Glucide

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Par exemple, le glucose est un glucide à
- 6 carbones
- 5 groupements OH
- un groupement aldéhyde

Les glucides sont une classe de molécules organiques contenant un groupement carbonyle (aldéhyde ou cétone) et plusieurs groupements hydroxyle (-OH). Les glucides étaient historiquement appelés hydrates de carbone, et sont toujours appelés carbohydrates en anglais. Leur formule chimique est basée sur le modèle Cn(H2O)p (d'où l'appellation historique). Cependant, ce modèle n'est pas valable pour tous les glucides, qui contiennent, pour certains, des atomes d'azote ou de phosphore (par exemple).

Ils font partie, avec les protéines et les lipides, des constituants essentiels des êtres vivants et de leur nutrition, car ils sont un des principaux intermédiaires biologiques de stockage et de consommation d'énergie. Chez les organismes autotrophes, comme les plantes, les sucres sont convertis en amidon pour le stockage. Chez les organismes hétérotrophes, comme les animaux, ils sont stockés sous forme de glycogène puis utilisés comme source d'énergie dans les réactions métaboliques, leur oxydation lors de la digestion des glucides apportant environ 17 kJ/g selon l'étude dans la bombe calorimétrique.

Catégorie[modifier | modifier le code]

Les glucides sont habituellement répartis entre oses (monosaccharides tel que le glucose, le galactose ou le fructose) et osides, qui sont des polymères d'oses (oligosaccharides et polysaccharides). Les disaccharides (diholosides), tel que le saccharose ou le lactose, font partie de cette dernière catégorie. Mais seules les monosaccharides et les disaccharides ont un pouvoir sucrant. Les polysaccharides, comme l'amidon, sont insipides.

  • Les oses (sucres simples) sont des molécules simples, non hydrolysables, formant des cristaux incolores.
    • Les aldoses sont les glucides possédant une fonction aldéhyde sur le premier carbone.
    • Les cétoses sont les glucides possédant une fonction cétone sur le deuxième carbone.
  • Les osides (sucres complexes), hydrolysables sont des polymères d'oses liés par une liaison osidique :
    • Les holosides sont des polymères exclusivement d'oses ;
      • Les oligoholosides (oligosides) ont un indice de polymérisation inférieur à 10 ;
      • Les polyholosides (polyosides) ont un indice de polymérisation supérieur à 10 (exemple : amylose, amylopectine, cellulose, glycogène).
      • Les homopolyosides sont les glucides dont l'hydrolyse donne un seul type d'oses.
      • Les hétéropolyosides sont les glucides dont l'hydrolyse ne donne pas qu'un seul type d'oses.
    • Les hétérosides sont des polymères d'oses et de molécule(s) non glucidique l'aglycone :
      • Les O-hétérosides où une fonction alcool (-OH) de l'aglycone participe à la liaison osidique;
      • Les N-hétérosides où une fonction amine (-N=) de l'aglycone participe à la liaison osidique;
      • Les S-hétérosides où une fonction thiol (-SH) de l'aglycone participe à la liaison osidique.

Structure, classification et nomenclature[modifier | modifier le code]

Les oses simples[modifier | modifier le code]

Les oses possèdent tous une fonction carbonyle :

Ils sont caractérisés par leur nombre de carbone :

Représentation linéaire : modèle de Fischer[modifier | modifier le code]

Tous les oses possèdent un pouvoir rotatoire du fait de la présence d'un carbone asymétrique, les oses sont dits chiraux sauf le dihydroxyacetone.

Figure 1 : représentation de Fischer des formes D et L du glucose. Les deux sont symétriques par rapport à un plan.

Deux énantiomères (antipodes optiques) ont les mêmes propriétés à l'exception d'une seule : leur pouvoir rotatoire opposé. La figure 1 représente les deux énantiomères du glucose, la forme D-glucose est la forme naturelle. Il est à noter que dans la représentation de Fischer, par convention, le carbone le plus oxydé est placé en haut, ce qui permet de définir sans ambiguïté le sens gauche/droite des substituants de la chaîne carbonée.

  • Dans la forme D, le groupement alcool (-OH) porté par le carbone n-1 est à droite (en représentation de Fischer) ;
  • Dans la forme L, le groupement alcool (-OH) porté par le carbone n-1 est à gauche (en représentation de Fischer).

