'Italie les rallumèrent. À nouveau les remparts furent consolidés et la construction de la porte de Comté réalisée (1503).

Auxonne repousse les Impériaux[modifier | modifier le code]

Le 14 janvier 1526, le traité de Madrid signé après la défaite de Pavie, entre François Ier et Charles Quint, le roi de France fut contraint d’abandonner, entre autres territoires, la Bourgogne, et le comté d’Auxonne. Les États de Bourgogne, réunis le 8 juin 1526 refusèrent de se séparer de la couronne de France. En riposte, l’Empereur voulut conquérir le comté d’Auxonne. Devant les murs de la cité, Lannoy, commandant des armées impériales, trouva une résistance si vive de la part de tous les habitants qu’il dut renoncer.

Henri III déclare les Auxonnais coupables du crime de lèse-majesté[modifier | modifier le code]

En 1574, Charles de Lorraine, frère cadet d'Henri Ier de Guise, duc de Mayenne, celui que l'histoire a retenu simplement sous le nom de Mayenne, devient duc gouverneur de Bourgogne. Champion de la cause catholique, il prolonge les guerres religieuses en guerres politiques ; il œuvre à établir son propre gouvernement et se verrait bien ajouter la province bourguignonne à sa terre voisine de la Lorraine, terre du gouvernement des Guise. La mort du duc d'Anjou, frère d'Henri III en 1584, en faisant d'Henri de Navarre, un protestant, l'héritier présomptif de la couronne rendit à la Ligue une nouvelle activité. Les guerres civiles recommencèrent. Mayenne chercha à s'assurer, pour son compte, des places fortes de la Bourgogne. Le 2 avril 1585, les "Auxonnois" reçurent une lettre du roi Henri III leur recommandant de veiller à la sûreté de leur place et surtout "en n'y recevant pas le duc de Mayenne".

Les Auxonnais, fidèles au roi, s'empressèrent d'exécuter les ordres. Jean de Saulx-Tavannes, gouverneur des villes et château d'Auxonne prit, dans un premier temps, les mesures imposées, puis renforçant secrètement la garnison du château, les habitants le suspectèrent de se concerter avec Mayenne dans l'intention de lui livrer la place. Conseillés par Joachim de Rochefort, baron de Pluvault(archives personnelles), les magistrats décidèrent de se saisir du gouverneur. Ils l'arrêtèrent le jour de la Toussaint 1585 alors qu'il faisait ses dévotions à l'église. Le comte de Charny, proche parent de Jean de Saulx[7], lieutenant général en Bourgogne, approuva cet acte de fidélité des Auxonnais à la Couronne. Le roi informé, loua les Auxonnais de leur fidélité, mais les concessions faites aux Ligueurs et consacrées par la signature du traité de Nemours le 7 juillet 1585 obligeaient Henri III à louvoyer. Il demanda aux Auxonnais de remettre Tavannes entre les mains de Charny et nomma Claude de Bauffremont, baron de Sennecey, connu pour ses sympathies mayennistes, en qualité de gouverneur des villes et du château d'Auxonne.

Dans la défiance la plus totale, flairant la trahison, les Auxonnais remirent Tavannes au comte de Charny qui le fit enfermer dans son château de Pagny, refusèrent Sennecey comme gouverneur et continuèrent à réclamer à sa place le baron de Pluvault. En janvier 1586, des nouveaux ordres du roi exprimèrent son mécontentement devant ces refus réitérés. La situation devenait difficile pour les Auxonnais, ils reçurent un encouragement dans la résistance de la part du futur Henri IV, qui de Montauban, leur adressa le 25 janvier 1586, une lettre d'encouragement. Pendant ce temps, Tavannes s'était échappé de sa prison de Pagny. Le premier usage qu'il fit de sa liberté retrouvée fut de tenter de reprendre Auxonne par surprise. Le 10 février 1586, il se présenta devant les murs avec deux cents hommes d'armes. La tentative resta vaine.

Statue de Bonaparte lieutenant
par François Jouffroy.

Le roi donna en mars 1586, d'autres ordres et injonctions pour que les Auxonnais reçoivent Sennecey comme gouverneur, les habitants tenaient toujours à Pluvault. Sa patience lassée, Henri III, par lettres-patentes du premier mai 1586, déclarait les Auxonnais coupables du crime de lèse-majesté, ordonnait d'agir par la force et des dispositions furent prises en conséquence. Les Auxonnais obstinés dans leur refus, mais fidèles à la couronne étaient prêts à l'épreuve de force. Ils refusèrent d'ouvrir les portes de la ville au comte de Charny qui fut obligé d'aller trouver le gîte à Tillenay, mais consentirent à les ouvrir au président Jeannin qui venait apporter sa médiation au sieur de Pluvault pour sauver Auxonne de la ruine. Jean Delacroix, (ou Jean de la Croix), un compatriote des Auxonnais, secrétaire particulier de Catherine de Médicis[8] arrivait de sa députation vers le roi avec des lettres de créance pour le sieur Charny, lui donnant les pleins pouvoirs pour traiter avec les habitants.

