Victor Jacquemont

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Victor Jacquemont.

Venceslas Victor Jacquemont, né à Paris le 8 août 1801 et mort à Bombay le 8 décembre 1832, est un naturaliste et explorateur français.

Victor est le plus jeune des quatre enfants de Frédéric-François-Wenceslas Jacquemont de Moreau (1757-1836) et de Rose Laisné[1] . Ce dernier dut renoncer à son titre de noblesse après la nuit du 4 août. Il fut membre du Tribunat avant de devenir directeur général de l'instruction publique. Son engagement républicain et sa participation à la conspiration du général Claude François de Malet contre Napoléon lui valurent d'être emprisonné et banni par l'empereur. Il transmit à son fils Victor son esprit aventurier, sa curiosité et sa vivacité d'esprit, son goût pour la justice ainsi que sa passion pour la lecture et les idées des Lumières. Il lui offrit de solides études au lycée impérial, aujourd'hui lycée Louis-le-Grand et au Collège de France.

Bachelier en 1822 avec Georges Cuvier comme président de jury, Victor Jacquemont mène en parallèle des études de médecine, de géologie et de botanique avec René Desfontaines, auteur de L’Herbier du Muséum d’Histoire naturelle de Paris et professeur de botanique de renom à l'époque. Avec ses amis Adrien de Jussieu et Adolphe Brongniart, il fonde la Société Naturaliste de Paris. Son implication le mène à faire des voyages d'exploration botanique en région parisienne, dans le midi, dans le nord de la France, en Belgique, dans les Cévennes et dans les Alpes en compagnie de son ami Hippolyte Jaubert[2] , dont la mère, née Cheminade, était originaire de Grenoble. Près de cette ville, dans le petit village minier de Pinsot, Victor Jacquemont fera la connaissance du maître de forges Achille Chaper avec qui il entretiendra jusqu'à sa mort une chaleureuse correspondance[3]. Il suit par la suite une formation particulière au Muséum d'histoire naturelle avec le minéralogiste Alexandre Brongniart, le paléontologue Geoffroy Saint-Hilaire, et le grand Georges Cuvier.

Travailleur acharné le jour, cet amateur de musique fréquente les salons la nuit. C'est ainsi qu'il se lie d'amitié profonde avec Stendhal qui lui soumettait ses écrits avant impression, et avec Prosper Mérimée[1]. Il y croise Alexandre Dumas et fait la connaissance d'Adélaïde Schiassetti, célèbre cantatrice italienne de l'époque dont il tombe éperdument amoureux et qui semble plus proche de son ami Stendhal. En automne 1826, pour combattre son désespoir, Victor fait d'abord un premier voyage d'exploration en Amérique du Nord avec une recommandation du marquis de La Fayette, un ami proche de la famille qui l'introduit dans la société américaine.

Après une première exploration de l'Amérique, il séjourne chez son frère Frédéric à Haïti. Il y rencontre le professeur Cordier qui lui transmet la proposition des administrateurs du Jardin des Plantes du voyage en Inde. Victor accepte et regagne Paris pour préparer ce voyage qui le rendra célèbre. Il se rend à Londres, contacte la Compagnie des Indes et s'intègre dans la bonne société londonienne. Il obtient facilement les autorisations nécessaires à son voyage auprès de la Compagnie des Indes à Londres. Il regagne la France pour embarquer à Brest le 26 août 1828 à bord de La Zélée. Après une traversée de 8 mois, il fait escale au Cap où il rencontre le capitaine Jules Dumont d'Urville (1790-1842) qui rentre de son premier tour du monde après un long séjour en Polynésie et le naufrage de La Pérouse.

Victor accoste l'île Bourbon en janvier. Il séjourne chez un riche colon à qui il a été recommandé par son amie madame Ramond. Il s'offusque contre la barbarie de l'esclavage qui y est pratiquée par la bourgeoisie créole. Un violent cyclone s'abat sur l'île les 10 et 11 février 1829 détruisant toutes les récoltes, engloutissant dans les flots ou brisant sur les côtes plus de vingt navires. La Zélée est malmené mais reste à flot. Des réparations importantes le clouent à quai laissant à Victor le temps d'apprécier les beautés de l'île Bourbon.

