Zulfikar

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Une représentation symbolique de Zulfikar.

Dhû'l-fiqâr ou plus souvent Zulfikar ou Zulfiqar ([ðuːl-fiqaːr], arabe : ذو الفقار, celle qui a l'épine) est le nom de l'épée à deux pointes que Mahomet a trouvé dans le butin de la bataille de Badr[1]. Mahomet l’a donnée à Ali lors de la bataille de Uhud. Zulfikar est l'un des symboles les plus anciens et les mieux connus de l'islam. Son nom a été traduit de plusieurs façons : « tranchant l'échine », « deux fois prolongée », « deux-pointes », et parfois interprété en « qui distingue le bien du mal. »

Tradition[modifier | modifier le code]

Lors de la bataille de Uhud, Ali a brisé son sabre sur le casque d'un adversaire. Mahomet portait à la ceinture deux sabres. Il donna son sabre Zulfikar à son gendre Ali.


Cette phrase :

« Il n'y a pas de héros comme Ali, Il n'y a pas d'épée comme Zulfikar
(lā fatā ʾillā ʿalī, lā saīf ʾillā ḏū-l-fiqār, لا فتى إلا علي لا سيف إلا ذو الفقار) »

est un slogan chiite courant. Il arrive que l'ordre des deux phrases soit inversé[2].

Zulfikar et ses variantes phonétiques ont donné des prénoms populaires. Par exemple, le président puis Premier ministre de la République islamique du Pakistan de 1971 à 1977 s'appelait Zulfikar Ali Bhutto. En alphabet latin, les variantes incluent Zulfiqar, Thulfiqar, Dhulfaqar, ou encore Zolfaqar.

Pour certains chiites, Zulfikar aurait été remise à Mahomet par l'ange Gabriel avec d'autres symboles de l'imamat. Cette épée est supposée porter l'inscription suivante « ne pas tuer un musulman pour (le meurtre d') un incroyant[3] ». Le jour du jugement dernier, `Ali est supposé brandir cette épée[2].

Cette épée aurait été en possession du huitième imam chiite duodécimain et alaouite Ali ar-Rida et serait ensuite tombée aux mains des Abbassides[2].

Des représentations de Zulficar se trouvent sur les bannière des Séfévides et des Qadjars en Perse ainsi que sur celles les Ottomans et les Moghols. Néanmoins en Perse le lion, symbolisant Ali sur l'“emblème du lion et du soleil”, ne porte généralement qu'une épée à simple pointe[2].

L'épée d'Ali figurait sur le drapeau des beys de Tunis ainsi qu'au dernier bey d'Algérie qui n'est autre que Hadj Ahmed Bey.

Iconographie et folklore[modifier | modifier le code]

Ali et sa famille étant très populaires, en particulier dans les milieux chiites, les représentations de Zulfikar sont fréquentes, à la fois dans l'iconographie populaire et officielle. Chez certains soufis la ligature lām-alef[4] est souvent comparée à Zulficar. Dans l'iconographie populaire turque la lettre yāʾ qui termine le nom d'`Ali[5] est souvent prolongée pour former une épée à deux lames. Dans les miniatures mogholes du XVIIe siècle Zulficar est fréquemment représentée[2].

Zulficar fait partie du folklore et on lui attribue des propriété magiques. Dès la période fatimide, des légendes se sont répandues sur son origine miraculeuse, et sur l'efficacité de ses deux pointes pour se protéger du mauvais œil. Plusieurs montagnes sont réputées avoir été découpées par l'épée d'`Ali[6] et certaines portent le nom de Zulficar[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tabari (trad. Herman Zotenberg), La chonique, Histoire des prophètes et des rois, vol. II, Actes-Sud/Sindbad, coll. « Thésaurus »,‎ 2001 (ISBN 978-2742-73318-7), « Mohammed sceau des prophètes », pp. 335-336
  2. a, b, c, d, e et f (en) Jean Calmard, « Ḏu’l-Faqār », dans Encyclopædia Iranica en ligne
  3. en arabe : لا يقتل مسلم بكافر, phrase tirée du Sahîh de Bukhârî, Volume 1, Book 3, Number 111 (voir (ar) et (en) « Knowledge (كتاب العلم) », sur Islam Online et (en) « Translation of Sahih Bukhari. Knowledge », sur University of Southern California, Compendium of Muslim Texts)
  4. lām : ل ; alef : ا ; ligature lām-alef : لا
  5. Lettre yāʾ, en arabe : ي ; ʿAlī, علـي
  6. Tout comme la brèche de Roland à Roncevaux aurait été faite par Durandal.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]