Al-Mutadid (Abbasside)

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Abû al-`Abbâs “al-Muʿtadhid bi-llah” Ahmad ben Tâha al-Muwaffaq ben Jaʿfar al-Mutawakkil[1], surnommé Al-Muʿtadhid[2] est né en 857. Il est le petit-fils du calife Ja`far al-Mutawakkil, et a succédé à son oncle Al-Mu`tamid comme calife abbasside en 892. Il est mort en 902 et son fils Al-Muktafi lui a succédé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Al-Muwaffak, le père d'Al-Muʿtadid était venu en aide à son frère le calife Al-Mu`tamid pour venir à bout de la révolte des Zanj en 869. C'est lui qui a pris les rênes du pouvoir à la place de son frère. Sous le gouvernement d'Al-Muwaffaq, le califat a semblé pouvoir se rétablir. En 883 la révolte des Zanj, au sud de l'Irak, est terminée. Le contrôle des provinces est renforcé. Al-Muwaffaq a aussi énergiquement combattu les Tulunides en Syrie.

Al-Muwaffaq souffrant de plus en plus d'éléphantiasis, son fils Al-Muʿtadid a peu à peu pris en charge ses fonctions à partir de 889. Il est mort en juin 891. Al-Mu`tamid ne reprend pas le pouvoir que lui avait pris Al-Muwaffak et il a même été contraint de déposséder son fils du titre de successeur présomptif, pour l'attribuer à Al-Muʿtadid.

Al-Mu`tamid est mort en octobre 892 après une nuit de beuverie qui l'a laissé ivre mort.

Règne d'Al-Muta`did[modifier | modifier le code]

Avant la mort du calife, Al-Muta`did avait déjà le pouvoir suprême. Il continua à gouverner efficacement.

En Égypte[modifier | modifier le code]

L'Égypte a réintégré le califat car le toulounide Khumârawayh avait été flatté de donner sa fille au calife avec une dot importante (892). Al-Muʿtadid lui reconnaît son titre d'émir d'Égypte et de Syrie contre la promesse d'un tribut annuel. Khumârawayh est mort assassiné quelque temps plus tard (896).

Le pays sombre dans le désordre. Abû al-`Asâkir, premier fils de Khumârawayh, est assassiné peu de temps après sa prise de pouvoir. Son second fils Hârûn lui a succédé bien que la situation continuât de se détériorer (896). Il restera en place jusqu'en 904.

Dans le Khorasan[modifier | modifier le code]

Le samanide Ismail Ier bat le Saffâride `Amr ben Layth (901). Il fut envoyé à Bagdad et emprisonné puis exécuté sur l’ordre d’Al-Muta`did sur son lit de mort. Il fut forcé de restituer le Khorasan, et les Saffârides furent par la suite essentiellement confinés à la région du Sistan, leur rôle étant réduit à ceux de vassaux des Samanides et de leurs successeurs.

Les émirs Samanides continuaient de se considérer comme accrédités par Bagdad. Mais le pouvoir de Bagdad au-delà des frontières de l’Irak était plutôt théorique. En fait les Samanides se faisaient les hérauts de l’indépendance de la Perse.

Les Zaydites du Tabaristan sont vaincus par les Samanides (900). Une partie d’entre eux se réfugie dans le Gilan. L’autorité du calife ne va pas au-delà de Ray vers l’Est. Les Zaydites reviendront temporairement au Tabaristan en 913.

En Irak[modifier | modifier le code]

Le calife a mené de longues campagnes contre le kharidjisme encore répandu dans tout l’Irak. Finalement la région a retrouvé un peu d’ordre, alors qu’elle avait été longtemps le théâtre des affrontements entre bandes de bédouins rebelles et de la rivalité entre les troupes égyptienne et les troupes impériales.

Administration[modifier | modifier le code]

Al-Muta`did a été un prince courageux et énergique. Il a été tolérant envers les descendants d’`Alî. Il ne s’est pas opposé aux aides financières que l’émir du Tabaristan leur envoyait. Il aurait cependant préféré que ce soit fait ouvertement.

Il a été moins juste avec les descendants des omeyyades. Il prononçait l’anathème contre eux aux cours des prières publiques. Il avait un registre contenant le récit de tous leurs méfaits et interdisait que l’on fasse la moindre mention favorable à leur égard.

Al-Muta`did a été aussi cruel dans ses punitions. Certaines n’ont pas été dépassées en cruauté par ses successeurs. Un Zendj qui avait été pardonné a été repris pour des trafics avec l’armée. Il a été ligoté sur poteau et roussi au feu, puis descendu pour être décapité et son cadavre empalé sur le grand pont de Bagdad. Le chef des Kharidjites de Mossoul, qui était tombé aux mains du calife par trahison, fut exhibé dans Bagdad vêtu d’une robe de soie (Les kharidjites considèrent que porter des vêtements de soie est une faute) et il a été crucifié. Un autre a été dépecé vivant « comme un mouton ».

Après un règne de près de dix années Al-Muta`did est mort. C'est Al-Muktafi, le fils qu'il a eu d'une esclave turque, qui lui a succédé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. arabe : abū al-ʿabbās al-muʿtaḍid bi-llāh ʾaḥmad ben ṭāḥa al-muwaffaq ben jaʿfar al-mutawakkil,
    أبو العباس "المعتضد بالله" أحمد بن طلحة الموفق بن جعفر المتوكل
  2. arabe : al-muʿtaḍid, المعتضد, celui qui à le soutien (de Dieu)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Documentation externe[modifier | modifier le code]