Amir Abbas Hoveida

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Amir Abbas Hoveida

Amir Abbas Hoveida (en persan : امیر عباس هویدا), né le 18 février 1919 à Téhéran et mort le 7 avril 1979 dans la même ville, est un homme politique iranien. Son nom se transcrit également Hoveyda. Son personnage était associé à l'orchidée qu'il portait à la boutonnière et à la pipe qu'il fumait ostensiblement. Il fut membre de la franc-maçonnerie[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît dans une famille de la haute société. Son père Abibollah Hoveyda (titré Ayn ol-Molk) est un diplomate de la fin de la dynastie des Qadjars et sa mère, née Afsar ol-Molouk, descend de la famille royale. Son père était de religion baha’ie avant de retourner au chiisme. Quant à Amir Abbas Hoveyda, il était agnostique. Il est également le neveu du Schindler iranien, Abdol Hossein Sardari (en) (1914-1981). À cause de la situation de son père, Amir Abbas Hoveyda, passe sa jeunesse dans divers pays. Il parle couramment le français, comme la haute société de l'époque. De plus ayant fait une grande partie de ses études au lycée français de Beyrouth (où il a Chapour Bakhtiar comme condisciple), il exprime toute sa vie un amour pour la culture française, en particulier sa littérature avec Molière, Baudelaire, Gide, Malraux, etc. qu'il pouvait citer de mémoire. Il poursuit en 1938 ses études supérieures à Londres (ville qui le déprime), ce qui lui permet de parler l'anglais; puis après un bref passage en France en 1939, il continue à l'université libre de Bruxelles. Il est diplômé en sciences politiques en 1941, alors que le pays est en pleine occupation allemande.

Débuts de carrière[modifier | modifier le code]

Haut personnage de l’État[modifier | modifier le code]

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Avec le roi Hussein de Jordanie en juin 1973

Il fut premier ministre iranien du 27 janvier 1965 au 6 août 1977. Après treize années d'Hoveida à la tête du gouvernement, le chah le remplace par Djamchid Amouzegar, technocrate formé aux États-Unis et chargé de redresser la situation économique iranienne devenue préoccupante.

Ministre de la Cour[modifier | modifier le code]

La démission d'Amir Abbas Hoveyda n'est pas tout à fait une disgrâce, puisqu'il sera nommé ministre de la Cour. Des tensions devenues palpables au tournant des années 1970 ont cependant convaincu le souverain d'offrir aux Iraniens une équipe neuve afin d'effacer les erreurs accumulées[réf. souhaitée], ralentir d'urgence l'escalade d'excès entraînés par une économie en surchauffe (projets pharaoniques, corruption, pénuries, etc.).

Le 9 septembre 1978, à la suite des événements tragiques de la place Jaleh (Vendredi noir) qui firent 95 morts et au moins 250 blessés, Amir Abbas Hoveyda démissionne.

Les émeutes violentes à répétition qui ont lieu à Téhéran depuis le 5 novembre 1978 forcent le chah à poser « un acte fort ». Suivant le conseil des principaux responsables militaires, le monarque ordonne l’arrestation d’Hoveyda, qui sera d’abord mis en résidence surveillée, dès le 8 novembre, avant d’être incarcéré dans la prison de Qasr (banlieue nord de Téhéran).

Procès et exécution[modifier | modifier le code]

Le départ du chah signifiant pour les agents de la Savak que la fuite est inéluctable, les geôliers quittent leur poste et Hoveida se retrouve ainsi abandonné dans sa cellule. Persuadé qu'il n'a rien à se reprocher et que les révolutionnaires ne lui feront rien, l'ancien Premier ministre du chah n'est pas tenté par la fuite.

Le 1er avril 1979, la république islamique est née. La journaliste Christine Ockrent obtient l'autorisation d'interviewer Amir Abbas Hoveida dans sa cellule pour le compte de la chaîne FR3. Ébranlé par les questions directes évoquant les cas de torture, les méthodes de la police politique du chah, il ne semble pas vouloir se défendre. Désabusé et imperturbable, il se considère comme étant un bouc émissaire. Malgré les lettres de protestation et de soutien émanant de l'Occident, il est finalement jugé à huis clos. À l'issue d'un procès expéditif, il est abattu d'une balle dans la tête, sitôt la sentence prononcée par l'ayatollah Khalkhali[2].

Le corps d'Hoveida repose pendant trois mois à la morgue de la médecine légale, avant d'être jeté dans un endroit inconnu.

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Grand-croix de la Légion d’honneur (France) le 29 décembre 1976[3]. Il est le dernier des Persans et Iraniens à avoir reçu la grand-croix de la Légion d’honneur[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fereydoune Hoveyda, La chute du Shah, Paris, Buchet/Chastel, 1981
  • (en) Abbas Milani, The Persian Sphinx Amir Abbas Hoveyda and the Riddle of the Iranian Revolution, Washington DC, Mage Publishers, 2000
  • Edouard Sablier, Iran la Poudrière, Paris, Robert Laffont, 1980
  • William Shawcross, Le Shah : exil et mort d'un personnage encombrant, Paris, Stock, 1989

Lien externe[modifier | modifier le code]


Précédé par Premier ministre d'Iran Suivi par
Hassan Ali Mansour 27 janvier 1965 - 7 août 1977 Jamshid Amouzegar

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.grandorientarabe.org/index.php?news&nid=1
  2. http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2522p108-112.xml0/
  3. Michel et Béatrice Wattel (préf. André Damien), Les Grand’Croix de la Légion d’honneur : De 1805 à nos jours, titulaires français et étrangers, Archives et Culture,‎ 2009, 701 p. (ISBN 9782350771359), p. 473.
  4. Michel et Béatrice Wattel (préf. André Damien), Les Grand’Croix de la Légion d’honneur : De 1805 à nos jours, titulaires français et étrangers, Archives et Culture,‎ 2009, 701 p. (ISBN 9782350771359), p. 472-473.