Giulio Cesare Procaccini

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L'Annonciation, vers 1620
Huile sur toile - 237 x 164 cm
Paris, Musée du Louvre

Giulio Cesare Procaccini (Bologne, 1574 - Milan, 1625) est un peintre italien, l'un des représentants majeurs de l'école lombarde du début du XVIIe siècle. Issu d'une famille de peintres qui a quitté Bologne pour s'installer à Milan, il se forme à la sculpture avant de se tourner vers la peinture. Il mène une carrière brillante et prolifique, alternant grands tableaux d'autels pour des églises et tableaux de chevalet, essentiellement d'inspiration religieuse, pour le marché privé. Les commandes lui viennent de toute la Lombardie, ainsi que des régions avoisinantes, et notamment de Gênes, où il bénéficie du mécénat de Giovan Carlo Doria. Il meurt en 1625, à l'âge de 51 ans.

Procaccini a produit une œuvre d'une grande variété stylistique, fortement influencée par le Corrège et le Parmesan, mais également attentive aux développements contemporains de la peinture baroque proposés par les Carrache ou Rubens. Son œuvre se caractérise néanmoins par un langage sentimental et la recherche d'une beauté idéalisée et sensuelle. En cela, elle se distingue de celle, plus ténébreuse et dramatique, des autres grands peintres lombards de son époque -- Cerano, Morazzone, Tanzio da Varallo (it).


Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre Paul Rubens, Portrait de Giovan Carlo Doria
Gênes, Palazzo Spinola

Giulio Cesare Procaccini naît le 30 mai 1574 à Bologne. Son père Ercole et son frère aîné Camillo, né en 1561, sont tous deux peintres. Un autre frère, plus jeune, Carlo Antonio, le deviendra également. En 1587, la famille Procaccini quitte Bologne pour s'installer Milan suite à l'invitation d'un mécène milanais, Pirro Ier Visconti Borromée (it), qui engage Camillo pour la décoration de sa villa (it) à Lainate.

Giulio Cesare Procaccini commence par se former à la sculpture. La première trace documentée de son activité date de 1590. Sous la direction de Francesco Brambilla (it), il participe au chantier de la cathédrale de Milan, où il exécute deux statues en marbre de Sainte Euphémie et Sainte Marceline (non identifiables aujourd'hui). Il est cependant vraisemblable qu'il ait déjà commencé à travailler dans l'équipe de sculpteurs de Brambilla à la villa Visconti Borromée (it) en 1587-1589[1]. Son activité de sculpteur se poursuit tout au long de la décennie, à la cathédrale de Milan, mais aussi à l'église Santa Maria presso San Celso (it), pour la façade de laquelle deux bas-reliefs en marbre lui sont commandés en 1595 (bien qu'en mauvais état, ils sont toujours visibles actuellement). En 1599, Procaccini abandonne brusquement la sculpture ; il décline notamment une nouvelle commande pour la cathédrale de Milan. Il se marie en 1600 avec une certaine Isabella Visconti.

A partir de 1609, affluent des grandes commandes religieuses venant de toute la Lombardie. Il décore, entre 1609 et 1612, une chapelle de l'église San Antonio Abate à Milan. Il peint six des vingt-quatre tableaux du cycle des Miracles de Saint Charles Borromée, commandé pour la cathédrale de Milan à l'occasion de la canonisation de Charles Borromée en 1610. Il peint des retables pour l'église Santa Marie dei Miracoli à Corbetta (La Vierge à l'Enfant avec Saint François et Saint Dominique, 1612-1613, maintenant au Metropolitan Museum) et l'église de Caravaggio (La Vierge Enfant avec Saint Ferme et Saint Rustique, 1615).

En 1611, Procaccini entre en contact avec le grand collectionneur génois Giovan Carlo Doria, qui devient son principal mécène. Entre 1611 et 1622, celui-ci acquiert plus de soixante œuvres de Procaccini[2] : retables, bozzetti (esquisses à l'huile), dessins. Parmi ces œuvres, se trouvent un Saint Charles Borromée (probablement celui de la Pinacothèque Brera), un Ecce Homo (probablement le tableau du musée de Dallas), une Salomé, une Judith avec la tête d'Holopherne, une série des 12 Apôtres (dont quatre sont aujourd'hui au Palazzo Rosso), un Combat de Saint Jacques. Le seul séjour attesté de Procaccini à Gênes a lieu en 1618[3]. C'est lors de ce séjour qu'il peint une grande Cène pour la basilique Santissima Annunziata.

Il meurt en 1625 à Milan.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Martyre de Saint Nazaire et Saint Celse, 1606, Milan, Eglise Santa Maria presso San Celso
  • Saint Sébastien secouru par les anges, 1610, Bruxelles, Musées royaux des Beaux-Arts (Notice en ligne )
  • Miracles de Saint Charles Borromée, 1610, Milan, Cathédrale
  • La Vierge à l'Enfant avec Saint François et Saint Dominique, 1612-1613, New-York, Metropolitan Museum (Notice en ligne)
  • La Mort de la Vierge, 1616-1618, Crémone, Museo Civico "Ala Ponzone"
  • Le Mariage mystique de Sainte Catherine, vers 1620, Milan, Pinacothèque de Brera
  • Abraham et les trois anges, vers 1620, Turin, Museo Civico di Palazzo Madama (Notice en ligne)
  • La Vierge à l'Enfant avec Saint Charles Borromée, Saint Latino et des anges, vers 1620, Brescia, Eglise Sant'Angela Merici
  • L'Apothéose de Saint Charles Borromée, vers 1620, Dublin, National Gallery (Notice en ligne)
  • L'Annonciation, vers 1620, Paris, Musée du Louvre (Notice en ligne)

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Brigstocke, H., « Giulio Cesare Procaccini reconsidered. », Jahrbuch der Berliner Museen,‎ 1976, p. 84-133 (lire en ligne)
  • Brigstocke, H., « Giulio Cesare Procaccini (1574-1625): ses attaches génoises et quelques autres faits nouveaux. », Revue de l'Art, vol. 85, no 1,‎ 1989, p. 45-60 (lire en ligne)
  • (it) Berra, G., L'Attivita Scultorea di Giulio Cesare Procaccini.Documenti e testimonianze., Milan, NED,‎ 1991, 145 p.
  • (en) Brigstocke, H., Procaccini in America, Hall & Knight,‎ 2002.
  • (it) Neilson, N. W., Giulio Cesare Procaccini: disegnatore, Nomos Edizioni,‎ 2004

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir (en) Gentilini, G. et Morandotti, A., « The Sculptures of the Nymphaeum at Lainate: The Origins of the Mellon Venus and Bacchus. », Studies in the History of Art, vol. 24, no 2,‎ 1990, p. 135-171 (lire en ligne).
  2. La collection Doria est connue grâce à trois inventaires successifs dont les dates se situent entre 1611 et 1616 pour le premier, entre 1617 et 1620 pour le second et après 1625 (date de la mort de Doria) ou après 1634 (date de la mort de sa femme) pour le troisième. Les descriptions imprécises des œuvres dans ces inventaires ne permettent pas toujours de les identifier. Pour une analyse de ces inventaires, voir Brigstocke 1989.
  3. Ce séjour est évoqué par l'historien Raffaele Soprani (1612-1672) dans ses Vies des Peintres, Sculpteurs et Architectes génois.