Il existe aussi des stéréoisomères qui sont des isomères optiques. Tous les énantiomères sont des stéréoisomères. Il y a aussi des diastéréoisomères qui sont des stéréoisomères non énantiomères. Il y a des épimères qui sont des sucres qui diffèrent par la configuration d'un seul et même carbone.

Représentation cyclique : modèle de Haworth[modifier | modifier le code]

Quand on laisse du glucose préalablement cristallisé en solution dans de l'eau, le pouvoir passe de +112 ° à +52,5 °. Quand on laisse en solution dans l'eau du glucose préalablement cristallisé dans de l'acide éthanoïque, le pouvoir passe de +19 ° à +52,5 °.

Figure 2 : cyclisation du D-glucose. Les formes cycliques sont des hémiacétals

Cet équilibre entre les deux formes est du au fait que la fonction aldéhyde du glucose va réagir avec une des fonctions alcool (celle du carbone 5). Le glucose devient alors cyclique, il dérive du pyrane. Le carbone no 1 est un carbone anomère (les isomères cycliques sont appelés des anomères), le groupement de la fonction alcool qu'il porte peut être « en haut » ou « en bas ». Si la fonction alcool est située en dessous du cycle, le groupement hydroxyl est du côté opposé au groupement CH2OH, c'est donc la forme alpha. Si l'hydroxyle est situé du même côté que le groupement CH2OH, c'est la forme bêta. La figure 2 explique la cyclisation du glucose. En solution aqueuse, le glucose est en équilibre tautomère : 65 % sous forme β-D-glucopyranose, 0,1 % sous forme D-glucose (linéaire) et 35 % d'α-D-glucopyranose. La cyclisation des sucres permet d'avoir deux fois plus d'isomères.

Figure 3 : formes α et β du fructofuranose.

Le fructose, cétohexose, se cyclise par réaction entre les carbones 2 et 5, cette forme dérive du furane, c'est la forme furanique (figure 3). Le glucose également mais le D-glucofuranose n'est pas stable et se transforme rapidement en D-glucopyranose. Les oses se cyclisant sous forme furanique (furanose) sont :

  • le ribose donnant du ribofuranose ;
  • le 2-désoxyribose donnant du 2-désoxyribofuranose ;
  • le fructose donnant du fructofuranose ;
  • de manière générale, ce sont les cétohexoses et les aldopentoses.

Les oses se cyclisant sous forme pyranique (pyranose) sont :

  • le glucose donnant du glucopyranose ;
  • le galactose donnant du galactopyranose ;
  • de manière générale, ce sont les aldohexoses.

Anomalie optique[modifier | modifier le code]

Le pouvoir rotatoire spécifique d'une solution de glucose fraîchement préparée n'est pas stable. Sa valeur évolue dans le temps pour aboutir à la valeur caractéristique de 52,7 °. C'est le phénomène de muta-rotation. Il s'explique par l'existence des stéréoisomères alpha et bêta du glucose. Cette muta rotation s'explique par le fait qu'en solution, le glucose possède un carbone asymétrique de plus que sous forme linéaire.

Les osides[modifier | modifier le code]

Les osides sont des polymères d'oses liés par une liaison osidique. Ils sont hydrolysables, et aussi appelés glucides complexe.

Terminologie et classification des osides[modifier | modifier le code]

Deux forme d'osides sont nommable. D'un côté, dans les oligosaccharides on retrouve un nombre déterminé de monosaccharides (oses). Pour les nommer, on peut alors employer les termes : disaccharides (ex. saccharose), trisaccharides (ex. raffinose) etc. D'un autre côté, les polysaccharides sont composés d'un nombre indéterminé de monosaccharides. Pour les nommer, on emploie le terme polysaccharides (ex. cellulose).

Formation de la liaison osidique[modifier | modifier le code]

Une liaison osidique est une liaison covalente produit de la réaction entre la fonction alcool hémiacétalique (-OH formé par le carbone anomère) et une autre molécule (glucidique ou non).

Les diholosides[modifier | modifier le code]

Les diholosides ou dissacharides ou encore diosides sont des sucres composés de deux molécules d'ose.