Les négociations aboutirent à un accord arrêté et signé le 15 août 1586 à Tillenay. Le traité révoqua les lettres qui déclaraient les Auxonnais criminels de lèse-majesté, les exempta de contribution pour neuf ans et accorda une gratification de 90 000 francs au Baron de Pluvault. Ce traité fut approuvé par lettres-patentes du 19 août 1586 et le 25 du même mois le baron de Sennecey fut reçu et installé dans le gouvernement des villes et château d'Auxonne. Reçu par les habitants avec la plus grande méfiance, Sennecey se montra l'homme de la situation[9].

Le traité de Nimègue[modifier | modifier le code]

La ville perdit définitivement sa situation de place-frontière avec la conquête de la Comté sous Louis XIV, mais resta une place importante, dont témoigne encore le stationnement du 511e régiment du train.

La ville d'Auxonne est restée célèbre en raison des deux séjours qu’y fit un jeune lieutenant en second au régiment de la Fère nommé Napoléon Bonaparte qui devait par la suite faire connaître son nom à travers toute l’Europe. Le quartier Bonaparte conserve la chambre qu'il occupait lors d'un de ses séjours. On peut voir également dans le petit musée qui est installé dans une tour du château d'Auxonne, son équerre, son fleuret et des objets qu'il a offerts lors de son séjour, ainsi qu'un de ses chapeaux.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, est libérée le 10 septembre par les troupes débarquées en Provence[10].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes de la ville d'Auxonne

Les armes de la ville d'Auxonne se blasonnent ainsi :
Parti, au premier coupé d'azur, semé de fleurs de lis d'or à la bordure componée d'argent et de gueules (Bourgogne moderne), et en pointe bandé d'or et d'azur de six pièces à la bordure de gueules (Bourgogne ancienne) ; au deuxième parti, d'azur à une demi-croix d'argent ancrée de même (armes particulières d'Auxonne).

Les armes primitives d'Auxonne étaient, selon toute vraisemblance, d'azur à la croix ancrée d'argent (Armes représentées à droite. Selon le chanoine Jean Marilier (Armorial des villes et des bourgs, Chefs-lieux de cantons de la Côte d'Or)

Armes primitives de la ville d'Auxonne

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs depuis 1801
Période Identité Étiquette Qualité
2008 en cours
Raoul Langlois
UMP  
2001 2008
Antoine Sanz
DVG Conseiller général du canton d'Auxonne
(2004-2011)
1989 2001
Camille Deschamps
RPR Conseiller général (1992-2004)
1965 1989
Jean Hugon
MRG Conseiller général (1973-1992)

Le canton d'Auxonne et ses seize communes[modifier | modifier le code]

La ville d'Auxonne est le chef-lieu de son canton, dont elle est la commune la plus peuplée. Elle fait partie de l'arrondissement de Dijon, du département de Côte d'Or et de la région Bourgogne.


Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 7 756 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
4 689 5 282 4 839 5 043 5 287 5 150 4 979 4 598 6 265
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
6 960 7 103 5 911 5 555 6 532 6 849 7 164 6 695 6 697
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
6 135 6 307 6 303 4 304 5 343 4 988 5 442 5 164 5 657
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2011
5 704 5 803 6 485 7 121 6 781 7 154 7 719 7 717 7 756
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

La ville possède une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie de Dijon.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

L'église Notre-Dame.

L'église Notre Dame : La construction de la partie principale a duré tout le XIIIe siècle, d'abord la nef vers 1200, puis le chœur, l'abside et les absidioles entre 1200 et 1250. La construction des portes date du début du XIVe siècle. Les chapelles latérales ont été élevées aux XIVe et XVe siècles. Vers 1516, sous la direction de maître Loys, architecte de l'église Saint-Michel de Dijon, on commença la construction du portail, surmonté de deux tours de hauteurs inégales. En 1525, le Jacquemart (aujourd'hui disparu) est installé dans sa tour. En 1858, une campagne de réfection est organisée, sous l'égide de la municipalité et exécutée par Phal Blando, architecte de la ville. Cette campagne comprend deux portails latéraux, la mise en place du clocher élancé, pyramidal et octogonal, légèrement vrillé, appelé clocher tors. Sa flèche d'ardoise s'élève à 33 mètres au-dessus de sa plate-forme, soit 11 mètres plus haut que le précédent. L'église est également remarquable pour les gargouilles et les statues (notamment des prophètes) qui embellissent l'extérieur.

