Ordos (Mongolie-Intérieure)

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Ordos
鄂尔多斯市
Localisation de la préfecture de Ordos (en jaune)
Localisation de la préfecture de Ordos (en jaune)
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Province Mongolie-Intérieure
Statut administratif Ville-préfecture
Code postal Ville : 014300[1]
Indicatif 0477[1]
Démographie
Population 1 280 000 hab.
Densité 15 hab./km2
Géographie
Coordonnées 39° 38′ 00″ N 109° 50′ 00″ E / 39.633333, 109.833333 ()39° 38′ 00″ Nord 109° 50′ 00″ Est / 39.633333, 109.833333 ()  
Superficie 8 742 800 ha = 87 428 km2
Localisation

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Ordos

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Ordos
Une sculpture mongole dans la nouvelle ville d'Ordos

Ordos (chinois : 鄂尔多斯市 ; pinyin : È'ěrduōsī shì[2]) est une ville-préfecture de la région autonome de Mongolie-Intérieure en Chine. La population de sa juridiction est de 1,28 million d'habitants. La juridiction a les moyens de ses ambitions. Elle est située au cœur de la Mongolie-Intérieure, nouvel eldorado Chinois. Le district revendique un tiers des réserves de gaz naturel du pays et un sixième du charbon. Le charbon répond à 70 % des besoins énergétiques nationaux. Un minerai de haute qualité exploité à ciel ouvert, que des norias de camions acheminent vers le sud du pays. À cela s'ajoutent de l'or, des métaux rares, du cachemire… Croulant sous les devises, la ville-préfecture connaît depuis plusieurs années une croissance économique de 25 %, un taux deux fois et demi supérieur à celui de la Chine dans son ensemble. Le centre administratif est situé dans le district de Dongsheng.

Géographie[modifier | modifier le code]

La région administrative de la ville d'Ordos s'étend sur environ 400 km d'est en ouest et de 340 km du nord au sud, a une superficie de 86,752 km², et occupe la plus grande partie du plateau d'Ordos. La vilel-préfecture est bordée à l'est par la ville-préfecture de Hohhot, capitale de la Région autonome, au nord-est par la ville-préfecture de Baotou, au nord par la ville-préfecture de Baynnur, au nord-ouest par l'Ligue d'Alxa, à l'ouest par la ville-préfecture de Wuhai, au sud-ouest par la Région autonome huí du Níngxià et au sud par les provinces du Shaanxi et du Shanxi. Vers la fin de l'année 2004, Ordos avait une population d'environ 1,36 millions de personnes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ordos a été un point de contrôle pour l'accès aux pâturages des peuples nomades turco-mongols, notamment des Hsiung-nu. La ville a été prise lors de l'offensive des Han contre ces derniers, et recolonisée par 100 000 Chinois en 127 après J.-C[3].

Économie[modifier | modifier le code]

Ordos est le centre d'une des régions les plus riches de Chine. Avec une valeur nominale de PIB par habitant de 14 500 $ en 2008, il est classé devant la capitale de la Chine, Pékin. Elle est extrêmement riche en ressources naturelles, et possède un sixième de la réserve de charbon en Chine. En conséquence, le revenu par habitants s'y est élevé à 14 000 euros en 2009, et l'objectif du gouvernement local est de 17 500 euros en 2012. Les piliers de son économie sont le textile (laine), les mines de charbon, la pétrochimie, la production d'électricité et la production de matériaux de construction.

Ville nouvelle[modifier | modifier le code]

Ordos a reçu de forts investissements de la part du gouvernement chinois, et une toute nouvelle ville a été construite à 30 kilomètres du vieux Ordos[4]. Cependant, la nouvelle ville reste principalement vide, les prix étant trop chers pour que la population locale puisse s'y installer[5]. La ville a été construite pour un million d'habitants, mais en accueille moins de 30 000 pour l'instant. Les autorités ont revu leurs aspirations à la baisse et disent aujourd'hui attendre 300 000 personnes d'ici à 2020. Nombre de quartiers sont encore en chantier. Elle offre le spectacle d'innombrables grues édifiant d'innombrables immeubles d'habitation. Une aubaine pour les « mingongs » (ouvriers migrants), qui gagnent ici 3 000 yuans (318 euros) par mois contre 2 500 (265 euros) ailleurs. Une banlieue de tours d'habitations a surgi en périphérie d'Ordos. L'immobilier de la ville géante est hors de prix pour beaucoup de Chinois. Les prix de l'immobilier ont grimpé de 350 % en quatre ans : en mai 2009, le mètre carré valait 560 euros, et 900 euros en 2011 (contre 3 000 euros à Pékin). Pour bâtir celle que l'on qualifie déjà de « mini-Hongkong », cinq milliards de yuans (six cents millions d'euros) ont été investis. Ordos se veut une vitrine de la Chine de demain, avec ses résidences de standing pour riches, ses rangées de villas pour très riches, ses appartements confortables pour classes moyennes. L'université accueille déjà 1 500 étudiants. Plus de la moitié y apprennent l'ingénierie, dans l'espoir de travailler pour les compagnies de gaz et de charbon.