Non-réducteurs[modifier | modifier le code]

On dit qu'un diholoside est non réducteur si le carbone 1 portant le OH hémiacétalique est engagé dans une liaison (la fonction hémiacétalique n'est pas libre). Autrement dit, la liaison finale est du type "oside"

C'est un diholoside non réducteur, son nom systématique est l'α-D-glucopyranosyl(1→2)β-D-fructofuranoside

Il est scindé en 2 molécules : le D-glucopyranose et le D-fructofuranose par l'invertase qui est une a glycosidase c'est-à-dire une enzyme spécifique de cette liaison glycosidique.

On le trouve dans les champignons, les bactéries ou encore dans l'hémolymphe des insectes. De nombreux organismes l'accumulent en réponse à un choc thermique. Son nom systématique est l'α-D-glucopyranosyl(1→1)α-D-glucopyranoside

Il est scindé en 2 molécules : 2 molécules de D glucopyranose par l'invertine.

Réducteurs[modifier | modifier le code]

C'est un diholoside réducteur car sa fonction hémiacétalique est libre, c'est le glucide du lait, son nom systématique est le β-D-galactopyranosyl(1→4)-D-glucopyranose

Il est hydrolysé en 2 molécules : le D glucose et le D galactose par une bêta galactosidase.

C'est un diholoside homogène réducteur, son nom systématique est l'α-D-glucopyranosyl(1→4)D-glucopyranose

Il provient de l'hydrolyse partielle de l'amidon. Il peut être à son tour hydrolysé par une alpha glucosidase en 2 molécules de D-glucose.

C'est un diholoside homogène réducteur, son nom systématique est le β-D-glucopyranosyl(1→4)D-glucopyranose

Il provient de l'hydrolyse partielle de la cellulose et est hydrolysé lui-même par une bêta glucosidase.

C'est un produit de dégradation de l'amidon et du glycogène. Son nom systématique est l'α-D-glucopyranosyl(1→6)D-glucopyranose

Détermination de la structure d'un diholoside[modifier | modifier le code]

Il est constitué de 2 oses liés par liaison osidique et peut être réducteur ou non. Par exemple : le maltose, le saccharose, le lactose, le cellobiose

Les triholosides[modifier | modifier le code]

Le raffinose[modifier | modifier le code]

Présent dans la betterave, il est éliminé lors du raffinage du sucre. C'est un triholoside non réducteur, son nom systématique est l'α-D-galactopyranosyl(1→6)α-D-glucopyranosyl(1→2)β-D-fructofuranoside.

Le gentianose[modifier | modifier le code]

Présent dans la gentiane.

Les polyholosides[modifier | modifier le code]

Association d'un très grand nombre de molécules liées par des liaisons O-glycosidiques. Chaînes soit linéaires ou ramifiées.

C'est un polyholoside homogène non réducteur constitué de deux composés :

  • L'amylose, (hydrosoluble) polymère de glucose lié par une liaison α(1→4) ; (20 à 30 %),
  • L'amylopectine, (insoluble) amylose ramifié par une liaison α(1→6). (70 à 80 %)

L'amidon est un polymère de glucose. Et peut être hydrolysé par une alpha glucosidase. C'est la substance de réserve glucidique des végétaux. Les féculents sont une source majeure d'amidon dans l'alimentation humaine.

Il est mis en évidence par le lugol (eau iodée) qui conduit à une coloration noire caractéristique.

Au niveau de sa structure, il est pratiquement identique à l'amidon : il possède plus de ramifications que l'amidon (une ramification tous les 10 résidus glucose), tout le reste de la structure est identique à l'amidon. Sa masse molaire est plus élevée (de l'ordre de 106 g.mol−1). C'est la substance de réserve glucidique des animaux. Contrairement à l'amidon, il est soluble dans l'eau froide.

Le glycogène a été extrait par Claude Bernard en 1856 dans le foie. C'est la forme de stockage du glucose excédentaire chez les animaux et les champignons. Il s'agit aussi d'un polymère de glucose ramifié (un branchement tous les 6 à 8 unités glucose). Le glycogène est formé par la glycogénogenèse et décomposé par la glycogénolyse.

On le trouve en surplus dans le cas de la glycogénose de type II ; maladie dans laquelle l'absence de maltase acide des lysosomes, empêche sa dégradation.

