Adolf von Baeyer

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Adolf von Baeyer

Description de cette image, également commentée ci-après

Johann Friedrich Wilhelm Adolf von Baeyer

Naissance
Berlin (Allemagne)
Décès (à 81 ans)
Starnberg (Allemagne)
Nationalité Drapeau d'Allemagne Allemand
Champs Chimie
Institutions Université de Gand
Université technique de Berlin
Université de Strasbourg
Université Louis-et-Maximilien de Munich
Diplôme Université Humboldt de Berlin
Renommé pour Synthèse de l'indigo
Distinctions Prix Nobel de chimie (1905)

Adolf von Baeyer (né Johann Friedrich Wilhelm Adolf von Baeyer le 31 octobre 1835 à Berlin - 20 août 1917 à Starnberg, Allemagne) est un chimiste allemand qui synthétisa l'indigo[1] et obtint en 1905 le prix Nobel de chimie[2],[3] après avoir été lauréat de la médaille Davy en 1881. Il est devenu membre étranger de la Royal Society le 10 décembre 1885.

Nom[modifier | modifier le code]

Son nom de baptême est Johann Friedrich Wilhelm Adolf Baeyer, mais il fut la plupart du temps au cours de sa vie appelé simplement « Adolf Baeyer ». En 1885, pour son cinquantième anniversaire, il reçoit un titre de noblesse héréditaire de Bavière, et change donc son nom en « von Baeyer ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Adolf von Baeyer est né à Berlin le 31 octobre 1835. Il est le fils de Johann Jacob Baeyer officier et géomètre. Il étudie dans un premier temps les mathématiques et la physique à l'université de Berlin. Il déménage par la suite à Heidelberg pour étudier la chimie avec Robert Bunsen. Là-bas, il travaille au laboratoire d'August Kekulé. Il soutient sa thèse (De arsenici cum methylo conjunctionibus[4] ) à l'université de Berlin en 1858, et obtient son doctorat, avec mention « cum laude » (travail louable). Il suit alors Kekulé à l'Université de Gand, où Kekulé devient professeur. Il obtient son habilitation en 1860 et obtient un poste de Privatdozent et une chaire de chimie organique au Gewerbeinstitut de Berlin. Il obtient un poste de professeur en 1866 à l'Université Humboldt de Berlin. Il devient en 1871 professeur à l'Université de Strasbourg. En 1875, il succède à Justus von Liebig en tant que professeur de chimie à l'Université de Munich, où un nouveau laboratoire venait d'être construit.

À partir de 1865, il commence à travailler sur la teinture indigo (indigotine), et réussit une première synthèse en 1878, à partir de l'isatine. En 1880 il découvre une seconde méthode à partir de l'orthonitrobenzaldéhyde et de l'acétone (en présence de soude diluée, d'hydroxyde de baryum, ou d'ammoniaque). Cette seconde méthode est restée sous le nom de synthèse de Baeyer-Drewsen de l'indigo. Il découvrit sa structure chimique trois ans plus tard.

Durant la même période, il découvre la phénolphtaléine. En 1871, il découvre une méthode de synthèse de la phénolphthaléine par condensation de l'anhydride phtalique sur deux équivalents de phénol, en milieu acide (la molécule tirant son nom de la contraction des noms des deux réactifs). La même année, il est le premier à synthétiser la fluorescéine, un pigment fluorophore, jusque là uniquement synthétisé par des micro-organismes (Pseudomonas par exemple), et connu alors sous le nom de « pyoverdine ». Von Baeyer nomma sa découverte « résorcinphthaléine » puisque synthétisée à partir d'anhydride phtalique et de résorcine. Le terme fluorescéine sera finalement utilisé, à partir de 1878.

Il fera aussi des études sur les polyacétylènes, les sels d'oxonium, les composés nitrosos (1869), ainsi que sur les dérivés de l'acide urique (1860 et années suivantes), avec en particulier la découverte de l'acide barbiturique (1864), composé souche des barbituriques. Il fut le premier a trouver la formule correcte de l'indole en 1869, dont il décrivit la synthèse trois ans plus tôt.

Ses contributions à la chimie théorique comprennent la théorie des liaisons triples et la théorie dite de la tension de Baeyer dans les petits cycles de carbone (trois ou quatre atomes)

En 1872 il fit des recherches sur le phénol et le formaldéhyde, travaux préemptant ceux de Leo Baekeland qui découvrit par la suite la Bakélite.

En 1881 la Royal Society de Londres le récompense de la médaille Davy pour son travail sur l'indigo. En 1903, il obtient la médaille Liebig, et en 1905 il obtient le prix Nobel de chimie « en reconnaissance de ses services à l'avancement de la chimie organique de l'industrie chimique, à travers son travail sur les teintures organiques et les composés hydroaromatiques[2] ».

En 1914, il fut un des signataires du Manifeste des 93.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Adolf Baeyer, Viggo Drewsen, « Darstellung von Indigblau aus Orthonitrobenzaldehyd (p ) », Berichte der deutschen chemischen Gesellschaft, vol. 15, no 2,‎ 1882, p. 2856–2864 (DOI 10.1002/cber.188201502274)
  2. a et b (en) « in recognition of his services in the advancement of organic chemistry and the chemical industry, through his work on organic dyes and hydroaromatic compounds » in Personnel de rédaction, « The Nobel Prize in Chemistry 1905 », Fondation Nobel, 2010. Consulté le 5 août 2010
  3. Adolf von Baeyer: Winner of the Nobel Prize for Chemistry 1905 Armin de Meijere Angewandte Chemie International Edition Volume 44, Issue 48, Pages 7836 - 7840 2005 Abstract
  4. Eine Bibliothek als beredte Zeugin eines umfassenden Wandels des wissenschaftlichen Weltbilds

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Biographie sur le site de la Fondation Nobel (la page propose plusieurs liens relatifs à la remise du prix, dont un document rédigé par le lauréat — le Nobel Lecture — qui détaille ses apports)