Zelda Fitzgerald

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Zelda Fitzgerald

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Zelda Sayre en 1919.

Nom de naissance Zelda Sayre
Naissance 24 juillet 1900
Montgomery, Alabama, Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès 10 mars 1948 (à 47 ans)
Langue d'écriture Anglais

Œuvres principales

Zelda Sayre Fitzgerald (24 juillet 190010 mars 1948), née Zelda Sayre à Montgomery en Alabama, est une romancière américaine. Elle fut l'épouse et égérie de l'écrivain F. Scott Fitzgerald.

Zelda Fitzgerald[modifier | modifier le code]

Elle fut une icône des années 1920 — surnommée la « première garçonne américaine » par son mari. Après le succès du premier roman de celui-ci, L'Envers du Paradis, le couple devint célèbre. La presse américaine vit en eux l'incarnation des années folles et de l'âge du Jazz : jeunes, riches, beaux et pleins de vie.

Zelda Sayre a grandi dans une famille aisée du Sud. Déjà dans l'enfance, son comportement audacieux la plaçait au centre des potins de Montgomery. Peu après la fin du lycée, elle rencontra F. Scott Fitzgerald à une soirée. Une cour endiablée s'ensuivit mais, malgré la confession des sentiments de l'écrivain, elle continua de fréquenter d'autres hommes. Après des conflits et une longue séparation, ils se marient en 1920 et passèrent les premières années de la décennie en gloires littéraires de New York.

Ils partirent ensuite pour l'Europe, en expatriés de la Génération perdue. Scott reçut des louanges pour ses nouvelles et pour son grand roman Gatsby le Magnifique. Tout en fréquentant les grands noms littéraires de l'époque, notamment Ernest Hemingway, le couple était tiraillé par la jalousie, le ressentiment et l'acrimonie. Scott se servait de leur relation pour nourrir son travail et emprunta même des bribes du journal intime de Zelda pour nourrir ses héroïnes de fiction. À la recherche de sa propre identité artistique, Zelda écrivit des nouvelles et des articles de magazine avant de devenir obsédée par une carrière de ballerine, pour laquelle elle s'entraîna en vain jusqu'à épuisement.

La tension de son mariage tumultueux, l'alcoolisme de Scott et son instabilité croissante augurent de son admission en sanatorium en 1930. On lui diagnostiqua une schizophrénie. Alors en traitement dans une clinique du Maryland, elle écrit un roman semi-autobiographique Accordez-moi cette valse, publié en 1932. Scott fut furieux de voir ainsi des éléments de sa propre existence repris dans le livre de son épouse, alors qu'il fit de même, spécialement dans Tendre est la nuit, publié en 1934, où le personnage de Nicole Diver est la transposition exacte de Zelda. Ces deux romans fournissent les descriptions contrastées de l'échec de leur mariage.

De retour en Amérique, Scott s'installa à Hollywood où il tenta une carrière de scénariste et commença une liaison avec l'éditorialiste Sheilah Graham. En 1936, Zelda fut internée dans l'hôpital psychiatrique Highland d'Asheville en Caroline du Nord. Scott meurt à Hollywood en 1940, un an et demi après sa dernière rencontre avec Zelda. Elle passe les années suivantes à l'écriture d'un second roman, qu'elle ne finira jamais, et à peindre frénétiquement. Elle meurt à l’âge de 47 ans dans l’incendie de l’hôpital psychiatrique de Asheville qui fait huit autres victimes parmi les patients. L'intérêt pour les Fitzgerald resurgit peu après sa mort : le couple devient le sujet privilégié d'essais, de livres populaires et de films. Après avoir été un emblème de l'âge d'or du jazz, des années folles et de la génération perdue, Zelda Fitzgerald trouva un nouveau rôle à titre posthume : à la suite d'une célèbre biographie parue en 1970 qui la dépeint en victime d'un mari autoritaire, elle devint une icône féministe.

