Otto de Habsbourg-Lorraine

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Otto de Habsbourg-Lorraine
(de) Otto (von) Habsburg-Lothringen

Description de cette image, également commentée ci-après

L'archiduc Otto de Habsbourg.

Successions

Prétendant aux trônes d’
Autriche et de Hongrie


(&&&&&&&&&&03095684 ans, 9 mois et 0 jour)

Prédécesseur Charles Ier d'Autriche
Successeur Charles de Habsbourg-Lorraine
Biographie
Dynastie Maison de Habsbourg-Lorraine
Nom de naissance Franz Joseph Otto Robert Maria Anton Karl Max Heinrich Sixtus Xaver Felix Renatus Ludwig Gaetan Pius Ignatius von Habsburg-Lothringen
Naissance
Reichenau an der Rax (Autriche-Hongrie)
Décès (à 98 ans)
Pöcking (Haute-Bavière), Allemagne
Père Charles Ier d'Autriche
Mère Zita de Bourbon-Parme
Conjoint(s) Regina de Saxe-Meiningen
Enfant(s) Andrea von Habsburg-Lothringen
Monika von Habsburg-Lothringen
Michaela von Habsburg-Lothringen
Gabriela von Habsburg-Lothringen
Walburga von Habsburg-Lothringen
Karl von Habsburg-Lothringen
Georg von Habsburg-Lothringen
Héritier Karl

Signature

Signature de Otto de Habsbourg-Lorraine(de) Otto (von) Habsburg-Lothringen
Description de l'image  Wappen Kaisertum Österreich 1815 (Klein).png.

Otto de Habsbourg-Lorraine (en allemand : Otto (von) Habsburg-Lothringen[1]), archiduc d'Autriche, prince royal de Hongrie et de Bohème, est né le à Reichenau an der Rax[2], et mort le [3] à Pöcking en Bavière, Allemagne. Fils aîné de Charles Ier, dernier empereur d'Autriche et dernier roi de Hongrie et de Bohême, il était le chef de la maison de Habsbourg-Lorraine (branche aînée de la maison de Lorraine) et prétendant aux trônes d'Autriche et de Hongrie.

Il était président du Comité international pour le français langue européenne[4], du Mouvement pan-européen[5] (1973-2004) et député au Parlement européen (1979-1999).

En janvier 2007, il renonce à son rôle de prétendant au trône et c'est son fils aîné, l'archiduc Charles de Habsbourg-Lorraine, qui lui succède[6].

Le prince héritier[modifier | modifier le code]

En novembre 1916, à la mort de son grand-oncle l'empereur François-Joseph, le père d'Otto monte sur le trône et l'enfant devient héritier de l'empire d'Autriche et des royaumes de Hongrie et de Bohême.

En 1918, avec la défaite de l'empire austro-hongrois, Charles Ier renonce à toute forme de participation au gouvernement sans abdiquer formellement face aux troubles populaires et révolutionnaires[7]. Les trois monarchies sont abolies : l'Autriche, la Hongrie et la Bohême[8], sont proclamées républiques, et la famille impériale doit s'exiler.

Par la loi d'exil dite « loi des Habsbourg » (Habsburgergesetz du 3 avril 1919), le Parlement autrichien bannit officiellement les Habsbourg-Lorraine et récupère leurs propriétés courtoises. Après deux vaines tentatives du roi Charles pour reprendre son trône, en mars et octobre 1921, la Hongrie, bien que se déclarant être une monarchie, destitue les Habsbourg, le 6 novembre 1921. De la sorte, Otto se déclare ou se fait déclarer, par ses partisans, « prétendant » aux trônes d'Autriche et de Hongrie[9].

La famille impériale se réfugie à Madère, où le jeune empereur et roi meurt prématurément de maladie à l'âge de 34 ans, le . Otto devient alors le prétendant au trône.

Le prétendant au trône[modifier | modifier le code]

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Après le décès de son père, l'archiduc Otto vit dans différents pays : l'Espagne, la France, la Belgique, le Canada (au Québec) en 1940, les États-Unis (New York).

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Diplômé de l'université belge de Louvain en sciences sociales et politiques, Otto de Habsbourg-Lorraine doit en 1940, avec sa famille, fuir la Belgique, puis la France, au début de l'offensive d'Hitler, qui le déteste car Otto de Habsbourg s'est publiquement opposé à l'Anschluss en 1938[10].

Grâce au consul portugais à Bordeaux, Aristides de Sousa Mendes, les Habsbourg-Lorraine obtiennent des visas pour passer la frontière franco-espagnole et ensuite quitter l'Europe pour les États-Unis où ils s'installent à Washington.

