Tela Botanica

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Tela Botanica

Logo de l’association
Cadre
Forme juridique ONG régie par la loi de 1901
Fondation
Identité
Présidente Christel Vignau
Site web tela-botanica.org

Tela Botanica est un réseau collaboratif de botanistes francophones dont 80 % résident en France[1].

Il a servi de modèle au réseau d'entomologistes Tela Insecta, qui se développe en partenariat avec Tela Botanica.

Contexte[modifier | modifier le code]

Face à l'importance grandissante des enjeux liés à la protection des ressources de la planète et à la nécessité de leur exploitation durable, il importe que la botanique retrouve une place prépondérante au croisement des nombreuses disciplines qui portent sur la connaissance des plantes et du monde végétal : floristique, systématique, taxinomie, phytosociologie, phytogéographie, chorologie, écologie végétale, ethnobotanique, etc.

C'est dans le but de soutenir ce renouveau de la botanique dans l'espace francophone que le réseau Tela Botanica a vu le jour.

Historique[modifier | modifier le code]

Le réseau Tela Botanica a été créé et est géré par une association loi de 1901 : l'Association Tela Botanica. Cette association a déposé ses statuts le 14 décembre 1999 dans le département de l'Hérault. Ses membres fondateurs comprennent trois personnes morales (la Société botanique de France, la Garance voyageuse et l'ACEMAV) et l'initiateur du projet est Daniel Mathieu.

Le siège de l'association est situé à l'Institut de botanique de Montpellier (Université Montpellier 2), 163 rue Auguste-Broussonet. En 4 ans, le réseau a doublé son nombre d’inscrits alors qu’il avait fallu 7 années pour atteindre le 10 millième inscrit ; Le 20 000 ème membre a rejoint l'association le 22 avril 2013[2].

Objectifs[modifier | modifier le code]

Ses principaux objectifs sont :

  • de créer des liens entre les botanistes francophones ;
  • de monter des projets collectifs ;
  • de collecter des données pour les mettre à disposition des botanistes ;
  • de regrouper les initiatives qui concourent au développement de la botanique, y compris de la « botanique numérique »[3].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le réseau Tela Botanica s'adresse à toutes les personnes, physiques ou morales, intéressées par la connaissance et la protection du monde végétal, dans une éthique de respect de la nature, de l'homme et de son environnement.

Son fonctionnement repose sur deux choix essentiels :

  • la logique et l'éthique des réseaux collaboratifs pour la mode de participation des adhérents (cf les travaux de Jean-Michel Cornu) ;
  • l'utilisation massive des TIC (technologies de l'information et de la communication) comme vecteur d'échange entre les adhérents au travers de son portail Internet de la botanique francophone.

Tous les logiciels et toutes les applications développées dans le cadre du réseau sont sous licence libre CeCILL. Les données et les documents sont pour l'essentiel diffusés sous une licence libre Creative Commons. Une collaboration étroite est établie avec le portail botanique francophone de Wikipédia en français.

L'inscription au réseau Tela Botanica est libre et gratuite. Elle donne la possibilité d'utiliser les moyens logistiques et techniques du Réseau pour monter et valoriser des projets, de participer aux différents collectifs animés dans le cadre du réseau et permet de recevoir par courrier électronique la lettre hebdomadaire des actualités botaniques francophones. L'inscription s'effectue en ligne à partir d'Internet et un système de cartographie mondiale permet de visualiser la localisation des 15 000 inscrits (au 8 juin 2011[4]) du réseau dans plus de 60 pays.

Les membres du réseau disposent d'une possibilité d'expression et de proposition dans le cadre des forums de discussion et autres moyens consultatifs mis en place par le réseau. Ils peuvent être consultés par le comité de pilotage pour recueillir un avis sur des choix importants. Ils constituent un élément clé dans la dynamique et de la vie du réseau.

Tela Botanica édite une lettre d'actualités hebdomadaire concernant la botanique diffusée gratuitement, exclusivement par Internet.

Projets du réseau[modifier | modifier le code]

Parmi les principaux projets menés par le réseau nous pouvons mentionner :

  • l'index bibliographique des publications botaniques francophones : recueil de plus de 26 000 références consultables en ligne ;
  • l'index synonymique de la flore de France : index consultable et téléchargeable de plus 86 000 noms de plantes de France métropolitaine (index initié par Michel Kerguélen et poursuivi par Benoît Bock dans le cadre du réseau Tela Botanica) ;
  • l'index des noms vernaculaires des plantes dans 7 langues européennes (français, espagnol, catalan, italien, allemand, néerlandais et anglais) ;
  • la collecte et la saisie des tableaux de relevés phytosociologiques des associations végétale de France métropolitaine et des régions limitrophes ;
  • la liste des plantes dans chaque département de France ;
  • l'inventaire des herbiers de France, en partenariat avec l'Université Montpellier 2 et le Muséum national d'histoire naturelle ;
  • la synthèse des discussions concernant la botanique sur les forums du réseau Tela Botanica ;
  • la participation au projet API (African Plants Initiative) de numérisation des planches d'herbiers (types) de la flore africaine financé par la fondation américaine A. Mellon, en partenariat avec l'Université Montpellier 2 et le Muséum national d'histoire naturelle ;
  • un projet dit Pl@ntNet de plate-forme informatique dédiés à la compilation et au partage d’outils et de connaissances en botanique[5],[6],[7].

Un espace est dédié à la présentation de l'ensemble des projets et des forums de discussion du réseau, permettant à tous les membres de participer aux différents ateliers.