À l'intérieur, plusieurs éléments sont notables  :

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Patrimoine militaire[modifier | modifier le code]

La tour Notre-Dame du château d'Auxonne.
  • Le château d'Auxonne : l'un des trois châteaux (avec les châteaux de Dijon et de Beaune) bâtis sous le roi Louis XI après la défaite du duc Charles le Téméraire et achevés sous ses successeurs après la conquête du duché de Bourgogne, et le seul qui soit encore debout en dépit de transformations ultérieures. Construit dans l'angle sud-ouest de la ville, le château comporte un corps de caserne datant de Louis XII et François Ier qui constitue peut-être le plus ancien bâtiment de caserne bâti à cet usage en France. Le château a 5 tours d'angles reliées par d'épaisses courtines : les deux tours accolées des Moulins, la tour de Beauregard, la tour du Pied de biche, la tour du Chesne (aujourd'hui démolie) et la tour Notre-Dame. Cette dernière est la plus massive, avec trois niveaux voûtés, ses 20 mètres de diamètre, ses 22 mètres de hauteur et ses murs épais de 6 mètres à la base. (Coordonnées : 47° 11′ 30″ N 5° 23′ 00″ E / 47.1917, 5.38333 ())
La porte de Comté.
  • Les remparts : Les fortifications sont mentionnées dans la charte de 1229 : il s’agissait à cette époque de simples remparts de terre, bordés d’un fossé surmonté de pieux et d’épines. Dès la première moitié du XIVe siècle, au prix de mille sacrifices de la population, la ville était dotée de la ceinture de muraille qu’elle conforta jusqu’à l’intervention du comte d’Apremont en 1673. Cette enceinte médiévale couvrait un périmètre de 2600 mètres et comprenait 23 tours et tournelles et un pont fortifié. Le front de Saône, très difficile à construire, fut entrepris à partir de 1411. La muraille fit la fierté du duc de Bourgogne Philippe le Bon, qui déclara dans des lettres patentes du 23 décembre 1424 : « La place de notre ville d’Auxonne est très belle, forte et très bien fermée de murs et de fossés ». En 1479, en devenant maître de la Bourgogne, Louis XI construisit un château forteresse adapté au progrès de l’artillerie avec l’apparition du boulet métallique. Auxonne, placée dans une position stratégique de ville frontière dut supporter des guerres continuelles avec la Comté devenue terre d’Empire depuis le traité de Senlis en 1493. Les remparts médiévaux furent l’objet de soins et de renforcements continuels : au XVIe siècle, avec Louis XII et François Ier. Avec Louis XIV et les guerres de conquêtes de la Comté, l’intérêt stratégique de la ville amena le roi à mettre la ville « en état de ne pas craindre les attaques de l’ennemi ». En 1673, c’est François de la Motte-Villebret, comte d’Apremont, d’origine tourangelle qui en fut chargé. Il détruisit à peu près l’enceinte médiévale pour mettre en place un système de défense à la Vauban dont une partie subsiste encore aujourd'hui. D’Apremont décéda en 1678 et c’est Vauban qui lui succéda pour assurer l’achèvement des travaux. Il dressa un magnifique projet qui complétait l’œuvre du comte d'Apremont, mais la signature du traité de Nimègues en 1678 lui fit perdre son intérêt et ce projet ne fut jamais réalisé.
  • La porte de Comté : À l'est de la ville, ce superbe exemple d'architecture militaire datant du règne de Louis XII montre un programme comparable à celui qui ornait la porte de secours du château de Dijon aujourd'hui disparue. On remarquera sur la face extérieure de la porte l'écu de France, soutenu par deux anges, et les porcs-épics, symboles royaux.
  • La tour de Belvoir (ou tour Belvoir). Sur les 23 tours de l'enceinte médiévale, il ne subsiste aujourd'hui que trois tours et sur ces trois tours, la tour Belvoir est la seule qui n'ait pas fait l'objet de modifications notables.
  • La porte Royale du XVIIe siècle (1667-1717) Pendant la période médiévale, l’entrée nord de la ville était contrôlée par la porte de Flammerans. À l’occasion du renforcement des fortifications de la ville dont fut chargé en 1673, le comte d’Apremont, ingénieur de la place, ce dernier fit construire la porte Royale en remplacement de la porte de Flammerans. Il confia, avant de devoir s’absenter, la réalisation des travaux à Philippe d’Anglart "Architecte et entrepreneur des bâtiments du Roy". À son retour, le comte d’Apremont n’étant pas satisfait du travail accompli fit recommencer le travail. La mort du comte, survenue en 1678 arrêta les travaux et c’est Vauban qui en assura l’achèvement en 1699. L’étage du pavillon central ne fut ajouté qu’en 1717. Côté ville, le corps central est flanqué de part en d’autre de deux pavillons parfaitement identiques, couverts d’une toiture à la Mansart. L’ouverture de la porte, vers la campagne est surmontée d’un trophée d’armes.
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  • La tour du Signe sur laquelle on peut voir une salamandre, emblème de François Ier.
  • L'arsenal d'artillerie du XVIIe siècle servant initialement à fournir des affûts de canon. Il a été construit par Vauban entre 1689 et 1693. Il a conservé son plan original avec maintenant trois bâtiments dont l'un sert maintenant de halles.
  • La statue du lieutenant Napoléon Bonaparte, en bronze, par François Jouffroy, inaugurée en décembre 1857 au centre de la place d'armes. Bonaparte est représenté sous ses traits de jeunesse dans le costume d'officier d'artillerie. Le socle est orné de quatre différents bas-reliefs (Bonaparte à la chapelle de la Levée, Bonaparte au pont d'Arcole, la cérémonie du sacre de Napoléon et une séance au Conseil d'État).
  • Les casernes, en pierre rose de Moissey, dans lesquelles Bonaparte occupa successivement deux chambres. Elles sont désormais occupées par le 511e Régiment du Train.

