Bataille de la Tranchée

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Bataille de la Tranchée
La bataille de la Tranchée
La bataille de la Tranchée
Informations générales
Date Mars - Avril 627/5 Shawwal, 5 AH
Lieu Médine en Arabie saoudite
Issue Victoire musulmane
Belligérants
Muhammadseal2.jpg Musulmans Coalisés
  • Tribus arabes
  • Tribus Juives
  • Autres tribus païennes (Banu Murra, Huyyay ibn Auf Murri, Banu Ghatafan, Bani Assad, Banu Shuja, et autres )
Commandants
Muhammadseal2.jpg Mahomet Abu Sufyan ibn Harb
Forces en présence
Muhammadseal2.jpg 3 000 hommes 10 000 hommes
Pertes
Muhammadseal2.jpg 6 morts 8 morts
Guerres entre Musulmans et Coalisés

En 627, la bataille de la tranchée[1] est un des épisodes de la guerre entre le prophète de l'islam, Mahomet, exilé à Médine, et les habitants de La Mecque qui l'avaient contraint à l'exil en 622. Elle est aussi appelée bataille du fossé, ou bataille des coalisés, ce dernier nom se réfère à la sourate XXXIII intitulée Les Coalisés qui prophétise le déroulement et l'issue de la bataille.

Histoire[modifier | modifier le code]

À cause des persécutions que Mahomet et les siens subirent à La Mecque, les musulmans mecquois émigrèrent à Médine (appelée alors Yathrib) en 622. Ce fut le début de l’hégire. Mahomet devint le dirigeant de Médine et rédigea le traité de Médine. Ce traité fut acceptée par toutes les tribus de Médine, qu’elles soient arabes ou juives. Un des articles de ce traité oblige toutes les parties de défendre Médine contre toute attaque étrangère. En 624, Mahomet et les siens avaient gagné la bataille de Badr contre les mecquois. En 625, menés par Abû Sufyân, les mecquois du clan Quraychite avaient gagné la bataille de `Uhud. Mahomet y passe même pour mort. Après cette bataille, la tribu juive des Banû Nâdir complotèrent pour assassiner Mahomet. En conséquence de cette trahison, ils furent exilés vers Khaybar.

La tribu polythéiste des Quraych de La Mecque lança une troisième et dernière attaque contre Médine en 627. Ce fut la bataille du fossé. Les Quraych voulaient se débarrasser une fois pour toutes de la communauté musulmane de Médine et de leur prophète, Mahomet. Ils formèrent une coalition avec plusieurs tribus arabes dont celle des Banu Ghatafan. Composées d’environ 10 000 hommes et 1 000 cavaliers, les armées marchèrent sur Médine. Pour Hichem Djaït, Les leaders juifs de banu Nadir et les arabes de Banu Wa'il furent les instigateurs de l'attaque[2]. En revanche Tabarî indique que les juifs, en grande partie, avaient quitté la région[3].

Mahomet fut averti de cette attaque et réunit ses compagnons pour discuter de la marche à suivre. Un perse nommé Salman (سَلمَانُ الفَارِسِيُّ [salmān al-fārisīy])[4] conseilla à Mahomet de creuser un fossé autour du camp des musulmans afin de briser les charges de cavalerie. Le fossé faisait 20 coudées (10 mètres) de profondeur et 20 coudées de large. Selon différentes sources, il fallut tout un mois pour le creuser[5] ou 6 jours[6]. Cette tactique courante chez les Perses était inconnue des arabes. Médine étant pourvue de remparts, le fossé ne fut creusé qu’aux endroits où ceux-ci manquaient. Ces remparts étaient gardés par différentes tribus de Médine, dont la tribu juive des Banû Qurayza.

Lorsque le fossé fut fini, Mahomet et son armée de 3 000 hommes campèrent derrière pour attendre leurs ennemis, les coalisés. Les femmes et les enfants avaient pris refuge dans la maison fortifiée du poète médinois Hassân ibn Thâbit. Les armées ennemies arrivèrent et mirent le siège devant la ville. 26 jours passèrent sans qu’aucun vrai combat n’ait été engagé, mis à part quelques échanges de flèches et quelques assauts infructueux de la cavalerie des coalisés. Un de ces assauts fut mené par ‘Amr ibn ‘Abd ‘Wudd qui avait vaillamment combattu à la bataille de Badr. `Alî et quelques hommes allèrent s’opposer à eux. ‘Amr leur demanda de se battre en duel avec l’un d’entre eux. `Alî accepta le duel et tua ‘Amr ibn ‘Abd ‘Wudd[7],[8].

Après une vingtaine de jour de siège, les vivres commencèrent à manquer dans les deux camps. Le prophète Mahomet voulu signer la paix avec l’ennemi pour alléger les souffrances de son peuple. Les chefs des principales tribus médinoises comprirent que Mahomet ne voulait signer la paix que pour leur bien. Alors ils lui demandèrent de ne pas signer, ce qu’il fit[9].

Abû Sufyân avait conclu une alliance avec la tribu juive des Banû Qurayza. Ceux-ci avaient accepté de laisser entrer les troupes pour attaquer les musulmans malgré le traité qu’ils avaient signé avec le prophète Mahomet. Un nouveau converti, Nu`aym ibn Mas`ûd vint trouver le prophète Mahomet et lui offrit ses services. Sa conversion n’était pas encore connue de l’ennemi et il alla chez les Banû Qurayza pour essayer de semer la discorde. Il leur fit croire qu'Abu Sufyan risquerait en cas de défaite de les laisser sans protection. Il conseilla donc aux Banû Qurayza de demander des otages en échange du passage. Nu`aym ibn Mas`ûd alla ensuite trouver Abu Sufyan et ses compagnons. Il leur déclara que les juifs s'étaient repentis de leur conduite envers Mahomet et qu’ils allaient leur demander des otages pour les donner aux musulmans. La ruse de Nu`aym fonctionna et sauva la ville[10].

