Al-Walīd II

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Al-Walīd II
Fonctions
Calife
6 février 74316 avril 744
Prédécesseur Hišām
Successeur Yazīd III le Réducteur
Biographie
Nom de naissance Al-Walīd ibn Yazīd
Date de naissance 707
Date de décès 16 avril 744
Nationalité Omeyyade
Père Yazīd II
Mère ʾUmm Al-Ḥaǧǧāǧ bint Muḥammad
Enfant(s) Al-Ḥakam
ʿUṯmān
Religion Islam
Résidence Damas
Califes

Al-Walīd II ou ʾAbū Al-Abbās-ibn Yazīd (en arabe : أبو العباس الوليد بن يزيد), né en 707 et mort en 744, est le onzième calife omeyyade. Il succède à son oncle Hišām en 743. Il est le fils de Yazīd II. Son règne ne dure qu'un an, deux mois et vingt-et-un jours[1].

Succession de Hišām[modifier | modifier le code]

Hišām pense un moment à choisir son propre fils pour lui succéder, Al-Walīd ibn Yazīd étant très porté sur les boissons alcoolisées et peu religieux. Hišām reproche à Al-Walīd ce comportement et lui enjoint de quitter son compagnon de boisson. Il lui coupe également les fonds d'héritage et le somme d'être plus respectueux en matière de religion. Al-Walīd succède à Hišām le 6 février 743.

Débuts de règne[modifier | modifier le code]

Au début de son règne, Al-Walīd II confirme Naṣr ibn Sayyār Al-Layṯiyy au poste de gouverneur du Khorassan, ainsi que d'autres gouverneurs nommés par Hišām. Al-Walīd II nomme également son oncle Yūsuf ibn Muḥammad au poste de gouverneur de Médine.

Sous Al-Walīd II, les tensions ethniques commencent à s'amplifier, et les Omeyyades perdent peu à peu leur statut d'arbitre, et donc leur légitimité. La politique d'arabisation menée par la dynastie et la confiscation du pouvoir par les Arabes conduit à l'affaiblissement du pouvoir. Les kharidjites, révoltés en Irak, prennent Koufa et contrôlent une bonne partie du pays et des provinces à l'est, où la propagande abbasside s'étend lentement mais sûrement.

Al-Walīd II remet en liberté Yaḥyā, fils de Zayd ibn ʿAlī. Yaḥyā quitte Merv pour Nichapur, où il est arrêté par le gouverneur Naṣr, le croyant en fuite. Une bataille s'ensuit, qui voit les partisans de Yaḥyā prendre l'avantage. Yaḥyā, voyant qu'il est plus prudent de ne pas continuer sa route vers l'Irak, revient au Khorassan, où il est tué, lui et son frère. Leurs corps restent exposés sur la potence jusqu'à l'insurrection de ʾAbū Muslim Al-Ḫurāsāniyy en 743. Ce dernier les enterre, mais Al-Walīd II donne l'ordre de les exhumer et de les brûler, ce qui est fait par le gouverneur d'Irak[2].

Opposition et mort[modifier | modifier le code]

Al-Walīd II met son cousin, le général Sulaymān ibn Hišām, en prison. Cet acte, associé à la mauvaise réputation du calife, suscite une vive opposition, si bien qu'un groupe de personnes commence à comploter pour assassiner le calife. Lorsqu'ils approchent Ḫālid ibn ʿAbd Allāh et prennent contact avec lui, il décline l'offre de les rejoindre et alerte Al-Walīd II du complot en cours, ce qui ne fait qu'attiser la colère du calife, qui emprisonne Ḫālid et le donne à Yūsuf ibn ʿUmar. Ce dernier le torture et finit par le tuer, ce qui augmente considérablement la colère contre le calife au sein même de sa famille.

Ayant vent de ce qui se passe en Syrie, Marwān ibn Muḥammad y envoie une lettre condamnant ce qui se trame, un tel acte menaçant, selon lui, la stabilité et la survie du Califat omeyyade. Au même moment, la mort de Yaḥyā ibn Zayd déclenche des émeutes populaires. De nombreux hommes armés prennent d'assaut Damas, et le calife est assiégé dans un château en dehors de la ville. Il finit par être vaincu et tué par les forces de Sulaymān ibn Hišām le 16 avril 744[3]. N'ayant pas de fils en âge de lui succéder, en dehors de fils d'esclaves, son cousin Yazīd III le Réducteur lui succède. Le meurtre du calife ternit considérablement l'image des Omeyyades. Les tribus arabes perdent de leur solidarité et la lutte pour le pouvoir devient évidente.

Réalisations[modifier | modifier le code]

Al-Walīd II se consacre surtout à des projets de construction en Syrie, ainsi qu'à la promotion de la littérature, lui-même étant un poète. La construction de plusieurs palais dans la vallée du Jourdain lui est parfois attribuée. Ces palais sont probablement des résidences de chasse et de divertissement.

Personnalité[modifier | modifier le code]

Al-Walīd II est décrié et considéré par de nombreux auteurs comme le calife le plus pervers et le plus dissolu de l'Histoire musulmane. Une anecdote rapporte qu'un jour, étant ivre, il demande à sa concubine Nawwār de se travestir en imam et d'aller diriger la prière du vendredi à sa place[4].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Tabarî (trad. Hermann Zotenberg), La Chronique : Histoire des prophètes et des rois [« تاريخ الرسل والملوك (Tārīḫ ar-rusul wal-mulūk) »], vol. II, Arles, Actes Sud, coll. « Sindbad »,‎ 19 mai 2001 (ISBN 2742733183), p. 269.
  2. Ibid., p. 265-266.
  3. (en) Théophane le Confesseur Chronicle Harry Turtldove (ISBN 9780812211283) AM: 6235 (1er septembre 743- 31 août 744) p. 109.
  4. Fatima Mernissi, Sultanes oubliées : Femmes chefs d'État en Islam, Paris, Albin Michel,‎ 8 mars 1990 (ISBN 2-226-03954-6), p. 115-116.

Articles connexes[modifier | modifier le code]