Al-Hakim bi-Amr Allah

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Mosquée de Al-Hakîm
(Le Caire)

Al-Hakîm [1] est né en 985. Il a succédé à son père Nizar al-`Azîz bi-llah comme calife et imâm fatimide en 996. Il est mort en 1021.

Sommaire

[modifier] Histoire

Al-Hakîm est le petit fils de Al-Muizz li-Dîn Allah. Fils d'une mère chrétienne, il n'avait que onze ans à son accession au pouvoir et il ne fut pas contesté, ce qui démontre la stabilité de la dynastie fatimide à ce moment là.

Il agrandit l'empire fatimide en conquérant la Syrie jusqu'à Alep.

En 1005, Al-Hakîm fonda la « Maison du Savoir »[2] munie d'un importante bibliothèque publique où l'astronomie, la philosophie étaient enseignées en plus des disciplines purement religieuses comme la connaissance des hadiths et du Coran. C’est là que les futurs missionnaires (dâ`i) recevaient l’enseignement des doctrines ismaéliennes (da`wa) qu’ils étaient ensuite chargés de répandre dans tout le monde musulman.

En 1009, Al-Hakîm fit détruire l'église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. Il persécuta les chrétiens et les autres dhimmis de Palestine. Bien que la situation des chrétiens en Palestine se fût beaucoup améliorée sous ses successeurs, et que l'empereur byzantin Constantin IX l'eût reconstruit en 1048, cette destruction du Saint-Sépulcre fut le prétexte de la première croisade en 1096, avec à la même date la conquête seldjoukide de Jérusalem, sa mise à sac et l'interdiction aux pélerins chrétiens de pénétrer dans la ville sainte.

Mosquée de Al-Hakîm (Le Caire)
Commencée sous le règne de son père elle est terminée en 1013

En 1013, Al-Hakîm compléta la mosquée commencée par son père au Caire, qui est devenue la « mosquée de Hakîm » ou « mosquée du vendredi ».

Au cours de son long règne, Al-Hakîm eut à s'opposer aux qarmates régnant à Bahreïn. Son plus farouche opposant était le calife abbasside de Bagdad al-Qâdir bi-Amr Allah qui voulait arrêter la propagation de l'ismaélisme. Il convoqua les chiites duodécimains, exigeant qu’ils rédigent un document proclamant que al-Hakîm n'est pas un descendant de `Alî : c’est le « Manifeste de Bagdad » (1013).

Outre cette menace abbasside, l'empire fatimide était menacé par les Berbères à l'ouest et les Turcs au nord, ainsi que par ses propres vizirs à l'intérieur (au cours des vingt dernières années du règne d'Al-Hakîm, quinze vizirs se sont succédé).

Al-Hakîm a disparu en 1021. Il n’est pas revenu d’une promenade nocturne aux environs du Caire dans les collines d'al-Muqattam. Son corps n’a pas été retrouvé. Certains de ses proches, regroupés autour d'un de ses vizirs ad-Darazi, en firent une incarnation divine, le proclamant occulté, fondant ainsi la secte des Druzes (1021). Cette tendance à diviniser l'imâm existait depuis les premiers imâms chiites. L'imâm duodécimain Ja'far as-Sâdiq avait fait brûler les chiites qui avaient voulu le diviniser (vers 750). Certains affirment que loin de combattre cette tendance à le diviniser, al-Hakîm l'aurait encouragée.


[modifier] Notes

  1. Al-Hakîm nom complet en arabe : al-ḥākim bi-amr allah al-manṣūr ismā`īl ben al-`azīz ben al-mu`izz li-dīn allah ma`d al-fāṭimīy, الحاكم بأمر الله المنصور بن العزيز بالله بن المعز لدين الله معد الفاطمي surnommé al-ḥākim bi-amr allah, الحاكم بأمر الله, Souverain par la volonté de Dieu et al-manṣūr, المنصور, Le vainqueur
  2. arabe : dār al-`ilm, دار العام ,maison de la science.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens extérieurs

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