Quelques tours défensives en images[modifier | modifier le code]

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

L'hôtel de ville.
  • L'hôtel de ville : édifice en brique du XVe siècle avec un toit d'ardoise, ancien logis des ducs de Bourgogne. Il est de style néogothique et devint la propriété de la ville d'Auxonne en 1811 qui effectua des changements sur la façade (1857-1858).
  • L'hôpital, qui est apparu dans l'histoire de la commune au XIIe siècle. Il a été reconstruit au XIXe siècle (1843-1863). Sa chapelle et son apothicairerie sont remarquables.
  • Une maison à colombage du XVIe siècle sur la place d'armes.

Musées[modifier | modifier le code]

  • Musée Bonaparte, à l'intérieur de la tour Notre-Dame du château d'Auxonne. Il conserve les souvenirs du jeune lieutenant Napoléon Bonaparte lorsqu'il était élève à l'école d'artillerie.

Barrage sur la petite Saône[modifier | modifier le code]

Le barrage à aiguilles sur la petite Saône a été construit en 1840 et a fonctionné durant 170 ans, jusqu’en avril 2011, date à laquelle un barrage moderne (gonflable à volets mécaniques[13]) a pris le relais. Il s’étend sur plus de 200 mètres de long et est partagé en quatre passes de 50 mètres chacune, avec au total 1040 aiguilles à manœuvrer en fonction de la fluctuation des niveaux d’eau.

Archives[modifier | modifier le code]

  • Registres paroissiaux et d'état civil depuis : 1559
  • Dépouillements généalogiques :
  • Délibérations municipales depuis : 1506

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

L'arsenal Vauban, maintenant les halles.

Les gouverneurs des ville et château d'Auxonne[modifier | modifier le code]

