Houlagou Khan
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Houlagou Khan[1], né en 1217 à Maragha près de Tabriz[2], mort le 8 février 1265, petit-fils de Gengis Khan et frère de Kubilai Khan, est le fondateur de la dynastie mongole des Houlagides ou Il-khanides[3], qui gouverne la Perse et l'Irak jusqu'au XIVe siècle.
Sommaire |
[modifier] Biographie
[modifier] Origines familiales
Houlagou est le fils de Tolui, quatrième fils de Gengis Khan et de son épouse principale Börte, et de Sorgaqtani, une Mongole de religion chrétienne nestorienne.
En 1251, son frère Möngke devient le quatrième grand khan de l'empire mongol ; en 1260, c'est Kubilai qui prend la succession de Möngke.
[modifier] La conquête de l'Irak et de la Syrie (1255-1260)
En 1255, Houlagou est chargé par Möngke d'établir « les coutumes (rusum va yusum) et la loi (yasa) » des Mongols de l'Oxus à l'Egypte[4], ce qui implique notamment : l'assujettissement des Lors, un peuple du sud de l'Iran ; la destruction de la secte des Nizârites (dits « Haschichim », « Assassins ») ; la destruction du califat des Abbassides à Bagdad, c'est-à-dire le cœur du monde musulman de cette époque.
Houlagou réunit probablement la plus grande armée mongole jamais assemblée[réf. nécessaire]. Il prend facilement le contrôle des Lors, et sa réputation effraye tant les Assassins qu'ils capitulent et livrent leur forteresse imprenable d'Alamut sans combat en 1256.
Houlagou a toujours eu l'intention de conquérir Bagdad[réf. nécessaire], mais il prend prétexte du refus du calife Al-Musta'sim de lui envoyer des troupes pour l'attaquer. Il lui fait alors parvenir ce message:
- « Quand je conduirai mon armée contre Bagdad en colère, que vous vous cachiez au paradis ou sur la terre
- Je vous ramènerai depuis les sphères tournantes,
- Je vous retournerai en l'air comme un lion,
- Je ne laisserai personne vivant dans votre royaume,
- Je vais brûler votre ville, votre pays et vous aussi.
- Si vous voulez vous sauver et votre famille vénérable, écoutez mon conseil avec l'oreille de l'intelligence. Si vous ne le faites pas vous verrez ce que Dieu a voulu. »
La ville est prise lors de la bataille du 10 février 1258. Au milieu des fureurs de la prise d'assaut, le vainqueur ordonne que plusieurs catégories d'habitants soient épargnées, comme les gens instruits et les chrétiens (à la demande de son épouse Doqouz Khatoun), mais au moins 250 000 personnes auraient été massacrées (les sources contemporaines[réf. nécessaire] indiquent 800 000). Houlagou tue le calife en le mettant dans un tapis roulé puis en le frappant à mort, ou en le faisant piétiner par des chevaux. Marco Polo indique qu'il mourut de faim, mais il n'y a aucune preuve de cela ; une légende mongole raconte en effet que Houlagou le fit enfermer dans une tour où se trouvaient ses trésors.
Le califat est détruit, et l'Irak ravagé, la région ne redeviendra plus le centre politique et culturel important qu'elle avait été jusqu'alors.
Les petits états de la région s'empressent alors de rassurer Houlagou à propos leur fidélité.
En 1259, les Mongols envahissent la Syrie, qui appartient aux Mamelouks d'Egypte ; ils envoient des patrouilles jusqu'à Gaza.
Le tour de l'Égypte semble venu lorsque la mort de Möngke entraine le retrait de la majeure partie de l'armée, en vue d'une crise de succession qui va se révéler très difficile à régler.
[modifier] La défaite du gouverneur Kerbogha à Aïn Djalout (3 septembre 1260)
Les Mongols ne laissent que des effectifs limités en Syrie sous la direction du gouverneur Kerbogha.
Les Mamelouks concluent alors une trêve avec les Croisés et obtiennent le passage sur leur territoire ; ils avancent vers la Syrie et rencontrent les troupes de Kerbogha à Aïn Djalout, en Galilée. Les Mongols sont battus et les Mamelouks reprennent le contrôle de la Syrie. Le Tigre marque désormais la frontière du territoire mongol.
[modifier] La guerre pour la succession de Möngke
Houlagou Khan se trouve dans le camp de Kubilai et combat contre Alghu, placé par Ariq Boqa à la tête du khanat de Djaghataï, puis contre Berké, khan de la Horde d'Or, après le ralliement d'Alghu à Kubilai.
En 1263, il subit une sévère défaite[réf. nécessaire] au cours d'une tentative d'invasion du nord du Caucase.
[modifier] Fin du règne d'Houlagou
Il meurt en 1265.
Sa tombe se trouve en Azerbaïdjan, mais on ne connaît pas précisément son emplacement.
Son fils Abaqa lui succède, installant la dynastie des Houlagides qui régne sur le territoire connu sous le nom de khanat (ou ilkhanat) de Perse jusqu'en 1340.
[modifier] Points particuliers
[modifier] Personnalité d'Houlagou
Houlagou est un personnage complexe. Passionné de philosophie et de science, recherchant la société des gens de lettres, il se transforme pendant ses campagnes en bête sanguinaire, assoiffée de sang et de destruction[réf. nécessaire].
[modifier] Politique religieuse
Très influencé par le christianisme (sa mère, son épouse Doqouz Khatoun (Tokuz-khatoun) et plusieurs de ses collaborateurs appartiennent à l’Église nestorienne) il n’a pas renoncé au chamanisme. En Perse, il se montre tolérant à l’égard des musulmans, mais, emporté par la volonté de détruire toute entité politique capable de s’opposer à lui, il mène contre les métropoles sous souveraineté musulmane une guerre de destruction totale.
[modifier] Mariages et descendance
Il épouse Dogouz Khatoun, une chrétienne, qui est son épouse principale.
[modifier] Bibliographie
- René Grousset, L'Empire des steppes Attila, Gengis Khan, Tamerlan, Editions Payot, Paris, 2001, 656 p., [ISBN 2-228-88130-9] (Première édition : Payot, 1939)
- Denise Aigle, « Loi mongole vs loi islamique. Entre mythe et réalité », dans Annales Histoire Sciences sociales, 5/2004, p. 971-996, disponible en ligne sur le site Cairn-info
[modifier] Liens externes
- Généalogie des Gengiskhanides
- (en) Reuven Amitai, « Hulāgu (Hülegü) Khan », dans Encyclopædia Iranica en ligne
[modifier] Notes et références
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