Vis aérienne (Léonard de Vinci)

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La Vis aérienne est une des machines imaginées par Léonard de Vinci. Il en a dessiné le plan dans un de ses carnets entre 1487 et 1490. Il s'agit d'un aéronef à hélice à vol vertical interprété par certains comme un précurseur de l’hélicoptère moderne[1].

Description[modifier | modifier le code]

Le dessin de la vis aérienne (Ms B, f.83 v) apparaît dans le Manuscrit B de l'Institut de France que l'on date des années 1487-1490. Léonard de Vinci l'a accompagné des notes suivantes :

  • « Que l'extrémité de la vis soit un cable de fer de la grosseur d'une corde et que du centre au cercle, il y ait 8 brasses[2]. »
  • « Si cet instrument, qui a la forme d'une vis est bien fait, c'est-à-dire fait d'une toile de lin dont les pores sont bouchés avec de l'amidon, et si on le fait tourner rapidement, j'estime que cette vis fera son écrou dans l'air et elle s'élèvera. Prends exemple d'une règle large et mince, violemment déplacée dans l'air ; tu verras que ton bras suit, dans son déplacement, l'arête de cette planchette[3]. »
  • « L'armature qui sous-tend la toile ci-dessus sera de roseaux longs et forts ; on peut faire un petit modèle en papier dont l'axe sera une mince lame d'acier, soumise de force à un mouvement de torsion ; rendue à sa liberté, elle fait tourner l'hélice. »

Historique[modifier | modifier le code]

Entre 1485 et 1490, Léonard de Vinci (qui est au service du Duc de Milan Ludovic Sforza à titre d'ingénieur militaire) étudie le vol plané des rapaces. Après diverses expériences, il abandonne l'idée de l'avion à ailes oscillantes et se consacre à l'étude d'ailes rigides. Il crée alors la vis aérienne (ou hélice ou aile tournante hélicoïde...) avec une simple vis passée au milieu de deux plaques de bois en s'inspirant du principe de la Vis d'Archimède, utilisée dès l’antiquité pour monter de l’eau.

Léonard de Vinci s'inspire des théories suivantes :

  • « Si cette vis peut forcer l’eau à se déplacer au contraire de son sens naturel, c’est-à-dire du bas vers le haut, il est probable qu’une vis adaptée puisse se déplacer de la même manière dans cet autre fluide qu’est l’air qui nous environne. »
  • « La force avec laquelle une chose va contre l'air est égale à celle de l'air contre la chose. »

Si le principe d'aéronef à hélice est véritablement visionnaire, la seule énergie de propulsion musculaire humaine ou animale disponible au XVe siècle est largement insuffisante pour alimenter son idée révolutionnaire qui devra attendre l'invention des moteurs. Augusto Marinoni analysait ainsi le dessin du manuscrit B : « Le dessin comporte une spirale en toile dont le diamètre est près de dix mètres et l’on ne voit pas comment il serait possible de faire tourner rapidement cette spirale, d’autant plus qu’elle doit être assez forte pour soutenir le poids de la machine et celui de l’éventuel pilote. Et si tous les petits trous de la toile étaient bouchés, elle serait impénétrable sans être toutefois plus résistante. Aussi vaut-il mieux considérer ce dessin comme l’énonciation scientifique d’un principe scientifique qui trouvera, plus tard, son application dans l’hélice ou l’hélicoptère[4]. »


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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce qui ne fait pas l'unanimité car l'hélicoptère est plus un avion à voilures tournantes qu'un véhicule à hélice.
  2. La estremità di fuori della vite sia di filo di ferro grosso una corda, e dal cerchio al centro sia braccia 8.
  3. Trovo, se questo strumento fatto a vite sarà bene fatto cioè fatto di tela lina, stopatti i suoi pori con amido, e voltato con prestezza, che detta vite si fa la femmina nell’aria e monterà in alto. Piglia lo esempio da una riga larga e sottile, e me nata con furia in fra l’aria : vedrai essere guidato il tuo braccio per la linea del taglio della detta asse.
  4. Augusto Marinoni, Les machines impossibles in : Léonard de Vinci ingénieur et architecte, Montréal 1987, p.122.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Manuscrit B de l'Institut de France, éd. Nando de Toni, introduction André Corbeau, Grenoble, Roissard, 1960.