  • Jean de Saulx-Tavannes, né en 1555. Troisième des cinq enfants du maréchal de Tavannes Gaspard de Saulx, et de Françoise de la Baume son épouse. Il naquit derrière Henri-Charles-Antoine de Saulx, mort au siège de Rouen en 1562 et Guillaume de Saulx, comte de Tavannes, bailli de Dijon et lieutenant général au gouvernement de Bourgogne. Jean de Saulx fut connu d’abord sous le nom de vicomte de Ligny, (aujourd'hui Ligny-le-Châtel) et ne prit le titre de vicomte de Tavannes qu’en 1563, après le décès de Henri de Saulx, son frère aîné. Il rentra en France en 1575 de ses voyages qui l’emmenèrent d'abord en Pologne où il suivit le duc d’Anjou puis au Proche Orient. Il se jeta dans le parti des Guises et de la Ligue catholique (France). Il fut nommé gouverneur d’Auxonne et lieutenant en Bourgogne pour le duc de Mayenne. Il perdit le gouvernement des villes et château d’Auxonne en 1585 suite à une rébellion de la population d’Auxonne qui, fidèle à la couronne, refusait de voir la ville livrée au duc de Mayenne représentant de la Ligue en Bourgogne. Jean de Saulx vécut encore de longues années sous les règnes d’Henri IV et de Louis XIII. Dans sa retraite de Sully, il rédigea les Mémoires de son père. Henri IV s’était engagé à le confirmer dans la dignité de maréchal de France, mais rendu suspect au roi, la promesse royale ne fut pas tenue. Jean de Saulx expira en 1630 au château de Sully dont il avait terminé la réédification commencé par son père. Il fut marié deux fois. La première femme fut Catherine Chabot, fille de François Chabot, marquis de Miribel qui lui donna trois enfants. Il épousa en secondes noces Gabrielle Desprez dont il eut huit enfants[14].
  • Claude de Bauffremont
  • Henri de Bauffremont
  • Claude Charles-Roger de Bauffremont, marquis de Senecey, bailli de Chalon-sur-Saône, mort le 18 mars 1641 après le siège d'Arras.
  • Jean-Baptiste Budes, comte de Guébriant. né à Saint-Carreuc en 1602. Maréchal de camp, (provisions du 10 avril 1641), gouverneur des villes et château d'Auxonne, maréchal de France, lieutenant de Sa Majesté en ses armées d'Allemagne. Il fut blessé au siège de Rotweil d'un coup de fauconneau qui lui emporta le bras droit le 17 novembre 1643 ; il mourut de sa blessure le 24 novembre. Une rue d'Auxonne porte son nom. Il eut pour successeur Bernard du Plessis-Besançon[15].
  • Bernard du Plessis-Besançon, seigneur du Plessis, officier et chef d’état-major, ambassadeur, naquit dans les premiers mois de l’année 1600 à Paris. Il était fils puîné de Charles de Besançon, seigneur de Souligné et de Bouchemont et de Madeleine Horric[16].
Les différentes missions militaires ou diplomatiques que lui confièrent Richelieu puis Mazarin l’amenèrent de 1637 à 1658 sillonner la France[17], à se rendre en Hollande, en Allemagne, en Catalogne, en Italie. En 1627 il était en Hollande puis à la fin de la même année, au siège de La Rochelle, en 1629-1630 il était présent au Piémont aux sièges de Casal et de Pignerol. Il était en Provence en 1629 et 1635, en Flandre en 1637, en Guyenne en 1638, au siège d’Arras en 1640, puis en en Catalogne, en Italie.
Il donna des preuves d’un véritable talent aux sièges de la Rochelle et de Fontarabie, (1638), au secours de Casal comme chef de l’avant-garde française, à la prise de Salses (2 novembre 1639), de Rivesaltes en 1639, et de Perpignan, ou encore aux combats devant Barcelone en 1641, à la bataille de Llorens. Comme diplomate, il mérite encore bien davantage d’être apprécié et connu[18]. Il rédigea les articles de la soumission de la Catalogne au roi, le 16 décembre 1640 et il signa le 28 janvier 1641 le traité que le roi accepta à Péronne, le 19 septembre suivant. En 1643 à Brisach pour contenir la garnison des weymariens[19] qui s’était mutinée. En 1644 il remplit une mission secrète à Bruxelles auprès don Francisco de Melo. Le 16 décembre 1644, il reçoit les lettres de provisions royales qui le nomment gouverneur des ville et château d’Auxonne en considération des emplois considérables qu’il avait remplis et où il s’était signalé « par sa générosité, valeur et bonne conduite ». « Cette place, qui commandait les frontières de la Franche-Comté, avait alors une réelle importance et les fonctions de gouverneur n’étaient pas seulement une honorifique sinécure[20] ». En 1651, pendant la Fronde, il se démet de ses fonctions de gouverneur d'Auxonne au profit du duc d'Épernon, devenu gouverneur de Bourgogne en remplacement du prince de Condé avec qui il avait échangé le gouvernement de Guyenne. Pendant les neuf ans que dura cette situation, Du Plessis-Besançon fut, en 1655, pendant trois ans, employé comme ambassadeur à Venise. Toutes ces missions de diplomatie montrent la confiance sans limites qu'avait Mazarin dans le tact de cet agent.
Il retrouva le gouvernement d’Auxonne, sur démission du duc d’Épernon, par provisions royales données à Paris, le 9 décembre 1660 ; un ordre du 24 décembre 1661, lui donne pouvoir pour commander dans cette place et le pays environnant. Il conserva ce commandement jusqu’à sa mort.
Sa mort eut lieu le 6 avril 1670 à Auxonne au logis du Roy, l’actuelle mairie. Les débris du marbre funéraire de Du Plessis-Besançon furent rassemblés en 1807 « dans le carré du transept de l’église où il fut enterré. Son marbre funéraire retrace la magnifique carrière militaire et diplomatique d'un grand serviteur de la monarchie[21] ,[22]». On y lisait encore son épitaphe en 1721. Il avait épousé le 25 juin 1637 Louise d’Amphoux, fille d’un conseiller du roi au siège de Fréjus et de Saint-Tropez.