Le siège des coalisés fut finalement rompu lorsqu’une tempête ravagea le camp des coalisés en épargnant celui de Mahomet. Les musulmans croient que ce fut la conséquence d’une intervention divine.

Le sort de la tribu juive des Banû Qurayza[modifier | modifier le code]

Tout de suite après la victoire inattendue des Médinois, Mahomet s’occupa de la "traîtrise" des Banû Qurayza. Les musulmans croient que ce fut à l'instigation de l’"ange Gabriel". D'après certaines sources, les Banû Qurayza n’avaient pas seulement refusé de combattre aux côtés de Mahomet, au mépris du traité de Médine, ils avaient aussi manigancé avec les coalisés. Si leur plan avait réussi, il aurait causé la mort de nombreux civils et de tous les musulmans de Médine. Cela reste un point de vue parmi d'autres contraires.

Mahomet les assiégea. Après vingt-cinq nuits de siège, les Banû Qurayza acceptèrent de se rendre au jugement de Sa`d ibn Mu`âdh,un membre de la tribu des Banu Aws ("Fils de Aws", Arabe: بنو أوس) allié des Banu Qurayza.. Sa`d fut blessé d’une flèche lors de la bataille du fossé et fut transporté auprès de Mahomet. Il demanda aux deux parties si elles acceptaient son jugement, chose qui fut faite. Sa`d ibn Mu`âdh dit alors[11] « Mon jugement sur les Banû Qurayza sera : que les hommes soient tués, que leur biens soient répartis entre les musulmans et que les femmes et les enfants soient bannis. ». Mahomet répondit « Ton jugement, Sa`d, est le jugement de Dieu. »

La plupart des hommes (plus de six cents) de la tribu des Banû Qurayza furent alors décapités, et les femmes et les enfants réduits en esclavage[12] ou plus vraisemblablement bannis[11]. Telle est le récit d'Ibn Hischâm qui est la plus ancienne source historique de la vie de Mahomet. Mais selon son contemporain Ibn Hajar, voulant disculper du massacre le camps opposé aux Bunû Qurayza, ce récit ne serait pas authentique.


Dans le Coran[modifier | modifier le code]

La sourate XXXIII Les coalisés[13] aurait prédit cette bataille ; en tout cas, elle évoque son issue tragique pour la tribu des Banû Qurayza. Le terme "coalisés" désigne ici les quraychites de la Mecque alliés à d'autres tribus arabes et aux tribus juives de Médine qui auraient trahi leur "alliance" avec Mahomet.

« Il a fait sortir de leurs forts ceux des gens des Écritures qui aidaient les confédérés ; Il a jeté dans leurs cœurs la terreur et le désespoir ; Vous en avez tué une partie, vous en avez réduit en captivité une autre. 27. Dieu vous a rendus héritiers de leur pays, de leurs maisons et de leurs richesses, du pays que vous n’aviez jamais foulé jusqu’alors de vos pieds. Dieu est tout-puissant. »–[14] »

[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. arabe : ġazwa al-ḫandaq, غَزوة الخَندَق, bataille de la Tranchée
  2. Hichem Djaït, la vie de Muhammad, Tome 3, éd. Cérès, 2012, p. 185
  3. Tabarî, La Chronique t.2, traduit du persan par Hermann Zotenberg, 1260 pages, éditions Actes Sud, collection Thésaurus (24 mai 2001), voir TH p. 214-219. ISBN 2-7427-3318-3 ISBN 978-2-7427-3318-7. Autre édition : Histoire des Envoyés de Dieu et des rois (en un seul volume), 1186 pages, éditions Al-Bustane (1er septembre 2002), voir AB p. 578-581. ISBN 2-910856-30-5 ISBN 978-2-910856-30-4
  4. Salman s’était converti au christianisme au désespoir de son père qui était païen. Il voulut s’enquérir sur Mahomet et rejoignit une caravane dont les voyageurs le vendirent comme esclave. Il fut emmené à Médine où il rencontra Mahomet et se convertit à l'islam.
  5. Tabari : La Chronique (Volume II, Mohammed le sceau des prophètes), Actes-Sud (ISBN 2-7427-3318-3) p. 224
  6. Jerald F. Dirks, Understanding Islam, A guide for the Judaeo-Christian Reader, p. 192
  7. Ibn Hichâm, La biographie du prophète Mahomet, p. 266-267
  8. Tabari : La Chronique (Volume II, Mohammed le sceau des prophètes), Actes-Sud (ISBN 2-7427-3318-3) p. 223-229
  9. Ibn Hichâm, La biographie du prophète Mahomet, p. 265
  10. Ibn Hichâm, La biographie du prophète Mahomet, p. 268-270
  11. a et b Ibn Hichâm, La biographie du prophète Mahomet, p. 276
  12. Tabâri : La Chronique (Volume II, Mohammed le sceau des prophètes), Actes-Sud (ISBN 2-7427-3318-3) p. 231
  13. arabe : al-ḥazab, الحَزب, pl. al-aḥazāb, الأحزاب, coalisé ; factieux
  14. Le Coran, « Les Confédérés », XXXIII, 26-27, (ar) الأحزاب
  15. Muhammad Siddique Qureshi (1989), Foreign policy of Hadrat Muhammad (SAW), Islamic Publications, p. 216.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]