Isabelle de Portugal (1503-1539)

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Isabelle de Portugal
Isabelle de Portugal, par Titien.
Isabelle de Portugal, par Titien.
Titre
Reine consort de Germanie
10 mars 152624 février 1530
(3 ans, 11 mois et 14 jours)
Prédécesseur Blanche-Marie Sforza
Successeur Anne Jagellon
Impératrice consort du Saint-Empire
24 février 15301er mai 1539
(9 ans, 2 mois et 7 jours)
Prédécesseur Blanche-Marie Sforza
Successeur Marie d'Autriche
Reine consort d'Aragon, de Majorque,
de Valence, de Sicile et de Naples
et comtesse consort de Barcelone
10 mars 15261er mai 1539
(13 ans, 1 mois et 21 jours)
Prédécesseur Germaine de Foix
Successeur Marie Ire d'Angleterre
(reine consort d'Espagne)
Duchesse consort de Bourgogne, de Milan, de Brabant,
de Luxembourg et de Limbourg,
comtesse consort de Flandre et de Hollande et
comtesse palatine de Bourgogne
10 mars 15261er mai 1539
(13 ans, 1 mois et 21 jours)
Prédécesseur Jeanne Ire de Castille
Successeur Marie Ire d'Angleterre
Biographie
Dynastie Aviz
Date de naissance 24 octobre 1503
Lieu de naissance Lisbonne (Portugal)
Date de décès 1er mai 1539 (à 35 ans)
Lieu de décès Tolède (Castille)
Père Manuel Ier de Portugal
Mère Marie d'Aragon
Conjoint Charles Quint
Enfant(s) Philippe (1527-1598)
Marie (1528-1603)
Jeanne (1537-1573)

Signature

Isabelle de Portugal (1503-1539)

Isabelle de Portugal, née le 24 octobre 1503 et morte le 1er mai 1539, est une princesse du Portugal, de la dynastie des Aviz. Par son mariage (1526) avec Charles Quint, qui est par ailleurs son cousin germain maternel, elle devient reine consort de Germanie, d'Aragon, de Majorque, de Valence, de Sicile et de Naples, duchesse consort de Bourgogne, de Milan, de Brabant, de Luxembourg et de Limbourg, comtesse consort de Flandre, de Hollande et de Barcelone et comtesse palatine de Bourgogne puis impératrice consort du Saint-Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et mariage[modifier | modifier le code]

Elle est la fille de Manuel Ier de Portugal (1469-1521) et de sa seconde épouse, Marie d'Aragon et la sœur de Jean III de Portugal, qui épouse la sœur de Charles Quint, Catherine d'Autriche. Elle reçut une éducation humaniste et profonde. Elle étudia le latin, le castillan,l'anglais et le français. Elle reçut une formation artistique et musicale. Sa mère lui a inculqué une religiosité profonde. Elles se rendaient beaucoup aux couvents et aux églises. Sa mère l'encourageait à faire des exercices physiques. Son père s'occupa de son avenir : elle devient à 14 ans dame de la ville de Viseo et de la villa de Tour Medras. Elle avait sa propre fortune. Elle aimait faire de la couture et broderie.

Isabelle épouse Charles Quint le 10 mars 1526 à Séville. Celui-ci avait été brièvement fiancé à Marie d'Angleterre, la fille du roi Henri VIII et de Catherine d'Aragon (fille cadette d'Isabelle la Catholique et donc sa propre tante) mais la jeune princesse n'est encore qu'une enfant (elle n'a que dix ans). Charles Quint a e besoin d'argent (il en manquera toute sa vie) et la princesse portugaise est très riche. Il poursuit en outre la politique traditionnelle des princes espagnols : les Trastamare épousent en effet régulièrement des Aviz. Enfin, à 26 ans, il estime qu'il est temps pour lui d'avoir rapidement des héritiers, ce que ne peut lui apporter la jeune princesse anglaise. Notons que, selon les critiques de l'époque, il s'agit d'un mariage assez tardif pour les deux jeunes gens.

L'empereur tomba rapidement amoureux d'Isabelle qui alliait une très grande beauté physique et une grande hauteur morale. Sa beauté répond aux critères de l'époque : un teint pâle, sans défauts (ce qui était difficile vu le manque total d'hygiène et les nombreuses maladies qui pouvaient défigurer) et des cheveux blonds. Ils se marient à minuit et une demi-heure plus tard le mariage est consommé. Le jeune couple passe sa lune de miel en Andalousie, dans les palais des anciens émirs de Cordoue. La vie de couple de la reine se réduisit néanmoins à une alternance de solitude et de grossesses à répétition, dont la dernière fut fatale.

L'empereur Charles Quint était le souverain de nombreux pays et les affaires de ses États l'appelaient aux quatre coins de l'Europe. Il passe en effet de nombreuses heures à cheval et sur les routes. Il n'avait d'autres ressources que s'appuyer sur sa parentèle pour l'aider à gouverner ses États. Ainsi avait-il confié à son frère Ferdinand ses États autrichiens et le Saint-Empire romain germanique, à sa tante Marguerite puis à sa sœur Marie ses « États bourguignons » (le Benelux actuel). À son épouse l'empereur confia l'Espagne et les Amériques.

Cette implication politique amena l'impératrice à s'opposer parfois violemment à son mari sur la gestion des affaires. Face à l'empereur et à sa politique universaliste, elle défend souvent une ligne plus ibérique et plus volontaire sur le plan de la foi. Lors de ces régences elle s'appuie surtout sur le cardinal Tavera, plutôt que sur les secrétaires comme Cobos. Malgré ces difficultés et ses voyages récurrents, Charles semble lui avoir été fidèle pendant les treize années de leur mariage et ne se remaria pas après son veuvage. En effet, ses enfants illégitimes sont tous nés avant son mariage ou pendant son veuvage. C'est pourquoi il est très choqué de voir son rival François Ier s'afficher publiquement avec sa maîtresse, Anne de Pisseleu, duchesse d'Etampes. La reine, qui n'est autre que la sœur aînée de Charles Quint, Éléonore de Portugal, doit souffrir l'omniprésence de la favorite à la cour.

La fidélité conjugale de l'empereur, exceptionnelle pour l'époque, frappa les contemporains, de même que la légende qui veut que l'empereur ait réclamé sur son lit de mort le portrait de sa défunte épouse et le crucifix d'argent qui avait accompagné ses derniers instants. Lors de sa retraite dans le couvent Yuste, le portrait de son épouse peint par Titien est présent.

Descendance[modifier | modifier le code]

Parmi ses enfants, il y a :

Décès[modifier | modifier le code]

Elle meurt à Tolède le 1er mai 1539 dans des conditions douloureuses, des suites d'un dernier accouchement. Selon la tradition, plusieurs grands seigneurs furent désignés pour accompagner sa dépouille jusqu'à sa sépulture. Le convoi est mené par le prince héritier Philippe qui a 12 ans. Arrivés à la Capilla real de Grenade, on ouvrit le cercueil pour que le prince et les seigneurs puissent témoigner qu'il s'agissait bien du corps de l'impératrice qu'on s'apprêtait à ensevelir. Le futur duc de Gandie, pris d'épouvante devant l'état de décomposition du visage, jadis si beau, de la défunte aurait déclaré ne plus vouloir servir aucun maître mortel. Il entra dix ans plus tard chez les jésuites dont il fut le supérieur général, refusa le chapeau de cardinal et devint un saint de l'Église catholique.