Depuis 1945[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, Otto vit en exil entre la Bavière, la France et une résidence au Pays basque espagnol.

En 1961, il renonce officiellement à ses prétentions sur le trône d'Autriche, mais il n'est autorisé à revenir dans son pays natal qu'en 1966[11]. Otto de Habsbourg est naturalisé ouest-allemand en 1978 sous le nom d'« Otto Habsburg-Lothringen ».

Membre de la Ligue anti-communiste mondiale, il fait partie du comité de parrainage du Cercle Renaissance, une organisation patriotique française[12].

Partisan de l'unité européenne, il est député au Parlement européen de 1979 à 1999, représentant du Land allemand de Bavière au sein de la formation conservatrice CSU. Doyen d'âge, il préside par deux fois la séance inaugurale du Parlement européen. Il fonde, avec un groupe de députés européens favorables à l'apprentissage de la langue française, le GEDULF, qui fait la promotion du français comme langue de référence de l'Europe ; il conteste à l'anglais cette place, au nom de la spécificité et de l'indépendance européenne par rapport aux États-Unis[13].

Début 1989, il récupère la nationalité hongroise, et est reçu à Budapest qui vient de remettre en place la statue de l'impératrice Sissi. Comme il parle le hongrois et vient souvent dans le pays, ses partisans lui proposent d'être candidat à la présidence de la République, mais il refuse[14]. Le 3 avril, il assiste dans l'église du roi Matthias à Budapest, à une messe de requiem célébrée par le cardinal-primat de Hongrie, à la mémoire de sa mère, l'impératrice Zita de Bourbon-Parme.

En août, son parti, le Mouvement pan-européen organise, près de Sopron, un vaste pique-nique, à l'occasion duquel plus de cinq cents Allemands de l'Est, en jogging, forcent la frontière austro-hongroise, pour se réfugier à l'Ouest[15].

Il est membre de la Société du Mont Pèlerin et participe à l'écriture d'un livre en hommage à l'économiste de l'école autrichienne d'économie, Ludwig von Mises[16].

Invité par le groupe conservateur (ÖVP) au Parlement autrichien, le , à l'occasion de la commémoration des 70 ans de l'Anschluss, il déclenche une polémique en déclarant que l'Autriche a été le principal pays victime de la Seconde Guerre mondiale, en estimant que le , lors de l'entrée d'Hitler sur la Heldenplatz, il n'y avait que 60 000 personnes, affluence comparable à celle d'« un match de football le week-end », alors que les historiens estiment cette foule à 250 000[17]. Ses déclarations relancent le débat sur le rapport des Autrichiens à leur passé pendant la Seconde Guerre mondiale.

Mort[modifier | modifier le code]

Son Altesse impériale et royale l'archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine, archiduc d'Autriche, prince royal de Hongrie, dans son cercueil recouvert de l'étendard des Habsbourg, à Pöcking. Les gardes d'honneur sont habillés en uniformes austro-hongrois.

Otto de Habsbourg-Lorraine meurt le 4 juillet 2011 à son domicile de Pöcking en Bavière. Selon sa famille, il s'est « endormi paisiblement ».

Le 5 juillet, son corps est mis en bière dans l'église Saint-Ulrich près de son domicile à Pöcking. Des commémorations, s'étalant sur 13 jours, sont organisées dans plusieurs pays qui faisaient partie de l'ancien empire d'Autriche-Hongrie[18]. Le cercueil d'Otto est recouvert du drapeau des Habsbourg décoré avec les manteaux impériaux et royaux de l'Autriche et de la Hongrie.

Six messes de requiem se succèdent en mémoire de l'archiduc :

  1. à la chapelle Saint-Ulrich de Pöcking le 9 juillet, célébrée par l'évêque d'Augsbourg, Mgr Konrad Zdarsa ;
  2. en l'église Saint-François des Cordeliers de Nancy, lieu de sépulture de la Maison de Lorraine, qui fut également célébrée le 9 juillet ;
  3. à l'église des Théatins à Munich le 11 juillet, célébrée par le cardinal-archevêque de Munich, Mgr Reinhard Marx, où une lettre de condoléances du pape Benoît XVI a été lue[19] ;
  4. à la basilique de Mariazell le 13 juillet, célébrée par l'évêque de Graz, Mgr Egon Kapellari. La basilique est le plus important lieu de pèlerinage de l'Autriche ;
  5. à la cathédrale Saint-Étienne de Vienne le 16 juillet, célébrée par le cardinal-archevêque de Vienne, Mgr Christoph Schönborn — de nombreuses personnalités sont attendues à cette messe de requiem, parmi lesquels le roi Charles XVI Gustave de Suède, le grand-duc Henri de Luxembourg et le prince Hans-Adam II de Liechtenstein — cette messe est suivie d'un cortège funèbre à travers l'Innere Stadt avant la mise au tombeau de l'archiduc (à l'exception de son cœur) dans la crypte des Capucins, aux côtés de son épouse décédée en 2010 ;
  6. à la basilique Saint-Étienne de Budapest le 17 juillet, cocélébrée par le cardinal-archevêque Mgr László Paskai et plusieurs évêques hongrois, suivi de l'inhumation du cœur de l'archiduc à l'Abbaye de Pannonhalma.

