Gaston Maspero

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Gaston Maspero
Égyptologue
Image illustrative de l'article Gaston Maspero
Gravure représentant Gaston Maspero
Pays de naissance Drapeau de la France France
Naissance 23 juin 1846
Paris
Décès 30 juin 1916 (à 70 ans)
Nationalité Française
Découvertes principales Cachette royale de Deir el-Bahari (40 momies royales)
Autres activités Directeur du musée de Boulaq, construction du musée égyptien du Caire, désensablement du Sphinx de Giza

Gaston Maspero (né le 23 juin 1846 à Paris et mort le 30 juin 1916) est un égyptologue français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Paris de parents provenant de Lombardie (dans le nord de l'Italie), il manifeste dès sa prime jeunesse des prédispositions pour les langues orientales et traduit le texte de la « stèle de Napata », rapportée par Auguste Mariette. Ce futur égyptologue part pour l'Uruguay et en revient en 1868 ; Emmanuel de Rougé confie à cet autodidacte de l’égyptologie un poste de répétiteur à l'École pratique des hautes études, qui venait d’être créée. Durant la guerre de 1870, estimant qu’il devait beaucoup à la France, il s’engage dans l'armée et prend la nationalité française.

Docteur ès lettres en 1873, après le décès d’Emmanuel de Rougé, il est élu titulaire à la chaire de philologie et antiquités égyptiennes du Collège de France, mais le ministère ne nomme Maspero que chargé de cours. En mars 1874, il est enfin titularisé. Envoyé en Égypte en 1880, il assiste Mariette, très affaibli par le diabète qui aura raison de lui, et prend la direction du Service des antiquités égyptiennes et du musée de Boulaq, sans la désirer véritablement.

Il découvre en 1880 les textes des pyramides, qui existaient bien, malgré l’intime conviction de son prédécesseur. L’année suivante, il commence sa carrière par un coup d’éclat : ayant appris que depuis quelques années des antiquités étaient proposées sur le marché, Maspero et ses collaborateurs remontent la filière jusqu’à deux frères du village de Gournah, Ahmed et Mohamed Abd el-Rassul. Ce dernier accepte finalement de dévoiler leur secret : en 1871, Ahmed et lui, recherchant une chèvre égarée, avaient découvert une ouverture creusée dans le roc ; en s’y glissant, Ahmed s'était trouvé face à ce qui représentait pour sa famille une véritable mine d’or, et, durant dix ans, ils avaient écoulé les antiquités qu’ils prélevaient de manière mesurée. Il s'agissait de la cachette royale de Deir el-Bahari.

Maspero voyage alors en Europe ; Brugsch, conservateur-adjoint du musée de Boulaq, se voit investi de la mission d’explorer cette caverne d’Ali Baba, proche de Deir el-Bahari. Lorsqu’il y pénètre, ce qu’il voit l’ébahit : une quarantaine de momies, dont certaines étaient celles de rois célèbres du Nouvel Empire, parmi lesquels Séthi Ier, Ramsès II, Ahmôsis Ier et Thoutmôsis II.

En quarante-huit heures, les corps et la plus grande partie des objets restants sont répertoriés par Brugsch, et ce précieux butin archéologique, chargé à bord d’un bateau, descend le Nil vers le musée de Boulaq.

Au début de 1886, Maspero entame les travaux de désensablement du Sphinx de Giza, tandis que quatre habitants de Gournah, fouillant à Deir el-Médineh, trouvent un puits d’accès à une tombe ; Maspero pénètre dans le tombeau de Sennedjem, un fonctionnaire ramesside. Les découvertes sont acheminées vers le musée de Boulaq, devenu bien trop exigu pour les richesses archéologiques qui s’y amoncelaient. Maspero avait déjà soumis un projet pour que le musée soit transféré au Caire. Il quitte l'Égypte pour n'y revenir qu'en 1899. Il dirige le déménagement du musée égyptologique - entretemps transféré au palais de Giza en 1902 — c'est la création du musée égyptien du Caire. L’inauguration officielle a lieu en novembre 1903, et le sarcophage de Mariette doit être à nouveau déplacé.

