Jean Maximilien Lamarque

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Jean Maximilien Lamarque
Image illustrative de l'article Jean Maximilien Lamarque

Naissance 22 juillet 1770
Saint-Sever (Landes)
Décès 1er juin 1832 (à 61 ans)
Paris
Origine Français
Allégeance Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau du Royaume de Naples Royaume de Naples
Drapeau de l'Empire français Empire français
Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Grade Général de division
Années de service 17931830
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Distinctions baron d'Empire
Grand dignitaire de l'Ordre royal des Deux-Siciles (vers 1811[1])
Hommages nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile, 36e colonne.

Jean Maximilien Lamarque, né à Saint-Sever (Landes) le 22 juillet 1770, mort du choléra le 1er juin 1832, est un officier général français, qui a fait sa carrière dans les armées de la Révolution et de l'Empire, en particulier les guerres de Vendée et d'Espagne.

Son enfance et son éducation[modifier | modifier le code]

La jeunesse de Jean Maximilien Lamarque se déroula dans une famille très aisée, son père Pierre-Joseph Lamarque (1733-1802) était avocat au parlement, procureur du roi au sénéchal de Saint-Sever.

Il est envoyé au collège des Jacobins de Saint-Sever, dont un de ses oncles, Jean-Jacques Lamarque (1737-1809), était prieur, avant de devenir directeur du grand séminaire de Dax, puis vicaire général du diocèse. En 1791, cet oncle refusera de prêter serment et sera persécuté pendant la Terreur.

Jean Maximilien y fit d'excellentes études.

Révolution française[modifier | modifier le code]

Son père Pierre-Joseph Lamarque (1733-1802), élu député du Tiers-État aux États généraux de 1789, prêta le Serment du Jeu de paume, puis fit partie de l’Assemblée nationale Constituante.

Dès mars 1790, le jeune Jean Maximilien qui est âgé de 19 ans, quitte sa ville natale pour rejoindre son père à Paris et parfaire ses études en suivant entre autres les cours de Chaptal, La Harpe et Chamfort. Il se mêle fiévreusement à la vie politique de la capitale, et s'engage en 1792 comme simple soldat. Peu après, on le retrouve à la tête du bataillon qui met au pillage la cathédrale de Vabres, arrachant les marbres de l'autel afin d'édifier un monument et d'y recueillir les manes de Marat. Il incendia ensuite l'édifice.

Au début de 1793 il est au 4e bataillon de volontaires des Landes.

Sa vie militaire et son ascension[modifier | modifier le code]

Guerres de la Révolution française[modifier | modifier le code]

Nommé lieutenant le 3 avril 1793, il devient le 13 mai 1793, capitaine de grenadiers dans la fameuse colonne infernale de la Tour d'Auvergne à l’armée des Pyrénées occidentales. Il s'y distingue particulièrement en investissant, le 24 juillet 1794, avec des effectifs réduits, la place de Fontarabie défendue pourtant par 1 700 hommes.

Le 21 thermidor an II, il est promu chef de bataillon et sert dans l’armée du Rhin. Il participe avec éclat aux batailles d'Engen le 3 mai 1800, de Messkirch le 5 juin 1800, d'Höchstädt le 19 juin 1800, de Hohenlinden enfin le 3 décembre 1800 où il se couvre de gloire, ce qui lui valut, à la demande du général Moreau, de recevoir, le 6 mars 1801, les épaulettes de général de brigade des mains de Bonaparte.

Guerres de l’Empire[modifier | modifier le code]

Statue du général Lamarque sur la Butte de Morlanne à Saint-Sever. Œuvre réalisée en 1896 par Félix Soulès (1857-1904).

Il participe par la suite aux campagnes de l'armée impériale, se distinguant en particulier à Austerlitz où il commande une brigade du 7e corps du maréchal Augereau. Il quitte alors la Grande Armée pour suivre, avec le maréchal Masséna, Joseph Bonaparte en Italie, et il participe au siège de Gaëte. Installé sur le trône de Naples, Joseph, le 6 décembre 1807, nomme Jean Maximilien Lamarque son chef d’état-major, avec rang de général de division.