Le glycogène est mis en évidence par le lugol (eau iodée) qui conduit à une coloration brun acajou.

C'est un polyholoside homogène de glucose liés par une liaison β(1→4).

La principale molécule structurelle des plantes est la cellulose. Le bois est en partie composé de cellulose, tandis que le papier et le coton sont de la cellulose presque pure. La cellulose est un polymère de glucose. C'est une molécule très longue et rigide, dont la structure lui confère ses propriétés mécaniques telles qu'observées chez les plantes.

Elle ne peut être assimilée par l'être humain mais sa présence dans l'alimentation favorise le transit intestinal et protège l'organisme contre le cancer du colon.

C'est un polyholoside mixte constitué de D- et L-galactose estérifié par de l'acide sulfurique. Extrait d'algues, il est utilisé en bactériologie et dans l'industrie alimentaire comme gélifiant.

  • Les dextranes

Les dextranes sont produit par certaines bactéries, tel que la Leuconostoc mesenteroides, en présence de sucre. De poids moléculaire élevé ils sont composés d’unités D-glucose reliées par un liaison osidique α(1→6).

C'est un mucopolysaccharide et constitué d'acide-β-glucuronique et de N-acétylglucosamine reliés par une liaison β(1→3). C'est un des principaux constituants de la substance fondamentale du tissu conjonctif à laquelle il confère sa viscosité.

Les hétérosides[modifier | modifier le code]

Les hétérosides sont des molécules complexes dont l'hydrolyse fournira au moins une molécule d'ose.

Les nucléotides[modifier | modifier le code]

Ils sont constitués d'une base azotée, d'un ose (ribose, 2-désoxyribose) et d'un groupement phosphate. Ce sont des N-hétérosides

Citons l'adénosine monophosphate, et ses dérivés utilisés dans le transport de l'énergie intracellulaire, l’acide ribonucléique (ARN) chargé de guider la synthèse cellulaire des protéines, l’acide désoxyribonucléique (ADN) porteur de l'hérédité…

L'ONPG[modifier | modifier le code]

Utilisé en bactériologie systématique, l'orthonitrophényl-β-D-galactopyranoside est hydrolysé par une β-galactosidase.

C'est un O-hétéroside.

Propriétés chimiques[modifier | modifier le code]

Propriétés réductrices[modifier | modifier le code]

Les oses simples et les diholosides ayant un carbone hémiacétalique libre sont réducteurs de par leur fonction aldéhyde. La fonction aldéhyde est oxydée en fonction acide carboxylique. L'une des fonctions alcool primaire peut être oxydée en fonction acide carboxylique.

Les diholosides non réducteurs sont ceux dont aucun carbone hémiacétalique n'est libre, il est mis en jeu dans la liaison osidique.

  • Réduction des ions métalliques

Réduction de l'ion cuivre II (Cu2+) en oxyde de cuivre I (Cu2O) (liqueur de Fehling). Cette propriété est utilisée dans la méthode de Bertrand pour le dosage des glucides.

  • Réduction de composés organiques

Par exemple le 3,5-dinitrosalicylate (DNS) est réduit en 3-amino-5-nitrosalicylate, composé rouge brun permettant de doser les oses réducteurs par colorimétrie.

  • Oxydation par voie enzymatique

En présence de dioxygène, la glucose oxydase oxyde le glucose en gluconolactone (puis acide gluconique) avec libération d'eau oxygénée. L'oxydation du carbone 1 (portant la fonction pseudo-aldéhydique) conduit au gluconolactone (non réducteur), celle en C6 conduit à l'acide glucuronique (réducteur). Une double oxydation en C1 et C6 conduit à l'acide glucosaccharidique (non réducteur). La glucose oxydase est utilisée pour mesurer la glycémie.

Hydrolyse de la liaison osidique[modifier | modifier le code]

Hydrolyse chimique[modifier | modifier le code]

L'hydrolyse chimique n'est pas spécifique, elle conduit à la plus petite sous-unité des glucides : les oses. Elle est réalisée en présence d'acide chlorhydrique

Hydrolyse enzymatique[modifier | modifier le code]

L'hydrolyse enzymatique, contrairement à l'hydrolyse chimique, est spécifique. Ces enzymes sont des hydrolases.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]