Repentir (peinture)

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Le Bouffon Calabacillas de Diego Vélasquez possède un repentir évident : la calebasse à droite était initialement une cruche

Un repentir est en peinture une partie du tableau qui a été recouverte par le peintre pour modifier en profondeur la toile. Typiquement, il peut s'agir de masquer ou de faire apparaître des personnages, des objets ou organes, ou de modifier leurs aspects et leurs positions. Il s'oppose à la retouche qui consiste à modifier légèrement certains détails de la toile, et au repeint opéré par d'autres peintres, plusieurs années après. Par extension, le terme est utilisé en gravure.

Détection[modifier | modifier le code]

Les repentirs peuvent indiquer que la composition d'origine avait des éléments dans des positions distinctes, qu'un objet est différent de celui qu'il était ou a été supprimé dans sa version finale. Il est toutefois à distinguer des repeint opérées par d'autres acteurs, plusieurs années après. Par exemple, la volonté du Vatican d'« habiller » les nus du plafond de la Chapelle Sixtine ne saurait être analysée comme un repentir de Michel-Ange.

Certains repentirs sont toujours visibles sur la version finale, et un œil attentif peut les détecter souvent, la couche couvrante n'a pas la même qualité, et sa couleur, ou son opacité, change au fil du temps. D'autres repentirs ne peuvent être détectés à l'œil nu, mais peuvent être analysés soit aux rayons X, soit par réflectographie infrarouge : ces techniques de détections ne sont cependant pas toujours efficaces et dépendent des enduits et pigments utilisés par les peintres, notamment de l'utilisation ou non d'éléments à base de carbone ou de plomb.

Interprétation[modifier | modifier le code]

Les repentirs sont généralement considérés comme d'importants indices sur les techniques du peintre. Ils permettent de connaître la version d'origine de la toile et de séparer les travaux du peintre de ceux des apprentis ou des ateliers. Ils permettent également d'améliorer la fiabilité des attributions puisque si les artistes font souvent des repentirs, les copistes n'en font pas. Rembrandt, Titien ou Vélasquez faisaient peu ou pas de dessins préparatoires, et dessinaient ou peignaient à même la toile, générant naturellement un grand nombre de repentirs qui sont absents des œuvres des copistes.

Le repentir dans la culture[modifier | modifier le code]

Le roman d'Arturo Pérez-Reverte, Le Tableau du maître flamand (1990), se fonde sur un repentir.