André Theuriet
Claude-Adhémar-André Theuriet, né à Marly-le-Roi le 8 octobre 1833 et mort à Bourg-la-Reine le 23 avril 1907, âgé de 76 ans, est un poète, romancier et auteur dramatique français.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Il voit le jour à Marly-le-Roi, d'un père bourguignon et d'une mère lorraine de Bar-le-Duc. En 1838, il a cinq ans, son père est nommé receveur des Domaines à Bar-le-Duc, toute la famille déménage. Il passe beaucoup de temps avec sa grand-mère qui lui apprend à lire. Un de ses grands plasirs d' enfant est de rendre visite à une grande tante un peu fofolle qui se déguise avec des rideaux, et qui déclame des vers.
Il est inscrit à la bibliothèque de la ville et ses préférences vont à Mérimée, Vigny, Balzac et Musset. Il fait son entrée en 1843 au Collège Gilles de Trèves. Il est à Civray en 1849, bachelier ès lettres le 19 juillet 1851, il s'inscrit à la faculté de droit et participe au Concours de l'Académie, en 1853, en présentant un poème de 400 vers, sur l'Acropole et qui est fort remarqué. Quelques mois après il fait la connaissance de la fille du sous-préfet de Civray qui malheureusement décédera en 1855 de ce qu'on nommait une angine de poitrine. Après avoir fait ses études à Bar-le-Duc: Bachelier en droit le 28 novembre 1855 il est employé à la Direction des Domaines à Auberive (Haute-Marne de 1856 à 1859, au poste de Sunuméraire de l'enregistrement et des domaines; à Tours de 1859 à 1863, puis à Amiens, avant de devenir chef de bureau à l'enregistrement en 1863, au ministère des finances[1]. Il commence à publier des poèmes et des nouvelles à la Revue des Deux Mondes. Il fait en 1859, la connaissance de celui qui allait être son meilleur ami: Camille Fistié.
A la guerre de 1870, il est au 19e bataillon de la 2e compagnie de la Garde nationale de la Seine. En 1871, il participe à la Bataille de Buzenval. Il fera cette même année la rencontre d'Hélène Narat , sa future épouse.
En 1872, son drame, Jean-Marie, est représenté au Théâtre de l'Odéon.
En 1880, il épouse Hélène Narat veuve du peintre portraitiste Gabriel Lefebvre[1]. En 1893,il vend son appartement du 30 rue Bonaparte à Paris et achète une maison au 14 rue Houdan à Bourg-la-Reine qu'il nomme Bois-Fleuri, en souvenir de son roman Boisfleury[1].
Élu au conseil municipal de la ville en 1894, il en devient maire le 14 avril au décès de M. Jallon[1]. Il fait réaliser deux grands tableaux par le peintre Menu, pour orner la salle des mariages. Il démissionne de sa charge le 17 février 1900[1]. Il est élu membre de l'Académie française le 10 décembre 1896, au fauteuil d'Alexandre Dumas fils[2], et il y est reçu par l'écrivain Paul Bourget. Le conseil municipal de Bourg-la-Reine fait réaliser à Pierre-Adrien Dalpayrat deux belles assiettes en porcelaine qui lui sont offertes. Son épouse meurt le 2 septembre 1901, âgée de 61 ans.
André Theuriet est un écrivain qui chante les terroirs, les forêts, les petites villes bourgeoises avec une étonnante facilité à communier avec tous les pays où le mène sa profession. Ainsi, en Lorraine, en Argonne, en Haute-Marne et dans le Poitou, on le considère comme un du pays.
Il publie de nombreux romans sur Bar-le-Duc, le pays d'Auberive, la Touraine et le Poitou, la Savoie — il séjourna plusieurs étés à Talloires[3], sur les bords du Lac d'Annecy — et l'Argonne. L'intrigue de ses romans est souvent conventionnelle et les personnages incarnent tous les grands sentiments de l'époque, parfois d'une façon stéréotypée. Mais son œuvre laisse un témoignage précis et fidèle de la vie quotidienne dans les villes et villages de province où les passions semblent magnifiées par les paysages où elles naissent et le lyrisme de l'auteur.
