Mucilage
Un mucilage est une substance végétale constituée de polysaccharides, qui gonfle au contact de l'eau et produit une substance visqueuse semblable à la gélatine.
De nombreuses substances d'origine végétale, animale ou fongique, et même bactériennes (cyanobactéries, dont nostocs par exemple) présentant des caractéristiques proches sont dites mucilagineuses. C'est le cas des mucus produits par de nombreuses espèces animales, aquatiques notamment, mais pas uniquement.
Des mucilages protègent aussi les racines et méristèmes de certaines espèces végétales, dont contre certains métaux toxiques[1] ;
Ils semblent souvent impliqués dans la protection contre l'érosion et l'abrasion (en tant que lubrifiant naturel), mais aussi contre les infections ou des agressions externes, par les Ultra-violets solaires notamment. Les mucilages externes de certains animaux pourraient aussi avoir été un moyen de plus de se protéger de leur prédateur (ils sont plus difficiles à saisir, à blesser ou tuer, et peuvent s'enfuir plus facilement).
Tout en facilitant la natation, le mucilage de la civelle facilite sont adhérence à un support exondé. Celui de la limace et de l'escargot facilite à la fois leur adhésion au substrat et leur déplacement. Lors de leurs migrations, les civelles qui en adhérant au substrat peuvent remonter les parois verticales de barrages naturels ou artificiels (sur plus d'un mètre de hauteur).
Beaucoup de graines ou pépins sont enveloppés d'un mucilage (Ex : pectine), ou en produisent quand ils sont dans l'eau ou dans un tube digestif.
On observe localement et périodiquement, au moins depuis le début du XXe siècle dans certaines eaux (ex nord de la Mer Adriatique) l'apparition de grandes masses gélatineuses, mucilagineuses[2]. On a d'abord pensé qu'il s'agissait de polysaccharides abondamment exsudés par des algues manquant de phosphore. Une thèse plus récente (1999) est que ce gel marin serait plutôt produit par des bactéries interagissant avec de la matière organique dissoute[2]. ce gel serait entretenu par des enzymes bactériennes et d'autres processus bactériens. Les bactéries entretiennent ainsi un haut niveau de production primaire malgré des taux extrêmement bas de phosphore biodisponible dans l'eau[2]. Un phénomène d'une autre nature, qui semble lié à l'eutrophisation par les nitrates est l'apparition de mousses mucilagineuses en Mer du nord, produites par une algue planctonique phaeocystis[3]
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[modifier] Utilisations
Des mucilages végétaux sont utilisés, traditionnellement ou industriellement pour leurs propriétés épaississantes, adhésives et adoucissantes.
- Avant l'utilisation de la gélatine et de diverses autres substances, les racines de la guimauve, une plante des zones humides, étaient utilisées pour créer une pâte : la pâte de guimauve. Ses propriétés en font un laxatif : les graines de lin et de plantain (psyllium) sont également laxatives, et toujours utilisées à cette fin.
- Les mucilages végétaux sont également utilisés comme base principale dans des produits de coiffure défrisants.
Autrefois, les coiffeurs fabriquaient eux-mêmes leur « bandoline » à partir de pépins de coing macérés pendant trois jours à raison de 50 g par litre d'eau pure (réf. : revue « Vie Naturelle » de mai 1988).
[modifier] Voir aussi
[modifier] Articles connexes
[modifier] Liens externes
[modifier] Bibliographie
[modifier] Notes et références
- Horst WJ, Wagner A, Marschner H. (1982), Mucilage protects root meristems from aluminium injuruy. Z. Pflanzenphysiol. 105. 435-44. Vigna: ecological value of mucilage production. Ecological anatomy, Mineral nutrition, Leg_Pap, Mucilage cells Slime Secretory elements: Mucilage, Soils, Roots (PMBD, 185703901). (Lien)
- Azam F. ; Fonda Umani S.; Funari E., Significance of bacteria in the mucilage phenomenon in the northern Adriatic Sea : State of the art and new scientific hypotheses on the phenomenon of mucilages in the adriatic sea ; 1999, vol. 35, no3, pp. 411-419, 53 reférences.) (Fiche Inist-CNRS)
- Christiane Lancelot, The mucilage phenomenon in the continental coastal waters of the North Sea ; Groupe de Microbiologie des Milieux Aquatiques, Université Libre de Bruxelles, dec 1999.