Acanthe à feuilles molles

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L'acanthe à feuilles molles (Acanthus mollis) est une plante de la famille des Acanthacées, aussi appelée acanthe molle ou acanthe à feuilles larges. Elle est connue pour ses feuilles ayant servi de motif architectural, par exemple sur les chapiteaux corinthiens. C'est une espèce très fréquente sur le pourtour méditerranéen.

Description morphologique[modifier | modifier le code]

Appareil végétatif[modifier | modifier le code]

L'acanthe molle est une plante de 30 à 80 cm de hauteur, mais pouvant atteindre 1,50 m, inflorescence comprise. Ses nombreuses feuilles basales possèdent un long pétiole, l'ensemble pouvant atteindre près d'un mètre. Elles sont grandes (30 à 60 cm de long), opposées, d'un vert profond, luisantes, molles au toucher. Ces feuilles sont grandes, divisées en plusieurs lobes dentés mais non épineux (contrairement à Acanthus spinosus).

Appareil reproducteur[modifier | modifier le code]

La floraison survient, chez cette espèce, entre mai et août. L'inflorescence est un long épi cylindrique, en fait une cyme unipare hélicoïde de 30 à 40 cm, portant de nombreuses fleurs bisexuées.

Chaque fleur est entourée par trois bractées, la bractée centrale étant découpée et épineuse et de plus grande taille que les deux autres. Le calice présente deux lèvres, dont la supérieure, assez longue et formant une sorte de "casque" au-dessus de la corolle, est souvent teintée de violet sur le dessus. La corolle se réduit à une lèvre inférieure blanche, veinée de rose pourpre, à trois lobes pendants ; la fleur peut atteindre 5 cm de long[1]. Les 4 étamines sont soudées à la corolle et ressemblent à de minuscules brosses à habit. L'ovaire est supère, il contient deux carpelles.


La pollinisation est entomogame. La fleur est constituée de telle façon que seuls les abeilles ou bourdons assez gros pour forcer le passage entre le sépale supérieur et la lèvre inférieure peuvent atteindre le nectar au fond du tube.

Le fruit est une capsule loculicide de forme ovoïde contenant deux à quatre grosses graines noires à maturité. Le mode de dissémination des graines est l'autochorie.

Habitat et répartition[modifier | modifier le code]

Cette plante méditerranéenne se trouve sur les continents européens et africains (plus précisément en Europe méridionale et en Afrique du Nord)[2].

Son habitat type est les friches mésoxérophiles, subméditerranéennes. Souvent plantée, l'acanthe molle est aussi assez fréquente à l'état sauvage, au bord des chemins et sur les terres incultes, surtout dans les lieux rocailleux et broussailleux. Elle ne dépasse généralement pas 300 m d'altitude[3].

L'Acanthe à feuilles molles sauvage est considérée comme caractéristique des sous-bois des forêts d'Ormes riveraines et méditerranéennes (association Acantho mollis-Ulmetum minoris)[4].

Cette plante est aussi capable de se reproduire de façon asexuée grâce à des drageons issus de sa souche portant des bourgeons souterrains[3].

L'acanthe molle et l'homme[modifier | modifier le code]

Pharmacopée[modifier | modifier le code]

[réf. nécessaire]

La plante contient des quantités appréciables de mucilage et de tanin. Les feuilles broyées ont été utilisées comme cataplasme pour soulager les brûlures[5].

Aspects culturels[modifier | modifier le code]

Chapiteau corinthien antique orné de feuilles d'acanthe dans la Grande Mosquée de Kairouan (située dans la ville de Kairouan en Tunisie).

La feuille d'acanthe stylisée est un ornement de l'architecture classique[6]. Voir Ordre architectural, et plus particulièrement les chapiteaux de l'ordre corinthien et de l'ordre composite. On trouve ce motif par exemple sur la Colonne aux acanthes (ou "Danseuses de Delphes").

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Acanthus mollis L. », sur Tela Botanica (consulté le 20 février 2009)
  2. (fr) Bernard Boullard, Plantes médicinales du monde : croyances et réalités, éd. De Boeck Secundair, 2001, p. 7
  3. a et b Vignes P. et D. L'herbier des plantes sauvages p 18, Editions Larousse, Paris, ISBN 978-2-03-583568-0
  4. « Forêts riveraines, forêts et fourrés très humides ; 44.62 Forêts d'Ormes riveraines et méditerranéennes », sur Corine Biotope, Atelier Technique des Espaces Naturels, Natura 2000,‎ 1997 (consulté le 20 février 2009)
  5. Chevallier. A., The Encyclopedia of Medicinal Plants, Dorling Kindersley, Londres, 1996. ISBN 978-0-7513-0314-8
  6. Voir, entre autres, l'article « Acanthe » du Dictionnaire d’architecture de d'Aviler.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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