Jean-Baptiste Drouet

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Jean-Baptiste Drouet

Jean-Baptiste Drouet, né à Sainte-Menehould le 8 janvier 1763 et mort à Mâcon le 10 avril 1824, fils d'un marchand de bois, est un révolutionnaire français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il était maître de poste à Sainte-Menehould lorsque le 21 juin 1791 une berline, luxueuse pour l'époque, et une petite voiture font halte dans le relais dont il a la charge. La berline a six passagers, la voiture deux, trois domestiques en livrée jaune les accompagnent. Ils sont très pressés. Une heure après ce passage, un homme arrive, épuisé. Au nom d'un garde national qui l'a informé que Louis XVI de France a quitté Paris dans la nuit, comme de nombreux « patriotes », il chevauche au travers les différents relais du secteur afin de retrouver des traces du roi.

Jean-Baptiste Drouet fait le rapprochement avec la berline. Le nombre de passagers correspond. Il se souvient que l'équipée se dirigeait vers Varennes-en-Argonne. Aussitôt, il avertit les autorités locales. Il fut choisi pour partir à cheval, avec son ami Jean-Chrisosthome Guillaume, il avertit le maire, le commandant de la Garde Nationale, celle de Varennes. Il organisa le contrôle de la berline du roi et de sa famille. Toute la nuit, il fit son possible pour empêcher le roi de quitter Varennes jusqu'à l'arrivée de l'aide de camp de La Fayette, qui procéda à l'arrestation du Roi, conformément au décret de l'Assemblée dont il était muni.

Il s'empressa d'aller faire son rapport à la Constituante qui lui accorda une récompense de trente mille livres puis alla au club des Jacobins et à l'Hôtel de Ville.

Élu député en septembre 1792 à la Convention il siégea sur les bancs des montagnards. Il fut nommé membre de la Commission des Vingt-Quatre chargée d'inventorier les documents de l'armoire de fer. Dans le procès du roi, il vota contre l'appel au peuple, pour la mort et contre le sursis. Le 13 avril 1793, dans l'affaire de Marat, il se prononça contre sa mise en accusation. Fougueux, violent même, manquant de nuance et sans doute borné, il était partisan d'une république dure, il disait : « Soyons brigands, s'il faut l'être, pour le salut du peuple ». Il fut envoyé en qualité de commissaire à l'armée du Nord (1793), s'enferma dans Maubeuge, assiégé par l'armée du prince de Cobourg et tomba aux mains des Autrichiens. Il ne revint en France qu'en décembre 1795, échangé avec d'autres révolutionnaires contre Madame Royale (la fille de Louis XVI). On le retrouve au Conseil des Cinq-Cents, mais il trouva que la République avait bien changé pendant sa captivité. Il fut accusé d'avoir participé à la conspiration ourdie par Babeuf, et fut arrêté le 10 mai 1796, jugé puis acquitté par le jury le 26 mai 1797. Il s'était évadé dans des circonstances mystérieuses, était aux îles Canaries quand il apprit son acquittement, il s'empressa de rentrer en France. Lorsqu'il fut arrêté, le public, à Paris comme en Province, a pu penser qu'il avait été emprisonné parce qu'il avait jadis arrêté le roi. Il est certain qu'un tel prisonnier embarrassait le Directoire et il est fort possible que Barras ait favorisé son évasion. Son procès, où il fut jugé par contumace, fut une formalité.

Il fut décoré de la Légion d'honneur en 1807 par Napoléon Ier et la petite histoire rapporte que l'Empereur, lui remettant cette distinction sur le site de Valmy, lui aurait dit « Monsieur Drouet, vous avez changé la face du monde ». Il fut nommé sous-préfet de Sainte-Menehould. À ce titre, en 1814, durant la campagne de France, il prit la tête d'un groupe de franc-tireurs qui harcelait les arrières des Alliés. Frappé par la loi condamnant les régicides, il fut exilé sous la Restauration, mais ne pouvant se résoudre à quitter son pays, il vécut à Mâcon sous le faux nom de Jean Baptiste Troué.

Il décéda à Mâcon le 11 avril 1824[1], dans une maison de la rue Carnot[2]

Source[modifier | modifier le code]

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Dictionnaires des personnages de la Révolution de Roger Caratini

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sous le nom de Jean-Baptiste Troué, altération due au fort accent de sa compagne alsacienne voir les Archives départementales de Saône-et-Loire
  2. Comme indiqué dans son acte de décès en ligne, « Maison Louis Thibert, rue Municipale N°23 »