Monthureux-sur-Saône

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Monthureux-sur-Saône
Au cœur commerçant du village
Au cœur commerçant du village
Blason de Monthureux-sur-Saône
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Vosges
Arrondissement Neufchâteau (depuis le 1er janvier 2013)[1]
Canton Monthureux-sur-Saône
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de la Saône Vosgienne
Maire
Mandat
Raynald Magnien
2014-2020
Code postal 88410
Code commune 88310
Démographie
Gentilé Monthurolais(es)
Population
municipale
925 hab. (2011)
Densité 49 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 01′ 50″ N 5° 58′ 23″ E / 48.0305555556, 5.9730555555648° 01′ 50″ Nord 5° 58′ 23″ Est / 48.0305555556, 5.97305555556  
Altitude 253 m (min. : 238 m) (max. : 339 m)
Superficie 19,02 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Lorraine

Voir sur la carte administrative de Lorraine
City locator 14.svg
Monthureux-sur-Saône

Géolocalisation sur la carte : Lorraine

Voir sur la carte topographique de Lorraine
City locator 14.svg
Monthureux-sur-Saône

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Monthureux-sur-Saône

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Monthureux-sur-Saône
Liens
Site web www.monthureux.fr

Monthureux-sur-Saône est une commune française située dans le département des Vosges en région Lorraine.

Ses habitants sont appelés les Monthurolais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village de Monthureux s'allonge en une rue sur l'échine gréseuse d'un très étroit lobe de méandre de la Saône. De nombreux ponts s'en échappent : pont du Faubourg et pont des Prussiens au sud, pont Colas puis pont de la Perche au nord. La commune se complète des quelques hameaux : Mont de Savillon sur la D 480 en direction de Saint-Julien à l'ouest, le Ricageot, le quartier de la Gare et la zone industrielle à l'est. Vittel est à 28 km, Épinal à 50 km.

La forêt s'étend sur 762 ha : bois de la Mause, de Chat Clairey, Bois ban, devant le Château, de la Poste tétiote. Quelques ruisseaux rejoignent la Saône : celui de la Mause (nom que prend le "Gras" sur le territoire de Monthureux) en rive droite et le Préfonrupt en rive gauche.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de Monasteriolum (petit monastère, église) n'est pas attesté avant la fin du IXe et début du Xe siècle. Ensuite, on trouve les formes Monstreuil au XIVe siècle, puis Montreuil, Montreux, Montureux. La graphie avec H est due à l'erreur d'un copiste sur un document qui, en 1628, écrivit Montheureux.[réf. nécessaire]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'azur, à trois losanges d'or, ordonnés 2 - 1 et chargés d'un M antique de gueules.
Commentaires : Ce sont les armes de Guillaume, sire de Monstreuil, que l'on peut déjà voir sur un sceau de 1321.

Histoire[modifier | modifier le code]

Inscription funéraire gallo-romaine dédiée à Sextius Juventus.
Musée départemental d'art ancien et contemporain d'Épinal

L'origine de Monthureux sur Saône n'est pas connue avec certitude. Il est probable qu'à l'époque gauloise, l'emplacement qu'il occupe aujourd'hui était recouvert par la forêt[réf. nécessaire].

Lorsque l'on évoque Monthureux, on se réfère souvent au cimetière gallo-romain et au château féodal. En fait, le site était habité depuis longtemps lorsque les Romains firent la conquête de la Gaule[réf. nécessaire]. Le territoire de Monthureux est bordé au nord par celui de Bleurville sur lequel fut découvert au XIXe siècle, au centre du village actuel, une importante villa gallo-romaine dotée de bains de grandes dimensions.

Le territoire des Lingons, capitale Langres, auquel appartenait Monthureux, s'étendait jusqu'à la Saône supérieure et l'immense forêt de Darney.

L'armée romaine fit construire de nombreuses voies militaires (une voie romaine venant de Langres passait par Monthureux et se dirigeait vers Baccarat). Peu à peu, les indigènes celtes se romanisèrent pour devenir des Gallo-romains.

Au Bas Empire commence l'installation de lètes et de colons germaniques, puis la conquête proprement-dite par les Francs et les Burgondes qui se disputent la région. Les noms en -court, puis en -ville, -velle de la région par exemple, montre l'emprise croissante de ces Francs qui se romanisent.

Il est probable qu'à l'époque, le seul endroit habité devait être les plateaux et les pentes de la Vignotte.

