Adventice

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Une adventice est, en botanique, une espèce végétale étrangère à la flore indigène d'un territoire dans lequel elle est accidentellement introduite et peut s'installer.

En agronomie, ce terme désigne une plante herbacée ou ligneuse indésirable à l'endroit où elle se trouve, désignée dans le langage courant par l'expression mauvaise herbe. La malherbologie désigne l'ensemble des sciences et des techniques qui étudient et éradiquent ces mauvaises herbes.

La connotation négative associée à mauvaise herbe est une forme d'anthropomorphisme liée pour l'essentiel au point de vue agricole. Ce sens peut devenir préjudiciable et n'a aucune valeur scientifique des points de vues botanique et écologique.

Sommaire

[modifier] Nature des adventices

Dans le cadre de la production agricole, les adventices peuvent être des espèces non cultivées installées dans un champ, mais aussi les repousses d'une culture précédente :

  • repousses de céréales dans une culture de colza,
  • repousses de pommes de terre dans un champ de céréales ou de betteraves,
  • etc.

Les adventices peuvent être :

[modifier] Semences

Les semences des adventices se caractérisent par :

  • une grande longévité, liée à une résistance à la dessiccation ou l'asphyxie lors d'un enfouissement profond, grâce à leur tégument plus ou moins imperméable à l'eau et à l'air.
  • un grand stock dans le sol, de l'ordre de 20 à 400 millions par hectare sur 10 à 15 cm de profondeur, dont 5 à 10 % représenterait la flore de surface.
    ou selon Barralis 7000 individus/graines par m2 sur 30 cm de profondeur ; « La densité des semences dans le sol est plus élevée entre 0–10 cm et 10–20 cm qu'entre 20–30 cm; leur viabilité est supérieure à 80% pour la majorité des espèces et elle est indépendante de la profondeur d'enfouissement »[1]

[modifier] Périodes de germination

Selon l'espèce, la période préférentielle de germination varie :

[modifier] Lutte contre les adventices

Diverses mesures préventives sont possibles:

  • le faux semis : un léger travail du sol permet d'activer les graines en surface, qui peuvent ensuite être détruite mécaniquement ou chimiquement.
  • La fertilisation localisée : En ne déposant la fertilisation qu'au plus près de la plante cultivée, on lui donner un avantage sur les adventices. Même si elles lèvent, celle-ci seront moins vigoureuse que la culture.
  • semis direct sous couvert : le paillis formé par les plantes de couvertures freine ou bloque la levée des adventices.
  • Le travail du sol en profondeur : cette technique n'est efficace qu'a court terme, le stock de graine d'adventice est dilué dans la profondeur labourée et après quelques années de labour l'effet devient nul.
  • Mesures curatives : l'arrachage manuel (au jardin ou autrefois, ou dans certains pays) ou mécanique
  • traitement herbicides : afin d'éviter des traitements inutiles et ne pas tuer la plante cultiver, l'agriculteurs ou l'applicateur de pesticide doit pouvoir identifier les mauvaises herbes présentes dans ses parcelles ; En zone tempérée, dans un bassin de production donné, le nombre des principales espèces de mauvaises herbes à connaître est de l'ordre d'une trentaine. Par ailleurs, certaines espèces sont fréquemment associées à une culture donnée : chénopode et amarante dans les betteraves, gaillet et véronique dans les céréales, etc.
    Il existe des désherbants totaux et des molécules très spécifiques ; Les agriculteurs sont souvent contraint d'utiliser plusieurs produits pour traiter l'ensemble des adventices présentes. Les traitements répétés sur de grandes surfaces ont causé l'apparition de plantes résistantes à plusieurs types de désherbants.
    Les désherbants totaux sont très efficace pour nettoyer des champs avant mise en culture. Leur potentiels toxicologique n'est plus fort que les herbicides spécifiques, leur caractères total indiquent seulement qu'il cible un processus métabolique universel chez les végétaux. Pour veiller à leur bonne biodégradation il faut éviter de les utiliser sur sols minéraux ou morts (allée de gravier, trottoir, sol viticole): ces milieux ne retiennent pas les molécules toxiques et n'ont pas la microflore bactérienne, microbienne et fongique capable de les biodégrader (pour les produits biodégradables ; le cuivre, l'arsenic ne le sont pas). Le désherbage de voiries, parc et chemin municipaux se fait sur des sols parfois incapables de les dégrader, et les sols agricoles sont également parfois trop minéralisés et appauvris en humus et microorganismes[2]. Une part importante de la pollution au glyphosate est attribuée à ces pratiques.

[modifier] Actions défavorables sur les cultures

La « nuisibilité » des mauvaises herbes prend quatre grandes formes :

  • La concurrence pour l'espace, l'ensoleillement, l'eau ou les nutriments. Les adventices s'alimentent au détriment des cultures. Cette concurrence est fonction de la nature des adventices, de la densité de population, de l'influence de la fumure et des conditions climatiques favorables aux mauvaises herbes.
  • La dépréciation des récoltes en raison de graines ou fragments de mauvaises herbes qui diminuent la qualité de la production. Le graines d'adventices comme la morelle ou la nielle sont respectivement toxiques ou susceptibles de donner un mauvais goût. Dans l'ensilage ou la récolte en sec d'herbage, la présence de renoncules, de prêles, de fougères, de colchiques, ou de mercuriales peut provoquer des accidents, alors qu'elles ne sont pas consommées en vert par les animaux.
  • des difficultés de ramassage (bourrage des machines) peuvnet être provoquées par le gaillet ou le chénopode lors de la récolte des betteraves.
  • Certaines graminées adventices peuvnett favoriser la verse des céréales et ainsi affecter la mise en œuvre de la récolte.
  • Le développement de certains ravageurs et de certaines maladies peut être favorisé par le microclimat créé par des adventices envahissantes, ou par leur rôle de réservoir ou de plantes relais pour des virus, bactéries, champignons, acariens ou insectes.

[modifier] Effet néfaste de la lutte contre les adventices

En France comme un grand nombre de pays, l'utilisation d'herbicides pour contrôler le développement des mauvaises herbes a entraîné une contamination largement répandue des eaux de surface et des eaux souterraines par des substances actives de désherbants, en particulier de la famille chimique des triazines : simazine, terbuthylazine...

Pour cette raison, les herbicides de la famille des triazines font l'objet de mesures d'interdiction en France mais pas dans l'Union Européenne.

La possibilité du développement de cultures de maïs transgéniques, présentant une tolérance à des herbicides, comme le glyphosate (Roundup), ou encore le glufosinate ammonium avec l'événement de transformation T25, suscite des interrogations. Employés dans le respect des bonnes pratiques agricoles, ces OGM peuvent réduire la consommation d'herbicides au cours des premières années d'utilisation. Toutefois, une utilisation non raisonnée des désherbants peut induire de nouvelles pollutions de l'eau ou une adaptation des adventices, entraînant l'emploi de quantités accrues de désherbants.


[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

  • (fr)

[modifier] Bibliographie

[modifier] Références

  1. BARRALISet, G. and CHADOEUF, R. (1980), Etude de la dynamique d'une communaute adventice: I — Evolution de la flore adventice au cours du cycle vegetatif d'une culture. Weed Research, 20: 231–237. doi: 10.1111/j.1365-3180.1980.tb00074.x (Résumé)
  2. Ponge Jean-François(Museum), Biodiversité et biomasse de la faune du sol sous climat tempéré : English title: Biodiversity and biomass of soil fauna in temperate climate  ; "Comptes-rendus de l'Académie d'agriculture de France 86, 8 (2000) 129-135"


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