Al-Mahdi (Abbasside)

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Muhammad al-Mahdî ben `Abd Allah al-Mansûr ou Al-Mahdî[1] troisième calife abbasside est né en 746. Il succéda à son père Al-Mansûr comme calife en 775. Il est mort le 4 août 785[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Sous le règne de son père Al-Mahdî, avait mené une campagne victorieuse contre une rébellion au Khorasan (760).

Al-Mahdî fut proclamé calife alors que son père al-Mansûr était encore sur son lit de mort (775). Mais son successeur désigné devait être son oncle `Isâ. Cet oncle avait été évincé par al-Mansûr au profit de Al-Mahdî. Al-Mahdî commença par proposer d'importantes sommes d'argent afin qu'il renonce à son droit de succession. Après diverses manœuvres Al-Mahdî obtint ce qu'il désirait : `Isâ renonçait à son droit de succession ; son fils Mûsâ al-Hadî fut désigné comme successeur et après lui son second fils Hârûn ar-Rachîd (vers 780).

Al-Mahdî poursuivit la mise en place de l'administration abbasside en créant de nouveaux ministères (dîwân) : celui de la guerre, la justice et les finances. Les juges (qâdi) furent rémunérés et certaines lois contre les non arabes furent abolies.

Mais son califat est également celui du développement de la culture musulmane à Bagdad grâce à une ouverture à la sagesse antique et le début de l’âge d’or de “la civilisation islamique classique” ; en effet, al-Mahdî est à l’initiative de la grande entreprise de traduction des classiques grecs en arabes via le syriaque. C’est d’ailleurs pour la traduction des Topiques d’Aristote que al-Mahdî se rapproche de Timothée, le catholicos de l'église nestorienne.

Les Barmécides qui avaient fourni des vizirs depuis le règne de Abû al-`Abbâs As-Saffah, dirigèrent ces nouveaux ministères. Al-Mahdî construisit des routes, instaura un système postal et fit la guerre aux byzantins. L'usage du papier, à la place du parchemin et ou du papyrus, se généralisa. Des rues entières de Bagdad se consacrèrent au commerce du papier et des livres.

Al-Mahdî maintenait une politique religieuse assez rigoureuse, il poursuivit les dualistes[3]. Pouvaient être accusés de dualisme les convertis zoroastriens, surtout chez les persans, mais aussi les soufis. Al-Mahdî déclara que le calife n'était pas seulement un souverain, mais qu'il était de son devoir de définir l'orthodoxie religieuse afin de maintenir la cohésion de la communauté des croyants (umma). Ce nouveau pouvoir sera lourd de conséquences sous le règne de Al-Mâ'mûn.

Il fait assassiner en prison le septième imâm chiite Mûsâ al-Kâzim ben Ja`far.

Al-Mahdî est mort en 785 soit d'un accident de cheval au cours d'une chasse, soit empoisonné, par erreur, par une esclave jalouse d'une rivale que le calife lui aurait préférée et qu'elle voulait éliminer.

Al-Khayzurân[modifier | modifier le code]

Al-Khayzurân[4] était une esclave probablement originaire du Yémen à la cour des califes abbassides. Elle prit un ascendant politique sur son époux al-Mahdî et intrigua pour que ses deux fils soient placés en position de successeurs de leur père alors que cela aurait dû être leur oncle `Isâ qui avait déjà été évincé par al-Mansûr au profit de al-Mahdî. Les notables qui venaient le matin rendre hommage au calife, commençaient par venir saluer al-Khayzurân, puis al-Mahdî.

Son fils aîné Mûsâ al-Hâdî fut institué premier successeur et ensuite seulement son fils préféré Hârûn ar-Rachîd.

Pendant son court règne, al-Khayzurân domina son fils al-Hâdî. Al-Hâdî interdit aux courtisans de rendre visite à sa mère. Il essaya même de l’empoisonner. Lorsque al-Hâdî est mort elle dit « C’est ce que je désirais[5]. ». La tradition dit que al-Hâdî est mort en trois jours d’un abcès à l’estomac. D’autre disent qu’il est mort ivre étouffé par des esclaves payés par al-Khayzurân.

Lorsque Hârûn ar-Rachîd fut à son tour nommé calife, il dut s'opposer à Ja`far le fils de al-Hâdî qu'il avait voulu nommer comme héritier. Hârûn ar-Rachîd força Ja`far à faire une déclaration par laquelle il reconnaissait que le pouvoir appartenait à son oncle (786). Il se débarrassa des vizirs et des gouverneurs de al-Hâdî pour les remplacer par des hommes de son choix. Son principal vizir fut Yahyâ ben Khâlid.

Al-Khayzurân est morte en 789 peu avant la chute des Barmécides en 803.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. arabe : Muḥammad al-mahdī ben ʿabd allāh al-manṣur, محمد المهدي بن عبد الله المنصور
  2. 22 muharam 169 A.H. Le récit de Tabari, La Chronique (Volume II, L'âge d'or des Abbassides), p. 109, place cette mort presque un an plus tard : 6 dhu al-hijja 169 A.H. (9 juin 786)
  3. arabe : zindīq, زنديق, athée; dualiste; manichéen
  4. arabe : ḫayzurān, خيزران, roseau ; bambou ; osier
  5. Tabari, La Chronique (Volume II, L'âge d'or des Abbassides), p. 122

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Janine Sourdel et Dominique Sourdel, Dictionnaire historique de l'islam, PUF, coll. « Quadrige »,‎ 2004, 1056 p. (ISBN 978-2-13-054536-1)
  • Tabari (trad. du persan par Hermann Zotenberg), La Chronique. Histoire des prophètes et des rois, vol. II, Actes Sud / Sindbad, coll. « Thésaurus »,‎ 2001 (ISBN 978-2-7427-3318-7).