Ruanruan

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Ruanruan
蠕蠕 (zh)

IVe siècleVIe siècle

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Localisation de l'empire des Ruanruan vers 500

Informations générales
Statut Khaganat
Histoire et événements
IVe siècle Soumission d'une partie de l'Asie centrale à la « confédération » ruanruan
Années 560 Alliance victorieuse des Köktürks, des Qi et des Zhou contre les Ruanruan

Entités suivantes :

Les Ruanruan (en sinogramme 蠕蠕, hanyu pinyin Ruǎnruǎn, EFEO Jouan-jouan, littéralement « insectes grouillants » [1]) étaient une confédération de tribus nomades des frontières septentrionales de la Chine de la fin du IVe siècle jusqu’à la fin du VIe siècle. Parce qu’une de leurs tribus, les Hua (qu’ils mirent à la tête des Ouïghours en 460), apparut ultérieurement en Europe sous le nom d’Avars, la simplification grossière selon laquelle les mots Ruanruan et Avars étaient synonyme s’est largement répandue. Le terme Rouran (柔然) est une transcription en chinois de la prononciation du nom que la confédération se donnait à elle-même. Certains savants pensent que la prononciation coréenne Youyone est une forme plus archaïque et donc plus proche de la prononciation d’origine. Les termes Ruanruan et Ruru sont restés dans l’usage moderne bien qu’ils aient été autrefois péjoratifs. Ils dérivaient d’ordres donnés par l’empereur Taiwu (Tuoba Tao), de la dynastie Wei du Nord, qui n’était pas d'ethnie han, qui fit la guerre aux Ruanruan et tenta d’intimider la confédération.

On connaît peu de choses de leur élite dirigeante, que le Weishu (livre des Wei) cite comme une branche des Xianbei. Les Ruanruan soumirent les régions actuelles du Xinjiang, de la Mongolie, de l’Asie centrale et des parties de la Sibérie et de la Mandchourie à partir de la fin du IVe siècle. Leurs interventions et invasions fréquentes affectèrent profondément les pays voisins. Bien qu’ils aient admis les Asena (ancêtres des Ouïghours) dans leur fédération, le pouvoir des Ruanruan fut brisé par une alliance des Göktürks, des dynasties chinoises des Qi du Nord et des Zhou du Nord et de tribus d’Asie centrale dans les années 560. La dynastie chinoise des Wei du Nord, par exemple, avait établi six garnisons principales à la frontière des Ruanruan, qui devinrent ultérieurement les foyers de révolte des peuples autochtones contre les peuples sinisés au début du VIe siècle.

Leur empire est administré par deux gouverneurs, à l’est et à l’ouest. La population est organisée autour de l’armée. Ils vivent sous des tentes et n'auront jamais d'autres villes que leurs camps immenses qui, disposés en forme de cercles concentriques, prennent de là le nom de rings ou anneaux. Leur chef s'appelait khan ou khagan.

Les Ruanruan sont des nomades, éleveurs et chasseurs, et ne cultiveront la terre qu’aux environs du VIe siècle. Ils pratiquent le troc et font en période de paix un commerce intense avec la Chine des Wei. L’art des métaux atteint un niveau très élevé dans l’empire. Ils n’ont pas d’écriture originale, mais on a retrouvé des plaquettes de bois gravées de chiffres. Les aristocrates et l’administration utilisent la langue et l’écriture chinoise. Les chroniques chinoises rapportent que les Ruanruan ont fait venir de Chine des médecins, des astrologues et des artisans. Au VIe siècle, ils seront en contact avec le bouddhisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En mandarin, les Ruanruan sont aussi appelés Rúrú (茹茹, littéralement « fourrage ») ou Róurán (柔然)

Liens externes[modifier | modifier le code]