Antoine-Adrien Lamourette

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Antoine-Adrien Lamourette (Album du Centenaire)

Adrien Lamourette, né le 31 mai 1742 à Frévent, mort guillotiné le 11 janvier 1794 à Paris, est un prêtre lazariste. Rallié à l'Église constitutionnelle, il devient le premier évêque constitutionnel. Homme politique de la Révolution française, élu député, il est l'instigateur du fraternel « baiser Lamourette » réconciliant temporaiement les partis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'artisans modestes, il entre en 1759 dans la congrégation des lazaristes et est ordonné prêtre en 1769. D'abord premier vicaire à Arras, il est nommé professeur de philosophie au séminaire des lazaristes de Metz en 1772. Adversaire de la théologie traditionnelle, il a pour ambition de concilier les "lumières" et la religion. L'abbé Grégoire, son élève d'alors, saura retenir ses leçons. Transféré à Toul en 1774, ses idées avancées le mettent en conflit avec Mgr Champorcin. En 1778, il est chargé de la cure d'Outremécourt. À partir de 1783, il réside à Paris où il est chapelain de Chaillot : il publie alors ses premiers ouvrages.

Partisan du retour à une Ėglise débarrassée du faste qui écrase les fidèles pauvres, il souhaite réduire les privilèges du Haut Clergé. Les vœux de religion ne devraient plus entraîner de "mort civile". Surtout, il prône la tolérance religieuse et tout en combattant les philosophes athées il met à part Jean-Jacques Rousseau qui aime la vertu et la religion. En 1787, il entre à l'académie d'Arras

En 1789, il fait l'apologie de la prise de la Bastille, demande l'égalité pour les Juifs et justifie la sécularisation des biens ecclésiastiques. En novembre 1790 commence sa collaboration avec Mirabeau et il construit l'argumentaire du discours du 26 novembre qui tend à montrer que la Constitution civile du clergé est compatible avec les principes de la religion chrétienne comme avec ceux de la Révolution.

En 1790, Il prête serment à la Constitution civile du clergé. En janvier 1791 il collabore à nouveau avec Mirabeau pour la rédaction du Projet d'adresse aux Français sur la Constitution civile du Clergé. Devenu familier de l'orateur il croise chez lui Cabanis, Volney ou Garat.

Au début de1791 Mirabeau écrit une lettre à la Société des amis de la Constitution de Lyon ce qui lui permet d'être élu évêque constitutionnel sur le siège de Lyon le 2 mars. Mais, il se heurte dans le diocèse à une vive opposition animée par Linsolas. De plus, à l'instar des autres évêques constitutionnels, il n'a jamais été reconnu tel par le pape Pie VI.

Il fut élu député du Rhône-et-Loire à l'Assemblée législative. Le 21 novembre 1791, il emploie pour la première fois dans un discours l'expression de démocratie chrétienne dont il semble être le créateur. Il se rendit célèbre par ce qu’on appela le baiser Lamourette — un baiser fraternel, par lequel il proposait qu’on en finisse avec tous les différends entre les partis. La proposition qu’il fit en ce sens le 7 juillet 1792, avec une ardeur extraordinaire, fit une telle impression sur l’Assemblée que les députés des partis les plus hostiles se jetèrent dans les bras les uns des autres — mais cet acte généreux et spontané demeura sans suite.

Lamourette protesta contre les massacres de septembre 1792, et lié aux Girondins il soutient la révolte fédéraliste de Lyon (1793). Arrêté le 29 septembre 1793 près de Lyon, il est transféré à Paris, jugé par le tribunal révolutionnaire, condamné à mort et guillotiné le 11 janvier 1794.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Considérations sur l'esprit et les devoirs de la vie religieuse, (1785);
  • Pensées sur la philosophie de l’incrédulité (1786);
  • Pensées sur la philosophie de la foi (1789);
  • Décret de l’assemblée nationale sur les biens du clergé justifié par son rapport avec la nature et les lois de l’institution (1789);
  • Désastre de la maison de Saint-Lazare, (1789);
  • Observations sur l'État civil des Juifs, (1789);
  • Pasteur patriote (1790) ;

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Menozzi (Daniele). «Philosophes» e «Chrétiens éclairés» Politica e religione nella collaborazione di G. H. Mirabeau e A. A. Lamourette (1774-1794), compte rendu par Godechot, Jacques, dans Revue belge de philologie et d'histoire, 1980, vol. 58, no 2, p. 525-527.http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rbph_0035-0818_1980_num_58_2_5670_t1_0525_0000_2