Autres personnalités[modifier | modifier le code]

  • Claude Jurain, avocat, maire d’Auxonne et historiographe de la ville, auteur de Histoire des antiquitez et prerogatives de la ville et conté d’Aussonne, contenant plusieurs belles remarques des Duchés et Conté de Bourgogne, etc. Dijon. Jurain est décédé le 9 novembre 1618 à Auxonne. Une rue d'Auxonne porte son nom.
  • Gabriel Davot, savant avocat au Parlement de Dijon, professeur de droit français en l’université de la même ville, né le 13 mai 1677, mort à Dijon le 12 août 1743. Une rue d'Auxonne porte son nom.
  • Denis Marin de la Chasteigneraye, conseiller d’État, intendant des finances de France, né au mois de janvier 1601, mort à Paris le 27 juin 1678. Une rue d'Auxonne porte son nom.
  • Jacques Maillart du Mesle, né à Auxonne le 31 octobre 1731 de Simon-Pierre Maillart de Berron et de Antoinette Delaramisse. Il fut pendant cinq années intendant des Iles de France et de Bourbon qu’il laissa lors de son rappel à Paris dans l’état de prospérité le plus florissant, avec la réputation d’avoir été le plus habile administrateur qu’aient eu ces territoires. Il mourut à Paris le 9 octobre 1782. Il a laissé son nom à une rue d'Auxonne.
  • Jean-Louis Lombard (1723-1794), Savant, professeur de mathématiques à l'École Royale d'Artillerie d'Auxonne et écrivain militaire français eut Napoléon Bonaparte comme élève.
  • Jean-François Landolphe, né à Auxonne le 5 février 1747- († 13 juillet 1825) à Paris, ancien capitaine de vaisseau de la marine royale, marin célèbre[24]. Une rue d'Auxonne porte son nom.
  • Joseph Mignotte, né le 12 novembre 1755 à Auxonne. Général de brigade le 1er janvier 1796. A servi dans la gendarmerie impériale. Décédé à Rennes le 11 avril 1828.
  • Claude-Antoine Prieur-Duvernois, est un Auxonnais célèbre dont le lycée d'Auxonne porte le nom. Il s'illustra lors de la Révolution. Claude-Antoine Prieur est né à Auxonne le 2 décembre 1763. Il était le fils de Noël-Antoine Prieur, écuyer, qui exerçait un emploi de finance, et de Anne Millot. Ancien membre de la Convention nationale et du Conseil des Cinq-Cents il était connu sous le nom de Prieur de la Côte d'Or, qui le distinguait de Prieur de la Marne, dont il partagea l’opinion ; dans le procès du roi Louis XVI, ils votèrent l’un comme l’autre, la peine de mort sans appel au peuple ni sursis. Il a médité et produit, au milieu des orages politiques de l’époque, des ouvrages marqués de la plus haute science en chimie et diverses matières physico-mathématiques. Ce sont ses travaux qui ont réalisé le bienfait du système de l’uniformité des poids et mesures. De plus, il a sa part, avec ses compatriotes Monge et Carnot, dans la création de l’École polytechnique. Il finit ses jours à Dijon comme colonel du génie en retraite où il décède le 11 août 1832 après avoir laissé ses mémoires sur le Comité de salut public.
  • Claude-Xavier Girault. Fils d’un médecin, né à Auxonne le 5 avril 1764, décédé à Dijon le 5 novembre 1823. Reçu avocat au parlement de Dijon le 21 juillet 1783 à l’âge de 19 ans. Passionné d’histoire locale, il fut couronné d’une médaille d’or par l’Académie de Besançon le 22 juillet 1786 pour son premier mémoire : « En quel temps le comté d’Auxonne et le ressort de Saint-Laurent furent détachés de la province séquanaise et de la Franche-Comté ». Du même âge que Bonaparte, ils avaient lié connaissance et il s’entretenait d’histoire avec lui. Bonaparte nommé Premier Consul le nomma maire d’Auxonne en 1801 ; fonction qu’il exerça pendant quatre ans. Son excellente administration de la commune lui valut « d’empressés remerciements », votés à l’unanimité le 23 pluviôse an X, par le du conseil municipal. Il prit l’initiative de créer la bibliothèque municipale composée de plus de trois mille volumes choisis par lui provenant de bibliothèques d'ordres religieux supprimés et il conçut à cette occasion un nouveau système de bibliographie dont la publication fut accueillie avec de vifs éloges. Il était membre des académies de Dijon et de Besançon et de nombreuses sociétés savantes. Il avait en outre présidé la Commission des Antiquités de la Côte-d’Or, au nom de laquelle il avait sollicité la création d’un musée archéologique à Dijon. C.-X. Girault fut inhumé à Fontaine-les-Dijon. Son fils Louis Girault a écrit : « Notice historique et bibliographique sur C.-X. Girault », Rabutot, Dijon. C.-N. Amanton a écrit une notice sur la vie et les écrits de C.-X. Girault dans laquelle il énumère les soixante trois écrits que C.-X. Girault rédigea au cours de sa vie.
  • Claude-Nicolas Amanton, né à Villers-les-Pots le 20 janvier 1760, mort en 1835. Il fut avocat au parlement de Dijon, adjoint puis maire d'Auxonne. Il a publié un grand nombre de mémoires judiciaires et plusieurs autres écrits et des recherches et notices biographiques sur différents personnages.
  • Jacques-Louis Valon de Mimeure, (1659-1719), marquis de Mimeure, lieutenant-général des armées du Roy, l'un des Quarante de l'Académie Française de 1707 à sa mort. Jacques-Louis Valon est décédé le 3 mars 1719 à Auxonne.
  • Pierre-Gabriel Ailliet, chef de bataillon né à Auxonne en 1762.
  • Paul Chrétien, général de division né à Auxonne en 1862.
  • Raoul Motoret, (1909-1978), écrivain, né à Auxonne.
  • Claude Noisot, (1757 - 1861), grognard de la vieille garde impérial de l'empereur Napoléon Ier, né à Auxonne, fondateur du Musée et Parc Noisot à Fixin.
  • Gaston Roussel, (1877-1947), vétérinaire, puis docteur en médecine, industriel et chef d'entreprise français
La caserne Bonaparte.
Vue aérienne du casernement.