Lorsque le maréchal Murat, grand-duc de Berg et de Clèves, succède à son beau-frère au royaume de Naples, Jean Maximilien Lamarque se charge le 18 décembre 1808 de prendre l'île de Capri, dont la garnison anglaise aux ordres d'Hudson Lowe, le futur geôlier de l'Empereur à Sainte-Hélène, narguait la présence française — le drapeau britannique étant visible des fenêtres même du palais royal. Ce fut vu comme l'une des plus belles actions des guerres impériales, demandant courage, audace et intelligence. De par sa configuration naturelle, l'île semblait imprenable ; entourée de rochers à pic couronnés par les défenses ennemies fortement armées d'artillerie, on ne pouvait l'investir que par escalade et sous le feu nourri d'une garnison nombreuse. Lamarque en entreprit l'escalade à la tête de ses hommes, faisant enlever les échelles et retirer les navires pour ôter toute possibilité de repli ; il ne restait donc plus aux Français qu'à se faire décimer sur place ou à vaincre, et c'est baïonnette au canon qu'ils réussirent après plusieurs tentatives à enfoncer les défenses anglaises, imposant à l'ennemi une capitulation laissant aux mains des troupes françaises magasins, munitions et ateliers. Rendant hommage à la valeur de ses adversaires, le général Lamarque accorda la liberté aux Anglais qui quittèrent l'île sans armes ni bagages.

Le général Lamarque quitte le royaume de Naples pour rejoindre dès 1809, avec sa division, l'armée du prince Eugène de Beauharnais en Italie du Nord. Il investit Leybach où il fait 4 000 prisonniers et prend 65 pièces d'artillerie, puis rejoint la Grande Armée à Lobau, et participe brillamment à la bataille de Wagram où, dans le feu de l'action, il a quatre chevaux tués sous lui.

Il est nommé baron d'Empire par lettres patentes délivrées le 4 juin 1810.

Par la suite l'affaire d'Espagne mobilisant les forces françaises, Jean Maximilien Lamarque se retrouve donc aux côtés du roi Joseph et, le 8 février 1812, remporte avec sa division la bataille d'Altafulla.

Restauration et Cent-Jours[modifier | modifier le code]

Lors de la première Restauration, le général Lamarque se rallie, sans enthousiasme, aux Bourbons, mais, fasciné par la personnalité de l'Empereur, il le suit durant les Cent jours, chargé de pacifier la Vendée qui s'était à nouveau insurgée dès l'annonce du retour de l'île d'Elbe. Le général Lamarque réussit parfaitement sa mission et désarme les insurgés, à telle enseigne que leurs chefs lui proposèrent, après la signature de la paix de Cholet, de servir « sous ses ordres, comme Français, pour empêcher toute tentative des puissances étrangères qui auraient pour but de démembrer la France ».

La carrière militaire du général Lamarque s'arrête à la chute de l'Empire. Proscrit sous la seconde Restauration, il ne regagne la France qu'à la suite de l'ordonnance royale du 20 octobre 1818. Maintenu en disponibilité, il est mis à la retraite par Charles X, le 30 juin 1830. En récompense de ses services passés, mais peut-être aussi de son opposition au pouvoir de la Restauration, Louis-Philippe, nouveau roi des Français, l'élève, le 21 août 1830, à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur.

Sa vie politique : de bonapartiste à libéral[modifier | modifier le code]

Jean Maximilien Lamarque
Fonctions
Parlementaire français
Député
22 décembre 18281er juin 1832
Groupe politique Restauration:
Libéral (gauche)

Monarchie de Juillet:
Républicain (gauche)
Biographie
Résidence Landes

Jean Maximilien Lamarque fut également écrivain et député, opposant libéral au gouvernement de la Restauration.

Durant son exil en Belgique d'abord puis en Hollande, il s'adonne à la littérature en traduisant en vers les poèmes d'Ossian, de James Macpherson que sa famille fit plus tard éditer. Dans la préface, il dépeint les mœurs des Calédoniens et étudie leur littérature, et la traduction de ces cinq chants d'Ossian dénote d'une grande culture et d'un romantisme éclairé. Établissant des comparaisons avec Virgile, Le Tasse, Milton voire Voltaire, Lamarque fait également un parallèle avec Homère qu'il connaît parfaitement.

De retour en France lorsque Louis-Philippe Ier prend le pouvoir, le général Lamarque, se passionne pour l'agriculture, et met à profit la fortune qu'il a gagnée pendant la Révolution pour acheter métairies, moulins et terres diverses, pensant, comme il le dit lui-même aider par ses travaux d'agronome à « humaniser » le sol aride de la Lande. En bon disciple des physiocrates, il étudie le moyen d'améliorer la condition des ruraux en préconisant l'amendement des terres, le système de l'assolement et en donnant au maïs une place de choix. Pressenti pour entrer à la Société d’agriculture des Landes, il y est reçu le 8 juillet 1827, et décrit dans son discours de réception ses efforts et ses tentatives en matière d'agronomie. Parallèlement et bien qu'il critiquât la bourgeoisie industrielle de son époque qu'il considérait à tort ou à raison comme repoussant avec mépris et obstination tout ce qui n'était pas productif de richesses immédiates, Jean Maximilien Lamarque étend sa réflexion et publie en 1825 un mémoire sur Les avantages d'un canal de navigation parallèle à l'Adour permettant en quelque sorte de désenclaver le Piémont pyrénéen et les territoires formant la haute vallée de la Garonne et le bassin de l'Adour. Ce ne fut certes qu'une simple spéculation intellectuelle sans suite pratique, mais qui a néanmoins eu le mérite de poser le problème de l'ouverture de ces régions à une économie de libre-échange avec l'extérieur voire l'étranger par le port de Bayonne.