Plus récemment, son nom a été donné au personnage de la princesse du célèbre jeu vidéo, The Legend of Zelda, par le créateur du jeu qui voulait lui rendre hommage[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et enfance[modifier | modifier le code]

Née en 1900, Zelda Sayre est la plus jeune de six enfants. Sa mère, Minerva "Minnie" Machen (23 novembre 186013 janvier 1958), la nomma ainsi en référence à deux histoires peu connues : Zelda: A Tale of the Massachusetts Colony de Jane Howard (1866) et Zelda's Fortune de Robert Edward Francillon (1874). Dans chaque histoire, Zelda est une gitane[2]. Enfant peu farouche, elle est très gâtée par sa mère mais son père, Anthony Dickinson Sayre (1858–1931), membre de la Cour Suprême de justice d’Alabama et avocat reconnu, est un homme froid et peu accessible. La famille descend de pionniers de Long Island, installés en Alabama avant la Guerre de Sécession. À l'époque de sa naissance, la dynastie Sayre est une famille éminente du Sud. Son grand-oncle, John Tyler Morgan, servit durant six mandats au Sénat des États-Unis; son grand-père paternel dirigea un journal à Montgomery ; et son grand-père maternel était Willis Benson Machen, qui fut également sénateur du Kentucky[3],[4].

Zelda est une enfant très active, qui partage son temps entre la danse, des leçons de ballet et les sorties. En 1914, elle entre à la Sidney Lanier High School où elle se montre brillante sans toutefois s'intéresser aux cours. Elle continue de pratiquer le ballet au lycée, tout en participant à la vie sociale. Elle boit, fume et aime s'entourer de garçons. Dans un article sur la danse à son sujet, on la décrit comme ne s'intéressant qu'à la natation et aux garçons[3]. Elle aime attirer l'attention par tous les moyens, notamment en apprenant la danse afro-américaine qu'on nomme le Charleston, ou en arborant des maillots de bain de couleur chair pour alimenter la rumeur qu'elle nageait nue[2]. La réputation de son père lui servait de rempart contre la mise à l'index[3]. Alors que les femmes du Sud de l'époque se devaient d'être délicates, dociles et accommodantes, le mode de vie de Zelda provoque des remous dans sa ville de Montgomery où elle alimente - tout comme son amie d'enfance et future starlette d'Hollywood, Tallulah Bankhead — les potins et les ragots[2]. Dans le trombinoscope du lycée, sa photo était accompagnée de la légende suivante :

« Pourquoi travailler toute sa vie quand on peut emprunter
Songeons à vivre aujourd'hui sans souci du lendemain[5]. »

Francis Scott Fitzgerald[modifier | modifier le code]

Article principal : F. Scott Fitzgerald.
F. Scott Fitzgerald en 1921, par Gordon Bryant pour le magazine Shadowland

Zelda rencontre Francis Scott Fitzgerald à la sortie de la Première Guerre mondiale alors qu’il est en garnison près de Montgomery. Leur relation est assez mouvementée. Il se doute qu’elle voit d’autres hommes alors qu’elle lui soutient qu’elle l’aime. Elle lui envie ses qualités d’écrivain et le considère faible et indécis.

Mariage[modifier | modifier le code]

Durant leur lune de miel, le couple fut renvoyé du New York Biltmore Hôtel pour ivresse.

En septembre, Scott avait terminé son premier roman, L'Envers du Paradis (This Side of Paradise), le manuscrit est rapidement accepté.

Ils se marient en 1920, et ces rivalités s’enveniment durant leur mariage qui est marqué par l’alcoolisme croissant de Scott (sa femme et lui-même s’adonnent à la boisson durant les années 1920) et la dégradation de la santé mentale de Zelda.

Le couple s’installe d’abord à New York où il rencontre les plus grands hommes de lettres américains. Par la suite, Scott ayant acquis une renommée considérable en tant qu’écrivain, le couple effectue de nombreux voyages notamment en Europe. Durant cette période, Zelda et Scott incarnent l’esprit des années 1920. Ils apparaissent régulièrement dans la presse et sont célébrés au même titre que les têtes d’affiche des plus grands films de l’époque.

Mais les fêtes sans fin et les quantités incroyables d’alcool qu’ils consomment commencent à dégrader la santé du couple et leur relation. Ils dépensent presque tout l’argent que Scott gagne soit 30 000 $ par an, ce qui représente une somme considérable pour l’époque. Vers 1925, l’alcoolisme de Scott est connu de tous (il a même son contrebandier attitré). Quand il n'écrit pas, il passe son temps à boire jusqu’à l’évanouissement et rentre chez lui en taxi.