Otto et la Lorraine[modifier | modifier le code]

Otto de Habsbourg demeure très attaché à la Lorraine, sentimentalement et symboliquement. Cet attachement passe par la conservation du nom de « Lorraine » à la suite de son nom « de Habsbourg », et par des visites régulières en Lorraine (notamment à Nancy pour son mariage, ses noces d'or et pour la restauration du Château de Lunéville). Il porte d'ailleurs le titre de duc de Bar[20].

Le 9 juillet 2011 une messe de requiem, célébrée en l'église des Cordeliers de Nancy par les prêtres de l'Oratoire Saint-Philippe Néri, a rassemblé 350 personnes.

Famille[modifier | modifier le code]

Le cortège du mariage rue Saint-Dizier.

Son mariage avec la princesse Regina de Saxe-Meiningen fut célébré à Nancy, sur la terre de ses ancêtres Lorrains, le . Il a été marié pendant 58 ans, jusqu'au décès de son épouse, la princesse Regina de Saxe-Meiningen (née le 6 janvier 1925 et décédée le 3 février 2010), fille de Georges III de Saxe-Meiningen-Hildburghausen et, de leur mariage, il est le père de sept enfants (dont des jumelles) :

  1. Andrea (née en 1953), qui épouse en 1977 le comte Karl Eugen von Neipperg (né en 1951), apparenté à Adam Albert de Neipperg, le second époux de Marie-Louise d'Autriche, et postérité ;
  2. Monika (née en 1954), qui épouse en 1980 Don Luis de Casanova-Cárdenas (né en 1950), et postérité ;
  3. Michaela (née en 1954), qui épouse en 1984 (div) Eric Alba Teran d'Antin (1920-2004), avec postérité, puis en 1994 (div 1998) le comte Hubertus von Kageneck, sans postérité ;
  4. Gabriela (née en 1956), qui épouse en 1978 (div) Christian Meister (né en 1954), et postérité ;
  5. Walburga (née en 1958), qui épouse en 1992 le comte Archibald Douglas (né en 1949), et postérité ;
  6. Karl (né en 1961), qui épouse en 1993 la baronne Francesca von Thyssen-Bornemisza (née en 1958), avec postérité, mais dont il se sépare en 2003. Il est l'actuel prétendant au trône d'Autriche depuis 2007 ;
  7. Georg (né en 1964), qui épouse en 1997 la princesse Eilika von Oldenburg (née en 1972), et postérité.

Otto de Habsbourg s'est marié civilement en France, à la mairie de Nancy, le , l'acte de mariage le nomme en français : « Son Altesse impériale et royale François Joseph Otto (...) d'Autriche, duc de Lorraine »[réf. nécessaire]. En plus du titre de duc de Lorraine, Otto est parfois titré « duc de Bar » par ses partisans. Ensuite il s'est rendu à l'église Saint-François-des-Cordeliers à Nancy pour le mariage religieux. Cinquante ans plus tard, pour célébrer leurs noces d'or en mai 2001, le couple s'est de nouveau rendu à Nancy.

Ancêtres[modifier | modifier le code]

Œuvres (écrites en français et en allemand)[modifier | modifier le code]