En 2011, on compte 2,7 logements par habitants. Un encadrement plus strict des activités immobilières sonne la fin de cette spéculation, les prix baissent légèrement[6].

Des statues monumentales de cavaliers mongols montent la garde devant les buildings austères de l'administration locale. Hors les bâtiments administratifs, le long des larges avenues sont construits des immeubles futuristes et des monuments à l'architecture fantasque — théâtre en forme de chapeau mongol, bibliothèque évoquant trois livres inclinés, ou encore le musée d'Ordos, rappelant un bloc de charbon.

À Ordos, on préfère parler de « métropole en devenir », de « cité chinoise de demain ». Le meilleur, c'est l'engagement environnemental de la cité, plantée de dizaines de milliers d'arbustes pour faire reculer la désertification. Partout, des panneaux solaires, des ampoules à basse consommation. Les deux lignes de bus sont gratuites et roulent au gaz naturel et à l’électricité. La vidéosurveillance est présente partout, aucune habitation n'a pignon sur rue. Aucun édifice religieux n'existe à Ordos.

À terme, les villes de Yiqi (150 000 habitants), d'Ordos et de Dongsheng (300 000 habitants) devraient se rejoindre pour former une seule conurbation, qui sera probablement une des plus riches de Chine. C'est un phénomène courant dans le pays : des villes qui, il y a un demi-siècle, n'étaient que des bourgs distants de dizaines de kilomètres, aujourd'hui se touchent. À elle seule, Ordos devrait être étendue à 362 kilomètres carrés d'ici à 2015, soit plus de dix fois sa taille actuelle !

Aéronautique dans la ville[modifier | modifier le code]

Ordos devrait accueillir, en 2015, les équipements du futur Comac C919, un avion de ligne chinois. À l'horizon 2020, la ville entend se positionner comme l'un des pôles d'excellence de l'aéronautique sur le plan mondial.

Subdivisions administratives[modifier | modifier le code]

La ville-préfecture d'Ordos exerce sa juridiction sur huit subdivisions - un district et sept bannières :

  • le district de Dongsheng - 东胜区 Dōngshèng qū ;
  • la bannière de Dalad - 达拉特旗 Dálātè qí ;
  • la bannière de Jungar - 准格尔旗 Zhǔngé'ěr qí ;
  • la bannière avant d'Otog - 鄂托克前旗 Ètuōkè Qián qí ;
  • la bannière d'Otog - 鄂托克旗 Ètuōkè qí ;
  • la bannière de Hanggin - 杭锦旗 Hángjǐn qí ;
  • la bannière d'Uxin - 乌审旗 Wūshěn qí ;
  • la bannière d'Ejin Horo - 伊金霍洛旗 Yījīnhuòluò qí.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Codes postaux et téléphoniques de la Mongolie-Intérieure, (en) Zip Code, ChinaTravel
  2. du mongol ᠣᠷᠳᠣᠰ ᠬᠣᠲᠠ ; mongol cyrillique : Ордос хот ; mongol latin : Ordos xota
  3. Gérard Chaliand, Les Empires nomades de la Mongolie au Danube : Ve s. av. J.-C. - XVIe s., Perrin, 1995, chapitre 1
  4. « Chine : Ordos, la mégapole des steppes », Géo, 1er juin 2011.
  5. (fr) « Ordos: That's where we're off to next! » (consulté le 15 novembre 2009)
  6. Chen Yan, « En Mongolie-Intérieure l'immobilier s'effondre », Courrier international (source : Shiji Jingji Baodao), no 1100,‎ du 1er au 7 décembre 2011, p. 46

Liens externes[modifier | modifier le code]