Vie Militaire[modifier | modifier le code]

Unités militaires ayant tenu garnison à Auxonne:

Jumelages[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nathalie Descouvières, Les Terres d’Outre-Saône au Moyen Âge : histoire de Aubigny-en-Plaine, Bonnencontre, Brazey-en-Plaine, Chaugey, Echenon, Esbarres, Franxault, La Perrière-sur-Saône, Losne, Magny-les-Aubigny, Maison-Dieu, Montot, Pagny-le-Château, Pagny-la-Ville, St Jean de Losne, St Apollinaire, 1999.
  • Claude Speranza, La science ou l'Arsenal, Association Auxonne-Patrimoine, 1998.
  • Bernard Alis, Les Thiard, guerriers et beaux esprits, L’Harmattan, Paris, 1997.
  • Martine Speranza, Le Château d'Auxonne, 1987.
  • Pierre Camp, Histoire d'Auxonne au Moyen Âge, 1960.
  • Pierre Camp, Guide Illustré d'Auxonne, 1969.
  • Pidoux de la Maduère, Le Vieil Auxonne, réédition de 1999.
  • Lucien Febvre, Histoire de Franche-Comté, réédition de 2003.
  • Jean Savant, Napoléon à Auxonne, Nouvelles éditions latines, Paris, 1946.
  • Maurice Bois, Napoléon Bonaparte, lieutenant d'artillerie à Auxonne : vie militaire et privée, souvenirs, coup d'œil rétrospectif sur Auxonne, blocus de 1814, siège de 1815, investissement par les Allemands 1870-1871, Flammarion, Paris, 1898.
  • H. Drouot et J. Calmette, Histoire de Bourgogne, 1928.
  • Lucien Millot, (fr) Étude critique sur les origines de la ville d'Auxonne, sa condition féodale et ses franchises, (1899).
  • Dom Simon Crevoisier, Chronique de Saint-Vivant, Manuscrit vers 1620 - B.M. de Dijon (MS-961) ou Archives de la Côte-d'Or (H. 122)
  • E. Bougaud et Joseph Garnier, Chronique de Saint-Pierre de Bèze, 1875.
  • C.-N. Amanton, Notice sur feu le marquis de Thyard, in Mémoires de l'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon, 1830.
  • C.N. Amanton, Galerie auxonnaise ou revue générale des Auxonnais dignes de mémoire, 1835
  • Louis Girault, Notice historique et bibliographique sur C.-X. Girault, Rabutot, Dijon
  • Étienne Picard, Histoire d'une forêt communale : la forêt des Crochères à la ville d'Auxonne, Dijon, 1898.
  • Horric de Beaucaire, Mémoires de Du Plessis-Besançon, Paris, 1842.
  • Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Auxonne » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ 1878 (Wikisource)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Comme Auxerre, Semur-en-Auxois ou Bruxelles.
  2. Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Louvain-la-Neuve, Peeters,‎ 1994, p. 104.
  3. D'après Jean d'Osta, Dictionnaire historique des faubourgs de Bruxelles, Bruxelles, Le Livre, 1996, (ISBN 2-930135-10-7).
  4. Annonces faites à bord des trains
  5. Données IGN
  6. In Jean Richard, Histoire de la Bourgogne, édition Privat, 1978, p. 119.
  7. Son frère aîné, Guillaume de Saulx, comte de Tavannes avait épousé Catherine Chabot, fille de Léonor Chabot, comte de Charny. Lui-même avait épousé en premières noces Catherine Chabot, fille de François Chabot, marquis de Miribel qui lui donna trois enfants. En deuxièmes noces, il épousa Gabrielle Desprez qui lui donna huit enfants. In Bulletin de la Société archéologique de Sens, t. VIII, 1863, p. 240 et 246.
  8. Pierre Camp, Guide illustré d'Auxonne, p. 21. et Henri Drouot, Mayenne et la Bourgogne, étude sur la Ligue, 1587-1597, Picard, 1937, p. 403.
