Ploïdie

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La ploïdie d'une cellule caractérise le nombre d'exemplaires de ses chromosomes :

  • Une cellule est haploïde si elle possède n chromosomes.
  • Elle est diploïde si elle possède 2n chromosomes organisés en n paires.

Plus rarement, on peut rencontrer :

  • des cellules ou des stades de développement triploïdes (3n chromosomes)
  • des espèces polyploïdes dont le patrimoine chromosomique est le double de la normale (tétraploïdie = 4n), le triple (hexaploïdie = 6n), voire plus
  • des anomalies du nombre de chromosomes ou aneuploïdies

Schéma général[modifier | modifier le code]

Fécondation et méiose[modifier | modifier le code]

Chez les espèces à reproduction sexuée (animaux, plantes, champignons, ...), la fusion des deux cellules ou gamètes fournies par chacun des parents lors de la fécondation assemble deux lots morphologiquement identiques de chromosomes, ceux du gamète mâle et ceux du gamète femelle. L'œuf ou zygote qui résulte de la fécondation contient donc deux lots identiques de chromosomes.

Ces chromosomes étant appariables, on désigne le nombre de chromosomes de l’œuf, qui est ainsi dit diploïde, par 2n. Les gamètes qui n'ont qu'un seul lot de n chromosomes sont dits haploïdes.

Lors du développement d’un organisme, les divisions cellulaires normales ou mitoses conservent le nombre de chromosomes de la cellule : une cellule haploïde donne deux cellules haploïdes, une cellule diploïde donne deux cellules diploïdes.

Pour assurer le cycle de vie complet (d'œuf x à œuf x+1), il est donc nécessaire de compenser à un moment ou à un autre le doublement chromosomique de la fécondation par une opération inverse, la méiose, une division cellulaire particulière, qui permet un retour à l’état haploïde.

Selon les groupes d'êtres vivants, la place de la méiose et de la fécondation sont variables au cours du cycle de développement. Par exemple, la méiose a lieu au cours de la formation des gamètes chez les mammifères ce qui fait que toutes les cellules (issues de l'œuf par des mitoses) sont diploïdes et que seuls les gamètes sont haploïdes. Dans d'autres groupes comme certains champignons, la méiose suivant immédiatement la fécondation, toutes les cellules sont haploïdes.

Ploïdie et phase du cycle de vie[modifier | modifier le code]

Voir Cycle de vie (biologie)

Cycle de vie à diploïdie dominante, dit diplophasique[modifier | modifier le code]

Chez les organismes dont le cycle de vie est à phase diploïde dominante, la majeure partie des cellules est diploïde, à l'exception des gamètes.

La plupart des animaux (dont l'homme), sont à phase diploïde dominante.

Cycle de vie à haploïdie dominante, dit haplophasique[modifier | modifier le code]

Les organismes dont le cycle de vie est à phase haploïde dominante sont essentiellement constitués de cellules haploïdes, tout comme les gamètes. La phase diploïde se limite pratiquement au zygote issu de la fécondation.

De nombreux champignons, certaines algues sont des exemples d’organismes à phase haploïde dominante.

Cycle de vie mixte, dit haplodiplophasique[modifier | modifier le code]

Il existe aussi des organismes à cycle de vie mixte équilibré (certains algues vertes filamenteuses ont une phase haploïde et une phase diploïde équivalentes) ou déséquilibré.

Cas particuliers[modifier | modifier le code]

Triploïdie[modifier | modifier le code]

La triploïdie est associée à la reproduction des angiospermes. Un des noyaux du grain de pollen (haploïde) s’unit à un noyau resté diploïde de l’ovule, et donne naissance à un tissu de réserve de la graine, l’albumen. C’est le phénomène de double fécondation.
Il existe aussi des plantes triploïdes comme le cultivar de Bananier utilisé pour la consommation humaine ou certaines variétés de Pommier. Ces plantes sont stériles et ne peuvent être multipliées que par voie végétative. Il existe aussi une colonie clonale triploïde de Lomatia tasmanica.

Des huîtres triploïdes sont aujourd’hui produites en modifiant le nombre de chromosomes via des chocs chimiques ou physiques (en général thermiques). Développées par l’Ifremer, elles sont stériles et de ce fait peuvent être consommées en toute saison (pas de périodes laiteuses). Ces huîtres ne sont pas étiquetées sur les étals [1].

Polyploïdie[modifier | modifier le code]

Certaines espèces ont perpétué et fixé dans leur génome, une ou plusieurs duplications supplémentaires de leurs chromosomes : c’est le phénomène de polyploïdie. La charge d’ADN dans la cellule se trouve ainsi fortement accrue. Cela peut concerner des animaux (les drosophiles par exemple) ou des végétaux.

Le blé est hexaploïde (Triticum aestivum) et a un génome de très grande taille (16 000 Mb) qui fait 127 fois celui de la plante modèle (Arabidopsis thaliana). D'autres espèces comme certaines huitres sont tétraploïdes.

Anomalies de la ploïdie[modifier | modifier le code]

Lors de la fécondation ou du développement embryonnaire, des anomalies du nombre de chromosomes peuvent apparaitre, c’est l’aneuploïdie. Les trisomies sont des aneuploïdies.

Le cyprinidé Squalius alburnoides commun en Espagne et au Portugal présente une aneuploïdie, généralement triploïde pouvant aussi produire des œufs diploïdes ou, par hybridation avec des espèces voisines, tétraploïdes.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Infogm : Huîtres triploïdes : une manipulation bien cachée.

Liens externes[modifier | modifier le code]