La Vierge aux rochers

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
La Vierge aux rochers
Version du Louvre
Image illustrative de l'article La Vierge aux rochers
Artiste Léonard de Vinci
Date 1484
Technique Huile sur panneau
Dimensions (H × L) 199 cm × 122 cm
Localisation Musée du Louvre, Paris (France)
Numéro d'inventaire INV 777
La Vierge aux rochers
Version de la National Gallery
Image illustrative de l'article La Vierge aux rochers
Artiste Léonard de Vinci
Date Entre 1507 et 1508
Technique Huile sur panneau
Dimensions (H × L) 189 cm × 120 cm
Localisation National Gallery, Londres (United Kingdom ou Royaume-Uni)


La Vierge aux rochers est un tableau de Léonard de Vinci dont il existe deux versions. La plus ancienne, réalisée entre 1483 et 1486, est conservée au musée du Louvre à Paris. La seconde se trouve à la National Gallery de Londres. Peinte pour une église de Milan, La Vierge aux rochers se distingue par son contenu symbolique complexe. Elle célèbre le mystère de l’Incarnation à travers les figures de Marie, du Christ et de saint Jean le Baptiste. Les figures divines, baignées d’une douce lumière, prennent place pour la première fois dans un paysage animé par les saillies des rochers. Le milieu naturel aux rochers est d'une originalité absolue, avec sa fascinante multiplication des sources lumineuses, des reflets et des brouillards lointains. Cette iconographie résolument nouvelle connut un succès immense, attesté par le grand nombre de copies contemporaines du tableau.

Historique[modifier | modifier le code]

Ce tableau résultait d'une commande fait à Léonard de Vinci par la Confrérie de l'Immaculée Conception : réaliser le panneau central du triptyque surmontant l'autel de la chapelle Saint-François-Majeur de Milan (ou San Fransesco Grande, aujourd'hui disparue). Les volets sont confiés à Ambrogio de Predis. Le contrat, signé devant le notaire Antonio di Captini, datant du 25 avril 1483, est très précis sur les dimensions (l’œuvre doit s'adapter au cadre sculpté par http://it.wikipedia.org/wiki/Giacomo_Del_Maino) et sur la technique (il "sera peint par le Florentin à l'huile) [1] Elles avaient imposé des dimensions précises ; Les prieurs précisent également les personnages de la scène : la Vierge Marie, l'Enfant Jésus, le petit Jean-Baptiste et l'ange Uriel, en mémoire à une légende - tirée des Évangiles apocryphes et non canoniques - selon laquelle l'Enfant Jésus aurait rencontré son cousin dans une caverne pendant son séjour en Égypte. La confrérie commanditaire défendais effectivement, comme son nom l'indique, ce dogme nouveau de l'immaculée conception qui ne sera sanctionné par le pape qu'en 1496. Le contrat imposait également que le triptyque soit livré avant le 8 décembre, fête de l'immaculée conception.

L'artiste a pris de nombreuses libertés avec le contrat. La composition de la scène et la disposition des personnages peuvent prêter à confusion, certains détails étaient relativement étranges et dérangeant pour l'église comme le fait que la Vierge enveloppe de sa main Jean et non Jésus ou le geste d'Uriel qui pointe du doigt le Baptiste et regarde le spectateur ou encore l'absence d'auréoles sur Marie, le Christ et Saint Jean-Baptiste (Léonard a effectivement renoncé à cette pratique)...

En 1506, Léonard et Ambrogio de Predis, qui a résolu le conflit qui opposait, depuis 1483, Léonard et la confrérie de l'Immaculée Conception, commencent (ou achèvent) de peindre une nouvelle peinture des années plus tard en expurgeant tous ces détails dérangeants [2]. Cette peinture beaucoup plus orthodoxe est désormais exposée au National Gallery de Londres.

Analyse[modifier | modifier le code]

Les quatre personnages forment un triangle au centre de l'œuvre, souligné par un jeu de mains et de directions explicites. La Vierge Marie, parée de son traditionnel habit bleu (tradition médiévale), pousse de sa main droite Jean-Baptiste enfant à parler à l'enfant Jésus, béni par sa main gauche. L'ange Uriel assiste à la scène, et montre du doigt Jean-Baptiste, avec un regard pour le spectateur, comme pour lui suggérer d'entrer à son tour dans la scène. Il est un intermédiaire entre le spectateur et les autres figures du tableau. Au loin, le paysage sombre permet de jouer sur le clair-obscur, et de faire ressortir avec plus d'importance les zones de lumière qui dirigent notre regard : les visages notamment, mais aussi les mains et les trouées dans les rochers, qui sont comme un appel au lointain et à l'horizon, donnant une certaine profondeur à la scène, grâce à la perspective atmosphérique que Léonard a beaucoup étudiée.

Le paysage serait un endroit, près de Florence, sur le mont Ceceri où Leornard de Vinci se serait promené étant jeune.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Serge Bramly, Léonard de Vinci, éditions Lattès, 1988, p.210 (ISBN 270960714X)
  2. Serge Bramly, Léonard de Vinci, éditions Lattès, 1988, p.390 (ISBN 270960714X)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]