Charles VI du Saint-Empire

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Charles VI
Portrait de Charles VI par Martin van Meytens.
Portrait de Charles VI par Martin van Meytens.
Titre
Empereur des Romains
17 avril 171120 octobre 1740
(29 ans, 6 mois et 3 jours)
Couronnement 1711 à Francfort-sur-le-Main
Prédécesseur Joseph Ier
Successeur Charles VII
Archiduc d'Autriche
17 avril 171120 octobre 1740
(29 ans, 6 mois et 3 jours)
Prédécesseur Joseph Ier
Successeur Marie-Thérèse
Roi de Naples
17141735
Prédécesseur Philippe V
Successeur Charles IV
Biographie
Dynastie Maison de Habsbourg
Date de naissance 1er octobre 1685
Lieu de naissance Vienne (Autriche)
Date de décès 20 octobre 1740 (à 55 ans)
Lieu de décès Vienne (Autriche)
Père Léopold Ier du Saint-Empire
Mère Eléonore de Neubourg
Conjoint Élisabeth Christine de Brunswick-Wolfenbüttel
Enfant(s) Léopold d'Autriche
Marie-Thérèse d'Autriche
Marie-Anne d'Autriche
Marie-Amélie d'Autriche

Charles VI du Saint-Empire

Charles de Habsbourg (Karl von Habsburg), (né le 1er octobre 1685 à Vienne - mort le 20 octobre 1740 à Vienne) est Empereur des Romains sous le nom de Charles VI et roi de Hongrie sous le nom de Charles III (1711-1740). Il fut également roi titulaire d'Espagne (1703-1714), roi de Sardaigne (1713-1720), roi de Naples (1714-1738), roi de Sicile (1720-1735), duc de Parme et de Guastalla (1735-1740). Son règne fut marqué par les questions liées aux querelles de succession des dynasties européennes tandis que la sienne allait ouvrir un conflit généralisé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Succession d'Espagne[modifier | modifier le code]

Empire de Charles VI en 1700

Second fils de l'empereur Léopold Ier et d'Éléonore de Neubourg, il eut pour gouverneur le prince Antoine-Florian de Liechtenstein dont il fit plus tard son premier ministre et pour qui il créa la principauté souveraine de Liechtenstein.

Avant cela, il fut désigné par son père pour succéder au dernier des Habsbourg d'Espagne, Charles II.

À la mort de celui-ci en 1700, âgé de 15 ans, il tenta de monter sur le trône d'Espagne, mais le défunt roi avait déjà désigné Philippe, duc d'Anjou, petit-fils de Louis XIV (qui lui avait 17 ans ressemblait énormément tant au physique qu'au moral), pour lui succéder. Cela déclencha un conflit européen : la guerre de Succession d'Espagne.

Charles fut couronné roi d'Espagne à Vienne en 1703, et se rendit dans ce royaume en 1704. Il se trouva confronté au parti du duc d'Anjou, et ne put réussir à s'imposer. Cependant les royaumes péninsulaires de la Couronne d'Aragon (Catalogne et Valence) le reconnurent comme roi, sous le nom de Charles III ; il fut également reconnu roi de Naples (1707).

Dernier des Habsbourg[modifier | modifier le code]

La branche espagnole des Habsbourg s'était éteinte en 1700 en la personne de Charles II. L'empereur Léopold Ier mourut en 1705 et son successeur l'empereur Joseph Ier du Saint-Empire, frère aîné de Charles, avait deux filles (son seul garçon, Léopold Joseph, mourut à l'âge de 6 mois) et ne semblait pas devoir avoir d'autres enfants. Charles était seul héritier mâle de la dynastie. Lorsque son frère aîné Joseph Ier mourut sans descendance masculine en 1711, Charles fut élu empereur, rassemblant sur sa tête l'ensemble de l'Empire de Charles Quint (possessions autrichiennes et espagnoles), au grand dam des puissances européennes.

Cette situation hâta la conclusion de la paix. Si Charles dut renoncer à ses prétentions au trône d'Espagne et à l'empire colonial espagnol en 1714 par le traité de Rastatt ; il parvint à conserver le royaume de Naples (1714), le royaume de Sardaigne qu'il échangea contre le royaume de Sicile (1720) - possessions qu'il échangea en 1738 contre le duché de Parme et le grand-duché de Toscane, lequel il confia à son gendre François de Lorraine - ainsi que les Pays-Bas espagnols dont il confia la régence à sa sœur Marie-Élisabeth.

Il ne désirait pas qu'à son décès ses états patrimoniaux soient démembrés au profit des maris de ses nièces, l'Électeur de Bavière et l'Électeur de Saxe, mais qu'il restent au sein de la Maison de Habsbourg. Au début de son règne (1711), il mit fin à la révolte menée par François II Rákóczi.

