Gustave Flourens

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Gustave Flourens

Gustave Flourens est un universitaire et homme politique français né en 1838 à Paris et tué par les soldats versaillais à Rueil-Malmaison (et non à Chatou) en avril 1871. C'est une personnalité de la Commune de Paris.

Il est inhumé auprès de son père au cimetière du Père-Lachaise à Paris (66ème division).


Origines[modifier | modifier le code]

Il était le fils du physiologiste Pierre Flourens, professeur au Collège de France et député en 1838-1839 et le frère aîné d'Émile Flourens, futur ministre des affaires étrangères de la Troisième République. Par celui-ci, il est l'arrière-grand-oncle de Bruno Gollnisch, ancien député du Rhône et membre du Front national.

Carrière[modifier | modifier le code]

Professeur au Collège de France à 25 ans en 1863, il est chargé de traiter l’Histoire des races humaines où ses opinions anti-religieuses et anti-bonapartistes le font interdire de cours après une année d'exercice. Il publiera alors ses leçons sous le titre d’Histoire de l'Homme.

Vie politique[modifier | modifier le code]

Gustave Flourens

Républicain rouge, il prend fait et cause pour les Crétois insurgés contre l'Empire ottoman et sollicite en leur faveur les gens d'opinion avancée dans toute l'Europe dont Victor Hugo, l'ancien concurrent malheureux de son père à l'Académie française. En 1866, il participe à l'insurrection crétoise avec le grade de capitaine. Il est nommé ambassadeur de Crète auprès du gouvernement grec qui, cédant aux pressions du gouvernement français, l'expulse vers la France.

Opposant politique au Second Empire, il est emprisonné pendant trois mois en 1869. Il devient chroniqueur militaire du journal La Marseillaise d' Henri Rochefort, et se bat en duel contre Paul de Cassagnac, qui le blesse au ventre. Après l'arrestation de Rochefort en février 1870, il s'enfuit en Hollande puis en Angleterre. En août 1870, la haute-Cour siégeant à Blois le condamne à six ans de prison par contumace.

Membre de sociétés de Libre Pensée, il participe de leur activité depuis son exil, écrivant dans La Raison du 12 mars 1870 : "L'ennemi c'est Dieu. Le commencement de la sagesse c'est la haine de Dieu (...), cet épouvantable mensonge qui, depuis six mille ans, énerve, abrutit, asservit la pauvre Humanité".

Il rentre en France après la proclamation de la République le 4 septembre 1870, il est élu chef d'un bataillon de la Garde nationale de Belleville et est l'un des organisateurs de l'émeute du 31 octobre 1870 contre la politique jugée trop tiède du gouvernement de la Défense nationale. Emprisonné, il est libéré par des hommes de la Garde nationale commandés par son ami Amilcare Cipriani dans la nuit du 21 au 22 janvier 1871. Il participe au soulèvement des Parisiens le 18 mars 1871 et est élu à la Commune par le 19e arrondissement, nommé général et chargé de la défense du Paris révolutionnaire. Partisan de la désastreuse offensive des communards contre Versailles, il est tué le 3 avril 1871 à Rueil, alors qu'il était désarmé, par le capitaine de gendarmerie Desmarets, futur juge de paix à la Garnache en Vendée et protégé du comte de Baudry d'Asson.

Une unité militaire de la commune fut baptisée en son honneur les « vengeurs de Flourens ».

Liens externes[modifier | modifier le code]