À côté de ces considérations économiques, il se peut également que ce mémoire, en souvenir des problèmes posés par la guerre d'Espagne à laquelle Lamarque avait pris part durant de longues années de façon active, ne soit pas entièrement dénué d'arrière-pensées militaires et stratégiques.

Sans commandement militaire depuis 1815 et retiré à Saint-Sever, Jean Maximilien Lamarque s'intéressa à la politique, trouvant dans cette activité un exutoire à son inaction forcée. Opposant systématique, depuis son retour d'exil, à la branche aînée des Bourbons à qui il reprochait un pacifisme avilissant à ses yeux, et par fidélité également à l’Empire dont il pensait une restauration toujours possible en la personne du roi de Rome il se présenta dès 1820 aux suffrages de ses concitoyens mais ne rencontra tout d'abord que des échecs, tant dans le collège électoral de Saint-Sever que dans celui de Mont-de-Marsan. Il lui fallut attendre juillet 1828 et le décès du marquis Du Lyon, ancien maire de Mont-de-Marsan, pour que des élections partielles lui permissent d'être député en battant le 23 décembre 1828, le baron de Poyferré de Cère. Il est réélu par le collège électoral de Mont-de-Marsan le 23 juin 1830, contre le baron d'Haussez, après que le ministre Polignac a dissous la Chambre le 16 mai.

Il rallie la monarchie de Juillet grâce à laquelle il espère voir s'installer un véritable régime libéral, tout en continuant cependant à déplorer un pacifisme qu'il considère toujours comme incompatible avec la grandeur de la France. S’il continue à siéger à la gauche de la Chambre, il n'en reste pas moins un homme du juste milieu, considérant que les vrais libéraux sont à la fois la cible des ultras, nostalgiques de l'Ancien Régime, et des extrémistes qui veulent 1793[citation nécessaire].

Fin de sa vie[modifier | modifier le code]

Lamarque est mort du choléra le 1er juin 1832.

Ses obsèques furent prétexte à l’insurrection républicaine de 1832 (qui servit d'arrière plan à une partie des Misérables de Victor Hugo[2]), réprimée par la troupe.

En effet, Lamarque était devenu un symbole populaire, d'une part du fait de sa renommée d'ancien officier et d'homme politique "à principes" issu de la Révolution et de l'ère napoléonienne, et d'autre part du fait de son engagement républicain. Il était respecté pour ses facultés d'action: C'était un député de gauche populaire[3] ainsi qu'un des chefs républicains[4].

Ainsi, les partisans républicains acceptèrent mal que les derniers honneurs soient rendus à ce fervent républicain par des royalistes légitimistes; ils prirent cela comme une forme de récupération. L'ampleur de l'insurrection fut telle que Louis-Philippe aurait même envisagé de quitter Paris.

Épilogue curieux pour une vie faite certes de contrastes, mais qui termine néanmoins sa course là où elle avait commencé, dans la chapelle familiale d'Eyres-Moncube, édifiée sur cette terre de Chalosse qui était la sienne.

Avis de Napoléon[modifier | modifier le code]

Monument funéraire du général Lamarque, à Eyres-Moncube

« Les généraux qui semblaient devoir s'élever étaient Gérard, Clausel, Foy, Lamarque, etc. C'était mes nouveaux maréchaux. »

« Lors des dernières insurrections de la Vendée, le général Lamarque que j'y avais envoyé au fort de la crise, y fit des merveilles et surpassa mes espérances. »

« Fût-ce, de la part de Lamarque, ignorance du véritable état des choses, ou pure fantaisie du vainqueur ? toutefois, le voilà dans l'exil : il est au nombre des trente-huit. C'est qu'il est plus facile de proscrire que de vaincre. » (Napoléon à Sainte-Hélène.)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Les papiers personnels de Jean Maximilien Lamarque sont conservés aux Archives nationales sous la cote 566AP[5]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Almanach impérial, Testu,‎ 1811 (lire en ligne)
  2. Gavroche meurt, près de la barricade de la rue de la Chanvrerie, pendant cette insurrection républicaine
  3. Lamarque est qualifié de "député de gauche populaire" dans l'article Encyclopedia Universalis "Monarchie de Juillet"
  4. Lamarque est qualifié de "chef républicain" dans l'article Encyclopedia Universalis "Rue du Cloître Saint-Merri"
  5. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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