Mélomane
|
|
Cet article ou cette section peut contenir un travail inédit ou des déclarations non vérifiées.
Vous pouvez aider en ajoutant des références. Voir la page de discussion pour plus de détails.
|
Un mélomane est, dans le sens courant, un « amateur de musique, particulièrement de musique classique »[1].
Au sens littéral, le terme, dérivant du grec melos (chant mélodieux, poème lyrique) et mania (folie, manie), désigne une personne qui nourrit une passion viscérale pour l'opéra.
Il serait plus approprié, pour qualifier un amoureux de la musique au sens large, de parler de mélophile ou musicophile (au sens propre et général de celui qui aime toute la musique « savante » : d'opéra, mais aussi symphonique, de chambre, sacrée, baroque, contemporaine, etc.), ou de musicomane (appellation à connotation plutôt ironique).
Antonyme : mélophobe.
Sommaire |
Être mélomane : qualité ou défaut ?[modifier]
Le terme mélomane est interprété selon différentes acceptions, de manière parfois admirative, parfois sarcastique. La personne passionnée d'opéra se reconnaît volontiers dans ce mot, considéré alors comme un compliment dans lequel l'équation selon laquelle mélomane et « expert » ou « connaisseur » en matière de musique sont synonymes, trouve son application.[réf. nécessaire]
Tous les « musicophiles » ne partagent pas cet avis. Parmi les amateurs de musique symphonique, par exemple, certains n'apprécient pas cette expression, à laquelle ils attribuent même un sens négatif. Pour ceux-là, mélomane signife « tatillon à l'excès », pour ne pas dire franchement « cuistre », « pédant », « ennuyeux », ou encore « arrogant ».[réf. nécessaire]
Aux yeux de certains amateurs de musique symphonique, les mélomanes sont certainement passionnés, mais passionnés de « laid » non de « beau ». Si les premiers aiment écouter un concerto s'attachant à découvrir les intentions interprétatives du chef d'orchestre, pardonnant – dans certaines limites – quelques fautes techniques des instrumentistes, les seconds au contraire sembleraient se complaire davantage dans la recherche de l'erreur. En somme, le mélomane donnerait l'impression de se passionner plus pour une fausse note du chanteur (le fameux « couac ») que pour une aria bien chantée. Il ne fait cependant aucun doute que le mélomane aime et apprécie la grande interprétation lyrique. [réf. nécessaire]
Cette sensation se dégage de certaines maisons d'opéra célèbres, au travers du traitement exagéré donné par les médias à ce genre d'informations, dans lesquelles ces « hyperpassionnés » de lyrique – qui suivent habituellement le spectacle depuis le « Loggione » (le paradis) – semblent se tenir aux aguets attendant leur proie, le malheureux chanteur de service, pour le couvrir de sifflets à la première imperfection. [réf. nécessaire]
Mélomanes à l'œuvre[modifier]
Les médias spécialisés parlent volontiers des mélomanes, souvent identifiés par le terme « loggionistes » (de l'italien loggionisti désignant les spectateurs habitués du poulailler ou paradis[2]), avec emphase et à grand bruit, lorsque ceux-ci ont perpétré une de leurs admonestations contre un interprète considéré comme n'étant pas à la hauteur de la situation. La littérature autour de l'opéra regorge d'exemples relatifs à des chanteurs hués, y compris extrêmement célèbres.
Un des épisodes désormais passé à l'histoire concerne la soprano Katia Ricciarelli, qui, en 1986, fut sévèrement sifflée par les « loggionistes » du Teatro alla Scala de Milan. L'origine des sifflets n'a jamais été éclaircie entièrement : faute effective de la cantatrice ou réaction de quelques mélomanes « orthodoxes » voulant « punir » une artiste coupable à leurs yeux d'avoir profané le noble art lyrique qu'elle incarnait, en épousant la même année l'animateur le plus populaire de la télévision italienne.
A une époque plus récente, en 2006, l'abandon soudain de la scène en cours de spectacle par le ténor Roberto Alagna, toujours à la Scala de Milan, lors d'une représentation d'Aïda a provoqué un scandale[3]. Alagna tenait le rôle du guerrier Radames, et, tout de suite après la célèbre aria Celeste Aida, a quitté la scène de manière spectaculaire à cause des sifflets et des « bouh » de l'incontournable « loggione ». L'évènement a entraîné une longue suite de polémiques entre le chanteur et l'administration de la Scala.
La tradition des sifflets est très ancienne à l'opéra[2]. Les mélomanes ne vénèrent personne : il suffit de se souvenir que sont passés sous leurs fourches caudines des nombres d'artistes légendaires. Ainsi Maria Callas quitte également la scène de l'opéra de Rome en 1959 alors qu'elle interprète Norma[2]. D'autres artistes lyriques comme Renata Tebaldi, Luciano Pavarotti[2], Carlos Kleiber, Claudio Abbado ou Lorin Maazel ont subi les sifflets des loggionistes.
Mélomanes ou « loggionistes » ?[modifier]
Le « loggione » en Italie, « paradis » en France, est le haut de la salle de spectacle où les places sont les moins chères.
Les termes « mélomane » et « loggioniste » sont ainsi devenus synonymes. Il est cependant nécessaire de préciser que si tous les « mélomanes » sont donc des « loggionistes », tous les spectateurs du « loggione » ou du « paradis » ne sont pas nécessairement mélomanes.
Le « loggione » numérique[modifier]
Les mélomanes sont bien présents non seulement au « paradis » des théâtres mais également sur la toile où ils occupent la place des critiques musicaux des magazines spécialisés ou de la rubrique culture des quotidiens[4].
Références[modifier]
- Définition du Petit Larousse illustré, édition 2006.
- Sophie Torlotin, « Roberto Alagna retrouve sa voix », sur www.rfi.fr, RFI, 20 janvier 2007. Consulté le 23 avril 2009
- Andy Barréjot, « Sifflé, Roberto Alagna quitte la scène de la Scala en plein spectacle », sur www.ladepeche.fr, La Dépêche, 12 décembre 2006. Consulté le 23 avril 2009
- Voir, à titre d'exemples, les forums des sites Forum Opéra ou ODB-Opéra
Articles connexes[modifier]
Sources[modifier]
- (it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « melomane » (voir la liste des auteurs)