Théâtre africain de la Première Guerre mondiale

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Théâtre africain de la Première Guerre mondiale
Informations générales
Date du 4 août 1914 au 14 novembre 1918
Lieu Afrique
Issue Victoire des Alliés
Belligérants
Drapeau français France
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni
Drapeau du Portugal Portugal
Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau de l'Afrique du Sud Union d'Afrique du Sud
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Drapeau : Transvaal Rébellion Maritz, Boers
Forces en présence
jusqu'à 1 million d'hommes. jusqu'à 80 000 hommes.
Première Guerre mondiale
Batailles
Front africain

Laï (8-1914) · Sandfontein (9-1914) · Tanga (11-1914) · Naulila (12-1914) · Jassin (1-1915) · Gibeon (4-1915) · Bukoba (6-1915) · Mongua (8-1915) · Salaita (2-1916) · Beringia (5-1916) · Negomano (11-1917)


Front italien


Front d'Europe de l'Est


Front d'Europe de l'Ouest


Front du Moyen-Orient


Bataille de l'Atlantique

L'Afrique a été le théâtre de combats au cours de la Première Guerre mondiale. Ces combats concernent des zones géographiques dispersées en Afrique, correspondant aux colonies allemandes : Cameroun, Togo, Afrique du Sud-Ouest, Afrique orientale allemande.

Contexte[modifier | modifier le code]

À cette époque, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne veulent tous trois étendre leurs empires coloniaux et ont déjà entrepris, par le passé, de s'affronter de façon plus moins ouvertes en procédant par intimidation et infiltration. En Afrique orientale allemande, les Allemands ont déjà répondu à 11 tentatives anglaises.

Au moment où la guerre éclate en Europe, les colonies allemandes ont de très bonnes défenses et d'importants effectifs militaires. Les garnisons des colonies appartenant aux alliés français, anglais et belges sont prêtes pour la guerre. Ces armées qui vont s'opposer ont toutes d'importantes troupes, des tonnes de fournitures, et des armes modernes. Les colonies portugaises sont moins armées mais combattront cependant aux côtés des alliés.

Afrique de l'Ouest[modifier | modifier le code]

L'Allemagne avait deux colonies en Afrique de l'Ouest, le Togo et le Kamerun (aujourd'hui appelé Cameroun). Les troupes allemandes du Togo n’opposèrent que peu de résistance aux troupes alliées franco-anglo-belges et capitulèrent dès août 1914.
Au Cameroun, les forces allemandes durent abandonner la région de la côte assez rapidement et se replièrent dans l’arrière-pays où elles livraient une guerre de guérilla aux troupes alliées pendant près de deux ans avant de se rendre en février 1916 devant un ennemi en fort surnombre.

Sud-ouest de l'Afrique[modifier | modifier le code]

Les possessions allemandes du sud-ouest de l'Afrique (aujourd'hui la Namibie) sont un immense territoire aride. Le Désert de Namib est une zone complètement déserte le long de la côte. Windhoek est la capitale coloniale, elle est située à 200 kilomètres des côtes de l'océan Atlantique. 3 000 soldats sont stationnés dans la ville, ils peuvent compter sur le soutien de la plupart des 7 000 hommes adultes de la ville, des colons allemands. De plus, les Allemands ont de bonnes relations avec les Boers d'Afrique du Sud, qui ont mené une guerre sanglante contre le Royaume-Uni à peine 12 ans plus tôt.

Les Britanniques ont commencé par armer et organiser leurs anciens ennemis les Boers. Cette stratégie est dangereuse, car l'attaque prévue sur la Namibie s'est transformée en une rébellion de 12 000 Boers armés.

Article principal : Rébellion Maritz.

Jan Smuts et Louis Botha, des dirigeants boers, prennent parti pour les Britanniques contre Christiaan Beyers et Christiaan De Wet. Au cours de deux batailles en octobre 1914, les rebelles sont défaits. À la fin 1914, la rébellion prend fin.

Après le mois de janvier 1915, le général Smuts continue ses opérations militaires dans le sud-ouest de l'Afrique. Les troupes sud-africaines se sont endurcies et expérimentées en vivant dans ce type de terrain. Elles traversent des centaines de kilomètres de désert à cheval en quatre colonnes. Les Allemands tentent de retarder leur avance, mais sans succès. Windhoek est capturée le 12 mai 1915. Dans les deux mois qui suivent, toutes les forces allemandes se rendent.

