Salai

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Salai

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Portrait du Salai , ~ 1502-03, huile sur panneau, 37x29 cm. Coll. privée

Nom de naissance Gian Giacomo Caprotti
Naissance 1480
Milan
Décès avant le 10 mars 1524
Milan
Nationalité Italien
Maîtres Léonard de Vinci
Mouvement artistique Haute Renaissance

Gian Giacomo Caprotti ou Giacomo Caprotti da Oreno, dit Salai, Salaï, Salaij, Andrea Salai ou Salaì en italien (de Salaino : petit diable) (Milan, ~1480 - Milan, avant le 10 mars 1524) est un peintre italien de l'école lombarde de l'entourage de Léonard de Vinci, son élève, son disciple dès ses 15 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait de Salai par Léonard de Vinci

Gian Giacomo Caprotti est le fils de Pietro di Giovanni, locataire d'un domaine viticole de Léonard de Vinci près de la Porta Vercellina à Milan. Garçon loqueteux et inculte, Léonard le rencontre le 22 juillet 1490 à Milan où il se rend pour honorer une commande de son mécène Ludovic Sforza. En échange d'une somme de quelques florins donnée à son père, Léonard le recueille à ses dix ans dans sa bottega (it) (atelier d'artistes réunissant maîtres et élèves)[1].

Il devient le disciple de Léonard dès ses quinze ans. D'une beauté androgyne et troublante, il est souvent le modèle et participe à nombre de ses toiles et produit ses propres dessins[2].

Il accompagne Léonard à Mantoue, Venise et Florence.

Suivant Walter Krämer et Michael Schmidt[3], il est dit être le fils adoptif de Léonard, depuis le début de son apprentissage et son confident. Plus courante est l'hypothèse qu'ils étaient amants[1]. C'est Léonard qui lui donne son surnom de Salaì (petit diable, ou progéniture du diable), en raison de son comportement, se trouvant continuellement à voler ou casser des objets.

Salai épouse Bianca Coldiroli d’Annono le 14 juin 1523 à l'âge de 43 ans. Il meurt d'une flèche d'arbalète reçue lors d'un duel et est enterré à Milan le 10 mars 1524[4].

Polémique[modifier | modifier le code]

Salai modèle du Saint Jean-Baptiste de Léonard
Note d'Agostino Vespucci écrite en 1503 en marge d'un livre de l'université de Heidelberg, identifiant le modèle comme étant Lisa Gherardini.

Des chercheurs italiens ont affirmé que le jeune homme aurait servi de modèle à Léonard de Vinci pour La Joconde. L'annonce a été faite en janvier 2011 par Silvano Vincenti, président du « Comité national pour la valorisation des biens historiques  », un organisme privé d'investigation sur l'histoire de l'art. Une thèse qui laisse cependant encore sceptiques les experts du Louvre. Vincenti a fait état de fortes similitudes entre les traits des visages des protagonistes du Saint Jean Baptiste et L'Ange incarné avec le nez et la bouche de Mona Lisa. Pour ce chercheur, le peintre aurait laissé des indices en peignant dans les yeux de La Joconde un minuscule L pour Leonardo et un S pour Salai.

Selon la doctorante en sciences de l'Art Sophie Herfort, aucun historien n'a trouvé trace d’un commanditaire de La Joconde alors que de Vinci le notait scrupuleusement à chaque fois. De plus, les premiers jets du portrait révéleraient un personnage sans poitrine et plus large d’épaule, comme Salai. Elle note également dans le chemin derrière la Joconde un « S inversé » comme Salai. Enfin le morphing entre les portraits de la Joconde et celui de Salai se juxtaposeraient parfaitement[1].

Le modèle de la Joconde est cependant bien Lisa Gherardini, comme le confirme une découverte récente. Dans une édition de l'œuvre de Cicéron, retrouvée à Heidelberg, en Allemagne, et datant d'octobre 1503, son propriétaire Agustino Vespucci, ami de Léonard de Vinci a annoté une page de l'ouvrage, indiquant que De Vinci avait trois peintures en cours cette année-là, dont un portrait de Mona Lisa del Giocondo.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Vierge à l'Enfant et le jeune Jean-Baptiste, Budapest, Szépmüvészeti Múzeum
  • Vierge à l'Enfant et sainte Anne Selbdritt[5], Uffizi, Florence
  • Vierge à l'Enfant et sainte Anne Selbdritt Armand Hammer Museum, Los Angeles
  • Saint Jean-Baptiste, pinacothèque Ambrosienne, Milan
  • Vierge à l'Enfant avec les saints Jean-Baptiste et Paul et des anges musiciens, pinacothèque de Brera, Milan
  • Vierge à l'Enfant avec les saints Pierre et Paul,
  • Portrait de femme nue (Monna Vanna ou Lisa del Giocondo) (1515), musée de l'Ermitage, Saint-Petersbourg

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Salai apparait dans The DaVinci Disappearance (La Disparition de DaVinci), le DLC du jeu vidéo Assassin's Creed Brotherhood. Il y est sous entendu comme l'amant de Leonardo da Vinci.
  • Chiaroscuro: The Private Lives of Leonardo Da Vinci #1-10 graphic novel de 1995 chez DC Comics/Vertigo par Pat McGreal, David Rawson & Chaz Truog.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Sophie Herfort, Le Jocond : qui était vraiment Mona Lisa ?, Michel Lafon, 2011, 304 p. (ISBN 274991485X)
  2. Clémentine Portier-Kaltenbach, Le grand quiz des histoires de France sur RTL, 20 novembre 2011
  3. Voir aussi Martin Kemp et James Saslow.
  4. (en)Janice Shell et Grazioso Sironi, « Salai and Leonardo's Legacy », in Leonardo's Art Twentieth-Century Connoisseurship and Iconographic Studies : Leonardo's Projects, c. 1500-1519, Vol. 3, p. 397 à 410, Taylor and Francis, Inc, 1999
  5. littéralement Anne la troisième (personnage du tableau) comprenant déjà Marie et Jésus.

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]