Il faut s'arrêter et flâner le long des rues ou des ruelles pour découvrir un autre aspect du bourg. : les vestiges de son passé lointain qui racontent une histoire vieille de près de 2000 ans.

C'est dans le hall de la mairie que l'on peut voir les témoins de cette époque : des stèles gallo-romaines datant du Ier siècle de notre ère. Des fouilles faites à la "Vignotte" au début du siècle, ont mis au jour des sarcophages recelant des objets précieux (collection privée et musée d'Epinal). On trouve encore des traces de voies romaines et "le Pont du diable" au pied de la côte Sainte-Anne.

Après un grand saut dans le temps, nous trouvons le souvenir du monastère qui a donné son nom à la bourgade : Monasteriolum (devenu Monstreuil) puis Montreux et enfin Monthureux, il pourrait remonter à l'époque carolingienne.

L'église actuelle, qui fut celle du prieuré, a été agrandie et entièrement refaite au XVIe siècle. Cependant on distingue encore le tracé de grandes arcades romanes (XIe) sur le mur extérieur nord qui domine la rue.

Du prieuré lui-même, il ne subsiste plus que 2 piliers ronds et massifs qu'encadrent la porte-cochère située au pied du vieil escalier de pierre conduisant à l'ancien cimetière.

Dépendant de l'abbaye de Luxeuil, le prieuré bénédictin possédait la partie Est de Monthureux, la plus ancienne, où l'on peut encore voir le puits qui a donné son nom à la "rue du Puits-Châné" (puits à chaîne), la maison du guetteur avec sa fenêtre d'angle et de très belles portes à frontons.

La rue du Gros-Tilleul a un ensemble de fermes bien lorraines avec portes de granges et "œils de bœuf", sans oublier "la goulotte" de la "pierre à eau" et le traditionnel "usoir" entre maison et rue.

Du pont près de la place (ancien pont-levis), on voit encore très bien la base des 3 tours qui furent démantelées par les suédois en 1635. Au pied du château se pressaient des petites maisons en partie troglodytes dont plusieurs cavités sont encore visibles dans la roche. La place toute fleurie, forme un ensemble autour de sa fontaine ronde à étages. Elle se prolonge par une allée bordée de tilleuls qui fut le promenoir des Moines au XVIIe. Tout au bout de cette allée, le couvent des Tiercelins a gardé de beaux vestiges.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Michel[2] et son orgue[3].

