Antonin Nompar de Caumont

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Antonin Nompar de Caumont
Duc de Lauzun
Antonin Nompar de Caumont, duc de Lauzun
Antonin Nompar de Caumont, duc de Lauzun

Décès (à 90 ans)
Origine Français
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Grade Lieutenant général des armées
Commandement Régiment Royal dragons
Colonel général des dragons
Capitaine des Gardes du corps du Roi
Distinctions Ordre de la Jarretière
Autres fonctions Gouverneur du Berry
Famille Maison de Caumont

Antonin Nompar de Caumont, premier duc de Lauzun (1692), marquis de Puyguilhem, comte de Saint-Fargeau, né en 1633 à Lauzun (Lot-et-Garonne) et mort en 1723, est un militaire, gentilhomme et courtisan français du XVIIe siècle. Il est capitaine des Gardes du corps du Roi et colonel général des dragons.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Gabriel Nompar de Caumont, comte de Lauzun et de Charlotte de Caumont La Force, fille d'Henri-Nompar de Caumont, duc de La Force (en)[1].

Il est envoyé par son père auprès de son cousin le maréchal de Gramont qui le fait inscrire dans une des nombreuses académies militaires de Paris comme simple cadet de Gascogne[2].

Il devient rapidement le favori de Louis XIV, qui l'avait remarqué chez la comtesse de Soissons pour sa liberté d'esprit et son insolence et le nomme successivement gouverneur du Berry, maréchal de camp et colonel général des dragons. Établi à la cour galante, les méchantes langues affirment qu'il entretient une liaison avec sa cousine Catherine Charlotte de Gramont, épouse de Louis Ier de Monaco[3]. Capitaine au régiment de Gramont, Turenne le fait nommer colonel-lieutenant du régiment de dragons étrangers du roi à partir du 23 janvier 1658 puis capitaine de la maison des gentilshommes de la maison du roi au bec de corbin. En 1669, le Roi promet à Lauzun la charge de Grand maître de l'artillerie de France, mais Lauzun a la maladresse de se vanter de cette promesse. Louis XIV la révoque. Selon les Mémoires du duc de Saint-Simon, Lauzun a l'audace inconcevable de se glisser sous le lit de madame de Montespan et du Roi pour apprendre les causes de ce revirement. Lauzun comprend que madame de Montespan l'a trahi et lors de leur rencontre suivante, la traite de « pute à chien »[4]. S'ensuit une scène épouvantable, où Lauzun brise son épée devant le roi qui jette lui-même sa canne par la fenêtre pour ne pas frapper un gentilhomme[5]. Cet épisode vaut à Lauzun de séjourner quelques jours à la Bastille. De retour à la Cour, il retrouve la faveur du roi qui le nomme capitaine de la première compagnie des gardes du corps du roi. Créé Lieutenant général des armées en 1670, il commande l'armée qui accompagne le roi en Flandre[6].

Séducteur invétéré, connu sous le surnom de Puyguilhem (ou Péguilin, prononciation à la Cour de France), Lauzun accumule les conquêtes féminines. Mlle de Montpensier (la Grande Mademoiselle, cousine du roi) le demande en mariage. Louis XIV y consent mais, sans doute sur les représentations de la reine Marie-Thérèse et des princes du sang, se ravise après trois jours (1670)[7].

Peu après, le , Lauzun est arrêté dans chambre du château de Saint-Germain sur ordre du roi par M. de Rochefort, capitaine des gardes du corps de service, accompagné par Louis de Forbin, major-général des compagnies de gardes du corps. Les historiens ne sont pas certains des raisons de son arrestation : soit parce qu'il avait épousé secrètement Mlle de Montpensier, soit sur l'intervention de Mme de Montespan sur qui il avait tenu des propos outrageants. Il est alors conduit et emprisonné à Pignerol par d'Artagnan escorté de cent mousquetaires. Là, il retrouve Nicolas Fouquet, sous la garde de Bénigne Dauvergne de Saint-Mars. Il y demeure jusqu'en 1681. Mlle de Montpensier obtient sa libération contre la promesse de céder au duc du Maine, bâtard légitimé de Louis XIV, le comté d'Eu et la principauté de Dombes. Il est probable que les deux amants se marièrent, mais ils se séparèrent dès 1684[8].

Après la Glorieuse Révolution anglaise de 1688, c'est à Lauzun qu'incombe la mission de ramener à Saint-Germain-en-Laye la famille du roi Jacques II Stuart, qui le décore de l'ordre de la Jarretière. En 1689-1690, il commande l'infructueuse expédition d'Irlande qui tenta de le rétablir sur son trône. Il retrouve la Cour de France qui s'est rigidifiée et est logé au château de Versailles[9].

En 1692, il est nommé duc de Lauzun. Trois ans après, en 1695, il épouse une belle sœur de Saint-Simon, Geneviève-Marie de Durfort dite « Mlle de Quintin », fille du duc de Lorges et nièce du duc de Duras, âgée de 15 ans[10].

Il s'éteint à 90 ans, sans descendance, le .

Littérature[modifier | modifier le code]

Jules Barbey d'Aurevilly lui accorde les dernières pages de son essai Du dandysme et de George Brummell, et le cite comme « un dandy d'avant les dandies », et relate sa relation avec Mlle de Montpensier, en analysant ses Mémoires. Mme de Sévigné le cite dans sa Correspondance, notamment en 1670-1671 au moment de son mariage manqué avec Mademoiselle (lettre à Coulanges du 15 décembre 1670) et surtout lors de son arrestation en décembre 1671 : « Mais que dites-vous de M. de Lauzun ? Vous souvient-il quelle sorte de bruit il faisait il y a un an ? Qui nous eût dit : “Dans un an il sera prisonnier”, l'eussions-nous cru ? Vanité des vanités ! et tout est vanité ».

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Nompar de Caumont de La Force, Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de la Force, maréchal de France, et de ses deux fils, les marquis de Montpouillan et de Castelnaut, Charpentier,‎ 1843, p. 63
  2. Georges Poisson, Monsieur de Saint-Simon, Nouveau monde éditions,‎ 2007, p. 27
  3. Philippe Delorme, « Monaco et les princes de Grimaldi », émission Secrets d'histoire sur France 2, 11 septembre 2012
  4. Gérard Boutet, Les Histoires qu'on raconte par ici, Boutet,‎ 1975, p. 11
  5. Stéphanie Félicité, Le duc de Lauzun, H. Colburn,‎ 1808, p. 145
  6. Sapin-Lignières, Les troupes légères de l'Ancien Régime, Presses saltusiennes,‎ 1979, p. 238
  7. Paul Reboux, Le Duc de Lauzun, bourreau des cœurs, Sfelt,‎ 1947, 218 p.
  8. Thierry Sarmant, Louis XIV : Homme et roi, Tallandier,‎ 2012, p. 137
  9. Louis de Rouvroy duc de Saint-Simon, Louis XIV et sa cour, Éditions Complexe,‎ 2005, p. 512
  10. Jacques Roujon, Le duc de Saint-Simon : 1675-1755, D. Wapler,‎ 1958, p. 55

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]