Grande Mongolie

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Mongolie, Mongolie-Intérieure, régions de Chine et de république de la Fédération de Russie habitées par les Mongols.

La Grande Mongolie est une région géographique située en Asie (Asie centrale et Extrême-Orient), et constituée de territoires contigus habités à l'origine par des ethnies mongoles. Elle inclut approximativement l'État de la Mongolie, la Mongolie-Intérieure de la Chine, la Bouriatie et d'autres petites régions habitées par les Mongols ayant le statut de république de la Fédération de Russie.

Les populations de cette région partagent la culture mongole traditionnelle a des degrés divers, et parlent l'une des langues mongoles. À l'exception de la Mongolie, les Mongols ne constituent à présent qu'une minorité dans la plupart de ces régions.

Histoire[modifier | modifier le code]

La notion définissant les peuples habitant ces territoires comme « Mongols » a été établie au début du XIIIe siècle, lorsque Genghis Khan eut unifié les tribus turco-mongoles en une nation homogène. Après la chute de la Dynastie Yuan en 1368, des parties de la Grande Mongolie ont été reprises par les Chinois de la dynastie Ming, tandis que le reste a été divisé entre plusieurs domaines Mongols, principalement les Oïrats et les Khalkhas. Au XVIIe siècle, tout le territoire est tombé sous la domination des Mandchous de la dynastie Qing.

Après la Déclaration d'indépendance de la Mongolie Extérieure fin 1911, le gouvernement du Bogdo Khan a cherché au début à unifier la Mongolie Intérieure et Extérieure. Des troupes armées ont été envoyées en Mongolie Intérieure, mais ont dû être rappelées après que la Russie se fut rendue compte que ces mouvements pouvaient provoquer un conflit avec le Japon. En 1919, les Japonais ont mis en place un soi-disant mouvement pan-mongol sous la direction de Grigori Semenov dans le nord-est de la Mongolie Intérieure, mais le gouvernement de Bogdo Khan a refusé de s’y joindre. Roman Fedorovitch von Ungern-Sternberg a fait aussi quelques références à un mouvement pan-mongol.

Après la défaite de Roman Fedorovitch von Ungern-Sternberg par les communistes mongols dirigés par Damdin Sükhbaatar, le nouveau régime de la République populaire mongole a reconsidéré cette idée. Mais sous la pression du Kominterm, qui considérait que s’aliéner la Chine pour le bien de moins de deux millions de Mongols n’était pas raisonnable, cette politique a dû être abandonnée dans le milieu des années 1920.

Une réminiscence du mouvement pan-mongol est apparue à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, lorsque les troupes de la République populaire mongole participèrent aux Opérations Soviétiques contre le Mengjiang lors de l'invasion soviétique de la Mandchourie. Cependant, les troupes de la Mongolie Extérieure ont été retirées rapidement après la fin des hostilités.

Après la réforme démocratique de 1991, plusieurs organisations non gouvernementales ont réintroduit des efforts pour recommander le mouvement pan-mongol. En Mongolie, il s’agit du « Mouvement pour l'Unité de la Nation Mongole », en Bouriatie le « Mouvement pour l'Unité Nationale Negeden » et le « Parti du peuple Bouriato-Mongol ». Cependant, aucune de ces organisations n’a obtenu d'influence politique significative[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. David Johnson, 9. Russia-Mongolia: Latent Territorial Issues, Center for Defense Information, 2003