Jules Breton (peintre)

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Jules Breton (peintre)

Description de l'image  Jules Breton 001.jpg.
Naissance 1er mai 1827
Courrières, Pas-de-Calais
Décès 5 juillet 1906 (à 79 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de France Français
Activités Peintre et poète
Maîtres Félix de Vigne
Élèves Virginie Demont-Breton
Adrien Demont
Émile Breton

Jules Aldolphe Aimé Louis Breton, né à Courrières (Pas-de-Calais) le 1er mai 1827 et mort à Paris le 5 juillet 1906, est un peintre et poète français.

Plantation d'un calvaire, 1858, Palais des beaux-arts de Lille, Lille
Le Rappel des glaneuses, 1859, Musée d'Orsay, Paris
À Travers champs, 1887, Brooklyn Museum, Brooklyn
Son frère, Émile Breton, peintre également, fut son élève.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Marie-Louis Breton, est maire de Courrières. Sa mère meurt alors qu'il n’a que quatre ans. Il étudie tout d'abord au collège Saint-Bertin à Saint-Omer où il est pensionnaire, puis au lycée impérial de Douai[1]. Il fait son apprentissage auprès de Félix de Vigne à Gand et de Gustave Wappers à Anvers en Belgique, puis poursuit sa formation à Paris en suivant les cours d’Ingres et d’Horace Vernet. Il se marie en 1858 avec Élodie de Vigne, la fille de Félix de Vigne. Le couple a un enfant unique, Virginie Demont-Breton, qui naît en 1859 et qui suivra les traces de son père en devenant elle-même peintre. Elle épousera le peintre Adrien Demont. Jules Breton est l'oncle de Jules-Louis Breton (1872-1940), député et sénateur du Cher, socialiste puis républicain-socialiste, ministre en 1916-1917 et 1920-1921, fondateur du Salon des arts ménagers (1923).

Il est inhumé à Paris au cimetière du Montparnasse non loin de son ami Leconte de Lisle.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

De formation académique, réaliste, puis naturaliste, Jules Breton fut l’un des premiers peintres paysans.

Loin des audaces sociales d’un Courbet ou du réalisme poétique teinté de pessimisme de Millet, son art prend naissance vers 1848, période de forts bouleversements sociaux et politiques. La montée de l'industrialisation provoque un exode des campagnes vers les villes et suscite chez les intellectuels, les artistes, une prise de conscience du peuple dans sa vie ordinaire.

Il est de ceux qui abandonnent l'idée de la beauté venue de l’âge classique, pour une conception où le vrai est associé au laid pour peindre les hommes et les femmes de son pays natal dans leurs travaux journaliers, recherchant au travers d'un réalisme moralisant à idéaliser ce monde paysan dans sa quotidienneté qu’il affectionnait tant.

Élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1886, il fut très populaire de son temps, consacré officiellement, obtint médailles, décorations et achats de l'État pour le musée du Luxembourg. Il est aujourd'hui très présent aux États-Unis où ses peintures de glaneuses sur fond de crépuscule doré sont très recherchées.

Poète et écrivain[modifier | modifier le code]

Il est aussi un écrivain connu en son temps. Il publie plusieurs recueils de poèmes et des ouvrages sur la vie de peintres qu'il connaît. Il est encouragé par son ami José-Maria de Heredia, par Victor Hugo, Eugène Fromentin et Anatole France. Il est la cible de critiques acerbes de la part de Baudelaire et d'Émile Zola. Vincent van Gogh l’évoque élogieusement dans ses lettres à son frère Théo Van Gogh[2]. Le peintre Paul Chabas (1869-1937) l'immortalise aux côtes des poètes du Parnasse (Leconte de Lisle, Heredia, Paul Bourget, ou Sully-Prudhomme, entre autres) dans une vaste composition peinte en 1895, Chez Alphonse Lemerre, à Ville D'Avray et commandée par l'éditeur parisien.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Peintures[modifier | modifier le code]

  • La Bénédiction des blés en Artois, huile sur toile, 1857 ; Musée des beaux-arts d'Arras
  • Le Rappel des glaneuses, huile sur toile, 1859, Musée d'Orsay, Paris
  • Le Bedeau de Kerlaz, huile sur toile, 1868, Musée des beaux-arts de Quimper
  • Une Fille de pêcheur ou Raccommodeuse de filet, huile sur toile, 1876. Volé en 1918 au Musée de Douai et rendu en 2011[3].
  • La Glaneuse, huile sur toile, 1877, Musée des beaux-arts d'Arras
  • Pardon de Kergoat, huile sur toile, 1891, Musée des beaux-arts de Quimper
  • À la Fontaine, huile sur toile, 1892, Musée des beaux-arts de Quimper[4]
  • Plantation d'un calvaire (1858), huile sur toile, 135 × 250 cm, Palais des beaux-arts, Lille
  • Femme assise dans un pré, huile sur bois, 35 × 29,2 cm. Musée d'Évreux
  • Paysage maritime (Esquisse), huile sur toile, signé en bas à gauche Jules Breton, 24 × 32 cm (sans cadre). Musée d'Évreux.
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Publications[modifier | modifier le code]

  • Les Champs et la mer, poèmes, 1875
  • Jeanne, poème, 1880
  • Œuvres poétiques de Jules Breton (1867-1886), 1887 Texte en ligne
  • La Vie d'un artiste. Art et nature, 1890
  • Un peintre paysan. Souvenirs et impressions : Aube et crépuscule. Paysages et campagnards. Art et artistes. De la suprématie de l'école française, 1895
  • Savarette, 1898
  • L'Art et les artistes. Nos peintres du siècle, 1899
  • Delphine Bernard, la femme et l'artiste, 1902
  • La Peinture : les lois essentielles, les moyens et le but, le beau et la divine comédie des arts entre eux. L'Odyssée de la muse, conte historique, 1904

Hommages[modifier | modifier le code]

Depuis 1912, la rue Jules-Breton dans le 13e arrondissement de Paris porte son nom.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Annette Bourrut Lacouture, Jules Breton : La chanson des blés, Somogy Éditions, 2002

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Annuaire 1933-1934 de l'Association des Anciens Élèves du Lycée de Douai - Imprimerie Lefebvre-Lévêque et Cie.
  2. Lettres de Vincent Van Gogh
  3. Musenor, site de l'Association des Conservateurs des musées du Nord-Pas de Calais [1]
  4. http://www.mbaq.fr/musee-collections/peinture-bretonne/oeuvre/o/a-la-fontaine/

Liens externes[modifier | modifier le code]

Le Chant de l’Alouette, 1884, Institut d'art de Chicago

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