  9. Pierre Camp Guide Illustré d'Auxonne, p. 21.
  10. Stéphane Simonnet, Atlas de la Libération de la France, éd. Autrement, Paris, 1994, réimp. 2004 (ISBN 2-7467-0495-1) , p 35
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011
  13. Plaquette d'information des VNF pour l'inauguration du nouveau barrage d'Auxonne
  14. Tiré de : Bulletin de la société archéologique de Sens, T. VIII, 1863, pp : 238-247.
  15. Pierre Camp, Guide Illustré d'Auxonne, p. 95.
  16. Horric de Beaucaire, Mémoires de Du Plessis-Besançon, p. 26.
  17. Ses missions l’obligent à des déplacements longs et fréquents : il donne un exemple dans ses Mémoires : « Sur quoi, je me permets de faire remarquer ici une chose extraordinaire qui fut, qu’en moins de deux mois, je me vis sur l’autre extrémités des côtes d’Italie avec l’armée navale, au siège d’Arras et dans Barcelone, qui sont des lieux éloignés de plus de trois cents lieues l’un de l’autre », in Mémoires de Du Plessis-Besançon, p .23.
  18. Le comte Horric in Mémoires de Du Plessis-Besançon ajoute : « En 1640, au moment même où le Portugal secouait le joug de l’Espagne, les Catalans, jaloux de leurs libertés, se soulevèrent contre l’autorité du roi catholique, massacrant les officiers du prince et chassant de leur province les garnisons espagnoles. Quelle bonne fortune pour Richelieu s’il pouvait faire tourner de pareils évènements à notre profit, mais aussi combien aventureuse la mission qui incombait à celui qui, seul sans armée, allait s’avancer au nom du roi de France au milieu de la province bouleversée ! Du Plessis-Besançon fit preuve, en cette circonstance, d’autant de sang-froid que de courage. Il repoussa avec des bandes de Catalans enrégimentés à la hâte et mal exercées les troupes espagnoles qui vinrent assiéger Barcelone et signa avec les brassos, ou États Généraux de la Catalogne, deux traités qui placèrent cette province sous l’administration directe du roi de France et qui valurent la conquête définitive du Roussillon. Aucun coup plus décisif ne fut, pendant toute cette guerre porté à la monarchie espagnole ».
  19. Corps allemand à la solde de la France et formé par le duc Bernard de Saxe-Weymar qui était mort en 1639
  20. Horric de Beaucaire, Mémoires de Du Plessis-Besançon, Notice biographique, p. XII
  21. Pierre Camp, Guide Illustré d'Auxonne, p. 67.
  22. Lettre d’Amanton au rédacteur du Moniteur Universel, 12 fructidor an XI, donnant l’inscription funéraire relevée « sur les débris rassemblés récemment par mes soins, au moment où ils allaient être dispersés ». Les destructions révolutionnaires ayant détruit le nom du guerrier à la mémoire duquel le marbre était consacré, Amanton identifia le personnage par la date de son décès, et sa qualité de gouverneur d’Auxonne, in Pierre Camp, Guide Illustré d’Auxonne, p. 126, r. 8.
  23. Pierre Camp, Guide Illustré d'Auxonne, p. 97. et Bernard Alis, Les Thiard, guerriers et beaux esprits. Claude et Henri-Charles de Thiard de Bissy, et leur famille, L’Harmattan, Paris, 1997. p. 295.
  24. Voir : Mémoires du capitaine Landolphe, contenant l’histoire de ses voyages pendant trente-six ans aux côtes d’Afrique et aux deux Amériques ; rédigés sur son manuscrit, par J.-S. Quesné, Paris, 1823