À Paris, Scott Fitzgerald, maintenant écrivain entièrement reconnu, rencontre Ernest Hemingway qui est au début de sa carrière. Scott aide Ernest à promouvoir ses écrits. Ils deviennent très bons amis (bien que cela ne dure pas). Dans sa biographie, Nancy Milford explique que Zelda n’aime pas Ernest Hemingway dès le début. Zelda le décrit ouvertement comme « un faux jeton » et « faux comme Judas » et considère son caractère macho et dominateur comme une simple façade.

Le ressentiment de Zelda pour Hemingway est peut-être dû en grande partie à la jalousie[6]. Rétrospectivement, l’estime de Zelda pour Hemingway a été reconnue d’une certaine manière, étant donné ce qui a été écrit ces dernières années concernant l’aspect fétichiste de l’écriture d’Hemingway et son obsession pour le rôle des genres. Une des ruptures les plus sérieuses entre Scott et Zelda a lieu quand cette dernière se convainc, sans aucune preuve tangible, qu’Hemingway est « une folle » et que Scott et lui ont une relation homosexuelle.

La naissance de leur enfant unique, Frances « Scottie » Fitzgerald en 1921 n’a pas de conséquence apaisante sur leur vie et bien que Zelda adore l’enfant et lui écrive fréquemment, Scottie est quasiment élevée par des nurses et reste souvent éloignée de ses parents.

En 1924, durant un de leurs premiers et nombreux voyages en France, Zelda a une courte aventure avec un jeune et beau pilote, Édouard Jozan. Cela incite son mari à enfermer Zelda dans la maison pour l’empêcher de le voir à nouveau ; par la suite, ils embellissent l’histoire en déclarant que Jozan s’est suicidé. Il est possible que Zelda commence à sombrer dans la schizophrénie à ce moment-là. Elle écrit un certain nombre de nouvelles en 1925, mais beaucoup d’entre elles sont publiées sous le nom de Scott, ce qui est un autre facteur possible de mécontentement ; trois autres histoires, écrites juste avant sa première dépression, sont perdues. Scott s’inspira fortement de la personnalité intense de sa femme dans ses récits, citant fréquemment des passages de son journal. Elle ne fait aucune remarque à ce sujet mis à part une remarque lapidaire dans une revue : « Il semble que j’ai reconnu sur une page un extrait d’un vieux journal intime qui a mystérieusement disparu peu de temps après mon mariage, ainsi que des fragments de lettres qui bien que considérablement modifiées m’apparaissent vaguement familières. En fait, M. Fitzgerald (je crois que c’est ainsi qu’il écrit son nom) semble penser que le plagiat commence à la maison. »

Alors qu’elle se trouve à Paris, à 27 ans, Zelda développe un intérêt obsessionnel pour le ballet qu’elle a étudié durant sa jeunesse. Enfant, on lui reconnaît ses talents de danseuse et bien que les opinions de ses amis divergent à ce sujet, ses talents ne sont pas à remettre en doute. Scott s’oppose totalement au désir de sa femme de devenir danseuse professionnelle, considérant cela comme une perte de temps.

Ironiquement, les raisons de leur conflit s’enracinent dans l’ennui et le sentiment d’isolement qu’elle ressent quand Scott écrit ; Elle l’interrompt d'ailleurs souvent pendant son travail. Réciproquement, Scott est de plus en plus déterminé à garder Zelda à la maison, vraisemblablement parce qu’il craint qu’elle ait une autre aventure. De toute évidence, Zelda a le désir profond de développer un talent bien à elle, peut-être en réaction à la célébrité et au succès de Scott. Malheureusement, elle reprend ses études trop tard pour devenir une danseuse vraiment exceptionnelle bien qu’elle s’entraîne à l’excès tous les jours[7]. Cela a pu contribuer à son épuisement physique et mental. Sa dépression s’accompagne de troubles obsessionnels compulsifs. En 1930, elle est admise dans un hôpital français où, après quelques mois d’observation, de traitement et de consultation avec un des meilleurs psychiatres d’Europe, elle est diagnostiquée schizophrène. Cependant, son dernier psychanalyste, le Docteur Irving Pine, a estimé (trop tard) qu'elle souffrait en fait d'un trouble bipolaire, qui ne fut jamais soigné convenablement. Il émit l'hypothèse après sa mort, que le harcèlement moral que lui infligeait son mari ainsi que les traitements psychiatriques eux-mêmes seraient à l'origine de ses nombreuses dépressions et crises de nerf. Bref, qu'elle eût été une femme fragile, condamnée à la folie par des éléments exogènes.

