Giulio Cesare Procaccini

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L'Annonciation, vers 1620
Huile sur toile - 237 x 164 cm
Paris, Musée du Louvre

Giulio Cesare Procaccini (Bologne, 1574 - Milan, 1625) est un peintre italien, l'un des représentants majeurs de l'école lombarde du début du XVIIe siècle. Issu d'une famille de peintres qui a quitté Bologne pour s'installer à Milan, il commence une carrière de sculpteur avant de se tourner vers la peinture. Entre 1600 et 1625, il produit une grand nombre d'œuvres, alternant grands tableaux d'autels et petites esquisses à l'huile. Il travaille essentiellement pour des commanditaires en Lombardie, mais aussi à Turin et à Gênes, où il bénéficie d'un important mécénat de Gian Carlo Doria.

Fortement influencé par la peinture du Corrège et du Parmesan, Procaccini se montre également attentif aux tendances baroques et en particulier à Rubens. Son œuvre, caractérisée par une sentimentalité directe et la recherche d'une beauté idéalisée et sensuelle, se distingue de celle, plus ténébreuse et dramatique, des autres grands peintres lombards de son époque -- Cerano, Morazzone, Tanzio da Varallo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ecce Homo, 1615-1620, Dallas Museum of Art

Giulio Cesare Procaccini est le fils du peintre Ercole Procaccini il Vecchio et le frère de Camillo et Carlo Antonio, également peintres, installés à Milan vers ses 11 ans, et qui ont tous participé, à partir de 1590, aux travaux de la construction du dôme de Milan.

Giulio Cesare Procaccini, avec Daniele Crespi et Il Morazzone, seront nommés les « peintres de la peste » (parfois emportés eux-mêmes par l’épidémie), la Contre-Réforme encourageant les peintres à multiplier les représentations du nouveau saint Charles Borromée, de martyrs et de miracles.

Venant d'une dynastie de peintres, qui, à Bologne, avaient représenté une alternative à celle des Carracci, lorsque le rôle de ces derniers devient dominant à Bologne, les Procaccini se déplacent à Milan, ville devenue le centre d'élaboration des nouvelles formes picturales du climat de la Contre-Réforme, établi par Federico Borromeo.

Vers 1600, probablement suite à un voyage de formation à Rome, à Venise et à Parme, son style modifie profondément l'initiale âpreté lombarde.

Dès lors, est évidente l'influence d'importants artistes comme le Corrège ou Parmigianino en plus des vigoureuses suggestions de l'art de Rubens.

À partit de 1603, il participe au Cycle de la Vie et des Miracles de saint Charles Borromée avec Il Cerano, Giovanni Mauro della Rovere, Il Duchino, Carlo Buzzi, Domenico Pellegrini et Il Morazzone, des tableaux monumentaux d'environ 6 × 4,75  m.

En 1619, avec son frère Camillo, il travaille à Turin pour les princes de la maison de Savoie.

Son séjour à Gênes est également important et il y exécute parmi d'autres œuvres, la Cène pour la Basilica della Santissima Annunziata del Vastato (peint sur la contre-façade), qui eut une influence chez les peintres locaux (à commencer par Bernardo Strozzi).

Le style de ses dernières œuvres, après 1620, perd cette élégance atmosphérique qui l'avait caractérisé pour se faire toujours plus sculptural et maniériste, comme on le remarque par exemple dans le Caïn tuant Abel de 1623.

Avec Giovanni Battista Crespi et Il Morazzone, avec lesquels il signe le célèbre tableau Quadro delle tre mani, Giulio César Procaccini est un des plus importants artistes lombards de la première moitié du Seicento.

Son dernier tableau, l'Autoportrait (1624), aujourd'hui conservé à la pinacothèque de Brera, est un chef-d'œuvre intense et d'une expressivité mélancolique dans lequel, avec ses 50 ans, l'artiste apparaît précocement vieilli.

Il meurt l'année suivante en 1625, à Milan. Son fils, Ercole Procaccini, fut également peintre.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Martyre de Saint Nazaire et Saint Celse, 1606, Milan, Eglise Santa Maria presso San Celso
  • Saint Sébastien secouru par les anges, 1610, Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts (Notice en ligne )
  • Miracles de Saint Charles Borromée, 1610, Milan, Cathédrale
  • La Vierge à l'Enfant avec Saint François et Saint Dominique, 1612-1613, New-York, Metropolitan Museum (Notice en ligne)
  • La Mort de la Vierge, 1616-1618, Crémone, Museo Civico "Ala Ponzone"
  • Le Mariage mystique de Sainte Catherine, vers 1620, Milan, Pinacothèque de Brera
  • Abraham et les trois anges, vers 1620, Turin, Museo Civico di Palazzo Madama (Notice en ligne)
  • La Vierge à l'Enfant avec Saint Charles Borromée, Saint Latino et des anges, vers 1620, Brescia, Eglise Sant'Angela Merici
  • L'Apothéose de Saint Charles Borromée, vers 1620, Dublin, National Gallery (Notice en ligne)
  • L'Annonciation, vers 1620, Paris, Musée du Louvre (Notice en ligne)

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]