Afrique de l'Est[modifier | modifier le code]

Pendant les quatre années du conflit, les forces alliées Britanniques, Belges et Portugaises ne parviennent pas à battre définitivement l'armée de l'Afrique orientale allemande (aujourd'hui la Tanzanie et le Burundi). Les opérations provoquent des dizaines de milliers de victimes dont 99 % résultent de maladies endémiques. Le commandant allemand, le colonel (plus tard général) Lettow Vorbeck parvient à conserver la capacité combattive de son armée en menant une campagne de guérilla contre ses adversaires pendant toute la durée de la Grande Guerre. Ce succès est resté légendaire, mais il a eu un impact très faible sur le cours de la Première Guerre mondiale.

Les forces allemandes subissent des raids, des attaques et des embuscades à quoi elles ripostent par la même tactique de harcèlement. Les forces allemandes se battent sur l'ensemble du territoire de l'Afrique orientale allemande, les troupes vivant en capturant les fournitures militaires des armées britanniques et portugaises.

Les troupes du Congo Belge attaquent les positions allemandes de la rive Est du lac Tanganyka dès 1914. Les Belges ont amené sur leur rive du lac des bateaux démontables et deux hydravions, ce qui constitue la première apparition de l'aviation dans le ciel de l'Afrique centrale. La petite flotte allemande est coulée et, ensuite, les forces belges sous les ordres du général Charles Tombeur repoussent les Allemands et entrent en Afrique Orientale, avançant en colonnes soutenues par 200.000 porteurs dans le but de faire jonction avec des forces britanniques. Les Belges remportent la victoire à Tabora et, de 1916 à 1918, ils vont continuer à combattre dans une partie de l'Est africain allemand englobant le Ruanda et l'Urundi.

En 1916, les Britanniques donnent à Jan Smuts, ancien commandant boer, la responsabilité de vaincre les Allemands. Sa conquête de l'Afrique orientale allemande est méthodique, mais moyennement réussie car seule la région nord de la colonie allemande est vraiment conquise à l'automne 1916, les troupes britanniques ayant conquis la seule ligne de chemin de fer de la colonie allemande, ce qui leur donne la maîtrise de la région s'étendant au nord de la ligne. L'armée de Lettow-Vorbeck n'est toujours pas vaincue et reste active longtemps après le départ de Jan Smuts pour le Cabinet de guerre impérial à Londres en 1917. Les forces allemandes sont alors divisées. À l'est, elles doivent contenir la pression belge, à l'ouest, elles sont confrontées aux Britanniques, mais aussi aux Portugais venus de leur colonie de l'Afrique de l'est (actuellement le Mozambique). Le commandant en chef allemand Lettow-Vorbeck parvient, en manoeuvrant ses forces avec rapidité, à contrer tour à tour chacun de ses adversaires et repousse les Portugais jusqu'à se réfugier dans leur propre colonie où il s'empare de stocks de munitions et de vivres. Plus tard, il va tenter de contre-attaquer en Afrique Orientale Allemande, mais va finir par se trouver acculé en Rhodésie du Nord en 1918.

Lettow-Vorbeck accepte un cessez-le-feu sur la rivière Chambeshi, le 14 novembre 1918, après avoir reçu un télégramme l'informant que l'Allemagne avait signé l'armistice le 11 novembre. La reddition officielle est signée le 23 novembre 1918 à Abercorn. Il est dit que l'armée de Lettow-Vorbeck n'a jamais été vaincue au combat, même si elle a reculé dans de nombreux engagements.

Afrique du Nord[modifier | modifier le code]

Elle opposa principalement les Senoussi et des tribus berbères, appuyées par l'Empire ottoman et l'Empire allemand, au Royaume-Uni, à l'Italie et à la France dans le sud-ouest de la Libye et en Tripolitaine.

Les Ottomans avaient l'intention d'ouvrir un nouveau front afin d'attirer les troupes britanniques combattant dans le Sinaï et en Palestine afin de réduire la pression que les Allemands subissaient de la part des Alliés sur d'autres fronts. Les Italiens, qui souhaitaient conserver les gains territoriaux qu'ils avaient fait par le biais du traité de Lausanne, participèrent au conflit.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

La guerre a marqué la fin de l'éphémère empire colonial allemand. Le Royaume-Uni, la France et la Belgique se sont partagé les colonies africaines de l'Allemagne. La plupart des anciennes colonies allemandes ont accédé à l'indépendance vers 1960. La Namibie fut la dernière à accéder à l'indépendance, en obtenant la liberté politique de l'Afrique du Sud en 1988.

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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