Les réparations terminées, Victor poursuit sa mission et embarque pour le Pondichéry, puis pour Calcutta où il arrive en mai 1829. Il travaille en Inde durant trois ans et demi et pousse jusqu’au centre de l’Himalaya. Il visite Amber, rencontre l’empereur sikh Ranjît Singh (1780-1839) dans sa capitale de Lahore et visite le royaume de Ladakh et Bardhaman. Se sachant très malade, il prépare soigneusement l'expédition de son travail au Muséum d’Histoire Naturelle de Paris. Il est hospitalisé à l'hôpital militaire de Bombay où lui est diagnostiqué une infection amibienne du foie. Il s'éteint le 7 novembre 1832, à l'âge de 31 ans, après avoir écrit ses dernières volontés et fait ses adieux à son frère Porphyre, et à son père.

Durant l'été 1833, des caisses contenant 5800 pièces d’herbier, un catalogue avec une description précise de nombreux échantillons de roches, des animaux naturalisés parviennent au Muséum. Ses amis comme Adrien de Jussieu et surtout Prosper Mérimée qui débute en politique et dans le journalisme, s'évertuent à faire connaître son travail. Fidèle à la mémoire de son ami, Prosper Mérimée édite son journal de bord et ses correspondances avec sa famille et ses amis[4] .

L'herbier de Victor Jacquemont est intégré à celui de Desfontaines. Ses très riches collections sont étudiées par Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (1805-1861), Henri Milne-Edwards (1800-1885), Émile Blanchard (1819-1900), Achille Valenciennes (1794-1865), Jacques Cambessèdes (1799-1863) et Joseph Decaisne (1807-1882). Ces naturalistes lui dédient plusieurs espèces comme les plantes Betula jacquemontii, Corylus jacquemontii, Prunus jacquemontii ainsi que l'arisème Arisaema jacquemontii.

En 1881, La France décide le rapatriement des restes de Victor Jacquemont. Il est exhumé de Bombay et inhumé dans une crypte, près de la Galerie de Zoologie du Muséum d’Histoire naturelle de Paris. Une statue lui a été élevée sur la façade sud de l’hôtel de ville de Paris parmi les grands personnages qui font la fierté de la France. Une rue de Paris reliant l'avenue de Clichy à la rue Lemercier (17e arrondissement) porte son nom ainsi qu'une place dans la ville de Tours. Son buste est érigé au square Boucher-Cadart à Hesdin, la ville berceau de sa famille.

Source[modifier | modifier le code]

  • Correspondance de Victor Jacquemont à sa famille et plusieurs de ses amis, tome premier, par Victor Jacquemont, publié par H. Dumont, 1836.
  • Victor Jacquemont "Letters to Achille Chaper " présentation et notes de J.F. Marshall - The American Philosophical Society - Philadelphia 1960 -
  • Benoît Dayrat (2003). Les Botanistes et la Flore de France, trois siècles de découvertes. Publications scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle : 690 p.
  • Article de Jardins de France, la revue de la Société nationale d’horticulture de France (octobre 2000).
  • Ce texte utilise des extraits de l'article de langue anglaise de Wikipédia (version du 28 janvier 2006).
  • Mes Mémoires d'Alexandre Dumas.
  • François Bronner, La Schiassetti. Jacquemont, Rossini, Stendhal… Une saison parisienne au Théâtre-Italien. 1824-1826, Éditions Hermann, 2011.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) « Généalogie », sur gw1.geneanet.org (consulté le 20 janvier 2011 )
  2. « Notes sur Victor Jacquemont. », sur www.persee.fr (consulté le 20 janvier 2011 )
  3. Victor Jacquemont : "Letters to Achille Chaper" présentation et notes de J.F. Marshall - The American Philosophical Society - Philadelphia - 1960 -
  4. « Communication : Victor Jacquemont (1801-1832), naturaliste en Inde, voyageur, ethnologue », sur cths.fr (consulté le 28 janvier 2011 )

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Maes, Un ami de Stendhal - Victor Jacquemont, Desclée de Brouwer et Cie, Paris
  • Georges Salamand "Ciel et fer - les amis romantiques des Sept-Laux- Victor Jacquemont et Achille Chaper" éditions du Fond-de-France 2005


Jacquem. est l’abréviation botanique officielle de Victor Jacquemont.
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