N'obtenant pas d'abord de successeur par son mariage, il édicta en 1713 la Pragmatique Sanction autorisant ses filles à venir à lui succéder dans ses domaines patrimoniaux, avant ses nièces. Les Électeurs, époux de celles-ci, y acquiescèrent, et les différentes puissances européennes finirent par donner leur accord[1].
Charles fut inauguré, à Mons, Comte de Hainaut le 18 octobre 1717, représenté par le Prince de Rubempré.

Victoires et revanche[modifier | modifier le code]

Thaler à l'effigie de Charles VI (1721).
Thaler à l'effigie de Charles VI, 1740 : Car(olus) VI D(ei) G(ratia) R(omanorum) I(mperator).

Sous son règne, les troupes impériales, conduites par le prince Eugène, remportèrent sur les Turcs les victoires de Peterwaradin (1716) et de Belgrade (1717), et les forcèrent à signer la paix de Passarowitz (1718).

Charles VI s'engagea ensuite dans une nouvelle guerre contre le roi d'Espagne Philippe V, après être entré dans la Quadruple Alliance formée contre ce prince (et surtout sa trop ambitieuse épouse, Élisabeth Farnèse) par la Grande-Bretagne, la France et les États de Hollande (1718). Ces différends furent arrangés par le traité de Vienne en 1725.

Successions européennes[modifier | modifier le code]

La guerre se ralluma en 1733 à l'occasion de la succession au trône de Pologne. L'Électeur de Saxe Frédéric-Auguste, fils du précédent roi et neveu par alliance de l'empereur Charles VI, fut élu roi de Pologne avec le soutien de l'empereur, tandis que la France soutenait les ambitions de Stanislas Leszczyński, détrôné en 1709, et qui vivait en exil en France aux frais de son gendre Louis XV. Le traité de Vienne termina cette guerre en 1735, donnant la Lorraine et le Barrois à Stanislas en dédommagement de sa couronne polonaise, tandis que la Toscane où mourait le dernier des Médicis et le duché de Parme et de Plaisance où régnait l'infant Charles d'Espagne, successeur du dernier des Farnèse, revenaient à François III de Lorraine et de Bar qui renonçait à ses duchés héréditaires ; il était enfin autorisé à épouser l'archiduchesse héritière Marie-Thérèse, concrétisation d'une longue aspiration des deux fiancés. L'infant Charles épousa la fille d'Auguste II de Pologne, le vainqueur de Stanislas, et alla régner sur le royaume de Sicile et de Naples. En dernier lieu, la France, ennemi héréditaire, acceptait enfin de garantir la Pragmatique Sanction, victoire diplomatique et morale (mais illusoire) de l'Empereur vieillissant.

Revers, fin du règne et crise de succession[modifier | modifier le code]

Peu avant la signature du traité de paix mourut le vieux prince Eugène de Savoie, un des plus grands généraux de son temps et principal conseiller de l'Empereur.

Attaqué peu après par les Turcs soutenus par la France, Charles VI dut leur abandonner par le Traité de Belgrade en 1739 la Petite-Valachie, la Serbie et Belgrade.

Mélomane et musicien passionné au point d'accompagner lui-même au clavecin le castrat Farinelli et d'entretenir de longues conversations avec Antonio Vivaldi lors d'un voyage en Vénétie, il mourut en octobre 1740, laissant une succession difficile à sa fille Marie-Thérèse et à son gendre François-Étienne de Lorraine, grand-duc de Toscane.

Il a laissé des Commentaires sur sa propre vie, qui ont été publiés à Bruxelles en 1862.

Décès[modifier | modifier le code]

Charles VI connut une indigestion après avoir mangé un plat de champignons sautés, ce qui conduisit à une maladie qui finalement provoqua sa mort dix jours plus tard. Ces symptômes semblent correspondre à un syndrome phalloïdien. La mort de Charles conduisant à la guerre de Succession d'Autriche, Voltaire nota : « Ce plat de champignons changea la destinée de l’Europe. »

Ascendance[modifier | modifier le code]

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Charles VI en famille

Le 1er août 1708, Charles VI épouse Élisabeth Christine de Brunswick-Wolfenbüttel (1691-1750). Princesse protestante d'une grande beauté et d'un caractère affirmé, pour ne pas avoir à se convertir au catholicisme, celle-ci s'oppose d'abord à ce mariage, menaçant même de se suicider, avant de se raviser. Dès lors le couple est très uni, et bien qu'elle n'ait pas même 20 ans, Charles lui cède la régence de ses possessions espagnoles tandis qu'il mène ses troupes au combat. Pendant 8 ans, leur union demeure stérile, puis naissent quatre enfants :

Titulature complète[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernd Rill, Karl VI. Habsburg als barocke Großmacht, Graz : Verlag Styria, 1992.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pour autant, l'application de la Pragmatique à la mort de Charles déclencha tout de même la guerre de Succession d'Autriche.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Source partielle[modifier | modifier le code]