Traité Heligoland-Zanzibar

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Cérémonie de transfert de souveraineté à Heligoland, 10 août 1890.

Le traité Heligoland-Zanzibar (en allemand : Helgoland-Sansibar-Vertrag) du 1er juillet 1890 (également connu sous le nom d’accord anglo-allemand de 1890) est un règlement conclu entre le Royaume-Uni et l’empire allemand portant pour l’essentiel sur des intérêts territoriaux en Afrique.

Termes[modifier | modifier le code]

L’Allemagne obtient les îles de Heligoland (Helgoland en allemand, à l’origine rattachées au duché danois de Holstein-Gottorp) en mer du Nord, la bande de Caprivi (chefferie des Fwe en Namibie), et les mains libres pour prendre le contrôle de la côte de Dar es Salam et former le cœur de l’Afrique orientale allemande (renommé après la défaite allemande de 1918 en Tanganyika, qui est aujourd’hui (2009) la partie continentale de la Tanzanie).

En échange, l’Allemagne laisse à la Grande-Bretagne le protectorat du petit sultanat du Wituland (Deutsch-Witu, sur la côte kenyane), des parties d’Afrique de l'Est (essentielles au Royaume-Uni qui souhaite construire un chemin de fer jusqu’au lac Victoria) et promet de ne pas intervenir dans la politique de Londres vis-à-vis du sultanat de Zanzibar. Le Royaume-Uni déclare un protectorat sur le sultanat insulaire de Zanzibar (composé des îles de Zanzibar et Pemba) et, à la suite du bombardement de Zanzibar de 1896, obtient le contrôle total de cet État de l’océan Indien.

En outre, le traité reconnaît une sphère d’intérêts allemands dans le Sud-Ouest africain allemand (aujourd’hui la Namibie) et établit les frontières séparant le Togoland allemand de la Côte-de-l'Or britannique et le Kamerun allemand de la colonie britannique de la Nigeria.

Conséquences[modifier | modifier le code]

L’ancien chancelier allemand Otto von Bismarck dénonce ce traité comme un fourvoiement, cherchant à attaquer son successeur Leo von Caprivi sur la conclusion d’un accord qu’il a lui-même négocié du temps de son ministère. En réalité, l’Allemagne a déjà perdu la bataille pour le partage de l'Afrique et n’a jamais eu le moindre contrôle sur le sultanat de Zanzibar. Elle n’est donc en réalité guère en mesure de l’échanger contre Heligoland, version pourtant défendue par Bismarck, et qui est très vite récupérée par les colonialistes arguant d’une trahison des intérêts allemands (« un pantalon contre un bouton »). Alfred Hugenberg appelle à la fondation de la Alldeutscher Verband qui naît en 1891.

En revanche, le traité sert les buts de Caprivi d’un règlement avec le Royaume-Uni pour récupérer le Heligoland, vitale pour le contrôle allemand du golfe formé par la côte ouest allemande avec la péninsule du Jutland, contrôle nécessaire à la fois aux plans de l’empereur Guillaume II d'Allemagne visant à l’établissement d’une marine impériale et pour la construction du canal de Kiel.

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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