Atteint d'un cancer du colon, il s'éteint le 23 avril 1907. Il est inhumé au cimetière de Bourg-la-Reine.
Œuvres [modifier]
- Poésie
- Le Chemin des bois, poèmes et poésies (1867) 1er recueil couronné par l'Académie Française
- Le legs d'une Lorraine (1871)
- Le Bleu et le noir, poèmes de la vie réelle (1873)
- Le Livre de la payse, nouvelles poésies (1883)
- Nos Oiseaux (1886)
- Carillons de Noël en hommage à Léon Lhermite (année non communiquée)
- La Ronde des saisons et des mois (1882)
- Jardin d'automne (1894)
- Contes pour les Soirs d'Hiver
- Romans et nouvelles
- "Bigarreau" (date de publication non précisée), suivi de "La Pamplina" - "Marie-Ange" - "L'oreille d'Ours" - "La Saint-Nicolas", chez Alphonse Lemerre, Paris
Mademoiselle Guignon (1874)
- Le Mariage de Gérard (1875)
- Raymonde, le Don Juan de Vireloup (1877)
- Sous bois, impressions d'un forestier (1878)
- Le Fils Maugars (1879)
- La Maison des deux Barbeaux (1879)
- Sauvageonne (1880)
- Les enchantements de la forêt (1881)
- Madame Heurteloup (1882)
- Le Livre de la Payse (1883)
- Le Secret de Gertrude (1883)
- Michel Verneuil (1883)
- Tante Aurélie (1884)
- Eusèbe Lombard (1885)
- Péché mortel (1885)
- Contes pour les jeunes et les vieux (1886)
- Moeurs d'employés (1887)
- La vie rustique (1887)
- L'affaire Froideville (1887)
- Contes de la vie de tous les jours. Les œillets de Kerlaz[4] (1887)
- Amour d'automne (1888)
- Contes de la forêt (1888)
- Contes de la vie intime (1888)
- Josette (1888)
- Contes pour les soirs d'hiver (1889)
- Deux sœurs (1889)
- L'amoureux de la préfète (1889)
- Le bracelet de turquoises (1890)
- L'oncle Scipion (1890)
- Reine des bois (1890)
- Charme dangereux (1891)
- L'Abbé Daniel (1893)
- La Chanoinesse 1789-1793 ("Bibliothèque des romans historiques") (1893)
- Contes forestiers (1894)
- Rose-Lise (1895)
- Coeurs meurtris (1896)
- Boisfleury (1897)
- Contes de la primevère (1897)
- Le Refuge (1898)
- Dorine (1899)
- Dans les Roses (1899) où il évoque les querelles entre ses concitoyens
- Frida (1899)
- Villa tranquille (1899)
- Claudette, contes et propos rustiques (1900)
- La petite dernière (1901)
- Le Manuscrit du chanoine (1902)
- La soeur de lait (1902)
- Histoires galantes et mélancoliques (1903)
- Les revenants (1904)
- Souvenirs des vertes saisons (1904)
- L'oncle Flo (1906)
- Colette (posthume, 1908)
- Préfaces
- Préface de 'Le Vieil Annecy' de C. PINET vers 1900
- Théâtre
- Jean-Marie, drame en 1 acte, en vers, Paris, théâtre de l'Odéon, 11 octobre 1871.
- La Maison des deux barbeaux, comédie en 3 actes (en collaboration avec Henri Lyon), Paris, Odéon-Théâtre de l'Europe, 4 février 1885.
- Raymonde, comédie en 3 actes, (en collaboration Eugène Morand), Paris, Comédie-Française, 28 mai 1887.
- Les Maugars, pièce en 4 actes (en collaboration avec Georges Loiseau), Paris, théâtre de l'Odéon, 1er octobre 1901.
