Au revoir les enfants

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Au revoir les enfants

Réalisation Louis Malle
Scénario Louis Malle
Acteurs principaux
Sociétés de production Louis Malle pour MK2 Productions (France) et Nouvelles Éditions de Films (France)
Stella Films
NEF Filmproduktion (R.F.A.)
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame
Sortie 1987
Durée 103 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Au revoir les enfants est un film français réalisé par Louis Malle, sorti en 1987.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film se déroule durant l'hiver 1943, dans une France occupée. Julien qui a 12 ans, fils d'une famille bourgeoise, est pensionnaire au petit collège Saint Jean de la Croix, tenu par les pères carmes. Il retrouve le chemin de l'école sans joie après les vacances de Noël, pour le deuxième trimestre. Une rentrée presque comme les autres jusqu'à ce que le père Jean vienne présenter trois nouveaux élèves. L'un d'entre eux, le jeune Jean Bonnet, est le voisin de dortoir de Julien.

Les deux élèves se jaugent, Julien est intrigué par Jean, garçon fier, mutique et mystérieux un temps rejeté par l'ensemble de la classe. Après s'être observés mutuellement, ils s'apprivoisent au jour le jour et un lien d'amitié se crée entre eux. Julien finit par comprendre le secret de son ami, son nom n'est pas Bonnet mais Kippelstein, il est juif. Un froid matin de janvier, suite à une dénonciation, la Gestapo fait irruption dans le collège. Le Père Jean, résistant clandestin, et les trois enfants juifs sont emmenés. Julien ne les reverra jamais plus. Les enfants sont déportés à Auschwitz et le Père Jean à Mauthausen.

Analyse[modifier | modifier le code]

Genèse[modifier | modifier le code]

Ce film est en partie autobiographique. Louis Malle a vécu cette histoire qui a longuement occupé son esprit, selon ses propres dires : « Pendant longtemps, j'ai purement et simplement refusé de m'y attaquer, parce que cet événement m'avait traumatisé et qu'il a eu une énorme influence sur ma vie. »[1]

Le projet de départ s'intitulait d'ailleurs My little madeleine (en référence à la madeleine de Proust) avant de s'intituler Le nouveau puis finalement Au revoir les enfants[2].

Néanmoins, le réalisateur n'a jamais prétendu raconter la vérité à la façon d'un documentaire, c'est une fiction faite des souvenirs qu'il a de cette histoire vécue, à laquelle il a rajouté des éléments et anecdotes récupérés ailleurs, et des éléments purement de fiction.

De façon générale, l'amitié approfondie entre Julien et Jean est purement de fiction[3]. Le jeune Malle n'a pas réellement développé d'amitié avec le vrai Bonnet (il déclarera dans plusieurs interviews que c'est ce regret qui a motivé le film). Le personnage de Julien corrige ce que Louis Malle n'a pas eu le temps, l'occasion ou la présence d'esprit de faire à l'époque. Sa façon de chercher des indices sur l'identité de Jean (à la façon d'un Sherlock Holmes - cité dans le film) peut être vue comme l'investigation que le réalisateur fait a posteriori sur son passé.

Liens avec d'autres films de Malle[modifier | modifier le code]

Le réalisateur avait déjà abordé le sujet de la collaboration dans Lacombe Lucien où le personnage principal était le collaborateur. Il peut être fait un lien entre le personnage de Lucien et celui du collaborateur Joseph dans Au revoir les enfants. À l'époque de l'écriture de Lacombe Lucien, Louis Malle avait imaginé le personnage de Lucien à l'identique du futur Joseph, mais avait ensuite abandonné cette piste[4]. Louis Malle décrit le personnage de Joseph comme « le petit cousin de Lucien »[5].

On peut aussi faire un parallèle entre Au revoir les Enfants et un autre film de Malle, Le Souffle au cœur, concernant le thème de la relation fusionnelle entre la mère et le fils, le père absent et le milieu bourgeois. Dans les deux films se trouve aussi une scène quasi identique, lorsqu'un prêtre touche la jambe du garçon lors de la confession (dans le premier film cette scène évoque plutôt un attouchement alors que dans le second il s'agit d'un geste tout à fait innocent).

L'histoire réelle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Père Jacques de Jésus.

Au revoir les enfants est donc une version romancée d'événements que Louis Malle a vécus. Dans les faits réels, le jeune Jean Bonnet s'appelait Hans-Helmut Michel (6 juin 1930, 6 février 1944)[6] et il est resté environ un an dans le collège d'Avon près de Fontainebleau. Il est en fait arrivé dans cet internat quelques mois avant Louis Malle et son frère Bernard.

Après que la Gestapo l'eut arrêté (avec les autres enfants et le père qui les quitte en disant simplement Au revoir) le 15 janvier 1944, il fut envoyé à Drancy puis déporté à Auschwitz[6].

Le Père Jean du film a lui aussi existé et s'appelait Père Jacques (29 janvier 1900, 2 juin 1945). Pour avoir caché les trois enfants juifs dans le collège d'Avon, il fut lui déporté à Mauthausen[7]. Il mourut une semaine après la libération du camp[6]. Il est honoré à Yad Vashem en tant que Juste parmi les nations.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • En 1990, au lendemain de la profanation du cimetière juif de Carpentras, Lionel Jospin, alors ministre de l'Education Nationale, invita les enseignants de collège à projeter le film à leurs élèves[8].
  • Le chef décorateur Willy Holt remporte un César en 1988 pour les décors de ce film, avec un discours resté mémorable dans l'histoire du cinéma[9]. Le plus incroyable c'est que Willy Holt, résistant, a été déporté dans le convoi no 67 de février 1944, le même convoi dans lequel les 3 héros, du film, sont déportés pour Auschwitz.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Conversation avec... Louis Malle de Philip French (1993)
  2. Dossier Collège au Cinéma N°129, Centre national de la cinématographie (CNC)
  3. Louis Malle, le rebelle solitaire de Pierre Billard, 2003
  4. « La vérité, c'est que le tout premier scénario de Lacombe, avant que je ne travaille avec Modiano, commençait dans une école, et le personnage, c'était le Joseph d'Au revoir les enfants (...) puis très vite on l'a enlevé », interview de Louis Malle dans Positif n°320 (octobre 1987)
  5. interview de Louis Malle dans Positif n°320 (octobre 1987)
  6. a, b et c Article du New-York Times intitulé Malle Confronts Haunting Memory du 7 février 1988 (lien)
  7. "Les déportés d'Avon" de Maryvonne Braunschweig et Bernard Gidel
  8. Le Monde 2, Les présidents face à l'histoire, Entretien avec Patrick Garcia, par Thomas Wieder, 20 mars 2009
  9. http://www.youtube.com/watch?v=-w8ksp67Ma0

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Au revoir, les enfants : scénario, Louis Malle, éditions Gallimard, 1987.
  • Cinémascopie : propos sur le cinéma contemporain, Jean Désobrie, 1989.
  • Les déportés d'Avon: Enquête autour du film de Louis Malle, Au revoir les enfants, Maryvonne Braunschweig et Bernard Gidel.
  • Le père Jacques, Au revoir les enfants, M. Carrouges, éditions Cerf.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vidéos[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]