Bataille de Badr
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| Bataille de Badr | ||||||||||||||||
La bataille de Badr; Représentation de la bataille au musée impérial de Topkapi d'Istanbul |
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| Informations générales | ||||||||||||||||
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| Guerres entre Musulmans et Quraychite | ||||||||||||||||
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La bataille de Badr est la première bataille victorieuse des Arabes musulmans. C'est la bataille de Mahomet contre le clan quraychite qui l'avait contraint à l'exil vers Médine, et eut lieu le 17 mars 624.
Sommaire |
Objectifs de la bataille [modifier]
En automne 623, la caravane quraychite annuelle vers la Syrie quitta La Mecque[1]. Cette caravane et celle à destination de l'Irak représentent une grande partie des revenus mecquois[1],[1]. Les Koraïchites avaient confisqué la propriété de tous les Musulmans[réf. nécessaire]ayant émigré vers Médine, et Mahomet décida alors de saisir la propriété des Mecquois en compensation[2].
Histoire [modifier]
Il s'agit de l'attaque d'une grande caravane commerciale mecquoise, voyageant de Syrie vers La Mecque, dans le but de s'emparer des marchandises. Elle était dirigée par Abû Sufyân, un Quraychite ennemi de Mahomet, qui avait rassemblé une force de 300[3] hommes pour protéger la caravane. Abû Sufyân réussit à éviter l'affrontement pendant plusieurs jours. Pendant ce temps, Abu Jahl rassemblait à La Mecque une force de 600 à 800 hommes pour défendre la caravane et éliminer Mahomet qui faisait obstacle au commerce mecquois.
Les deux forces se trouvèrent face à face le 15 mars 624 à un emplacement de puits nommé Badr, situés entre Médine et La Mecque. La bataille de Badr tourna à l'avantage du petit groupe des Arabes musulmans alors que leurs adversaires étaient beaucoup plus nombreux. Elle aurait fait 72 morts du côté mecquois (dont Abu Jahl) et seulement 14 de l'autre, qui aurait en outre capturé une cinquantaine de prisonniers. Ce succès, fit beaucoup pour la réputation de Mahomet comme chef de guerre, grâce au butin qu'elle rapporta.
L'histoire de cette bataille, évoquée dans le Coran[4], se retrouve postérieurement ainsi chez Tabarî :
« Pendant qu'ils parlaient ainsi, jibril vint avec mille anges, se présenta au prophète et lui dit : Sois content ; Dieu m'a envoyé à ton secours avec mille anges. Puis il lui récita ce verset du Coran :
- “Le jour où vous demandiez l'assistance de votre Seigneur, il vous exauça. Je vous assisterai, dit-il, de mille anges se suivant les uns les autres”[5].
Le prophète dit : “Ô mon frère Gabriel, mille anges !”
Gabriel dit : “Trois mille, Ô Mohammed.”
– “Trois mille !” répéta le prophète.
– “Oui, cinq mille”, répliqua Gabriel.
Aussitôt le prophète sortit en courant de la cabane pour porter aux musulmans cette bonne nouvelle. Il cria à haute voix : “Dieu a envoyé trois mille anges à votre secours.”
Ils répétèrent dans leur joie : “Trois mille !”
– “Oui, cinq mille”, répliqua le prophète.
Ensuite Gabriel récita au prophète le verset suivant :
- “Dieu vous a secourus à Badr, car vous étiez faibles... Alors tu disais aux fidèles : Ne vous suffit-il pas que votre Seigneur vous assiste de trois mille anges ?”[6]
Le prophète récita le verset aux fidèles. Il vit comment les anges, tenant dans leurs mains des bâtons, se mettaient en ligne avec les musulmans. Dieu leur avait ordonné de se tenir dans les rangs des musulmans; car moi, leur dit-il, j'ai jeté la crainte dans les cœurs des infidèles, et vous, frappez-les sur la tête, sur le cou et sur tout le corps. Il est dit dans le Coran :
- “Ton Seigneur dit aux anges : Je suis avec vous”[7]
Lorsque les anges se disposèrent à charger l'armée impie, le prophète ramassa une poignée de poussière et la jeta contre les infidèles, en disant : Que vos faces soient confondues ! Dieu commanda au vent de porter cette poussière aux yeux des infidèles, qui en furent aveuglés. Chargés par les anges, qui étaient en avant des fidèles, ils se mirent à fuir. Les anges les poursuivirent, les frappèrent de leurs bâtons et les firent tomber. Chaque coup qu'un ange portait à un infidèle lui brisait tous les os de son corps, depuis la tête jusqu'aux pieds, et lui rompait les veines et les nerfs ; l'homme tombait et remuait convulsivement, sans qu'aucune blessure fût visible sur son corps, et sans que son sang coulât. Quand les fidèles arrivaient, ils attaquaient les hommes ainsi frappés, leur faisaient des blessures et faisaient couler leur sang. Les compagnons du prophète ont raconté : Il y eut des hommes dont la tête fut séparée du corps et la nuque brisée avant que notre épée les eût atteints. Il y en avait d'autres qui, lorsque nous les attaquâmes, étaient étendus par terre, agonisant, mais sans blessure. Leurs corps étaient brisés, mais la vie ne les avait pas encore quittés. Nous reconnûmes que cela n'était pas de notre fait, mais l'œuvre de Dieu. Il est dit, en effet, dans le Coran :
- “Ce n'est pas vous qui les avez tués, mais Dieu ; ce n'est pas toi qui as jeté la poussière, mais Dieu”[8] »
— Tabari, op. cit., vol. II, « Mohammed, le sceau des prophètes », p. 137-176.
Fin de la bataille [modifier]
Lorsque la bataille s’acheva, les corps des Quraychites furent enterrés dans une fosse commune.
Trois jours plus tard, l’armée musulmane leva le camp et se prépara à rentrer à Médine, couronnée de succès. Sur le chemin du retour, Mahomet partagea le butin entre les soldats et fit exécuter An-Nadr Ibn Al-Hârith et `Uqbah Ibn Abî Mu`ayt qui s’étaient rendus coupables du meurtre et de la persécution[réf. à confirmer]de plusieurs musulmans avant l’Hégire[9].
Notes [modifier]
- (en) Richard A. Gabriel, Campaigns and commanders, vol. 11 : Muhammad: Islam's first great general, University of Oklahoma Press, 2007, 255 p. (ISBN 0806138602) [lire en ligne], p. 86
- Le nectar cacheté, page 278
- D'après les chroniques de Tabari, la version la plus exacte avance que le nombre de musulmans était de 314 hommes.
- Le Coran, « La Famille d’Imran », III, 13, (ar) آل عمران ; Le Coran, « Le Butin », VIII, 5-6, 15-19, 47-48, 65, (ar) الأنفال
- Le Coran, « Le Butin », VIII, 9, (ar) الأنفال
- Le Coran, « La Famille d’Imran », III, 119-121, (ar) آل عمران
- Le Coran, « Le Butin », VIII, 12, (ar) الأنفال
- Le Coran, « Le Butin », VIII, 17, (ar) الأنفال
- (en) Al Tabari, The foundation of the community, State University of New York Press, 2008 (ISBN 978-0887063442) [lire en ligne], p. 12 :
« Certains disent que la Bataille de Badr s’est déroulée le 19 du Ramadan (15 Mars, 624). »
Voir aussi [modifier]
Articles connexes [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Tabari (trad. Herman Zotenberg), La Chronique, Histoire des prophètes et des rois (2 volumes), vol. II, Actes-Sud/Sindbad, coll. « Thésaurus », 2001 (ISBN 978-274273318-7), « Mohammed, le sceau des prophètes »