Prix, récompenses [modifier]
- 1880 Prix Vitet avec Albert Delpit d'un montant de 6800fr
Distinction [modifier]
Hommages [modifier]
- Une rue porte son nom dans la ville de Metz, Clermont-Ferrand, Annecy, Saint-Dizier et de Bar-le-Duc où se trouve aussi un Collège à son nom, et à Civray, un lycée.
- Le9 novembre 1913, sa statue grandeur nature est inaugurée à Bourg-la-Reine, par le président de la République Raymond Poincaré, et de Léon Bérard sous secrétaire d'état aux Beaux-Arts, dans une rue portant son nom. Elle est due au sculpteur Charles Théodore Perron, qui demeurait également à Bourg-la-Reine, le fondeur est René Fulda à Paris.
Filiation [modifier]
Sans enfant, il laissa ses biens à ses amis Me et Mme Archambault, de Beaune qui vivaient avec le couple et qui s'occupèrent de lui après le décès de son épouse[5].
Notes et références [modifier]
- Xavier Lenormand, Histoire des rues de Bourg-la-Reine, p. 18
- André THEURIET (1833-1907), sur Académie française. Consulté le 14 juin 2009
- où il fréquentera le peintre Albert Besnard
- André Theuriet, Contes de la vie de tous les jours. Les œillets de Kerlaz, A. Lemerre, 1887, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k68818d/f5.image.r=Ploudaniel.langFR
- Philippe Chaplain, André Theuriet (1833-1907) dans: Les grands personnages au cimetière de Bourg-la-Reine, éd. Bibliothèque de l'Association Hiostorique de Bourg-la-Reine, n°:7, 2007, p.4/9.
Bibliographie [modifier]
- Notices d’autorité : Système universitaire de documentation • Bibliothèque nationale de France • Fichier d’autorité international virtuel • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
- Antoine Albalat, Souvenirs de la vie littéraire, Arthème Fayard et Cie éditeurs à Paris, 1921, 319 p.
- Jacques Bonnaure: André Theuriet de la Meuse à la Coupole, in Bulletin des Sociétés d'histoire et d'archéologie de la Meuse, no 38-39, p. 125-140.
- Emmanuel Besson, A la veille d'un centenaire: Souvenirs personnels sur André Theuriet (1/4) Le Domaine n°97 de novembre 1930, pages 438 à 455, (2/4), Le Domaine, n° 98-99 de décembre 1930/janvier 1931, pages 49 à 56, (3/4), Le Domaine n°100 de février 1931, pages 78 à 88, (4/4, Le Domaine n°497 de mars 1931, pages 113 à 122.
- Jean David, André Theuriet en Touraine, dans: Mémoires de l'Académie de Touraine, 2004, pp. 83 à 97.
- Théophile Gautier, Histoire du Romantisme , éd. Charpentier et Cie Libraires-éditeurs, Paris, 1874, 410 p.
- Maurice Guillemot, Villégiatures d'artistes, éd Ernest Flammarion, 1897, 260 p.
- Ernest Jungle, Profils parisiens, première série, éd. A. Melet, Paris, 1898, 212 p.
- Bernard Lazare, Figures contemporaines. Ceux d'aujourd'hui et ceux de demain, Libraires-éditeurs, Perrin et Cie , Paris, 1895, 281 p.
- Jules Lemaître, Les contemporains 5e série, H. Lecène & H. Oudin, Paris, 1892, 355 p.
- Jules Tellier, Les écrivains d'aujourd'hui -Nos poètes, éd. A. Dupret, Paris, 1888, 258 p.
- Paul Verlaine, Œuvres complètes t.V. éd. Librairie Léon Vanier, Paris, 1904, 486 p.
Liens externes [modifier]
- Textes en ligne sur Gallica
- Nouvelles en ligne sur la Bibliothèque électronique de Lisieux :
- Le Plat d'oronges (1888) ;
- Rosine (1888).
- Liste des œuvres d'André Theuriet
| Précédé par | André Theuriet | Suivi par | ||
|---|---|---|---|---|
| Alexandre Dumas fils |
|
Jean Richepin |