De nos jours le couvent de Monthureux subsiste encore, vendu avec les biens nationaux à la Révolution, il abrita pendant près de quatre siècles une communauté de moines tiercelins. Il est aujourd'hui visible au bout de l'allée des Moines (le long de la départementale 460).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 en cours Raynald Magnien Modem Conseiller en gestion et management
1983 2008 Henri Didier (1940-....) UDF-PR Chef d'entreprise, conseiller général de 1979 à 1992, conseiller régional de 1985 à 1991
1977 1983 Rolande Lambert (1915-2012) DVG Retraitée de l'Éducation nationale (proviseur dans l'Orne)
1959 1977 Jean Cayotte (1902-2001) DVD Médecin, conseiller général de 1961 à 1979, conseiller régional de 1974 à 1979
1947 1959 Léon Lambert    
1937 1947 Robert Bellin (1894-1980)   Conseiller général de 1945 à 1949
1929 1937 Léon Poupé    
1925 1929 Théophile Cœurdacier (1869-1934)   Conseiller général de 1928 à 1934
1923 1925 Henri Gérard    
1919 1923 Bernard Bliquez    
1911 1919 Théophile Cœurdacier (1869-1934)    
1876 1911 Edouard Bresson    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 925 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
1 340 1 351 1 414 1 424 1 618 1 795 1 781 1 693 1 594
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 601 1 656 1 516 1 534 1 508 1 588 1 514 1 511 1 364
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
1 353 1 284 1 156 1 217 1 103 1 110 1 093 1 086 1 085
1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009 2011
1 166 1 156 1 111 1 065 1 004 959 948 938 925
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Charles Lévy (1805-1872), né à Monthureux-sur-Saône et mort à Bains-les-Bains, dépose un brevet pour une machine à clou dont l'usage améliora la production. Une rue de Bains-les-Bains porte son nom.
  • Christian_Kiener (1807-1896) a dirigé une importante filature à Monthureux-sur-Saône. Il a été Conseiller général des Vosges pour le canton de Monthureux-sur-Saône de 1871 à 1886, et Sénateur des Vosges de 1882 à 1896, date de sa mort. Élu en mai 1867, membre de la Chambre de Commerce des Vosges créée par décret du 13 décembre 1866 il a assuré sa présidence de 1867 à 1877.
  • Édouard Bresson (1826-1911), député des Vosges, ancien maire
  • Charles Godard (1827-1899) est né à Monthureux-sur-Saône le 26 décembre 1827. Ancien élève de l'école des Beaux-Arts, il travaille à l'agence des travaux diocésains de Langres et est connu de Viollet-le-Duc. Il est nommé inspecteur des édifices diocésains de Langres le 24 janvier 1857. Il est nommé membre du conseil des bâtiments civils de la Haute-Marne et officier d'académie le 22 janvier 1898. Il a construit neuf églises en Haute-Marne, deux églises en Haute-Saône, la chapelle des Dominicains et la maison des Dames de St Maur de Langres, des écoles, des fontaines et a dirigé divers chantiers de restauration.
  • Maurice Jacob, né le 2 décembre 1860 à Paris et décédé à Monthureux-sur-Saône en 1932. Il vécut à Villenauxe-la-Grande, fut notaire jusqu'en 1913 puis se maria et, tout en poursuivant une activité de journaliste à Paris, il devint rédacteur en chef de la revue du Monde Illustré. Il habita rue du Château et s'éteignit auprès de son épouse née Brouland, modiste, qui lui survécut jusqu'en 1935.
  • Jules Boiteux né à Saint-Ouen-lès-Parey le 4 août 1877 et mort à Nancy le 18 octobre 1957. Issu d'une famille de sculpteurs, fils de Pierre Jules Boiteux et de Marie Lorange, Jules Boiteux arrive à Nancy pour travailler dans les ateliers de Majorelle où il se spécialise dans la sculpture sur bois. Il passe ensuite chez Émile Gallé. Dans le style art nouveau dit de "l'École de Nancy", il exécute un grand nombre de travaux dont les façades des magasins aujourd'hui disparues. Deux témoins de son art sont encore conservés à Nancy : la vitrine de la boulangerie Wursthom rue des Dominicains et le plafond, classé, de la brasserie de l'Excelsior. Puis il est engagé comme chef de l'atelier créé par Jules Cayette et se spécialise dans le mobilier religieux. Il est le restaurateur de la piéta de l'église de Senonges. Il a longtemps habité à Monthureux-sur-Saône avec sa fille Simone où sa maison existe toujours, rue du Gros Tilleul. Il est enterré à Monthureux.
  • Colonel Marie, fils adoptif de Maurice Jacob. Né dans le Calvados le 11 novembre 1895, il devint en 1918, à 23 ans, pilote d'aviation. Ses actes de bravoure pendant la grande guerre lui valut la médaille militaire et la croix de guerre, de capitaine il devint colonel et le titre de commandeur de la légion d'honneur lui fut accordé. On retrouve une photographie de lui avec le capitaine Jean Baradez convoyant un avion Farman 192 destiné à être offert au négus éthiopien pour son couronnement en 1930. Décédé le 19 avril 1962, il repose aux côtés de ses parents "adoptifs" le couple Jacob.
  • Henri Poincelot (1902-1980), né à Monthureux-sur-Saône et mort à Vittel. Homme politique et sénateur sous la IVème République, il est l'une des figures phare de la Résistance vosgienne.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Noël Castorio, « Les stèles funéraires gallo-romaines de Monthureux-sur-Saône (Vosges) », in Hélène Walter (dir.), La sculpture d'époque romaine dans le Nord, dans l'Est des Gaules et dans les régions avoisinantes : acquis et problématiques actuelles (actes du colloque international..., Besançon, 12, 13 et 14 mars 1998), Presses universitaires franc-comtoises, Besançon, 2000, p. 109-122
  • Marie-Françoise Michel et Jean-François Michel, Monthureux-sur-Saône : histoire d'un bourg lorrain des bords de Saône (1605-1789). Seigneurs et habitants, vie spirituelle, Saint-Nicolas-de-Port, 1980, 203 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Changement de département ou d'arrondissement pour les communes du département des Vosges de 1930 à 2013, sur le site de l'Insee. Consulté le 14 janvier 2014.
  2. Les curiosités
  3. Association d’Étude pour la Coordination des Activités Musicales (ASSECARM), Orgues Lorraine Vosges, Metz, Éditions Serpenoise,‎ 1991, 677 p. (ISBN 2-87692-093-X), p. 395 à 397
    Présentation de l'orgue de l’église Saint-Michel sur la commune de Monthureux-sur-Saône
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011