  • Coutumes et droits successoraux de la classe paysanne et l'indivision des propriétés rurales en Autriche (1935), thèse
  • Entscheidung für Europa (1953)
  • Problem des Atomzeitalters (1955)
  • Soziale Ordnung von morgen (1957)
  • Bernhard von Baden (1958)
  • Im Frühling der Geschichte (1961)
  • Der Ferne Osten ist nicht verloren (1963)
  • Européens et Africains — L’entente nécessaire (1963)
  • Europa, Großmacht oder Schlachtfeld? (1963)
  • Afrika ist nicht verloren (1964)
  • Gottes Hand in der Geschichte (1966)
  • Karl V. (1967), ISBN 3-85002-286-2
  • Politik für das Jahr 2000 (1968)
  • Les Transports et l'Europe (1969)
  • Bis hierher und weiter (1974)
  • Die Heilige Hedwig von Schlesien und unsere Zeit (1974), (ISBN 3-7008-0126-2)
  • La Naissance d’un continent (1975)
  • Idee Europa, Angebot der Freiheit (1976)
  • Karl IV Ein Europäischer Friedensfürst (1978), (ISBN 3-87332-003-7)
  • Jalta és ami utána következett (1979)
  • Europa - Garant der Freiheit (1980)
  • Die Reichsidee - Geschichte und Zukunft einer übernationalen Ordnung (1986), (ISBN 3-85002-228-5)
  • Macht jenseits des Marktes. Europa 1992 (1988), (ISBN 3-85002-267-6)
  • Igy láttam… (1992)
  • Európáért (1992)
  • Nicht geschossen ist auch verfehlt (1992)
  • Úvahy o Evrope (1993)
  • Mémoires d'Europe (1994) (ISBN 2-7413-0078-X)
  • Friedensmacht Europa - Sternstunden und Finsternis (1995), (ISBN 3-85002-368-0)
  • Die Paneuropäische Idee - Eine Vision wird Wirklichkeit (1999), (ISBN 3-85002-424-5)
  • Ein Kampf um Österreich 1938-1945 (2001), (ISBN 3-85002-460-1)
  • Unsere Welt ist klein geworden - Die Globalisierung der Politik (2006), (ISBN 3-85002-539-X)
  • Der Habsburg-Faktor (2007) (Interviewsammlung)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En Autriche, l'usage de la particule est interdit, mais un décret lui a permis d'en user à titre personnel, et en Allemagne, dont il avait la nationalité, il était officiellement Otto von Habsburg-Lothringen
  2. Reichenau an der Rax : devenu Land de Basse-Autriche.
  3. « Décès de Otto de Habsbourg-Lorraine », Le Vif/L'Express (consulté le 4 juillet 2011)
  4. L'avenir du français en Europe Canal Académie
  5. Pan-Europe France
  6. (de) Site de l'archiduc Otto von Habsburg : voir la rubrique biographie
  7. S. Baier, E. Demmerle, « Le crépuscule de l'ancien Empire » dans Otto de Habsbourg de l'Empire à l'Europe
  8. Le royaume de Bohême, composé de la Bohême à proprement parler, de la Moravie et de la Silésie autrichienne cesse d'exister pour devenir, près de 75 ans plus tard (au ), la République tchèque (ou la Tchéquie), avec des frontières sensiblement identiques. De fait, on ne peut parler d'un nouvel État. En revanche, la Tchécoslovaquie, pays créé à la sortie de la guerre entre l'ancien royaume de Bohême et l'ancienne province de la Haute-Hongrie peuplée par des Slovaques (dont la langue est très proche du tchèque), n'aura qu'une existence limitée à une grande partie du XXe siècle.
  9. S. Baier, E. Demmerle, « Jeunesse d'un archiduc en exil (1919-1933) » in Otto de Habsbourg de l'Empire à l'Europe
  10. S. Baier, E. Demmerle, Contre la marée brune (1933-1945)
  11. S. Baier, E. Demmerle, Otto de Habsbourg De l'Empire à l'Europe
  12. Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours, L'Harmattan, Paris, 2008 (ISBN 978-2-296-06476-8), p. 104
  13. A. Fosty, La langue française dans les institutions communautaires de l'Europe
  14. Arrière-petit-neveu de François-Joseph Ier, Otto de Habsbourg a 90 ans
  15. S. Baier, E. Demmerle, « Au service d'une Europe nouvelle (1988-1999) » in Otto de Habsbourg De l'Empire à l'Europe
  16. (de) Krise der Politischen Formen in Europa, Otto von Habsburg
  17. Article de Maurin Picard dans Le Figaro, 12 mars 2008 ou dans le Neue Züricher Zeitung, (de) cet article
  18. Thirteen days of commemoration for Otto von Habsburg begins (article en anglais)
  19. http://www.zenit.org/fr/articles/benoit-xvi-rend-hommage-a-otto-habsbourg-lorraine
  20. Mariage à Nancy le 10 mai 1951
    Noces d'or à Nancy en mai 2001
    Venue à Lunéville en janvier 2003 à la suite de l'incendie du Château puis en juillet 2007 pour la présidence de l'association Lunéville, château des lumières
    Venue à Nancy en janvier 2008 pour un colloque sur La « Souveraineté Européenne »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]