Le Souffle au cœur

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Le Souffle au cœur

Réalisation Louis Malle
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Sortie 1971
Durée 118 min

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Souffle au cœur est un film français réalisé par Louis Malle, sorti en 1971.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, Laurent, fils de gynécologue, vit la vie d'un adolescent de 14 ans dans une famille bourgeoise de province, il est élève d'un collège religieux, participe à un groupe de scouts. Son père est souvent absent et il passe son temps à écouter du jazz et à chahuter avec ses frères de 16-17 ans qui le dévergondent. Son plus grand réconfort est sa mère, une belle et jeune femme d'origine italienne, joyeuse mais désenchantée par le train-train quotidien. Lorsque Laurent se voit atteint d'un souffle au cœur qui le pousse à aller en cure, sa relation avec sa mère se resserre plus que jamais.

Commentaire[modifier | modifier le code]

À sa sortie, ce film a suscité une grande polémique à cause de la relation incestueuse entre Laurent et sa mère, ainsi que les relations équivoques avec ses frères et un de ses jeunes copains. Louis Malle dépose un dossier d'avance sur recette qui est refusé par la Commission de pré-censure[1]. Il trouve finalement un financement auprès de la société de production Mariane Film, filiale de Paramount. Le film est un succès.

L'inceste n'est nullement condamné dans la narration, il s'instaure doucement, au fil des évènements et n'aboutit à aucun jugement moral, ce qui est une constante dans le cinéma de Louis Malle. L'inceste est ici le fruit d'un marivaudage aux allures innocentes.

Le film présente aussi une image décalée et surprenante de la bourgeoisie, très libérée sur le plan sexuel. La mère trompe allègrement son mari, avec l'approbation tardive de son fils cadet Laurent ; celui-ci se masturbe régulièrement dans sa chambre, mais parfois aussi avec son frère aîné qui l'emmène se faire dépuceler par une prostituée... Quant au prêtre de l'école de garçons fréquentée par Laurent, à la solide réputation de pédéraste, il est à deux doigts de séduire le garçon après qu'il lui a confessé ses péchés.

On peut retrouver dans ce film des références utilisées dans d'autres films de Malle, dont le Feu follet, notamment sur le suicide. En effet, le thème de la mort ressort dans ce film sous la forme d'anecdotes et de références à des auteurs ayant traité le thème du suicide (René Crevel, ou Albert Camusle Mythe de Sisyphe)

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Pour la première moitié du film, l'action du film se déroule à Dijon. Toutefois, les plans extérieurs du film dans cette première partie ont en fait été tournés à Versailles (quartier Saint-Louis, quartier de la place du Marché, quartier proche de la gare de Versailles - Rive Droite). La maison dans laquelle Laurent et sa famille vivent n'existe plus. Les scènes de la cure ont été tournée à la station thermale de Saint-Honoré-les-Bains.
  • On pourrait situer l'action du film en 1954 (date d'ailleurs mentionnée par incrustation au tout début du film), car lorsque Laurent écoute le Tour de France à la radio, il entend que Louison Bobet passe en tête au col de l'Izoard devant Federico Bahamontes - ce qui a eu lieu seulement en 1954 - si on n'y voyait dans les rues des automobiles sorties après 1954. Notamment une Simca Aronde P 60 qui apparaît sur plusieurs plans or ce modèle n'a été présenté qu'au Salon de l'auto de Paris d'octobre 1958 (modèle 59), ainsi que des Renault 4 (dites 4L) sur la place de l'église, modèle sorti en 1961.
  • Laurent et Thomas sont frères dans le film, ils le sont aussi dans la réalité.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Texte de la réponse fournie dans les bonus du DVD : « Avis de la Commission de Contrôle des films cinématographiques, le 29 juillet 1970
    La Commission envisage avec une extrême appréhension la réalisation de ce film. Elle en retient surtout une accumulation de scènes érotiques et perverses complaisamment évoquées : le dépucelage, la maison close, la masturbation, le concours de longueur de sexes, le jésuite pédéraste et pour conclure, l'inceste entre la mère et le fils. La Commission a malheureusement l'impression qu'elle se trouve en face d"un projet, dont, en définitive, la réalité et le résultat ne seront, en l'absence de justification réellement artistique, que pornographie gratuite. Elle envisage une mesure d'interdiction totale.
     »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]