Edmond Frémy

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Edmond Frémy

Description de l'image  Edmond Frémy.jpg.
Naissance 28 février 1814
Versailles (France)
Décès 2 février 1894
Paris (France)
Nationalité Français
Champs Chimie

Edmond Frémy, né à Versailles le 28 février 1814 et mort à Paris le 2 février 1894, est un chimiste français.

Éléments de biographie[modifier | modifier le code]

Edmond Frémy est fils de Francois Frémy et de Victoire Julienne Tessier; il est initié à la chimie par son père, professeur de chimie à Saint-Cyr. En 1831, il entre au laboratoire de Gay-Lussac à l'École polytechnique, dont il sera un protégé, et dont il devient l'assistant en 1833. En 1837, il entre au Collège de France et il est nommé préparateur, puis répétiteur, de Jules Pelouze à l'École polytechnique, avant de lui succéder comme professeur en 1846. En 1850, il succède à Gay-Lussac à la chaire de chimie du Muséum national d'histoire naturelle. Il est directeur d'études dans la 2e section de l'École pratique des hautes études. En 1857, il est élu membre de l'Académie des sciences, dont il est président en 1875. Directeur du Muséum national d'histoire naturelle de 1879 à 1891, poste dont il prend la tête à la suite d'Eugène Chevreul. Il est nommé commandeur de la Légion d'Honneur.

Mari de Louise Félicité Boutron, une fille de Antoine Boutron Charlard.

Études et recherches diverses[modifier | modifier le code]

Il est guidé dans ses premiers pas de chercheur par Antoine Boutron Charlard (qui deviendra son beau-père, et qui lui-même avait fait ses armes auprès de Pierre Robiquet, le grand chimiste analyste et membre de l'Académie des Sciences) qui l'associe à une étude sur la fermentation lactique (publiée en 1841)[1]. Frémy fit des recherches sur l'acide osmique, les ferrates, les stannates, les plombates et l'ozone. Il tenta d'obtenir du fluor libre par électrolyse de fluorures fondus et découvrit l'acide fluorhydrique anhydre ainsi qu'une série d'acides, dont la nature précise a longtemps été sujette à discussion. Il étudia la coloration des feuilles et des fleurs.

Dans le champ de la chimie biologique, il s'intéressa aussi à la composition des os ainsi que d'autres substances animales, et tout spécialement à celle du cerveau, un domaine où il fut un véritable précurseur dans les années 1840. Mais il ne sut pas reconnaître avec précision la nature de la composante phosphorée qu'il avait obtenue, s'entêtant même sur ses conclusions malgré les avancées d'autres travaux[2], et il manqua ainsi la découverte et l'élucidation de la structure des lécithines et plus généralement des phospholipides, une classe de molécules dont les applications actuelles sont essentielles, découverte qui fut menée à bien par Théodore Gobley (qui se trouvait être un cousin éloigné par alliance) à l'issue d'une série de travaux sur trente années répondant à une méthodologie et une rigueur exemplaires[3] . Il s'est également intéressé aux procédés de fermentation[4], sujet sur lequel il était en désaccord avec Pasteur.

Convaincu de l'importance des applications techniques de la chimie, Frémy s'est particulièrement intéressé en tant que professeur à la formation des chimistes industriels. Dans ce domaine, il a contribué aux études sur la fabrication du fer et des aciers[5], de l'acide sulfurique, du verre et du papier, et a notamment travaillé sur la saponification des graisses avec de l'acide sulfurique et sur l'utilisation de l'acide palmitique pour la fabrication des bougies.

Dans les dernières années de sa vie, il s'est penché sur le problème de l'obtention de l'alumine sous sa forme cristalline I, et a réussi à obtenir des rubis identiques à la gemme naturelle tant au point de vue de la composition chimique que des propriétés physiques.

Il défendra la mémoire de l'ami de son père, Bernard Courtois, qui découvrit la morphine et l'iode. il eut comme élève Stanislas Meunier.

Le sel de Frémy[modifier | modifier le code]

De ses recherches il subsiste dans la chimie moderne essentiellement un composé appelé communément le « sel de Frémy (en) », un puissant agent oxydant qu'il synthétisa en 1845. Le sel de Frémy originel est le nitrosodisulfonate de disodium ou (Na2NO(SO3)2). Une variante au potassium de ce sel, le disulfonate de potassium peroxylamine (K2NO(SO3)2), est couramment utilisé comme source d'un radical libre en phase aqueuse à longue durée de vie pour la réalisation de certaines réactions d'oxydations organiques et est également utilisé comme référence de certaines mesures en spectroscopie par résonance paramagnétique électronique.

Ce sel se trouve généralement dans le commerce sous la forme dimère (K4[ON(SO3)2]2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. * A.-F. Boutron-Charlard et É. Frémy, « Recherches sur la fermentation lactique », Comptes rendus de l'Académie des sciences, vol. 12,‎ 1841, p. 728-731 (ISSN 0001-4036, lire en ligne)
  2. Théodore Nicolas Gobley, « Recherches chimiques sur les œufs de carpe », J. Pharm. Chim., vol. 17 et 18,‎ 1850, p. 401 et 107 (ISSN 0001-4036)
  3. * Théodore Nicolas Gobley, « Sur la lécithine et la cérébrine », J. Pharm. Chim., vol. 20,‎ 1874, p. 98-103 (ISSN 0001-4036)
  4. Edmond Frémy, "Sur la Génération des Ferments"
  5. E.Fremy, "Le Métal à Canon"

Lien externe[modifier | modifier le code]