Maspero pensait qu’il faudrait cinquante ans pour emplir totalement le musée du Caire ; il ignorait que se profilaient de grandes découvertes, dont deux allaient se charger de meubler les salles.

À Louxor, dans les temples de Karnak, il fait dégager le site qui est fouillé méthodiquement :

« Voici vingt mois que nous pêchons la statue dans le temple de Karnak. [...] Sept cents monuments en pierre sont déjà sortis de l’eau, mais [...] c’est un peuple complet qui remonte à la lumière et qui vient réclamer un abri aux galeries de notre musée. »

La seconde découverte, celle du trésor de Toutânkhamon, se fera sous la direction de son successeur.

En 1904, alors que les Britanniques décident de rehausser de sept mètres le barrage d'Assouan, il parvient à lever les fonds nécessaires pour isoler, consolider, mais aussi étudier un grand nombre d'édifices religieux de Basse-Nubie menacés d'engloutissement.

En 1912, Pierre Lacau, très hésitant, finit par accepter la direction de l’Institut français d'archéologie orientale (IFAO), nouveau nom depuis 1898 de la Mission archéologique que Maspero avait fondée. Le gouvernement égyptien avait prolongé le temps de service de Maspero jusqu’en 1911 puis jusqu’en 1916. Mais la santé de l’égyptologue, qui jamais ne se ménageait, donne quelques inquiétudes et il est victime d’alertes cardiaques. Aussi quitte-t-il définitivement l’Égypte en 1914, laissant la direction générale des Antiquités à Lacau.

Alors qu’il avait été nommé secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, Maspero continuait d’étudier à Paris, et, le 30 juin 1916, il assiste à une séance. Il s’apprêtait à prendre la parole, lorsqu’il prie l’assistance de l’excuser et se rassoit. Victime d’un malaise, il meurt sur son banc. Sur sa tombe est gravé Ma spero (Mais j’espère).

Les cours qu'il donna pendant neuf ans, couvrant tous les aspects de l'histoire, de la langue et de la civilisation égyptiennes, formèrent toute une génération d'égyptologues.

Au Caire, à proximité de l'emplacement du musée de Boulaq (rasé en 1914), le monumental bâtiment de la radio-télévision égyptienne (ERTU) au bord du Nil, copie partielle de la Maison de Radio-France à Paris, porte le nom de Maspero Building (souvent déformé, y compris dans des documents officiels, en Maspiro building).

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Des formes de la conjugaison en égyptien antique, en démotique et en copte, 1871.
  • Du genre épistolaire chez les anciens Égyptiens, 1872.
  • Histoire ancienne des peuples de l'Orient, 1875.
  • L'Égypte à petites journées : études et souvenirs, 1877.
  • De quelques navigations des Égyptiens sur les côtes de la mer Érythrée, 1878.
  • Nouveau fragment d'un commentaire sur le second livre d'Hérodote, 1879.
  • L’Archéologie égyptienne, 1887.
  • La Syrie avant l'invasion des Hébreux, 1887.
  • Les Contes populaires de l'Égypte ancienne, 1889.
  • Les Momies royales de Deir El-Bahari, 1889.
  • Histoire de l'Orient, 1891.
  • Études de mythologie et d'archéologie égyptiennes, 1892-1916.
  • Les Inscriptions des pyramides de Saqqarah, 1894.
  • Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, 1895-1899.
  • Guide du visiteur au musée du Caire, 1902.
  • Notice biographique sur Auguste Mariette, 1904.
  • Ruines et paysages d'Égypte, 1910.
  • Hymne au Nil, 1912.
  • Essais sur l'art égyptien, 1912.
  • L’Égyptologie : la science française, 1915.
  • Introduction à l'étude de la phonétique égyptienne, 1917.

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