Tela Botanica sujet d'étude[modifier | modifier le code]

Comme tous les grands wikis, réseaux sociaux et formes émergentes de travail collaboratif, Tela Botanica intéresse aussi des observateurs extérieurs, notamment dans le domaine des sciences citoyennes, des sciences sociales ou organisationnelles.

Ainsi, des chercheurs de l'Université du Québec à Montréal ont étudié de 2008 à 2010, sous la direction de Serge Proulx, le fonctionnement du réseau Tela Botanica[8].

Ils se sont intéressé aux pratiques de construction et d'organisation des savoirs et du nouvel environnement collaboratif, ainsi qu'aux motivation des acteurs du réseau (professionnels confirmés, amateurs...). Ils se sont aussi intéressé aux fonctions du bulletin (7700 abonnés en 2010), ouvert aux contribution de tous et qui permet des commentaires attachés aux articles, autorisant l'annonce d'événements et d'offres d'emploi. Ils ont étudié les mécanismes de production de bases de données (supervisées par des professionnels), les ressource bibliographiques en ligne et les espaces collaboratifs de projet permettant à des membres de développer des sous-projets spécifiques. Ces chercheurs ont exploré le site et ses fonctions par la méthode de l'observation participante ainsi que par des entretiens, et des groupes de discussion.
Ils ont conclu[8] que Tele Botanica est à la fois un réseau social de botanistes francophones ayant des idées à partager, une plate-forme Web, un portail et une source d'informations régulièrement mises à jour ; une communauté épistémique engagés dans la production de connaissances collectives. Le réseau présente aussi, selon eux, à la fois les caractéristiques d'une association à but non lucratif et celles d'une organisation innovatrice gérée selon un modèle « quasi-business » ; capable de participer à des projets locaux comme à des projets de recherche internationaux, et capable de construire et organiser un bien commun, en mettant l'accent sur les comportements proactivement sociaux, de collaboration mutuelle, et de production de biens collectifs.
Selon ces mêmes chercheurs, Tela botanica est une sorte de « communauté à double-voie », qui a su associer les traits de deux modèles de production habituellement séparés[8];

  • le premier est celui d'une production substantielle, de type professionnel et communautaire, venant de membres fermement actifs et étroitement liés dans la « communauté en ligne » (botanistes confirmés ou encadrée par les pairs) ;
  • le second est une production ouverte et basée sur le crowdsourcing, sur des « micro-participations » venant de nombreux membres, souvent anonymes, liés par des « liaisons faibles » [8].

Cela permet à Tela Botanica d'être une communauté sachante et apprenante ; qui est à la fois une communauté de pratiques (qui développe collectivement les compétences de tous et chacun dans les domaines de la botanique), et une communauté épistémique, constitué d'un réseau de professionnels experts. « Ce qui est ici nouveau est que les experts et les non-experts font partie du même réseau de collaboration ». Ceci conduit à interactions complexes - en interne - entre botanistes amateurs et professionnels. Et à l'extérieur, cela influe sur la manière dont le site est institutionnellement perçu ; Le réseau a du gérer des tensions avec une partie du réseau scientifique institutionnel, et peu à peu se faire reconnaitre comme acteur crédible du domaine, notamment pour s'inscrire dans des collaborations officielles[8].

Les sociologues, au travers de cet exemple, examinent aussi les moyens et possibilités pour des organisations à but non lucratif d'agir de manière professionnelle ; ou pour des communautés fondées sur une collaboration volontaire de participer à des réseaux de recherche organisée de manière professionnelle. Le réseau étant encore jeune, « quelle est la stabilité de cette forme nouvelle d'organisation, tant en termes d'organisation interne, que de reconnaissance externe, d'ampleur de ses projets, qualité de ses travaux, et ses relations et les connexions avec son environnement[8] ? ». « Tela Botanica est un exemple d'innovation organisationnelle qui n'est pas originellement bottom-up, mais qui combine le collectif et l'innovation. Il s'agit d'un hybride entre modèles à but lucratif/but non lucratif qui s'engage dans l'innovation mené par la communauté, mais génère également des résultats professionnels » concluait S. Proulx en 2010[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jérémy SALINIERQui sont les 20 000 membres du réseau ?, article Tela botanica du 2013-04-23, consulté 2013-04-29
  2. Daniel MATHIEU Avril 2013 : 20 000 personnes inscrites au réseau Tela Botanica !, brève de Tela botanica du 22 avril 2013
  3. « Outils collaboratifs et science citoyenne : la contribution de Tela Botanica » au Salon international de l'agriculture, 23 février 2009, sur le site de l'INRA.
  4. 15 000 membres ! article mis en ligne mercredi 8 juin 2011
  5. Présentation de Pl@ntNet
  6. Reportage sur le projet Pl@ntNet
  7. Présentation du projet (PowerPoint / PDF)
  8. a, b, c, d, e, f et g Hybrid Organisational Innovation : The Case of Tela Botanica, Résumé (en anglais) mis en ligne le 17 novembre 2010 par Tela Botanica de la communication de Serge Proulx au colloque de Association of Internet Researchers (AoIR 2010), le 22 Oct. 2010, Gothenburg en Australie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rapport activité 2010 du réseau Tela Botanica
  • Lorna Heaton (Université de Montréal), La réactualisation de la contribution des amateurs à la botanique ; Le collectif en ligne Tela Botanica, revue Terrains & travaux (ENS Cachan), 2011/1 (n° 18) 240 pages Lien.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]