Save Me the Waltz[modifier | modifier le code]

Article principal : Accordez-moi cette valse.

En 1932, alors en traitement à la Phipps Clinic de l'hôpital Johns Hopkins près de Baltimore, Zelda connaît une phase créative. Durant les six premières semaines, elle écrit un roman entier et l'envoie à l'éditeur de Scott, Maxwell Perkins[2],[3].

Lorsque Scott lut le livre, une semaine après l'envoi à Perkins, il fut rendu furieux par ce récit semi-autobiographique de leur mariage. Dans des lettres, il lui reproche d'utiliser les mêmes souvenirs sur lesquels il travaille à l'écriture de Tendre est la nuit depuis des années et qui ne sera publié qu'en 1934[3].

Scott force Zelda à récrire son roman, afin d'enlever les passages qu'il évoque lui-même dans son livre. Elle accepte. Bien que la Grande Dépression ait frappé l'Amérique, les éditions Scribner acceptent de publier le roman, imprimé à 3010 exemplaires, dans les librairies le 7 octobre 1932[2].

Zelda Fitzgerald traverse différents stades de fragilité mentale au cours des dix-huit dernières années de sa vie. Malgré cela, durant les quelques périodes de lucidité de cette époque, elle produit certaines de ses meilleures œuvres, incluant son unique roman, « Save Me the Waltz » et de nombreux tableaux abstraits. Elle meurt en 1948, laissant derrière elle quelques morceaux d’œuvres non publiés, ses dernières lettres pour Scott avant qu’il meure, les derniers vestiges de sa vie.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Roman
Nouvelles
  • 1973 : Éclats du Paradis ou Fragments du Paradis (Bits of Paradise), recueil de nouvelles initialement parues dans des revues :
    • 1925 : Notre Reine de Cinéma (Our Own Movie Queen)
    • 1929 : Perdue dans la Vie (The Original Follies Girl)
    • 1929 : Fille du Sud (Southern Girl)
    • 1930 : Celle qui plaisait au Prince (The Girl the Prince Liked)
    • 1930 : Celle qui avait du Talent (The Girl with Talent)
    • 1930 : L'Amie du Millionnaire (A Millionaire’s Girl)
    • 1931 : Fin de Race (Poor Working Girl)
    • 1931 : Miss Ella
    • 1932 : Deux Américains à Paris (The Continental Angle)
    • 1932 : Un Couple de Dingues (A Couple of Nuts)

Postérité[modifier | modifier le code]

Un film relatant la vie de Zelda Sayre, The Beautiful and the Damned , réalisé par John Curran, et interprété par Keira Knightley est en projet.

Les époux Fitzgerald apparaissent également dans le film de Woody Allen Midnight in Paris présenté hors compétition en ouverture du festival de Cannes 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Zelda was the name of the wife of the famous novelist Francis Scott Fitzgerald. She was a famous and beautiful woman from all accounts, and I liked the sound of her name. So I took the liberty of using her name for the very first Zelda title », Nintendo's Shigeru Miyamoto
  2. a, b, c, d et e Sally Cline, Zelda Fitzgerald: Her Voice in Paradise (2003)
  3. a, b, c, d et e Nancy Milford, , Zelda: A Biography (1970)
  4. Matthew Bruccoli, Some Sort of Epic Grandeur: The Life of F. Scott Fitzgerald (2002)
  5. Why should all life be work, when we all can borrow.Let's think only of today, and not worry about tomorrow. cité par Kendall Taylor, in Zelda et Scott Fitzgerald - Les années vingt jusqu'à la folie
  6. Lors d’une soirée, elle feint de se jeter d’une falaise de trente mètres parce que Scott était occupé à discuter avec Isadora Duncan et de ce fait l’ignorait
  7. jusqu’à huit heures par jour

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Zelda, de Agnès Michaux, Flammarion, 2006.
  • Zelda et Scott Fitzgerald : Les Années 1920 jusqu'à la folie, biographie du couple Fitzgerald par Kendall Taylor, collection Littératures, Autrement, 2002.
  • Alabama Song, roman de Gilles Leroy dans lequel l'auteur romance la passion destructrice de ce couple, Mercure de France, 2007.
  • La mort du papillon : Zelda et Francis Scott Fitzgerald de Pietro Citati, collection L'Arpenteur, Gallimard, 2007
  • Zelda, de Jacques Tournier, Grasset & Fasquelle, 2008.